Le Livre des commandements de Maïmonide (hébreu : ספר המצוות לרמב"ם Sefer Hamitzvot le Rambam) est un comput des prescriptions de la Torah, qui totalise 613 mitzvot comme le veut la tradition rabbinique.
Originellement écrit au en judéo-arabe et paru sous le titre de "Kitab al-Farai'd", il fut traduit par le rabbin provençal Moïse ibn Tibbon, et imprimé pour la première fois en 1497. Une nouvelle traduction a été réalisée au à partir de l'original par Yosseph Qaffah.
Prémices Dans cette œuvre, Moïse Maïmonide établit le comput des 613 mitzvot, qu'il subdivise en 248 prescriptions positives (« une pour chaque membre du corps ») et 365 négatives (« une pour chaque jour de l'année solaire »).
Sa méthode de sélection repose sur l'application de quatorze principes, pour lesquels il fournit d'abondantes illustrations par l'exemple: Les prescriptions d'institution rabbinique, comme le Hallel, instituées afin de respecter davantage les prescriptions bibliques ne sont pas comptées. Les prescriptions déduites à partir de l'exégèse des versets, notamment par les 13 principes de Rabbi Ishmaël ne sont pas comptées. Cette règle exclut par exemple la prescription de révérer les érudits en Torah, car elle est le fruit d'une déduction de Rabbi Akiva à partir de « Tu révéreras l'Éternel, ton DieuDeut. 10:20. » Les prescriptions limitées dans le temps ne sont pas comptées. Cette règle exclut la prohibition pour un Lévite âgé de plus de 50 ans de remplir le service dans le Tabernacle (Nombres 8:25). Les prescriptions englobant la Torah dans son ensemble ne sont pas comptées. Cette règle exclut la prescription de "garder tout ce que je vous ai dit" (Exode 23:13). La raison d'une prescription n'est pas comptée comme une prescription en soi. Par exemple, la Torah interdit à une femme d'épouser une seconde fois son premier mari si elle s'était entre-temps mariée à un second mari. Lorsque la Torah ajoute « et n'apporte pas la culpabilité sur la terre, » il s'agit d'une assertion expliquant la prohibition qui la précède. Elle n'est donc pas comptée comme une prescription séparée. Pour un commandement contenant tant des injonctions positives que des injonctions négatives, la composante positive compte pour une prescription positive, tandis que la composante négative compte pour une prescription négative. La Torah prescrit de se reposer à Shabbat et interdit de travailler en ce jour. Le repos compte comme prescription positive, le travail comme une prescription négative. Les détails d'une prescription, relatifs à la façon de l'appliquer, ne sont pas comptés. La Torah commande à certains pécheurs d'amener « un animal (du bétail) pour l'offrir en sacrifice d'expiation. S'ils n'en ont pas les moyens, ils peuvent apporter deux oiseaux, à la place de ces animaux; et s'ils ne peuvent pas se permettre d'offrir des oiseaux, ils peuvent apporter une offrande de farine en compensation. » Un riche pécheur doit donc sacrifier un animal, mais un pécheur démuni apporte une fleur de farine. Ce type de sacrifice expiatoire variable en importance (korban oleh veyored) compte pour une seule prescription, bien que contenant trois possibilité différentes, en fonction du niveau économique de l'individu. La négation d'une obligation (shelila, "n'est pas") ne doit pas être traitée comme une prohibition (azhara, "ne fais pas"). Bien qu'évident à première vue, l'ambiguïté est cependant plus importante dans le texte, car lo, le terme hébraïque pour non peut acquérir le sens de shelila aussi bien que d'azhara. Selon cette règle, l'assertion qu'une servante juive « ne quittera pas [son maître] à la façon des autres esclavesExode 21:7 » n'est pas une prescription. La compréhension de lo en tant que shelila signifie que si le maître devait causer un dommage physique à sa servante, comme la perte d'un œil, d'une dent ou d'un membre, il ne peut l'affranchir comme une servante ordinaire, mais doit l'épouser; en tant