Jean-Pierre Napoléon Eugène Chevandier de Valdrome est un homme politique, exploitant forestier et industriel français, né le à Saint-Quirin (Moselle). Il épouse Marguerite Pauline Sahler (, Kreuznach, Prusse), veuve de Charles Guillaume Vopelius, le Marguerite Pauline Sahler est issue d’une famille à la tête d'importantes affaires forestières : .. Il meurt sans descendance le à Cirey-sur-Vezouze (Meurthe-et-Moselle). Il est promu commandeur de la Légion d’honneur de la promotion du .

Industriel dynamique aux connaissances techniques certaines, il gère de nombreuses affaires, essentiellement héritées de sa famille maternelle, les Guaïta et développées par son père, patron de fabrique dans l'industrie du verre, député orléaniste et pair de France. Les verreries forestièresLe terme de verrerie forestière vient de l’utilisation du bois qui permet le développement de certaines industries gourmandes en énergie et qui nécessitent des températures élevées, comme la sidérurgie et la verrerie. d’abord, mais également les forges, les houillères, les scieries également puisqu'il est un très important propriétaire foncier dont les intérêts s’étendent jusqu'en Allemagne. En 1858, il participe à la fusion des verreries familiales avec les manufactures de Saint-Gobain.

Devenu un des principaux chefs du tiers parti sous le Second Empire, il est nommé ministre de l’Intérieur par Émile Ollivier, en . Eugène Chevandier de Valdrome s’attache alors à la défense de l’Empire libéral, manifestant une solidarité sans faille avec le chef du ministère qui entretient avec lui des relations amicales et confiantes. Ministre de l'Intérieur, il est connu pour avoir commandé, à cheval, ses troupes, sur les Champs-Élysées, face aux émeutiers hostiles au régime parlementaire, lors de l'enterrement de Victor Noir. La chute de l'Empire en 1870 précipite son retrait de la vie politique, ce qui lui permet de se désolidariser d'un conflit qui nuit à ses alliances familiales et industrielles et à ses intérêts fonciers en Prusse.

Eugène Chevandier de Valdrome a écrit des traités sur la chimie et la sylviculture, notamment les travaux scientifiques suivant : Note sur l'élasticité et sur la cohésion des différentes espèces de verre, présenté à l’Académie des sciences le et Recherches sur l’emploi de divers amendements dans la culture des forêts, également présenté à la même académie le .

Biographie Origines familiales Les Chevandier sont originaires de Valdrôme où ils sont co-seigneurs. (la Révolution française les contraint à fuir cette région) de ce village reculé d'une petite vallée du Diois. Dès la fin du la famille occupe un rang très honorable dans la bourgeoisie de cette région. Pierre Chevandier est en 1691 châtelain épiscopal du lieu de Valdrome, près de Die. François Chevandier, né vers 1668, exerce les mêmes fonctions. Il épouse le à Beaumont-en-Diois Marie Gâche, fille de René Gâche, notaire royal et procureur du roi à Die, et en a un grand nombre d'enfants. Le plus jeune de ses fils, Jean-François-René Chevandier, né en 1729, acquiert en 1750 de la famille de Léotaud de Montauban une partie de ses droits sur la seigneurie de Valdrome. Il est dès lors connu sous le nom de Chevandier de Valdrome, patronyme conservé par ses descendants. Il épouse Louise de Vilhet d'Aguillon, d'une vieille famille de Mérindol, et en a plusieurs fils. L'aîné de ces fils, René Chevandier, né en 1761, sous-lieutenant des gendarmes du roi, périt à Paris sur l'échafaud révolutionnaire en 1794 sans avoir été marié. Le second, François Chevandier, né en 1767, juge de paix à Die, mort en 1851, est le père d'Alexandre-René Chevandier de Valdrome, président du tribunal de Die, mort en 1867, qui n'a que deux filles, mesdames Montlahuc et Pascal. Un troisième, Jean-Auguste Chevandier de Valdrôme, né à Lyon en 1781, se fixe en Lorraine..

