Le saut d’obstacles, ou concours de saut d'obstacles (ou CSO) est un sport équestre qui se déroule dans un terrain délimité, sur lequel ont été construits ou posés des obstacles. Les barres qui les composent sont mobiles, et peuvent tomber lorsqu'elles sont touchées. Pour le cheval et le cavalier, la règle du jeu est de réussir à franchir ces obstacles dans un ordre précis sans les renverser, les refuser ou les dérober. Il existe plusieurs types de saut tels que le vertical, la croix, la haie, la rivière, le spa, l'oxer, l'obstacle de terre, les obstacles combinés : le double, le triple, etc.
Généralités thumb|right|Saut d'entraînement Pour le cavalier, cette discipline permet surtout de développer l’aisance, l’équilibre et la confiance. En saut d'obstacles, le cheval et son cavalier doivent se trouver en harmonie. Le cavalier se doit de maîtriser de nombreux paramètres tels que l’impulsion, la vitesse, la trajectoire, le nombre et la longueur des foulées pour se garantir des sauts sans faute.
En parallèle avec le travail sur les obstacles, un indispensable travail de dressage, de musculation et d'assouplissement sur le plat est réalisé pour que le cheval obtienne un dressage le plus fin possible, un potentiel physique optimal, et un mental confortable.
Histoire
Bien que les principes de l'équitation aient été déjà décrits par Xénophon au IVe siècle avant notre ère, puis détaillés de plus en plus en profondeur au fil des siècles, on trouve très peu d'écrits sur l'équitation de saut d'obstacles avant la fin du . En effet, avant la codification de la chasse à courre, par l'« English Enclosure Acts » au , qui oblige les chasseurs à suivre les traces de la meute et donc à sauter les obstacles se trouvant sur le passage, il n'y a guère de raison pour sauter les obstacles dans la campagne.
Mais vers la fin du , les chasses à courre à travers des champs clôturés deviennent nombreuses tant en Grande-Bretagne que sur le continent. Les courses d'obstacles et les concours hippiques deviennent de plus en plus populaires. La première compétition de saut d'obstacles a lieu en Irlande en 1865. En France, il faut attendre 1870 pour voir apparaître les premières épreuves de saut d’obstacles. Les premiers parcours sont constitués d'éléments à franchir le plus rapidement possible constitués de barres, de rivières, et d'obstacles de terres. L'épreuve figure pour la première fois aux Jeux olympiques à Paris en 1900.
Malgré son avènement plutôt récent, ce sport a déjà beaucoup évolué.
Technique équestre
Le saut d'obstacles, de par ses spécificités, exige une technique équestre particulière. Afin que le cheval ait le dos plus libre et plus actif, le cavalier se tient très souvent en équilibre sur ses étriers. Les étriers sont réglés plutôt courts pour mieux suivre le cheval lorsqu'il saute. Le cavalier peut ainsi prendre appui dessus et déplier son corps et ses bras quand le cheval s'étire pendant le plané du saut. Le cheval a besoin de toute sa capacité athlétique pour enchaîner les obstacles. Le cavalier se doit également de communiquer avec lui par des moyens les plus légers et les plus discrets possibles, en évitant autant que faire se peut de perturber sa motricité et son équilibre.
Toutefois, sur certains sujets, les points de vue divergent et peuvent être la source de bien des discussions. Certains cavaliers utilisent des techniques qui conviennent bien à certains chevaux et cavaliers, mais moins aux autres.
C'est à chacun de faire la part des choses avec sa sensibilité, son expérience et ses chevaux. Toute sa vie, le cavalier cherche sa propre équitation, puisant dans son expérience et s'aidant de ce que peut lui apporter l'expérience des autres. Finalement, ce sont ses chevaux, s'il sait les écouter, qui lui disent s'il se trouve sur la bonne voie ou non.
