vignette|Une femme de l'ethnie himba à Opuwo en Namibie (dans les années 2000), où les seins nus sont considérés comme une norme. Le fait d'être seins nus est une forme de nudité partielle de la femme dans laquelle les seins ne sont dissimulés par aucun vêtement ni sous-vêtement. Ils sont donc entièrement visibles, y compris les mamelons et les aréoles.

Par abus de langage, l'expression sous-entend la plupart du temps que la totalité du tronc du corps féminin est apparent. Certains synonymes rendent plus fidèlement cette définition, comme « haut nu » ou l'anglicisme « topless ». Un terme approchant est « torse nu » quoique plutôt employé pour les hommes et les filles prépubères dont les seins ne sont pas encore formés.

Dans de nombreuses sociétés de nos jours, la dissimulation des seins est une norme culturelle de pudeur féminine à partir de l'adolescence lorsque les seins des jeunes filles commencent à grossir. Les attitudes à propos des seins dénudés varient considérablement suivant les cultures et dans l'histoire.

Sociétés polythéistes vignette|gauche|Deux femmes wichitas en costume traditionnel en 1870. Les cultures préchrétiennes et prémusulmanes d'Afrique, d'Amérique du Nord, d'Australie et d'Océanie considéraient la nudité de la poitrine comme normale, donc acceptable, jusqu'à l'arrivée des missionnaires chrétiensEugene A. Nida, Customs and Cultures, Anthropology for Christian Missions, 1954, New York: Harper & Brothers.. Cela continue d'être le cas dans de nombreuses cultures. vignette|Affiche en Thaïlande pendant le règne de Plaek Pibulsonggram (1938-1945) encourageant les femmes à adopter une tenue « civilisée » qui recouvre les seins. La nudité mammaire était aussi la norme dans différentes cultures asiatiques avant les conquêtes musulmanes des The Garb of Innocence: A Time of Toplessness de Fernando Romesh, 1992.. Les femmes indiennes étaient aussi bien habillées que torse nu avant les conquêtes musulmanes des IndesDer Mythos vom Zivilisationsprozeß 4. Der erotische Leib de Hans-Peter Dürr. Le torse nu a été la norme chez les femmes dans l'Inde du Sud au Moyen ÂgeThe Story of India, Documentaire de la BBC. Des peuples d'Inde du Sud comme les Tamouls le long de la côte de Coromandel, les Tiyans et d'autres populations de la côte de Malabar, les Nadars sur les îles de Cochin, les Cherouman (Poulayars), les Kouroubas, les Koragas, les Nicobaris, ou les Ouriyas pratiquaient couramment la nudité mammaire jusqu'au voire jusqu'au début du .

Les « mandats culturels » de Plaek Pibulsonggram en Thaïlande publiés en 1939 et en écriture latinePhysician at the Court of Siam de M. Smith, 1947, . montrent que les femmes avaient la liberté de circuler soit seins nus soit habillées avant l'occidentalisation des vêtements.

Vers la fin du , l'influence des missionnaires et la modernisation lancée par le roi Rama V ont incité les femmes à porter des chemisiers pour couvrir leur poitrine.

Jusqu'au début du , les femmes du Nord de la Thaïlande portaient de longues jupes (pha-sin) nouées au-dessus de la taille et laissant la poitrine découverte.

En 1858, Henri Mouhot a pris des photos de laotiennes où l'on voit que les jeunes femmes vierges se couvraient les seins, alors que les femmes mariées les révélaient en public, puisqu'ils servaient aussi à l'allaitement.

Les poitrines découvertes étaient la norme parmi les peuples balinais, dayaks ou javanais en Indonésie avant l'influence des cultures musulmanes ou chrétiennes. Dans la société dayak, parmi les femmes mariées, seules les femmes à grosse poitrine se couvraient les seins pour pouvoir travailler plus confortablement.

Dans la plupart des sociétés du Moyen-Orient, l'interdiction de la nudité de la poitrine remonte au moins aux débuts de l'islam () du fait des normes musulmanes de pudeur. Chez les Himbas, au Nord de la Namibie, avoir les seins nus est pratique courante.

