Surya Bonaly, née le à Nice, est une patineuse artistique française, naturalisée américaine.
Elle est la créatrice d'un mouvement sur la glace, le salto arrière (ou saut périlleux arrière), jambes tendues, pieds décalés, réception sur un pied. Cette figure porte son nom, le « Bonaly ». Elle est la première patineuse à tenter de nombreuses combinaisons de sauts en compétition, mais aussi des quadruples rotations.
Surya Bonaly est neuf fois championne de France en solo (de 1989 à 1997) et une fois championne de France en couple en 1989 en compagnie de Benoît Vandenberghe. Elle remporte seize médailles en Grand Prix ISU (dont dix médailles d'or), cinq titres de championne d'Europe (1991, 1992, 1993, 1994, 1995, en 1996), trois médailles aux championnats du monde juniors ( en 1989, en 1990, en 1991) et trois médailles d'argent aux championnats du monde seniors (1993, 1994, 1995). Elle participe à trois éditions des Jeux olympiques (1992, 1994 et 1998), son meilleur résultat étant une quatrième place à Lillehammer en 1994. Elle détient en outre deux médailles mondiales en tumbling, une médaille d'or remportée lors des mondiaux espoirs en 1986 et une médaille d'argent acquise lors des mondiaux seniors par équipe la même année, ce qui porte son palmarès à huit médailles mondiales (patinage artistique et tumbling confondus).
Elle devient professionnelle en 1998 puis commence sa carrière d'entraîneuse à Las Vegas puis à Minneapolis. Elle s'entraîne et vit à Las Vegas.
En 2019, elle est faite chevalier de la Légion d'honneur. Elle est la marraine officielle des championnats du monde de patinage en 2022, du 21 au , à Montpellier..
Biographie Enfance Les parents de Surya Bonaly, Suzanne (?-2026)https://www.lefigaro.fr/sports/autres-sports/suzanne-bonaly-figure-essentielle-aux-cotes-de-sa-fille-surya-bonaly-est-morte-20260915 et Georges Bonaly, voyagent plusieurs fois en voiture jusqu'en Inde. Fascinés par ce pays et frappés par la pauvreté qui y règne, ils décident d'adopter un enfant sur le sous-continent indien au cours de leur premier voyage, ne pouvant pas avoir d'enfants. Avant le voyage suivant, ils reçoivent un appel de l'orphelinat de Nice, leur annonçant qu'ils peuvent adopter une petite fille de huit mois née à Nice, dans leur région. Ils adoptent l'enfant dont la mère biologique est originaire de La Réunion. et le père biologique originaire de la Côte d'Ivoire.. Ils la prénomment Surya, mot qui signifie en hindi.
Deux ans après cette adoption, les Bonaly achètent une bergerie en ruines et commencent à la rénover. Surya grandit donc dans cette bergerie à cinquante kilomètres de Nice, sans eau courante ni électricité et peuplée de vingt-six chèvres.. Elle participe aux travaux quotidiens de la ferme, trayant les chèvres le soir après l'entraînement et accouchant des chevreaux avec ses parents. La bergerie, située sur les hauteurs de Nice, est surnommée Sannyâsa, en français . Ses parents l'instruisent à la maison. : elle a un cours de flûte à huit heures du matin, suivi du cours d'anglais, puis piscine pour les cours de plongeon (qu'elle apprécie peu en raison de l'eau trop froide) ; elle termine avec la gymnastique.
Sa mère pratique de nombreux sports et encourage rapidement Surya à suivre ses traces. Suzanne est professeure de sport au collège Paul-Langevin à Carros., mais aussi par la suite au collège Albert-Schweitzer de Créteil.
Le premier sport que l'enfant pratique est l'escrime. Elle continue avec la danse classique, le plongeon et le patinage artistique. Dans chaque discipline, elle s'avère très douée. En patinage artistique, c'est Nicole Erdos (vice-championne de France en 1958) qui l'entraîne la première. Lorsque Suzanne Bonaly emmène ses classes à la patinoire, elle emmène Surya, encore bébé, avec elle. Vers deux ans, elle commence à patiner sur des patins à deux lames qui facilitent l'équilibre et patine pour s'occuper en attendant que sa mère termine son cours de sport.
