Le Comité électoral et les listes Minorité allemande (en , et en ) visent à représenter les intérêts des Allemands de Pologne, plus particulièrement ceux implantés en Silésie mais également, dans un premier temps, d'autres régions. Ils ne sont pas constitués en parti politique sur un plan formel, la structure n'existe qu'en période électorale, la structure permanente avec laquelle elle collabore est la Société sociale-culturelle des Allemands du district d'Opole.

Élections nationales La législation électorale polonaise, afin de rendre possible la représentation politique de cette minorité, l'exempte de la règle du seuil électoral de 5 % pour entrer au parlement. La Ligue des familles polonaises (LPR), un parti d'extrême droite qui a fait partie de la coalition au pouvoir en Pologne de 2005 à 2007, exigeait la suppression de cette exemption, mais n'a pas été suivie par les frères Jarosław et Lech Kaczyński qui dirigeaient la Pologne pendant cette période.

Année Voix % Sièges 1991

1,18 7 19932 listes

0,61 4 1997

0,39 2 2001

0,36 2 2005

0,29 2 2007

0,20 1 2011

0,19 1 2015

0,18 1 2019

0,17 1 2023

0,12 0

1991 Lors de sa première participation électorale en , la liste "Minorité allemande" obtient 7 sièges au Sejm et 1 au Sénat. 1993 En 1993, il y avait deux listes, dans des provinces (voïvodies) différentes: Towarzystwo Społeczno-Kulturalne Mniejszości Niemieckiej na Śląsku Opolskim (en voïvodie d'Opole, 3 sièges) et Towarzystwo Społeczno-Kulturalne Niemców Województwa Katowickiego (dans la province de Katowice, 1 siège). Les quatre élus membres du "Club parlementaire de la minorité allemande" (Parlamentarne Koło Mniejszości Niemieckej) étaient Joachim Czernek, Henryk Kroll, Roman Kurzbauer, et Helmut PaździorSimoncini, Gabriele, "National minorities in Poland at the end of the twentieth century", The Polish Review, Vol. XLIII, No. 2, 1998. Cette année-là, la Towarzystwo Społeczno-Kulturalne Mniejszości Niemieckiej na Śląsku Opolskim avait également envoyé un élu au Sénat, Gerhard Bartodziej.

1997 En 1997, outre la voïvodie d'Opole et celle de Katowice, des listes "Minorité allemande" s'étaient également présentées dans les voïvodies (entretemps disparues) de Częstochowa (Niemcy Częstochowy), d'Elbląg (Mniejszosc Niemiecka Elblągu) et d'Olsztyn (Mniejszosc Niemiecka Wojewodztwa Olsztynskiego), ces deux dernières étant situées au nord, près de l'enclave russe de KaliningradPoland - 1997 Sajm elections. C'est en 1997 que la liste "Minorité allemande" a perdu son siège au Sénat, ainsi que le statut de parti au Sejm, en passant de quatre à deux sièges.

2005 En 2005 se présentait en voïvodie de Silésie (district de Gliwice) une liste de 11 candidats, "Mniejszości Niemieckiej Śląska", qui a obtenu 5.581 voix (0,05 %) et aucun éluNational Electoral Commission, Voting Results - Komitet Wyborczy Wyborców "Mniejszości Niemieckiej Śląska", 2005.

La liste Mniejszość Niemiecka avait quant à elle obtenu 12,92 % des voix dans la voïvodie d'Opole, avec des pointes jusqu'à 38,38 % dans le district (powiat) de Strzelce et 35,77 % dans celui de Krapkowice. Dans certaines communes (gmina), elle a même obtenu plus de 50 % des voixNational Electoral Commission, Voting Results - Komitet Wyborczy Wyborców "Mniejszość Niemiecka", 2005.

2007

Aux législatives de 2007, la liste Mniejszość Niemiecka de 21 candidats n'a obtenu avec 8,81 % des voix dans la voïvodie d'OpoleCommission nationale électorale, Résultats du scrutin - Komitet Wyborczy Wyborców "Mniejszość Niemiecka", 2007 qu'un seul élu à la Diète, Ryszard Galla (8.193 voix). Ce dernier siégeait déjà dans l'assemblée sortante et avait annoncé début septembre que son objectif était de passer de 2 à 3 députés, grâce aux voix de préférence des bourgmestres qui étaient venus renforcer la liste, Schlesisches Wochenblatt 12/09/2007, Schlesisches Wochenblatt 19/09/2007.

Le deuxième député sortant, Henryk Kroll ( voix), qui siégeait déjà depuis plusieurs législatures, a quant à lui perdu son siège et a annoncé sa démission de la présidence de la Société sociale-culturelle des Allemands du district d'Opole (SKGD), dont les délégués devront élire son successeur début 2008.

La liste au Sénat, qui comptait trois candidats, n'a recueilli aucun siège.

Selon l'hebdomadaire bilingue Schlesisches Wochenblatt, les pertes de voix de la liste allemande auraient profité à la Plate-forme civique (PO) qui aurait recueilli à voix d'électeurs de la minorité, Schlesisches Wochenblatt 24/10/2007. Il faut également noter que le taux de participation dans la voïvodie d'Opole n'a été que de 45,53 %, contre 53,88 % au niveau national (en 2005 : 33,47 % contre 40,57 % au niveau national)Commission nationale électorale, Résultats du scrutin, 2007Commission nationale électorale, Résultats du scrutin, 2005.