quazhara, la phrase signifierait qu'il est interdit à la servante de quitter son maître, contrairement aux servants ordinaires. Le sens du verset est donc une assertion factuelle, et non une prohibition, et celui-ci ne peut compter dans les prescriptions négatives. La même instruction, ou prohibition, répétée plusieurs fois ne compte qu'une fois. La Torah interdit de manger du sang dans sept versets différents (Lev. 3:17, 7:26, etc.), mais cela ne compte que pour une prohibition. Les préliminaires à la réalisation d'un commandement ne sont pas comptés séparément. Il est prescrit aux cohanim d'exposer le pain de présentation sur la Table dans le Tabernacle. Les détails se rapportant à la façon de cuire le pain (Lev. 24:5-7) ne sont pas comptés. Les différentes modalités de réalisation d'un commandement ne sont comptées pas séparément que si leur combinaison est nécessaire à l'accomplissement de ce commandement. Les quatre espèces de Souccot (etrog, loulav, hadass, 'arava) sont considérées comme étant un commandement et non quatre, ce commandement ne pouvant pas être accompli par une personne s'il n'a pas les quatre espèces. Les actes nécessaires pour accomplir un commandement ne sont pas comptés séparément. L'abattage d'une offrande en holocauste, l'aspersion de son sang, le retrait de la peau de l'animal, etc. ne sont pas comptés séparément. Le commandement porte au contraire sur l'ensemble du processus du sacrifice de lolah. Une prescription réalisée plusieurs jours n'est comptée qu'une fois. L'offrande supplémentaire (moussaf) lors des sept jours de Souccot compte pour un seul commandement (bien qu'un nombre différent de vaches doit être offert chaque jour). Chaque forme de punition est comptée comme une prescription positive. La Torah ordonne au tribunal d'appliquer la peine capitale par lapidation à un blasphémateurLévitique 24:16, un adorateur de MolochLévitique 20:2, et d'autres pécheurs. Cette punition compte pour un seul commandement, bien qu'apparaissant dans beaucoup de contextes différents.
Liste des mitzvot selon Maïmonide Cette liste des 613 prescriptions selon Maïmonide suit l'ordre d'apparition dans son Mishné Torah. Le Sefer HaHinoukh, autre comput souvent consulté, comporte une liste assez similaire, mais les prescriptions figurent selon l'ordre des versets dans la Torah : Savoir qu'il y a un Dieu () Ne pas spéculer sur la possibilité d'autres dieux que Lui () Savoir qu'Il Est Un () L'aimer () Le craindre () Sanctifier son nom () Ne pas profaner son nom () Ne pas détruire d'objets portant Son Nom () Ecouter les prophètes qui parlent en son nom () Ne pas mettre indûment le prophète à l'épreuve () Imiter Ses voies () S'attacher à ceux qui Le connaissent () Aimer les autres Juifs () Aimer les convertis () Ne pas haïr son prochain juif () Rejeter un pécheur () Ne pas embarrasser les autres () Ne pas opprimer les faibles () Ne pas nuire à autrui par la parole () Ne pas se venger () Ne pas tenir rancune () Étudier la Torah () Honorer ceux qui enseignent et connaissent la Torah () Ne pas s'engager dans l'idolâtrie () Ne pas suivre les caprices du cœur ou de ce qui s'offre à la vue des yeux () Ne pas blasphémer () Ne pas honorer des idoles en leur rendant un culte () Ne pas honorer des idoles par les quatre façons que nous honorons Dieu () Ne pas faire une idole pour soi () Ne pas faire une idole pour les autres () Ne pas représenter de formes humaines, même dans un but décoratif () Ne pas mener une ville à l'idolâtrie () Brûler une ville qui a fini par rendre culte à des idoles () Ne pas la reconstruire comme une ville () Ne pas en tirer de bénéfice () Ne pas détourner par une activité missionnaire un individu vers l'idolâtrie () Ne pas aimer le missionnaire () Ne pas cesser de haïr le missionnaire () Ne pas sauver le missionnaire () Ne rien dire en sa défense () Ne pas se retenir pour l'incriminer () Ne pas prophétiser au nom de l'idolâtrie () Ne pas