L'équipe d'Algérie masculine de handball est la sélection de joueurs représentant l'Algérie lors des compétitions internationales masculines de handball, sous l'égide de la Fédération algérienne de handball.
Sept fois championne d'Afrique des nations entre 1981 et 2014 et quatre fois victorieuse des Jeux africains entre 1973 et 1999, l'Algérie est l'une des trois sélections les plus titrées du continent africain avec l'Égypte et la Tunisie. L'équipe connaît son âge d'or dans les années 1980 sous Mohamed Aziz Derouaz qui propose notamment sa défense innovante en 3-3 très avancée qui a marqué l'histoire du handball africain. Elle remporte ainsi cinq titres continentaux consécutifs entre 1981 et 1989, un record inégalé à ce jour sur le continent.
Au cours de son histoire, l'Algérie participe à quatre reprises aux Jeux olympiques (1980, 1984, 1988, 1996), avec comme meilleur résultat une dixième place à trois reprises (1980, 1988, 1996). Elle dispute également dix-sept championnats du monde, avec un meilleur résultat de treizième place en 2001 en France. Les « Verts » (surnom principal de l'équipe, avec Les « Fennecs » et Les « Guerriers du désert ») remportent également le titre aux Jeux méditerranéens en 1987, en battant notamment la France en finale après prolongation, devenant la première équipe africaine à remporter cette compétition.
Depuis les années 2000, malgré un titre à domicile en 2014 et plusieurs podiums (finales en 2012 et 2024, bronze en 2020), l'Algérie se place régulièrement derrière l'Égypte et la Tunisie, terminant même souvent hors du podium derrière l'Angola ou le Cap-Vert. Au niveau mondial, elle n'est plus en mesure de rivaliser avec les équipes européennes et la plupart des équipes asiatiques Ses plus sérieux rivaux sur le continent sont l'Égypte, la Tunisie, et dans une moindre mesure l'Angola et le Cap-Vert ; les confrontations avec ces équipes rythment régulièrement les phases finales des compétitions africaines. Son joueur le plus capé est Abdérazak Hamad (201 sélections), et son meilleur buteur historique est Messaoud Berkous (), toujours actif en 2025-2026 et capitaine emblématique. Parmi les figures marquantes figurent aussi Abdelkrim Bendjemil, Tahar Labane, Hichem Boudrali, Riad Chehbour, Ayoub Abdi (meilleur buteur récent en Mondial) et Hichem Daoud.
L'équipe est entraînée depuis octobre 2025 par Salah Bouchekriou (son sixième mandat). Au Championnat d'Afrique 2026, l'Algérie atteint les demi-finales et se qualifie ainsi pour le Championnat du monde 2027.
Histoire Naissance et premières années (1963–1975) 180px|thumb|Mircea Costache II , sélectionneur de l'équipe entre 1971 et 1976.
L'équipe d'Algérie masculine de handball voit officiellement le jour en 1963, peu après l'indépendance de l'Algérie. Les premières années sont marquées par une forte dépendance à des entraîneurs étrangers jusqu'en 1980 : les Italiens Enderlen et Ferrary (1963-1964)., le Français Pierre Vuillet (1965-1966)., l'Autrichien Heintz Schwertez (1966-1967)., le Tchèque Pavel Bohenski (1967-1970)., le Soviétique Tsar Grai (1970-1971). puis le Roumain Mircea Costache II (1971-1976).. Ces techniciens importent les bases du handball moderne dans un pays où le sport est encore naissant. Les premiers matchs officiels ont lieu dans les compétitions régionales maghrébines (Championnats maghrébins des nations) et universitaires africains, avec une première victoire notable aux Jeux universitaires africains en 1975. L'équipe participe timidement aux premières éditions continentales et mondial en 1974., mais pose déjà les fondations d'une future génération compétitive.
C'est dans les années 1970 que l'Algérie commence à s'affirmer sur la scène africaine. Elle remporte son premier titre majeur aux Jeux africains de 1973 à Lagos (Nigeria).. Puis en décembre 1973, les Algériens se qualifient pour la première fois à un Championnat du monde après avoir écarté la Tunisie et la Guinée en qualification.. Les Algériens sont éliminés dès le tour préliminaire après trois nettes défaites face à la Hongrie, à la Yougoslavie et à la Bulgarie. En revanche, la sélection ne participe pas à la première édition de la Coupe d'Afrique des nations en 1974.