Les normes des sociétés traditionnelles entrent parfois en conflit avec les lois des sociétés occidentales. Ainsi en 2004, la police a défendu aux membres de la communauté aborigène Papunya de danser seins nus dans le parc public d'Alice Springs en Australie.

Sociétés occidentales Histoire Avant le vignette|Agnès Sorel, , a été le (vers 1450). Dans de nombreuses sociétés européennes, entre la Renaissance et le , les seins exposés étaient mieux acceptés qu'aujourd'hui, puisque la nudité des jambes, des chevilles ou des épaules était considérée comme plus osée que celle des seinsThe History of Underclothes de C. Willett et Phillis Cunnington, 1981, Londres, Faber & Faber ..

Dans l'aristocratie et la haute société, exposer ses seins était vu comme une marque de prestige, une mise en valeur de sa beauté, de sa richesse et de sa position sociale. Pour conserver une poitrine jeune et jolie, les femmes employaient des nourrices pour allaiter leurs enfantsUniversity of Virginia Health System (consulté le ).. Une poitrine nue évoquait les sculptures dénudées de la Grèce antique qui exerçaient une influence importante sur les arts, la sculpture et l'architecture de l'époque.

La mode des poitrines découvertes était observée au par la courtisane Agnès Sorel, maîtresse du roi , dont les robes à la cour de France exposaient parfois un de ses seins ou les deux. Jean Fouquet aurait pris Agnès Sorel pour modèle pour son portrait de la Vierge Marie présentant un sein nu (le Diptyque de Melun). Les femmes aristocratiques devaient immortaliser leur poitrine en se faisant peindre, comme dans le cas de Simonetta Vespucci, dont le portrait à la poitrine découverte a été peint par Piero di Cosimo vers 1480. Pendant le , les femmes affichant leur poitrine étaient chose courante, pour la reine comme pour les prostituées, en passant par toutes les classes de la sociétéUniversity of Warwick..

Cette mode était entrée dans les mœurs pendant le en Angleterre et était suivie par la reine Marie II et par Henriette-Marie de France, épouse de pour laquelle l'architecte Inigo Jones a conçu un costume masqué qui exposait toute sa poitrine.

Pendant les Trois Glorieuses en 1830, les seins dénudés de Marianne dans La Liberté guidant le peuple d'Eugène Delacroix sont affichés comme un symbole d'émancipation inspiré de l'Antiquité gréco-romaine.

C'est à partir de l'époque victorienne, qui débute vers 1832 au Royaume-Uni, que les mentalités ont changé en faveur de la dissimulation de la poitrine féminine. En France, l'article 330 du code pénal de 1810 introduit le délit d'outrage public à la pudeurVoir sur ledroitcriminel.fr., mais sans référence à des zones précises du corps.

vignette|gauche|redresse|Le monokini original de 1964 de Rudi Gernreich, un maillot de bain seins nus. Cent ans plus tard, dans les années 1920, le bronzage devient de plus en plus populaire. Toutefois, à la fin des années 1930, les premières images d'hommes se promenant seins nus sur les plages choquent les habitants de la côte Est des États-Unis, où ils peuvent être arrêtés pour ce motif. Dans les années 1940, des publicités des magazines féminins encouragent le bain de soleil, qui est considéré bon pour la santé.

En France, les premiers congés payés entraînent l'essor des vacances et du bronzage.. Des personnalités de la bohème de l'époque, Pablo Picasso, Jean Cocteau ou Maurice Sachs contribuent à populariser les plages des Alpes-Maritimes à la belle saison.. En réaction, des ligues de lutte contre l'immoralité des plages apparaissent, que les médias appelleront « antiplagistes ». La une du Petit journal illustré en 1927 titre sur la « punition des baigneuses trop coquettes » par des riverains. À l'été 1933, le curé de Batz-sur-Mer en Loire-Atlantique félicite des paroissiens qui avaient frappé des baigneurs dont les tenues étaient jugées indécentes. On placarde dans tous le pays des textes menaçants, appelant au sursaut de la population chrétienne : « Appel aux chrétiens pratiquants. Vous connaissez, Messieurs, les désordres qui, depuis quelques années surtout, se produisent dans les plages ». Ces campagnes sont bientôt suivies d'effets : à La Rochelle, un arrêté de ordonne que le maillot recouvre entièrement « le torse, le bassin et la partie haute des membres inférieurs ».

