Les Missions étrangères de Paris (MEP) sont une société de vie apostolique catholique fondée en 1663. Elle compte, en 2024, 150 prêtres, 17 séminaristes ..

L’objectif de cette société est l’évangélisation des pays non chrétiens, spécialement en Asie, par la fondation d’églises et le développement d'un clergé local sous la juridiction d’évêques. Afin de recruter et de former des missionnaires, une maison fut fondée en 1663 rue du Bac à Paris, où elle est toujours située actuellement. Connue sous le nom de « Séminaire des Missions étrangères », elle a reçu l'approbation du pape Alexandre VII et la reconnaissance légale du Gouvernement français.

Organisation thumb|right|Vue du séminaire des Missions étrangères de Paris, rue du Bac. Au début, cette société n'est pas un ordre, ni une congrégation mais une association de prêtres diocésains, incardinés dans leur diocèse d'origine et mis à la disposition de la Sacrée congrégation pour la Propagation de la foi, aujourd'hui Congrégation pour l'évangélisation des peuples, afin d'exercer leur ministère dans les territoires de mission, sous l'autorité des vicaires apostoliques.

Les vicaires apostoliques dirigent alors la Société de façon collégiale. Chacun d'entre eux a un procureur à Paris. Ces procureurs ont pour charge de pourvoir les vicariats en missionnaires et de trouver les fonds nécessaires à la bonne marche des missions.

Un changement important intervient en 1840. Jusqu’alors les candidats missionnaires étaient tous prêtres. Désormais on accepte des séminaristes, qui seront incardinés dans la Société. Après la promulgation et l’entrée en vigueur du nouveau droit canonique, en 1917, la Société des Missions étrangères perd son caractère d’association de prêtres diocésains, mis à la disposition de la Propagande, et devient pratiquement une sorte de congrégation composée de prêtres séculiers. À la suite de cette réforme, les membres de la Société vont élire un supérieur général et voter leurs constitutions.

L'âge maximum pour entrer au séminaire est de trente-cinq ans, et l'incardination dans la Société ne peut se faire qu'après avoir passé au moins trois ans dans une mission.

Missions Les vicaires apostoliques Les premiers vicaires apostoliques sont François Pallu, Pierre Lambert de La Motte, Ignace Cotolendi et François de Laval-Montmorency.

Les vicaires apostoliques dirigent alors la Société de façon collégiale, dans une relation parfois tendue avec les directeurs de Paris.

En 2019, le seul vicaire apostolique membre de la Société est Olivier Schmitthaeusler, vicaire apostolique de Phnom Penh. Deux autres prêtres des Missions étrangères sont évêques à Madagascar et au Cambodge, et d'autres, comme Pierre Bach, ancien vicaire apostolique au Laos, sont retirés.

Les missionnaires La Société est majoritairement membre de missionnaires qui sont membres de la Société, à laquelle ils sont incardinés lors de leur ordination diaconale.thumb|right|Départ de missionnaires des MEP en 1856.

Si tous les missionnaires ne meurent pas martyrs, le martyre comme témoignage est bien au cœur de la spiritualité des Missions étrangères, communément appelée la "Société des Martyrs". La mort de chacun d'entre eux est généralement à l'origine de plusieurs départs en mission. Ainsi certains diocèses deviennent de véritables pépinières de missionnaires et de martyrs comme Besançon (saints Isidore Gagelin, Joseph Marchand, François Néron et Étienne Cuenot), Poitiers (saints Jean-Charles Cornay et Théophane Vénard) ou Bayeux (Emmanuel Verrolles, Léon Thomine Desmazures). Inversement, dans des diocèses à faible recrutement missionnaire comme Digne, la mort d'un seul martyr, saint Jacques Chastan en 1839, suscite une vague exceptionnelle de dix départs dans les années qui suivent.

Les récentes canonisations (1984 et 1988) de vingt-trois missionnaires martyrisés en Corée et au Viêt Nam ont renforcé les liens spirituels entre leurs diocèses d'origine et leurs pays de mission, liens concrétisés par des pèlerinages de plus en plus nombreux.