1973 : aux Jeux africains au Nigeria
Débuts continentaux et premiers succès (1976–1980) La période 1976-1980 marque l'entrée réelle des verts sur la scène internationale et continentale. En 1976, l'Algérie organise la première Coupe d'Afrique des nations de son histoire sur son sol, à la salle Harcha-Hacène d'Alger.. Sous la direction du Roumain Mircea Costache II (jusqu'en 1976), puis de l'Algérien Mohamed Sghir Djoudi et d'autres techniciens, les Verts terminent vice-champions d'Afrique après une finale perdue face à la Tunisie (14-12). Ce podium inaugural est suivi d'une médaille de bronze en 1979 au Congo, où l'équipe confirme son émergence parmi les nations africaines montantes. Ces résultats permettent à l'Algérie de se qualifier pour ses premières grandes compétitions internationales et de poser les bases d'une génération talentueuse..
Ces résultats préfigurent la domination à venir : l'équipe intègre progressivement des joueurs locaux formés dans les clubs naissants comme l'Olympique Club d'Alger ou le Mouloudia Club d'Alger, et pose les bases d'une identité de jeu physique et collective qui explosera dans la décennie suivante sous Mohamed Aziz Derouaz..
Parallèlement, l'équipe brille sur la scène des Jeux africains : après l'or inaugural en 1973 à Lagos, elle conserve le titre en 1978 à domicile à Alger., en dominant largement ses adversaires. Le point culminant de cette période est la première qualification olympique de l'histoire du handball algérien pour les Jeux olympiques de Moscou 1980.. Sous la houlette de Mohamed Aziz Derouaz (qui prend les rênes en 1980), les Verts terminent à la place sur , avec notamment une victoire historique contre le Koweït (30-17) et des performances solides face à des nations plus expérimentées. Ce résultat, combiné aux succès continentaux, propulse l'Algérie au rang de grande nation africaine émergente et annonce la domination totale qui suivra dans les années 1980.
1976 : aux Championnat d'Afrique en Algérie 1978 : aux Jeux africains au Nigeria
Âge d’or et domination africaine (1981–1989) La décennie 1981-1989 représente l’âge d’or de l'Algérie, sous la direction de Mohamed Aziz Derouaz, qui prend les commandes en 1980 et impose une domination sur la scène africaine.. Entre 1981 et 1989, les Verts réalisent un quintuplé historique en remportant cinq titres continentaux consécutifs : 1981 en TunisieEl Moudjahid, 3 janvier 1987, dans le supplément sports., 1983 en Égypte.., 1985 en Angola., 1987 en MarocEl Moudjahid du jeudi 9 juillet 1987.. et 1989 en Algérie.Horizons du dimanche 30 juillet 1989, page 6. Ce record de cinq sacres d’affilée reste inégalé à ce jour dans l’histoire du Championnat d'Afrique des nations, et permet à l’Algérie de devenir, pendant plusieurs années, la nation la plus titrée du continent devant la Tunisie (qui comptait alors trois titres). Ces sacres reposent sur une génération dorée composée de joueurs tels que Abdelkrim Bendjemil, Abdeslam Benmaghsoula, Omar Azeb, Brahim Boudrali, Mouloud Mokhnache, Abdelkrim Hamiche, Redouane Aouachria, Mustapha Doballah, et Karim El-Maouhab, tous formés dans les grands clubs algériens comme l'Olympique Club d'Alger ou le Mouloudia Club d'AlgerJournal Al Mountakhab Numéro 190 du samedi 5 août 1989 page 09..