Les maillots de bain commencent cependant à recouvrir de moins en moins la peau et l'introduction du bikini en 1946 accélère la tendance. Les marques de bronzage dues au maillot de bain sont considérées comme gênantes et peu esthétiques. Les femmes vont donc essayer de les éviter en dégrafant la lanière de leur soutien-gorge quand elles bronzent couchées sur le ventre.

En 1954, l'actrice britannique Simone Silva se fait photographier seins nus en compagnie de Robert Mitchum au festival de Cannes. Ce cliché la fera renvoyer du festival et choquera beaucoup l'Amérique puritaine. Il contribue à mettre fin à la carrière de l'actrice qui n'obtiendra plus que des rôles mineurs jusqu'à sa mort précoce trois ans plus tard « Bosomy British actress found dead », The Beaver County Times, 2 décembre 1957.

En 1964, le styliste américain Rudi Gernreich met le monokini sur le marché. Malgré les réactions hostiles des critiques de mode et des représentants des Églises et de la vertu, les femmes achètent un nombre record de monokinis cet été-là. Par contre le maillot de bain une pièce est très peu porté dans l'espace public. À la fin de la saison, Gernreich en a vendu à 24 $, ce qui représente un gain important pour un vêtement si petit.. Le phénomène attire l'attention aux États-Unis, et le San Francisco Chronicle fait sa une d'une femme en monokini dont les seins sont clairement visibles.. La photo du mannequin Peggy Moffitt est ensuite reprise par d'autres magazines, entre autres Women's Wear Daily ou Life..

thumb|Deux femmes seins nus sur la plage de Zandvoort aux Pays-Bas en 1984. C'est avec mai 1968 et l'émergence du mouvement hippie que certaines femmes décident d'abandonner leur soutien-gorge. En , le mouvement féministe New York Radical Woman proteste contre l'élection de Miss America à Atlantic City en jetant des accessoires féminins et des soutiens-gorge dans une poubelle. Elles veulent initialement les brûler, mais n'en obtiennent pas le droit. Cette manifestation est devenue une légende urbaine de femmes brûlant leurs soutiens-gorge dans la rue.

Bien que le monokini soit initialement interdit sur la côte d'Azur, c'est là qu'il se popularise le plus dans les années 1970. Environ la moitié des baigneuses tombent le haut à Saint-Tropez en 1975. Des instructions sont données à la police de ne pas intervenir. Pierre Merli, maire d'Antibes déclare qu'. Le journal L'Express titre le « Seins nus : les Français sont pour ! ». À l'époque, 76 % des Français sont favorables au bronzage seins nus. La réputation libertaire de la France sera alors médiatisée jusqu'aux États-Unis..

Depuis les années 1980, la tendance indique« Le monokini, c'est fini ! », Le Parisien le 22 juillet 2009. un retour à plus de pudeur chez les jeunes femmes.

vignette|gauche|Baigneuse en monokini en 2006 à Cascais au Portugal. Au début du , d'après les standards occidentaux, la liberté dont disposent les femmes d'exposer leur poitrine dépend beaucoup du contexte social. Les maillots de bain et les bikinis pour femmes laissent apparaître les côtés et le dessus des seins. Le port du décolleté est largement permis, et peut être même considéré comme une marque d'élégance et de sophistication lors d'évènements solennels, mais peut aussi être considéré comme provocant par exemple dans les lieux de travail ou à l'école, où l'exposition sexualisée du sein féminin est mal vue.