écouter un faux prophète () Ne pas faussement prophétiser au nom de Dieu () Ne pas craindre de tuer le faux prophète () Ne pas jurer au nom d'une idole () Ne pas pratiquer l'''ov (les pratiques médiumniques) () Ne pas pratiquer le yidoni (les pratiques magiques) () Ne pas livrer son enfant au feu de Moloch () Ne pas ériger une colonne dans un lieu public de culte () Ne pas s'incliner sur de la pierre lisse () Ne pas planter d'arbre dans l'aire du Temple () Détruire les idoles et leurs accessoires () Ne pas tirer de bénéfice d'idoles et leurs accessoires () Ne pas tirer bénéfice de l'ornement des idoles () Ne pas établir de contrat avec des idolâtres () Ne pas se montrer bien disposé à leur égard () Ne pas les laisser s'aventurer sur la terre d'Israël () Ne pas imiter leurs coutumes ni leur façon de s'habiller () Ne pas être superstitieux () Ne pas entrer en transe afin de prévoir l'avenir, etc. () Ne pas se commettre dans l'astrologie () Ne pas proférer d'invocations (ou incantations) () Ne pas tenter d'entrer en contact avec les morts () Ne pas consulter les personnes pratiquant lov () Ne pas consulter les yidoni () Ne pas pratiquer de magie () Interdiction pour les hommes de se raser les cheveux sur les côtés de la tête () Ne pas se couper la barbe avec un rasoir () Ne pas porter de vêtement féminin (pour un homme) () Ne pas porter de vêtement masculin (pour une femme) () Ne pas se tatouer la peau () Ne pas se déchirer la chair lors du deuil () Ne pas se faire une tonsure lors du deuil ( ) Se repentir et confesser ses fautes () Proclamer le Shema deux fois par jour () Servir le Tout-puissant par des prières quotidiennes () Les Kohanim doivent bénir la nation juive quotidiennement () Porter les tefillin (phylactères) sur la tête () Lier les tefillin au bras () Placer une mezouzah à chaque linteau de porte () Chaque homme (mâle) doit écrire un rouleau de Torah (Sefer Torah) () Le roi doit avoir un Sefer Torah séparé pour lui-même () Porter des tzitzit aux quatre coins de ses vêtements () Bénir le Tout-puissant après le repas () Circoncire tous les mâles au huitième jour suivant leur naissance () Se reposer le septième jour de la semaine (Shabbat) () Ne pas faire de travaux interdits le Shabbat () La cour ne doit pas infliger de peine le Shabbat () Ne pas se promener en dehors des limites de la ville à Shabbat () Sanctifier ce jour par le Kiddoush (à son entrée) et la Havdalah (à sa sortie) () S'abstenir de travaux défendus () Ne pas faire de travaux défendus à Yom Kippour () S'affliger à Yom Kippour () Ne pas manger ni boire à Yom Kippour () Se reposer le premier jour de la Pâque () Ne pas réaliser de travaux défendus le premier jour de la Pâque () Se reposer le septième jour de la Pâque () Ne pas réaliser de travaux défendus le septième jour de la Pâque () Se reposer à Shavouot () Ne pas réaliser de travaux défendus à Shavouot () Se reposer à Rosh Hashana () Ne pas réaliser de travaux prohibés à Rosh Hashana () Se reposer à Souccot () Ne pas réaliser de travaux prohibés à Souccot () Se reposer à Shmini Atzeret () Ne pas réaliser de travaux défendus à Shmini Atzeret () Ne pas manger de Hametz l'après-midi du quatorzième jour de Nissan () Détruire tout Hametz le 14 Nissan () Ne pas manger de Hametz pendant les sept jours de la Pâque () Ne pas manger de mélanges contenant du Hametz pendant les sept jours de la Pâque () Ne pas voir de Hametz à son domaine (i.e son domicile) pendant les sept jours () Ne pas trouver de Hametz dans son domaine pendant les sept jours () Manger de la Matza la première nuit de la Pâque () Raconter l'Exode d'Égypte en cette nuit () Entendre le Shofar le premier jour de Tishri (Rosh Hashana) () Demeurer dans une Soukka pendant les sept jours de Souccot () Prendre (Balancer) un Loulav et un Etrog pendant les sept jours () Chaque homme doit donner un demi-shekel de façon annuelle () Les tribunaux doivent calculer le moment de la néoménie ()