À quatre ans, Surya se prend de passion pour la gymnastique, elle s’entraîne notamment avec Éric Hagard, plus tard entraîneur de la multiple médaillée européenne Mélanie de Jesus dos Santos. Si l'adolescente aime beaucoup la discipline, c'est toutefois le patinage artistique qui la passionne vraiment. Contrainte de se spécialiser, elle choisit le patinage artistique en raison de différends avec des entraîneurs de gymnastique. Nicole Erdos indique que sa pratique de la gymnastique l'a musclée plus que les autres patineuses, lui conférant également un avantage sur glace. Elle fait toujours quelques répétitions de plus que ce qu'on lui demande, qualifiant son entraînement de .
Carrière amatrice alt=Photo de Didier Gailhaguet parlant dans un micro.|vignette|Didier Gailhaguet en 2019. En 1984, Surya Bonaly regarde les Jeux olympiques d'hiver et y découvre la patineuse Katarina Witt : elle décide alors d'apprendre à effectuer le double axel. Elle se brise la cheville à l'entraînement en tentant de le réaliser : condamnée à porter un plâtre pendant deux mois, elle reprend la pratique de la flûte jusqu'à l'été. Lorsqu'elle revient à la glace, l'équipe de France entraînée par Didier Gailhaguet fait un stage à Nice. L'équipe prend tous les créneaux disponibles de la patinoire, empêchant Surya de s'entraîner. Suzanne Bonaly demande alors à Didier Gailhaguet d'accorder une heure sur la glace à sa fille, et l'entraîneur accepte. Après son heure de reprise, elle s'entraîne à nouveau à faire un double axel, ce qui impressionne Gailhaguet, qui affirme plus tard que . Il propose alors à l'enfant et à sa mère de revenir pour chaque entraînement du stage, qui doit durer trois semaines. À la fin du stage, l'enfant a presque atteint le niveau des membres de l'équipe de France, parvenant déjà à enchaîner un double axel et un triple saut malgré un faible temps passé sur la glace : Didier Gailhaguet lui propose de déménager à Paris pour s'entraîner avec lui toute l'année.
La famille Bonaly déménage alors à Paris. Pendant six mois, s'entraînant à Champigny-sur-Marne, elle suit une scolarité par correspondance et vit dans une camionnette avec ses parents. Philippe Candeloro évoque le fait que la famille est accompagnée de cinq chiens à cette époque. Il remarque aussi la sévérité de sa mère, qui la pousse à s'entraîner dur mais régit de très près la vie sociale et les loisirs de sa fille.. Un an plus tard, elle intègre l'équipe de France. Constamment mise en avant par Didier Gailhaguet, elle devient alors le centre de l'attention médiatique pour les patineurs artistiques français. Dès l'âge de douze ans, sous l'impulsion de Gailhaguet, elle apprend à réaliser un salto sur la glace : l'entraîneur affirme n'avoir . Elle réalise son premier salto sur la glace et en public lors d’un gala à Annecy en 1986. Toujours en 1986, à l'âge de treize ans, elle devient championne du monde junior de tumbling à Moulins. La même année, de nouveau en tumbling, elle est vice-championne du monde senior par équipe en compagnie de Sandrine Vacher, Corinne Robert et Isabelle Jagueux au Palais omnisports de Paris-Bercy..