Le saut est aussi une discipline de confiance avec son cheval. Il faut connaître son cheval pour anticiper certaines réactions de sa monture et le cavalier(ère) doit avoir un parfait contrôle sur son équidé. Pour cette épreuve, la cravache et/ou les éperons peuvent être autorisés (avec une taille réglementaire pour les championnats de France).
Formation Formation des cavaliers L'équitation de saut d'obstacles est un sport hautement technique qui exige de la souplesse, de la sensibilité et de l'expérience. La formation de base des jeunes cavaliers s'étale souvent sur une décennie. La plupart des cavaliers de cette discipline ont besoin de passer plusieurs examens de qualification pour être admis dans les concours ou tout simplement pour pouvoir pratiquer le saut d'obstacle en manège libre, car les risques de blessure sont plutôt élevés surtout pour les cavaliers débutants. De plus, un élève sans expérience a de plus fortes chances de détériorer l'entrainement du cheval qu'il monte, s'il le fait sans la supervision d'un instructeur chevronné. Mais la formation des cavaliers n'est jamais terminée et doit se poursuivre tout au long de leur carrière, laquelle peut être très longue. De beaux exemples de longévité sont donnés par Nelson Pessoa et Michel Robert qui sont classés parmi dans les premiers cavaliers mondiaux à plus de . En vieillissant, le cavalier perd de la souplesse et des réflexes, mais il compense cette perte par son expérience, une sensibilité affinée et une meilleure écoute des chevaux qu'il monte.
Formation des jeunes chevaux Généralités Jusqu'à l'âge de six ans, le cheval de saut d'obstacles est un « jeune cheval », mais sa formation se poursuit souvent jusqu'à plus de huit ans. À partir d'environ dix ans, le cheval de saut d'obstacles est en général considéré comme mûr et expérimenté. Les champions ont souvent plus de douze ans. À partir de cet âge, on travaille essentiellement pour maintenir tout leur potentiel physique aussi longtemps que possible, ou plus. Baloubet du Rouet, le cheval de Rodrigo Pessoa, est au plus haut niveau international en 2006 à l'âge de .
Sauts en liberté
L'éducation à l'obstacle peut démarrer dès l'âge de trois ans en faisant sauter le jeune cheval en liberté. Ce travail permet au jeune d'apprendre à régler seul sa battue et son saut sans être gêné par la présence encore inhabituelle du cavalier sur son dos.
Pour préserver son physique en pleine transformation et son mental, les séances de sauts en liberté doivent être assez espacées dans le temps et de difficulté graduelle. Le cheval commence par franchir des barres au sol puis un croisillon abordé au trot puis au galop. Ensuite, il saute un petit vertical, puis un oxer. Plus tard, il est gymnastiqué grâce à des doubles.
Pour faire sauter un cheval en liberté, il faut procéder dans un lieu clos avec au moins deux personnes munies de chambrières pour canaliser le poulain. Il n'est pas conseillé de faire sauter un cheval en liberté si aucune des personnes présentes ne possède une expérience éprouvée des chevaux, du saut d'obstacles et du travail en liberté. En effet, par ces exercices, le jeune cheval doit être encadré par des instructeurs sûrs. À cette étape de sa vie, il est primordial de ne jamais lui demander plus qu'il ne peut donner. Il doit prendre confiance dans ses possibilités physiques et améliorer sa technique en toute sûreté.
Les premiers sauts montés Comme pour le travail en liberté, il est bon de commencer par franchir des barres au sol puis des croisillons au trot. Le trot est une allure souvent utilisée pour les premiers sauts des jeunes chevaux. En effet, dans leur jeunesse, ils ne savent pas encore se servir à plein potentiel de leurs corps. Dans l'allure du trot, ils possèdent toujours deux pieds au sol, leur équilibre est donc plus facile à gérer.
Ensuite, pour leur apprendre à se relancer à la réception et enchaîner les sauts, l'éducateur leur fait sauter des petits parcours de croisillons au trot puis au galop lorsque tout se déroule bien au trot.