Élections régionales Lors des débats autour du redécoupage des régions polonaises en 1998, le SKGD et le Verband der deutschen sozial-kulturellen Gesellschaften in Polen (VdG) ont joué un rôle dans la mobilisation pour conserver la voïvodie d'Opole, que certains, à Varsovie, voulaient intégrer à une grande voïvodie de Silésie où la minorité allemande aurait été proportionnellement plus diluée. Le SKGD était allié dans cette revendication à un regroupement citoyen, le Comité de citoyens pour la défense de la voïvodie d'Opole (OKOOP), qui regroupait des personnes des diverses strates de la société, et de divers partis, excepté la droite nationaliste. En fin de compte, la voïvodie d'Opole fut maintenue, et la ville de Kluczbork, qui comptait une importante communauté allemande, fut détachée de l'ex-voïvodie de Czestochowa, à laquelle elle avait été attachée dans les années 1970. Par contre, le SKGD et le VdG ne réussirent pas à faire rattacher à Opole la ville de Raciborz et les territoires adjacents à la ville de Gliwice.

Aux élections régionales d', la liste a décroché 13 mandats à la diète régionale de la voïvodie d'Opole, devenant le deuxième parti après l'Alliance de la gauche démocratique (14 sièges). Elle est par la suite descendue à 7 en 2002 et 2006, mais elle reste la troisième force politique régionale. Elle a participé, à chaque fois avec un poste de vice-président sur trois, aux coalitions de droite au pouvoir depuis la création de la voïvodie en 1998, d'abord avec Alliance électorale Solidarité et l'Union pour la liberté, de 2006 à 2010 avec les partis Droit et justice (PiS) et Plate-forme civique (PO), en 2010 et depuis 2014 avec la Plate-forme civique et le Parti paysan polonais.

Année Votes % Sièges1998 ? ? 132002 18,61 72006 17,30 72010 17,77 62014 14,90 7

Élus régionaux 1998-2002: Hubert Beier, Leonard Cebula, Ryszard Donitza (vice-président), Edward Flak, Ryszard Galla, Joachim Jelito, Bruno Kosak, Antoni Kost, Józef Kotyś, Winfred Mleczko, Dieter Przewdzing, Maria Tomala, Maria Urbaniec 2002-2006: Krystian Adamik, Ryszard Donitza (vice-président), Bernard Gaida, Hubert Grabowski, Bruno Kosak, Hubert Niepala, Norbert Rasch 2006-2010: Herbert Czaja, Ryszard Donitza (vice-président), Andrzej Kasiura, Alojzy Kokot, Bruno Kosak, Józef Kotyś, Norbert Rasch 2010-2014: Krystian Adamik, Herbert Czaja, Ryszard Donitza, Hubert Kołodziej, Józef Kotyś (vice-président), Norbert Rasch 2014-2018: Herbert Czaja, Ryszard Donitza, Karina Grelich-Deszczka, Roman Kolek, Hubert Kołodziej, Józef Kotyś (vice-président), Norbert Rasch

Élections municipales Aux élections régionales et locales d', les listes "Minorité allemande" entrèrent dans 41 des 71 conseils municipaux de la voïvodie d'Opole, surtout dans le sud et l'est, et prirent le contrôle des assemblées de district (powiat) de Kędzierzyn-Koźle, Krapkowice et Strzelce Opolskie, ainsi que des sièges dans 4 des 9 autres conseils de district et, pour la première fois, 2 sièges au conseil municipal de la Ville d'Opole.

En voïvodie de Silésie par contre, chaque branche locale du VdG eut le choix de se présenter en tant que telle ou de présenter des candidats allemands sur des listes "polonaises", ce qui rendit possible l'entrée d'élus allemands aux conseils municipaux de Katowice et Gliwice, mais les candidats allemands aux municipales dans cette voïvodie obtinrent de piètres résultats, quelles que soient les listes sur lesquelles ils s'étaient présentés.

La liste comptait en 2007 22 bourgmestres dans la voïvodie d'Opole, qui compte 71 communes.

Sources

Liens externes site officiel du parti (en polonais) Société sociale-culturelle des Allemands du district d'Opole (SKGD) (en polonais, allemand et anglais)

Bibliographie Cordell, Karl (1999), "The Germans of Opole Silesia and the Reform of Regional and Local Government in Poland", European Consortium for Political Research - Joint Sessions, Mannheim, 1999 Cordell, Karl & Born, Karl Martin (2000 DS), "Die deutsche Minderheit in Schlesien: von der Interessenvertretung zur politischen Partei", Deutsche Studien, 36, 3/4, 2000, Cordell, Karl & Born, Karl Martin (2000 DDPN), "Perspektiven: Thesen zur politischen Zukunft der deutschen Minderheit", Dialog. Deutsch-Polnisches Magazin, 13, 2000, . Cordell, Karl & Born, Karl Martin (2001 NEP), "The German Minority in Upper Silesia: Electoral Successes and Organizational Patterns", Nationalism and Ethnic Politics, 7, 1, 2001, . Cordell, Karl & Born, Karl Martin (2001 EEPS), "The Strategy of the German List at the Polish Local and Regional Elections of 1998", East European Politics and Societies, 15, 3, 2001, .

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