Le pays BigoudenLe pays bigouden se dit , anciennement qualifié de Cap Caval, est une aire culturelle au sud-ouest de la Cornouaille finistérienne, en région Bretagne. Ce pays traditionnel breton est notamment connu par la haute coiffe que portaient ses habitantes au , et par Le Cheval d'orgueil, le best-seller de Pierre-Jakez Hélias. L'activité de la pêche joue un grand rôle dans son économie. Géographie Le pays Bigouden, qui compte environ en 2021 ( pour le Pays Bigouden Sud et pour le Haut Pays Bigouden.), n'a pas de réalité administrative ou des frontières géographiques bien délimitées : ce n'est pas une région naturelle ou une province, mais une aire culturelle peuplée par des habitants sur les origines desquels on se perd en conjecturesEn breton, l'usage du mot bro peut-être traduit par : pays, terroir, aire culturelle. On parle de pays bigouden, en traduction du breton "bro vigoudenn". Il s'agit d'un groupe social qui se distingue de ses voisins par ses traditions (costume, danses, chants, musique), par sa façon de parler, son économie, ses croyances, ses coutumes, ses usages du quotidien, son architecture, sa gastronomie, etc.Alan Pierre, Situation des « pays » en Basse-Bretagne, Quimper, Fédération War'l Leur Finistère (carte recto-verso, ).. Formant la pointe sud-ouest de la Bretagne, le pays Bigouden est baigné par la mer Celtique à l'ouest et par le golfe de Gascogne au sud. L'estuaire et le cours supérieur du Goyen marquent sa limite occidentale. Il est limité au sud-est par l'embouchure de l'Odet et l'anse de Combrit. Ses limites nord et nord-est sont plus floues. Limite nord-ouest et nord-est Il jouxte au nord-ouest le pays Penn Sardin, et au nord-est le pays Glazik. Symboliquement, la limite nord-ouest est marquée à Pors Poulhan (sur la rive plozévétienne), où une statue de René Quillivic représentant une bigoudène annonce : Ama echu Bro Bigouden (« Ici finit le pays Bigouden »)On peut écrire : Amañ echu ar Vro Vigoudenn.. Pors Poulhan marque bien la séparation entre la commune de Plouhinec (au nord) et la commune bigoudène de Plozévet (au sud). Mais la frontière de tradition se situe en réalité un peu plus au nord, sur le territoire de Plouhinec. Au nord et au nord-est, cette frontière culturelle n'est pas précise . Comme celle d'autres aires de tradition bretonnes, elle a connu des interpénétrations, elle a évolué. Elle n'épouse pas les limites communales. vignette|upright=1.5|Limite du port du costume bigouden dans les années 1939-1950 : au nord et au nord-est, la limite du pays Bigouden ne coïncide pas avec les limites administratives. Loin d'être le seul élément de différenciation, le costume aide cependant à cerner les domaines culturels. On donne souvent aux pays les limites des modes vestimentaires qui furent celles de la première moitié du , avant que le déclin des traditions ne rende les observations moins significatives. L' concernant le costume breton est celui de René-Yves Creston. Les travaux proprement ethnographiques qu'il mène de 1953 à 1961 lui permettent notamment de tracer la limite du pays BigoudenIl faut distinguer le travail de dessinateur de costumes effectué par René-Yves Creston de 1925 à 1950 (planches couleur réunies dans René-Yves Creston, Modes et Costumes traditionnels de Bretagne, Kendalc'h, 1999) de ses travaux scientifiques, menés de 1953 à 1961 sous la direction de Pierre-Roland Giot () Dans ce dernier livre, les cartes 34, 36 et 41 dessinent la limite de l'aire de tradition bigoudène. La carte 41 est relative à l'année 1939.. Les deux-tiers nord de la commune de Plouhinec sont penn sardin et en 1850, Plouhinec est presque entièrement kapenn. Le tiers sud connaît des bigoudènes. Une grande moitié nord de la commune de Mahalon est penn sardin, . Le sud est bigouden. La moitié nord de la commune de Guiler-sur-Goyen est penn