À ce stade, il est important de ne pas faire sauter les jeunes chevaux avec de la vitesse afin qu'ils ne soient pas obligés de réagir au dernier moment pour sauter, cette précipitation pourrait les faire paniquer. De par leur inexpérience, ils ont besoin d'observer pour doser leurs sauts. Mais il arrive très souvent que les jeunes chevaux aient un équilibre tel qu'ils ne peuvent pas encore galoper lentement, leur équilibre vers l'avant les poussant à accélérer l'allure. Une bonne partie du travail consiste donc à les habituer à un autre équilibre, plus reculé. Un bon exercice avec de tels chevaux est de leur faire exécuter un cercle après chaque obstacle sauté. Le cavalier se sert du cercle pour rééquilibrer et rassembler sa monture pour aller sauter l'obstacle suivant dans les meilleures conditions. Le contact avec la bouche du cheval durant l'exercice doit rester minime pour vérifier qu'il reste en équilibre.
Un peu plus tard, pour les muscler sur la hauteur, on leur fait franchir des croisillons-oxers. Comme le croisillon, ce type d'obstacle, plus bas au milieu, incite le poulain à sauter au centre. La barre de derrière donne la trajectoire en hauteur et en largeur. À ce stade du travail, le cheval doit être confiant, il doit pouvoir venir sauter ces obstacles en conservant une régularité dans son allure sans modifier sa cadence et son amplitude dans les abords.
Enfin, le travail sur de petites lignes d'obstacles améliorera le style du saut. Il est capital de veiller à conserver les chevaux droits durant toutes les étapes du saut.
En cas de refus ou de désordre du cheval, le cavalier n'hésite pas à baisser un peu les obstacles.
Quelques semaines avant le début de la saison de concours, les jeunes chevaux sautent tous les types d'obstacles et ils sont confrontés à toutes sortes de soubassements. L'idéal est de les faire sauter un parcours d'entraînement sur un terrain qu'ils ne connaissent pas et de les habituer à la présence de nombreux autres chevaux. Ils sont ainsi moins apeurés lors de leurs premiers concours.
Obstacle
thumb|Obstacle spa (CSI* Chalais 2006) L'obstacle est l'élément clé de cette discipline. Il se présente sous de nombreuses formes et couleurs.
Un obstacle est classiquement constitué de barres, de chandelles et de chandeliers pour supporter les barres, de soubassements. En concours, des fanions (rouge à droite, blanc à gauche) et un numéro d'ordre sont ajoutés, l'apparence est soignée avec des chandeliers décoratifs et des soubassements variés.
Pour l'entraînement, les obstacles faciles à manipuler avec peu de soubassements et des chandelles légères sont préférés.
Les obstacles peuvent être de types variés : verticaux, oxers, obstacles de volée, rivières, doubles, triples, obstacles de terre. Les parcours de chasse et de derby comportent quelques obstacles naturels.
Outre ses caractéristiques propres, l'agencement d'un obstacle dans un parcours peut être déterminant sur son niveau de difficulté.
Dans le cas des classes de chasse et d'équitation, les obstacles sont plutôt de couleur naturelle (brun, blanc, vert…) et ne sont pas marqués de fanions et de numéros. Ces obstacles sont ainsi faits pour montrer le cheval sous un aspect plus naturel.
Compétition La compétition consiste à affronter d'autres cavaliers sur un parcours de généralement . Chaque renversement de barre, refus, dérobade et/ou chute du cavalier et/ou du cheval valent une pénalité selon le type de concours. Les cavaliers sont chronométrés, ce qui donne le verdict final.
Certaines compétitions sont réservées aux enfants et jeunes cavaliers jusqu'à , comme le Championnat de France à Lamotte-Beuvron. Cette manifestation historique s'intitule « Sologn'pony » (référence règlement SHN), le premier objectif de tout cavalier de compétition est de participer à toutes les étapes indispensables à la maîtrise de son art, des nombreux concours interclubs au épreuves officielles et qualifiantes pour les championnats et validées par la Fédération française d'équitation (FFE) dont le Generali Open de France.