vignette|300px|Sceau de la famille de Mathefelon La famille de Mathefelon est une famille de noblesse féodale originaire d'Anjou et du Maine. Elle tire son nom du château fort de Mathefelon (ou Matheflon), situé à Seiches-sur-le-Loir, à proximité de Durtal, entre Angers, La Flèche et Sablé. La première famille de Mathefelon s'est éteinte au début du dans la famille de Champagne-Parcé, qui en a relevé le nom et les armes. Cette seconde famille de Mathefelon s'éteignit en ligne masculine en 1396.

Ces deux familles successives ont formé au Moyen-Âge une des plus illustres lignées d'Anjou et du Maine.

Première famille de Mathefelon Origine

Au début du , l'abbé Angot a tenté de préciser les origines encore mal cernées de cette famille féodale. Les interprétations, incomplètes, contradictoires, confuses, voire incohérentes (les dates fonctionnent mal, des personnages homonymes se confondent), divergent chez les auteurs précédents pour les et ( Augustin du Paz (1619), repris par le Dictionnaire de la Noblesse de La Chesnaye-Desbois ( la ci-dessous) et le Nobiliaire de France de Saint-Allais). Les sites internet Histogendol, Medieval Lands, Racines & Histoire présentent différentes thèses. Les informations ne peuvent donc être données que sous toute réserve.

Célestin PortDictionnaire historique, géographique et biographique, , . écrit au que Foulques () est le premier connu, et que ce fut lui qui reçut l'investiture du château dont il prit le nom de 1030 à 1040. Il affirme par ailleurs que le même personnage se croisa vers 1100. Cela est inexact.

La charte invoquée dit expressément que le comte d'Anjou (probablement Foulques Nerra, père de et grand-père de ) investit non pas Foulques mais le père de Foulques () de la terre de Mathefelon (Matheflon de nos jours), à charge pour lui de protéger les possessions des religieuses de l'abbaye du Ronceray.

Filiation

Ce premier Mathefelon est connu, il se nommait Hugues (Ier), et aussi sa femme Cunégonde de laquelle il eut : Foulques (Ier), leur fils, donne Azé à Saint-Nicolas d'Angers. Ce Foulques épousa peut-être une Elisabeth (en deuxièmes noces semble-t-il ?), mais sûrement une Hersende (en premières noces semble-t-il, et peut-être répudiée ensuite), veuve de Louis Le Corvaisier. Il se croisa en 1100, et à son retour, se fit moine, † avant 1111. Ce n'est pas son neveu, comme le dit Louis HalphenComté d'Anjou, ., mais le neveu et l'homonyme de Robert d'Arbrissel, que Foulques de Mathefelon fit entrer à Saint-Nicolas d'Angers. deux frères de : Samuel de La Cropte († vers 1118), et Guy moine à St-Aubin. Hugues (), fils de , seigneur d'Azé après la profession de son père, vers 1103 ; époux d'Adelena, il se croisa en 1111, vivait encore en 1118 : ci-après, mais † avant 1140 ; il eut une fille — ou plutôt une sœur ? — nommée Elisabeth, † avant 1140, qu'on pense avoir assuré la succession de Durtal et Mathefelon par son (deuxième) mariage avec Hugues de Champagne-Parcé († vers 1152 ; fils dHubert de Champagne et neveu paternel d'une Barbota ; frère d'une Altrude) ; elle aurait d'abord épousé de La Jaille, d'où seigneur de La Jaille aux alentours de 1100 ; un frère d' : Joscelin de Mathefelon, fils d'Hersende. Thibault () de Mathefelon, fils d', fut témoin du départ de son père pour la croisade en 1111 ; c'est probablement lui et son père qui participent à la bataille de Sées en aux côtés de contre , roi d’Angleterre et duc de Normandie ; il demanda à être inhumé à l'abbaye de Chaloché, entre ses deux femmes. Son obit en l'abbaye était fixé au ;

Seconde famille de Mathefelon La famille de Champagne en Anjou

Cette famille constitue probablement la seconde Maison de Mathefelon ; elle est ancienne, illustre… et d'origine fort discutée.