sardin. Le sud est bigouden. Une petite partie nord de la commune de Landudec est penn sardin. Une petite partie nord de la commune de Plogastel-Saint-Germain est glazik. Une frange d'infiltrations bigoudènes est observée dans l'ouest des communes glaziks de Pluguffan et de Plomelin. Enclaves sud Sur la côte sud du pays Bigouden, on trouve deux enclaves : Kérity (dans la commune de Penmarc'h), où l'on porte la poch flekPierre-Jakez Hélias avoue ne pas savoir ce que veut dire flek. Pierre-Jakez Hélias, Coiffes et costumes de Bretagne, Châteaulin, Le Doaré, 1996, 41., jolie coiffe d'artisane dont brides et lacets forment deux papillons sur le devant ; l'Île-Tudy, où l'on porte aussi la penn sardin, une élégante petite coiffe d'ouvrière d'usine de poisson, que l'on trouve également dans la presqu'île de Crozon, dans le pays Penn Sardin (d'Audierne à Douarnenez) et à Concarneau. Vers 1950, les ruraux du Finistère ne s'expriment qu'en breton. Dans les ports, à Douarnenez, à l'Île-Tudy, à Concarneau, on parle un mélange très coloré de breton et de français que les Bigoudens appellent galleg menet (contraction de galleg merc'hed An Enez Tudi) : « français des femmes de l'Île-Tudy ». Les « 20 communes » On simplifie parfois, en raisonnant en communes. Certaines cartes n'inscrivent pas le sud de Plouhinec, de Mahalon ni de Guiler dans le pays Bigouden culturel. Elles considèrent que celui-ci est constitué de . Ces se répartissent sur trois cantons. Ce sont : + les cinq communes ducanton de Guilvinec les sept communes ducanton de Pont-l'Abbé huit des onze communes ducanton de Plogastel-Saint-Germain Guilvinec Treffiagat Loctudy Penmarch Plobannalec-Lesconil Combrit-Sainte-Marine Île-Tudy Plomeur Pont-l’Abbé Saint-Jean-Trolimon Tréguennec TréméocLandudec Peumerit Plogastel-Saint-Germain Plovan Plozévet Plonéour-Lanvern Pouldreuzic Tréogat Les 20 communes se partagent entre communauté de communes du Pays Bigouden Sud et communauté de communes du Haut Pays Bigouden. Cette dernière compte, en plus, deux communes de tradition particulière : Guiler-sur-Goyen (penn sardin au nord, bigoudène au sud) ; Gourlizon (glazik). On note aussi que trois communes administrativement englobées dans le canton de Plogastel-Saint-Germain ne figurent pas dans les vingt communes : Guiler-sur-Goyen ; Gourlizon ; Plonéis (glazik). Géologie et relief Le pays Bigouden faisant partie du Massif armoricain, son histoire géologique se confond avec celle de ce dernier, marquée principalement, après une première orogenèse au Cadomien (entre - 530 et - 480 millions d'années), par le plissement hercynien au Carbonifère supérieur, suivi de son érosion pendant l’ère secondaire et de sa fracturation, avec principalement les deux failles décrochantes, d’orientation presque ouest-est (légèrement ouest-nord-ouest-est-sud-est) dans leurs parties finistériennes, du cisaillement sud-armoricain., qui partent de la pointe du Raz et se poursuivent respectivement jusque dans les régions angevine et nantaise en passant par les environs de Quimper, guidant en particulier le tracé de la vallée du Jet; d’autres failles, d’orientation nord-ouest-sud-est pour la plupart, sont apparues par la suite, principalement lors de l’ouverture du golfe de Gascogne et de l’océan Atlantique, jalonnées par endroits de filons de quartz (par exemple à Minven en Tréogat) ou de laves basaltiques. La région connaît au début de l’ère tertiaire un climat tropical humide qui provoque une importante altération des roches de surface et est par moments recouverte par la mer, d’où la présence de sédiments marins dans la cuvette de Toulven au sud de Quimper, dont les argiles sont à l'origine des faïenceries. Les alternances d’épisodes glaciaires et de réchauffements climatiques interglaciaires à la fin de l’ère tertiaire et au début du Quaternaire entraînent