Les volontaires

Depuis les origines, de simples fidèles se joignent à l'aventure missionnaire. En 2003, le père Georges Colomb fonde le service du Volontariat MEP pour permettre à des étudiants ou jeunes professionnels de participer pour une durée qui va de quelques mois à deux ans à l'effort missionnaire. Un Volontariat Senior s'est aussi développé depuis les années 2010.

Le Séminaire des Missions étrangères

En même temps que la Société est fondée, le Séminaire des Missions étrangères pour pourvoir au recrutement et à la formation des futurs missionnaires. Les séminaristes sont appelés les aspirants aux Missions.

Aux , la grande majorité des aspirants missionnaires sont issus du milieu rural, de ces campagnes reculées où souvent des prêtres réfractaires ont entretenu l'esprit de résistance et la pratique de la clandestinité. Quand le séminaire des Missions étrangères est rouvert en 1815, les jeunes qui se présentent appartiennent presque tous à cette tradition. Quelques années plus tard, l'Œuvre de la Propagation de la Foi va assurer la diffusion de la publicité missionnaire jusque dans les plus petites paroisses. Au fur et à mesure que les effectifs du clergé diocésain se reconstituent, les plus aventureux de ses membres se tournent vers les missions qui deviennent le grand exutoire des désillusions comme de l'enthousiasme de l'Église de France.

Issus de familles généralement très pieuses mais peu fortunées, qui ont souvent eu du mal à financer leurs études, beaucoup de candidats missionnaires se heurtent à l'opposition de leurs proches dès qu'ils annoncent leur projet. La rupture familiale, radicale et définitive, est une épreuve douloureuse pour tous, et dramatique pour certains qui doivent s'enfuir en secret, sans faire leurs adieux, si le refus de leurs proches est trop inflexible.

Néanmoins, quand la séparation est acceptée, ou quand, avec le temps, le sacrifice est consommé, des liens très forts subsistent entre les missionnaires isolés à l'autre bout du monde et leurs communautés d'origine : échanges de lettres qui transitent par le séminaire de Paris et les procures d'Asie, union de prières et surtout, de la part des missionnaires, pressants appels aux vocations auprès de leurs confrères restés au pays. Délocalisé à Meudon, puis Bièvres à la fin du , le Séminaire accueille aujourd'hui principalement le Conseil des Missions étrangères ainsi que des prêtres asiatiques qui se forment à l'Université catholique de Paris. Le Séminaire des Missions étrangères accueille aussi la formation des Volontaires des Missions étrangères et les sessions de formation des aspirants aux Missions étrangères, qui sont formés dans différents séminaires en France et à Rome. Depuis , la maison de la rue du Bac accueille également l'année de propédeutique missionnaire à la Maison Saint Théophane. qui précède l'entrée au Séminaire.

Procures Afin de soutenir financièrement les missions, des Procures sont fondées en même temps que la Société pour assurer sa pérennité.

Avant la Révolution, la Société des Missions étrangères est richement dotée, grâce aux dons successifs, depuis le legs fondateur de Bernard de Sainte-Thérèse, évêque de Babylone. À la Révolution, le Séminaire est vendu comme bien national.

Champ d'action thumb|right|Prêtres et séminaristes au Japon en 1881.

Le champ de travail de la Société des Missions étrangères s’est peu à peu agrandi au cours des siècles. Après le Siam, le Tonkin, la Cochinchine, le Cambodge et quelques provinces de Chine, le Saint-Siège demande aux prêtres des Missions étrangères, en 1776, de remplacer les missionnaires jésuites dans l'Inde du Sud. En 1831, le pape Grégoire XVI confie à la Société la Corée et le Japon ; en 1838, la Mandchourie ; en 1841, la Malaisie ; en 1846, le Tibet et l'Assam. En 1849, les Missions étrangères reçoivent du pape Pie IX trois autres provinces de Chine et, en 1855, la Birmanie. Jean de Guébriant, supérieur général de 1921 à 1935, marque l'histoire des Missions étrangères, surtout en Chine. Enfin, en 1952, le pape Pie XII demande à la Société de prendre en charge le nouveau diocèse de Hualien, à Taïwan.