On a voulu voir en elle des descendants d' ou d' de Blois-Champagne, mais c'est improbable, et le nom de Champagne (Campania) vient plutôt ici de campagne/champagne, paysage agraire ouvert opposé au bocage (c'est d'ailleurs l'origine du nom de la province de Champagne), appliqué à la géographie d'une partie du Maine ou du nord de l'Anjou : - Champagné à l'est du Mans ; - en Normandie, les campagnes ou plaines d'Alençon et de Caen ; - la champagne mancelle ou Champagne au Maine, autour de Loué, Conlie et l'abbaye de Champagne, qui offre de nombreux toponymes en Champagne à l'ouest du Mans et du département de la Sarthe et où s'épanouirent les familles de Beaumont-au-Maine, de Laval-Loué, de Tucé… ; - la Champagne-Hommet, qui est la partie méridionale de la Champagne du Maine juste au nord de la Sarthe entre Brûlon, Avoise et Sablé, berceau de la famille des barons puis comtes de Laval ; - enfin la champagne angevine ou de Parcé, celle qui nous intéresse ici.

La famille de Champagne dont nous parlons, dite aussi d'Arnay (Arnaitum), est associée anciennement aux seigneuries de Parcé et de Champigné (dit un peu abusivement -sur-Sarthe, juste à l'ouest de Châteauneuf), Avoise et Pescheseul, Bailleul… La tradition en fait aussi des descendants des anciens comtes du Maine et des vicomtes du Maine/de Beaumont-au-Maine. Deux articles, l'un de Peter Burkholder, et l'autre d'Hélène et Thierry Bianco, permettent une mise au point récente, même si elle reste fragile et toujours pleine d'hypothèses. Selon l'historien et érudit sarthois du Julien Rémy Pesche (1780-1847), cité par Peter Burkholder, « En cherchant à débrouiller l’espèce de chaos qui existe sur ce sujet [Campania], si nous n’y réussissons pas parfaitement, du moins aurons-nous fait tous nos efforts pour y parvenir ».

Filiation Champagne-Parcé

Les premiers membres connus de la famille de Champagne-Parcé / d'Arnay sont des fidèles (et peut-être des parents) du comte d'Anjou :

d'Arnay (vers 955/960-† vers 1000/1016) x Aremburge, fille d'Albéric/Aubry de Vihiers (Vihiers ? ; était-ce un Bouchardide ?), et d'après la tradition une parente du comte (comme l'était peut-être également son mari : parenté possible par les Rorgonides, famille supposée de Gerberge, la femme de ), puis remariée à un certain Hervé le Rasoir de Sablé ? ; d'où : le Rasoir (Rasorius) (vers 985/990-† le à la bataille de Pontlevoy avec ses deux demi-frères Thibaud et Bernier, fils d'Hervé le Rasoir x Aremburge ? ; aurait repris le surnom de son beau-père Hervé de Sablé, qui d'ailleurs pouvait être un noble, un chevalier du château et de la familia de Sablé, mais pas un seigneur de Sablé qui à l'époque appartenait au comte du Maine), mari d'Hildeburge/Aldeburge/Aldeberge née vers 995 ; d'Isembart évêque d'Orléans et d' Bardoul de Broyes (vers 1000-après 1058), et possible fille d'Isembard/Isembert du Lude (vers 965/970-vers 1028, proche parent d'Isembard de Beauvoir ; il semble qu'on puisse , ou du moins l'apparenter, à Isembard de Nogent, frère d'Oury, ou Odry, Orri, Oldoric, évêque d'Orléans en 1022-1033) ; ces personnages relèvent de la famille de Broyes, qui eut aussi Pithiviers, Nogent, Beaufort…, et sont possiblement apparentés aux comtes de Sens, aux comtes de Laon, peut-être, mais sans grande vraisemblance, à de Blois-Champagne et aux Carolingiens ; les grands-parents paternels d'Hildeburge, parents d'Isembard de Nogent/du Lude et d'Oury d'Orléans, seraient Renard sire de Broyes et Nogent (vers 940-† vers 1000 pèlerin à Rome) et sa femme Héloïse/Helvide (de Bassigny ?) ; parents de : (né posthume ? vers 1016/1017-vers 1060), premier châtelain héréditaire de Durtal, x Agnès de Clervaux, fille d' de Clairvaux Mange-Breton (châtelain de Saumur, Loudun, Beauçay), et d'Hersende fille d'Hubert et Em(m)eline vicomtes de Vendôme ; d'où : (vers 1040/1056-vers 1104/1116), sans postérité connue ? ; et ses frères et sœur : Gervais ; Hersende (1055-après 1109 ; femme de Guillaume de Montsoreau, mère d'Étienne de Montsoreau ; cofondatrice de Fontevraud) ; et probablement Hugues (qui serait le frère d', ou son fils ?).