d’importantes variations du niveau de la mer de plus jusqu'à - 130 mètres (le littoral se trouvait alors une cinquantaine de kilomètres plus à l’ouest que le littoral actuel), expliquant le surcreusement des parties aval des vallées des fleuves côtiers suivies de leur invasion par la mer, lors de la transgression flandrienne, provoquant la formation de rias, telles celles de l'Odet, de la rivière de Pont-l'Abbé et du Goyen, ainsi que l’érosion des roches tendres comme les micaschistes de la baie d’Audierne, provoquant des accumulations importantes de sable et de galets formant des cordons littoraux, certains en position perchée par rapport au niveau actuel de la mer, témoignant d’un niveau de la mer alors supérieur. Ces cordons littoraux bloquent l'écoulement des eux des minuscules fleuves côtiers, d'où la formation de nombreuses lagunes, devenues souvent des étangs d'eau douce ou des paluds (marais maritimes), principalement au niveau de la Baie d'Audierne, mais aussi le long de la côte sud du pays Bigouden, par exemple en arrière de la plage du Ster au Guilvinec, de la plage de Léhan en Léchiagat, de la plage des Sables Blancs en Loctudy et du tombolo allant de la pointe de Combrit à l'Île-Tudy en arrière de la plage de Kermor. Le granite de Pont-l’AbbéLe faciès principal du granite de Pont-l'Abbé est représenté par une roche à gros grain, contenant des cristaux de biotite et muscovite, fortement altéré en arène granitique à l'intérieur des terres, parfois sur plusieurs mètres d'épaisseur est la roche principale du pays Bigouden : il recouvre tout son tiers sud, depuis la pointe de Penmarc'h et la pointe de la Torche jusqu'au tiers aval de la ria de l’Odet et la pointe de Combrit (recouvrant la totalité du finage de communes comme Penmarc’h, Guilvinec, Plobannalec-Lesconil, Loctudy, Pont-l’Abbé, Combrit-Sainte-Marine et la majeure partie de celle de Plomeur) ainsi que son tiers nord, juste au sud du cisaillement sud-armoricain, depuis la pointe du Raz jusqu'à Quimper (recouvrant tout ou partie du finage des communes de Plouhinec, Plogastel-Saint-Germain et Plomelin par exemple). Ce granite est par endroits déformé, présentant une certaine schistosité oblique de 30 à 60 degrés, ce qui explique l'aspect spectaculaire et original des rochers de Saint-Guénolé par exemple. La partie centrale, à hauteur de la baie d’Audierne, présente une géologie plus variée, avec une série d’affleurements orientés principalement ouest-sud-ouest-est-nord-est ; successivement, du nord au sud, affleurent des orthogneiss, par exemple à Pors Poulhan et sur la plage du Gored en Plozévet, ainsi qu’à proximité de la chapelle de Languidou par exemple ; des micaschistes occupent toute la partie nord de la baie d’Audierne de Plovan au sud de Plozévet ; des amphibolites et serpentinites provenant de la décomposition d’anciennes coulées volcaniques se rencontrent principalement à Peumerit, ainsi que des gabbros au niveau du hameau de Kersco dans la même commune. Des prasinites, provenant aussi d’anciennes coulées de laves basaltiques, affleurent principalement au nord de l’étang de Trunvel et autour de Tréogat. D'autres affleurements de micaschistes forment la majeure partie du finage de communes comme Plonéour-Lanvern et Saint-Jean-Trolimon, séparés en deux par un affleurement d’orthogneiss allant du littoral de la baie d’Audierne jusqu'au bourg de Plonéour-Lanvern et au-delà vers l'est, visible par exemple dans le mur d'enceinte de la chapelle de Languidou. Un étroit affleurement de leptynite sépare les deux dernières roches citées ; cette roche blanchâtre a été utilisée dans certaines constructions locales comme la chapelle Saint-Vio en Tréguennec .
Źródło i licencja
Na podstawie: Wikipedia — Pays Bigouden · historia autorów.
Tekst: CC BY-SA 4.0.
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