Philippe Candeloro affirme que Surya Bonaly et lui sont les du patinage français, lui-même parce qu'il vient d'une famille peu aisée, Surya parce qu'elle est entraînée par sa mère. En , elle participe à sa première compétition internationale de patinage à Gdańsk en Pologne, qu'elle remporte. Lors de la saison 1987-1988, Surya Bonaly devient championne de France junior de patinage artistique à Cherbourg, (devenue Cherbourg-en-Cotentin en 2016). Lors de ses premiers championnats de France senior, à Grenoble, elle prend la quatrième place et elle est alors envoyée aux championnats du monde junior à Brisbane où elle termine quatorzième. Malgré ce classement, elle est invitée au gala de la compétition et réalise un salto arrière. Pendant l'été 1988, elle suit les Jeux olympiques d'été et remarque la sprinteuse Florence Griffith-Joyner, toujours vêtue d'une combinaison bariolée, coiffée et maquillée et décide de s'inspirer d'elle pour ses costumes de patinage, qui deviennent plus originaux et colorés. Elle effectue généralement huit à neuf sauts pendant ses programmes, tandis que les programmes classiques en contiennent généralement six..
Débuts internationaux Lors de la saison 1988-1989, Surya Bonaly remporte ses premiers championnats de France seniors de patinage artistique en solo, mais aussi en couple avec Benoît Vandenberghe. Elle effectuera par la suite des essais en couple avec Axel Médéric et Stéphane Bernadis, ces tentatives n'aboutiront pas sur des participations à des compétitions.
Didier Gailhaguet commence à annoncer à la presse qu'elle pourrait aux Jeux olympiques de 1992 à Albertville. La même saison, elle est troisième des championnats du monde junior à Sarajevo et dixième des championnats du monde senior à Paris, elle termine également huitième des championnats d'Europe à Birmingham.. Durant ces championnats d'Europe, elle devient la première patineuse à tenter la combinaison triple lutz - triple boucle piqué.. Elle commence alors à s'entraîner pour réussir ses premiers quadruples sauts, étant très à l'aise avec les triples sauts.
Lors de la saison 1989-1990, elle finit en deuxième position des championnats du monde junior à Colorado Springs, des championnats d'Europe à Léningrad et des Mondiaux d'Halifax. Lors des championnats d'Europe, elle tente deux quadruples différents dans le même programme libre (salchow et boucle piqué). Cette tentative est une première mondiale, tous genres confondus. Lors du gala de cette compétition, elle conçoit un programme qui inclut un tour de magie où elle fait apparaître une colombe. Cette saison marque aussi la disparition des figures imposées, une suppression qui aura une influence positive sur la suite de sa carrière.
Lors de la saison 1990-1991, Surya Bonaly remporte les championnats du monde junior à Budapest, puis les championnats d'Europe à Sofia. À l’occasion du gala de cette compétition et pour dénoncer la guerre du Golfe, elle apparait sur la glace en brandissant le symbole de la paix dessiné sur un morceau de tissu blanc. À la suite de cette victoire historique pour le patinage français, elle reçoit un message du président de la République François Mitterrand : « Votre médaille d'or a réjoui tous les Français. Vous êtes la première championne d'Europe française dans une discipline difficile et complète, qui requiert autant de maîtrise chorégraphique que de sûreté athlétique, et vous avez l'avenir devant vous. Au nom de tous les Français, je vous adresse mes chaleureuses félicitations.. » alt=Photo de Surya Bonaly en robe jaune sur la glace.|vignette|Surya Bonaly en Allemagne en 1992. Elle finit sa saison à la cinquième place des championnats du monde à Munich, en réceptionnant un quadruple boucle piqué pour la première fois : il s'agit de son premier quadruple saut réceptionné en compétition, mais à rotation incomplète.
La principale critique adressée à l’athlète se précise : si son niveau est très haut sur un plan technique, elle n'enchaîne pas les sauts avec la grâce attendue d'une patineuse artistique. Scott Hamilton critique sa tendance à s'arrêter de patiner quelques instants avant les sauts les plus difficiles ; il attribue ce manque de fluidité à son expérience de gymnastique, où . Ce point de vue est partagé par la chorégraphe de Surya Bonaly, Annick Dumont. Au contraire, Peter Biver, patineur artistique et fiancé de la patineuse, affirme qu'elle doit se limiter à être plus athlétique que les autres car il estime qu'en tant que patineuse noire, sa grâce sera toujours remise en question.
Surya Bonaly déclare en 2026 : .
Jeux olympiques de 1992