La famille de Champagne-Parcé, titrée premier baron du Maine, premier baron d'Anjou et prince de Pescheseul, qui régna sur Parcé, Avoise et Pescheseul, Bailleul, etc. et qui assuma la seigneurie de La Suze à partir du ( et son fils Baudouin de Champagne), se rattache certainement aux personnages qu'on vient de présenter, mais sans qu'on connaisse précisément le lien : la tradition en fait des descendants de , présenté parfois comme † vers 1149 et qui serait un fils d' ; ou un oncle paternel de († vers 1239) ci-dessous ; ou bien un petit-fils d' et un fils d'Hugues de Champagne de Mathefelon ; ou encore un frère, † en 1249, de († vers 1239). On voit que la confusion règne, avec une approximation chronologique d'un siècle !

Filiation Mathefelon

Apparaît donc dans la du une seconde famille de Mathefelon, issue en ligne agnatique (masculine) de la famille de Champagne-Parcé. Selon la thèse actualisée que nous présentons ici, le schéma généalogique serait :

Elisabeth de Mathefelon ci-dessus, dame de Mathefelon, probable fille de et de sa deuxième femme Elisabeth, sœur d' et tante de , naît dans la deuxième moitié du et † avant 1140 ; elle épouse semble-t-il Hugues de Champagne-Parcé, de la famille des châtelains puis seigneurs de Durtal, alias de Mathefelon, † vers 1152, fils d'un certain Hubert de Champagne ( ou ci-dessus ?). Veuf, Hugues se remaria vers 1140 après le décès d'Elisabeth, avec Marquise (sans doute de Vitré, fille d' ou de : d'où Foulque de Mathefelon, frère utérin de ; Marquise fut d'abord femme d' de Craon — 1100-1138, petit-fils de et père de — puis épouse en troisièmes noces de Payen de Vaiges). D'où, de père en fils :

(ou ) († un peu avant 1200 ?) (certains auteurs ajoutent une génération intermédiaire, et le disent fils d'Hugues () de Mathefelon x Jeanne de Sablé ?) x Mahaut/Mathilde, † après 1194, fille de de Mayenne, et de Constance, fille de duc de Bretagne (Mahaut était séparée sans postérité d', fils de , petit-fils de le Vieux ci-dessus, et père d' de Vitré ci-dessous par sa troisième femme Eustachie de Rays),

(vers 1170-vers 1238/1239) (certains ajoutent une génération en le décomposant en et ), seigneur de Chaumont, d'Azé, d'Entrammes, de Ruillé (Ruillé et/ou Ruillé), Loiron, maître du Franc-Alleu de Villiers, premier baron d'Anjou, combattant en Poitou et aux batailles d'Angers, Moncontour et Beauffort ; il est dit avoir épousé vers 1189 Jeanne de Bruyères ; 1191 Agnès de Craon, † vers 1205, fille de ; avant 1218 et s.p. (sans postérité) Luc(i)e de Laigle (alias de Quelaines, déformation d'''aquila ou aquilana, l'aigle ; veuve de de Beaumont-au-Maine) ; frère de Geoffroi et Foulque de Mathefelon ; père d'Isabelle/Elisabeth et Emma de Mathefelon, et de… (né vers 1200-† vers 1269/1273/1282), fils d'Agnès de Craon, seigneur d'Azé et La Cropte, mari d'Alix/Alicie fille d' et de Catherine de Thouars-Bretagne (fille de Constance duchesse de Bretagne et de Guy de Thouars) (André de Vitré a aussi été l'époux de Thomasse de La Guerche dame de Pouancé), († vers 1297/1300) ; il pourrait avoir pour frères et sœurs (voir ci-dessous) : Foulque († 1323 ; père de l'évêque Foulques ()) ; Hubert, seigneur de Lancheneil et Beauvais ?, souche d'une branche cadette courant jusqu'à la mi-, sgrs. d'Assé ; Catherine († 1317) et Philippe/Philippine († 1325 ; le prénom Philippe est alors épicène), abbesses de St-Georges de Rennes ; et peut-être Jeanne de Mathefelon, épouse vers 1270 du maréchal Foucauld du Merle, († avant 1331), x Elisabeth (de Châteaubriant ?),

Filiation Mathefelon (Lancheneil) Dès le XIe siècle, les descendants sont seigneurs en Azé, la Cropte ; ils le deviennent successivement de Fromentières, Entrammes, Saint-Ouën, Beauvais, Loiron, Lancheneil, la Motte de Montflours, la Girardière, le Châtelier, l'Écluse (Brecé),etc.