Industrie du verre : les verreries de Saint-Quirin Les manufactures de glaces qu'Auguste Jean Chevandier de Valdrome dirige, entrent dans la famille grâce au mariage de ce dernier le à Saint-Quirin, sous l'Empire, avec Catherine de Guaïta () dont le père, Bernard de Guaita, est l'un des principaux actionnaires des verreries de Saint-Quirin, aux côtés de l'époux de sa sœur, Ève, le baron RoedererPierre-Louis Roederer épouse le à Francfort-sur-le-Main Ève Régine Louise Walburge de Guaïta, née à Francfort-sur-le-Main en Allemagne, morte le , sœur de Bernard de Guaïta et fille d’Antoine-Marie de Guaïta, banquier à Francfort, propriétaire de la moitié des Verreries de Saint-Quirin et notable d’Aix-la-Chapelle en Allemagne. Elle descend d’Innocent Guaïta, né en 1692, qui s’établit à Francfort-sur-le-Main et y fonde une banque en 1716. Ève Régine Louise Walburge de Guaïta est la sœur du maire d’Aix-la-Chapelle sous le Premier Empire.. Les Von Guaita (ou Guaïta) sont d'une très vieille famille issue de la vallée de Menaggio près du lac de Côme. Ils s’installent ensuite à Francfort.. Historiquement, depuis la Révolution française, les verreries dont la création remonte au , sont devenues des propriétés nationales, exploitées grâce à un bail emphytéotique par des industriels privés.. Auguste Jean Chevandier de Valdrome donne une nouvelle impulsion à ces verreries et les dirige durant 40 ans. C'est à lui notamment que l'on doit l'application du sulfate de soude à la fabrication du verre à vitres.. Lorsque le bail consenti en 1800 est sur le point d'expirer, les verreries mises en vente par l'administration des domaines lui sont adjugées à travers sa société Auguste Chevandier de Valdrome et Compagnie, manufacturiers audit lieu, c'est-à-dire à la société bailliste, suivant procès-verbal dressé par le préfet de la Meurthe, le .

thumb|alt=Vues gravées de la verrerie, entrepôts avec charpentes de bois, ouvriers au travail dans les ateliers ; trois vues au total.|La verrerie de Cirey au .

Cette compagnie achète aussi la manufacture de glaces de Cirey et le Maître verrier fusionne rapidement les deux établissements qui prennent la dénomination de Compagnie des manufactures de glaces et verres de Saint-Quirin, Cirey et Monthermé.. Ses statuts sont approuvés par une ordonnance royale du . Le siège de la société est établi à ParisSur les statuts de la société en 1841, consulter : .. Georges et son frère Eugène Chevandier de Valdrome succèdent naturellement à leur père, mort dans son château de Sainte-Catherine le et enterré dans l'église priorale de Saint-Quirin. En 1858, les manufactures de Saint-Gobain, le grand rival national, fusionnent avec la Compagnie des manufactures de glaces et verres de Saint-Quirin, Cirey et Monthermé. . La famille Guaita (Chevandier de Valdrome, Roederer, Guaita) devient ainsi actionnaire de la Société des Manufactures des glaces et produits chimiques de Saint-Gobain, Chauny et Cirey.

thumb|upright=1|alt=Vue gravée en perspective de la manufacture avec tous les bâtiments de l'usine et des cheminées fumant.|Gravure de la manufacture de Portieux en 1886.

Eugène Chevandier de Valdrome abandonne cependant la voie scientifique pour se consacrer à la direction et à la gestion industrielle de la verrerie familiale, chapitre 5 et 8 par Eugène Chevandier de Valdrome, sur les différentes espèces de verres et les propriétés mécaniques du bois., la Compagnie des manufactures de glaces et verres de Saint-Quirin, Cirey et Monthermé, sur les traces de son père, Jean-Auguste Chevandier de Valdrome.