Pendant la période contemporaine, les missionnaires étrangers ont été expulsés de plusieurs pays, successivement de Chine et du Tibet, de Birmanie, du Viêt Nam, du Laos et du Cambodge, où ils sont revenus en 1991, l'actuel vicaire apostolique de Phnom Penh (Olivier Schmitthaeusler) est membre des Missions étrangères de Paris. La Société des Missions étrangères a été contrainte de redistribuer son personnel. Certains missionnaires ont dû rester en France à cause de leur âge ou pour des raisons de santé. Les autres sont repartis vers de nouveaux territoires, venus s’ajouter aux champs d’apostolat traditionnels : à Madagascar, à l’Île Maurice, en Indonésie, en Nouvelle-Calédonie.

Histoire La fondation Alexandre de Rhodes, missionnaire jésuite d'Extrême-Orient où il a effectué plusieurs séjours entre 1624 et 1645, convainc le pape d'envoyer trois évêques français volontaires, avec le rang de vicaire apostolique, en Asie en vue de créer un clergé autochtone bien formé et de s'adapter aux mœurs et coutumes du pays, sans ingérence dans les affaires politiques. Alexandre de Rhodes, voit en François Pallu la personne idéale pour mener à bien son projet et appuie sa nomination auprès de Rome. François Pallu lui-même membre la Compagnie du Saint-Sacrement avec Pierre Lambert de La Motte crée en 1658, avec l'appui solide de cette Compagnie dévote, les MEP.

Les missionnaires appuyés par Alexandre de Rhodes auprès de Rome sont. : Pierre Lambert de La Motte, vicaire apostolique de la Chine et administrateur des provinces méridionales de la Chine qui part en ; François Pallu, vicaire apostolique du Tonkin et des provinces chinoises limitrophes du Tonkin, qui part en ; Ignace Cotolendi, vicaire apostolique de Nankin et administrateur des provinces orientales de la Chine, de la Tartarie et de la Corée, qui part en .

Chaque évêque est accompagné de prêtres et de laïcs. Ils sont dix-sept en tout à quitter la France pour l'Asie. Le voyage dure deux ans ; 8 d'entre eux meurent en cours de route, dont Ignace Cotolendi.

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Les débuts

Pendant la première période de l'institution entre 1658 et 1700, on peut noter la fondation du séminaire général de Juthia au Siam, l'évangélisation du Tonkin, de la Cochinchine, du Cambodge et du Siam, où plus de chrétiens furent baptisés, la création d'un ordre religieux féminin en Annam ainsi que l'ordination de trente-trois prêtres indigènes. Au Siam, les missions tentèrent de convertir le roi Narai ; après sa mort, en 1688, une révolte conduisit à leur renvoi du pays et à leur installation à Pondichéry.

Cette action religieuse n'était pas dénuée d'un certain patriotisme, et les initiatives de la Société permirent l'établissement d'un courant commercial entre la France, l'Indochine et les Indes, l'envoi d'ambassades, la signature de traités. Une expédition française prit possession à la fin du de Bangkok, Mergui et Jonselang, et la France fut sur le point de s'emparer de l'empire indochinois quand des maladresses ruinèrent ces efforts.

Cependant, le travail le plus important des vicaires apostoliques et de la Société fut de fonder l'organisation des églises locales sur un clergé de prêtres et d'évêques locaux.

Dans la seconde moitié du , la Société fut chargée des missions que les jésuites dirigeaient en Inde avant leur suppression (1773). Comme plusieurs jésuites demeurèrent en place (comme prêtres séculiers), les missions connurent un nouveau développement, en particulier dans le Sichuan avec de remarquables évêques comme François Pottier et Gabriel-Taurin Dufresse (voir Église catholique au Sichuan), et en Cochinchine avec Pigneau de Behaine.