Sur le plan tactique, Mohamed Aziz Derouaz révolutionne le handball africain et mondial en instaurant une défense 3-3 très avancée et spécifique : trois joueurs alignés autour de la zone et trois autres poussés haut pour couper les lignes de passes et provoquer des pertes de balle.. Ce système, différent des défenses européennes plus classiques, devient une marque de fabrique algérienne et déstabilise systématiquement les adversaires. Les titres se succèdent avec une régularité impressionnante : en 1981, premier sacre en battant la Côte d'Ivoire en finale (30-25). ; en 1983, victoire étriquée contre le Congo (25-24) après avoir dominé l'Égypte en poule. ; en 1985, nouveau triomphe face à la Tunisie (23-17) ; en 1987, maîtrise totale au Maroc avec une demi-finale arrachée contre la Tunisie (16-15) et une finale contre l'Égypte (22-16)El Mountakheb numéro 83 du samedi 18 juillet 1987 page 6 et 7. ; enfin en 1989, à domicile à la Salle Harcha-Hacène d'Alger, dernier titre de l’ère Derouaz face aux Pharaons (18-17). Ces victoires qualifient l’Algérie à trois reprises consécutives aux Jeux olympiques (1980., 1984., 1988.) et aux Mondiaux (1982., 1986., 1990. ), même si les résultats mondiaux restent modestes (dernière place à chaque fois).
Au-delà du continent, cette génération excelle également dans d’autres compétitions : médaille d’argent aux Jeux méditerranéens de 1983 au Maroc derrière la puissante Yougoslavie., puis surtout victoire historique en 1987 en Syrie, où l’Algérie devient la première équipe africaine à remporter ce tournoi en battant successivement l'Espagne en demi-finale et la France en finale., les deux fois après prolongation. Elle remporte également l’or aux Jeux africains de 1987 au Kenya.. Cette domination totale, tant sur le plan des résultats que de l’innovation tactique, fait de l’équipe des années 1980 la plus grande formation africaine de tous les temps à cette époque, et pose les fondations d’une identité handballistique algérienne forte et respectée, même si les performances internationales mondiales et olympiques ( place en 1980 et 1988) restent en deçà des attentes continentales. L’ère Derouaz s’achève en apothéose en 1989, laissant un héritage inégalé qui marquera durablement l’histoire du handball en Afrique..
1981 : aux Championnat d'Afrique en Tunisie 1983 : aux Jeux méditerranéens en Maroc 1983 : aux Championnat d'Afrique en Égypte 1985 : aux Championnat d'Afrique en Angola 1987 : aux Jeux africains au Kenya 1987 : aux Championnat d'Afrique au Maroc 1987 : aux Jeux méditerranéens en Syrie 1989 : aux Championnat d'Afrique en Algérie
Transition et dernier titre des années 1990 (1990–1999) 190px|thumb|Mohamed Benkreira en 1995
La décennie 1990 constitue une période de transition difficile pour l'Algérie, marquée par la fin de l’ère Mohamed Aziz Derouaz en 1989 et surtout par les conséquences dramatiques de la guerre civile algérienne (1991-2002).. Ce conflit interne, qui a plongé le pays dans l’instabilité sécuritaire, économique et sociale, a fortement ralenti le développement du sport en général et du handball en particulier : infrastructures dégradées, entraînements perturbés, départs de joueurs et d’entraîneurs à l’étranger, manque de moyens et de compétitions régulières. Malgré ces conditions très défavorables, l’équipe parvient à maintenir un niveau continental respectable grâce à l’héritage de la génération dorée et à l’émergence de nouveaux talents comme Abdérazak Hamad, Tahar Labane, Hichem Boudrali et Abdelghani Loukil.
Sur le plan sportif, les Verts restent compétitifs en Afrique : argent en 1991 (Égypte)., bronze en 1992 (Côte d'Ivoire)., argent en 1994 (Tunisie)El Khabar, , 19 novembre 1994, .. Le sommet arrive en 1996 au Bénin, où l’équipe remporte son sixième titre continental sous Djaffar Belhocine, en battant la Tunisie en finale (21-19 après prolongations).. Ce sacre, le dernier avant de disette, est symbolique : il qualifie l’Algérie pour les Jeux olympiques d’Atlanta 1996 ( place, meilleur résultat olympique égalé) et montre que le handball algérien survit malgré la crise nationale. À l’international, les Mondiaux restent modestes ( en 1995., en 1997., en 1999.), mais l’or aux Jeux africains de 1999 clôt la décennie sur une note positive.