Cristallerie de Portieux Eugène Chevandier de Valdrome s'investit aussi dans le projet familial de reprise et de relance de la Cristallerie de Portieux grâce à l'étendue de ses connaissances techniques puisqu'il est ingénieur de l'École Centrale (promo 1834). C'est à son domicile de Cirey que s'élabore le traité d'achat de la verrerie de Portieux.

Relations avec les ouvriers thumb|left|upright=0.6|alt=Portrait gravure d'un homme avec moustache.|Eugène Chevandier de Valdrome vers 1854. Les manufactures de Cirey emploient des enfants car leur présence, précieuse, ne peut être éliminée de la grande industrie et le travail à domicile n'est pas toujours possible. Ce constat amène le directeur Chevandier de Valdrome à partager en deux groupes la masse des enfants ouvriers, suivant un fonctionnement qui rappelle celui des salines. .. Chevandier de Valdrome évalue à le nombre de ses ouvriers dont 50 enfants. Le sous-préfet de Sarrebourg lui fait expédier des livrets d'enfants ouvriers en englobant dans les effectifs ces petits travailleurs temporaires. L'entrepreneur renvoie ceux dont il n'a plus usageLettre au sous-préfet de Sarrebourg du 7 janvier 1843 : il avait reçu 21 jeunes travailleurs en trop, Archives départementales de Meurthe-et-Moselle, ..

Les industries de Cirey et de Saint-Quirin, grâce à l'esprit chrétien de leurs dirigeants, semblent favoriser un système de prévoyance pour les ouvriers qui placent une partie de leurs salaires dans des institutions d'épargne au sein de la manufacture, conformément à l'initiative philanthropique de la famille Chevandier de Valdrome..

Savant et industriel Formation scientifique Après des études de mathématiques et de chimie à l'École centrale des arts et manufactures, Eugène Chevandier de Valdrome devient répétiteur de géométrie descriptive.. Il est nommé directeur du laboratoire de chimie de l'école. Le père Henri Lacordaire le rencontre alors qu'il postule une place vacante à l'Institut..

Eugène Chevandier de Valdrome est également membre correspondant de l'Académie des Sciences (section d'Économie rurale) en 1857, grâce à ses recherches en chimie forestière.. Le , il fait une communication à l'Académie des sciences, sous le titre « Considérations générales sur la culture forestière en France », qui est reproduite dans les Annales forestières. et dans laquelle il s'interroge sur la possibilité dans un siècle de pallier la prévisible pénurie d'énergie ? Ses travaux scientifiques apportent une solution : grâce au bois, en se rappelant que, d'après l'administration des mines, un stère de bois (pesant en moyenne 360 kilos) fournit autant de chaleur que 180 kilos de houille. Il faut donc trouver, en France, au niveau d'industrialisation de 1847, entre 30 et 35 millions de stères de bois supplémentaires à récolter, et probablement bien davantage. Pour cela, Chevandier de Valdrome propose deux voies à suivre, l'augmentation de la production des forêts existantes et le reboisement massif et soutenu. Ce qui amène Jean PardéJean Pardé (1919 2008) est un correspondant de l’Académie d’Agriculture de France. Sylviculteur, il est l’un des fondateurs du C.N.R.F. (Centre National de la Recherche Forestière), également enseignant-chercheur à l’École forestière de Nancy. En 1964, il dirige la Station de Sylviculture de l’ et jusqu’en 1973 il est administrateur du Centre de Nancy. Il contribue au rapprochement entre chercheurs forestiers français et allemands, en particulier ceux de Fribourg-en-Brisgau. qui examine ces solutions, à considérer le savant comme ..

Compagnie des chemins de fer de l'Est thumb|upright=1.2|alt=Locomotive ancienne avec cheminots à Cirey.|Le chemin de fer à Cirey en 1870.