Carme María Chacón Piqueras (, ), née le à Esplugues de Llobregat et morte le à Madrid, est une femme d'État espagnole membre du Parti des socialistes de Catalogne (PSC).

Elle naît en Baix Llobregat, dans la de Barcelone. Elle obtient sa licence en droit et devient professeure de droit constitutionnel à l'université de Gérone en . Elle passe son doctorat dans ce domaine deux ans plus tard. Elle participe ensuite à plusieurs missions d'observation électorale de l'OSCE dans les Balkans.

Membre des Jeunesses socialistes de Catalogne à partir de , elle adhère au PSC sept ans plus tard. Elle est élue conseillère municipale de sa ville natale en , où elle est nommée première adjointe au maire. En , elle remporte un siège de députée dans la province de Barcelone.

Elle participe ensuite au collectif social-libéral , qui soutient et permet l'élection de José Luis Rodríguez Zapatero au secrétariat général du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE). Elle devient alors secrétaire à l'Éducation du PSOE et secrétaire à la Justice du PSC. Comme responsable des questions éducatives, elle porte l'opposition frontale des socialistes aux réformes de l'enseignement primaire, secondaire et supérieur promu par la ministre de l'Éducation Pilar del Castillo.

Après les élections de , elle est élue première vice-présidente du Congrès des députés. Elle est nommée ministre du Logement en , dans l'objectif de mobiliser la jeunesse et les Catalans pour les élections générales à venir. Elle présente deux mois plus tard un plan, inspiré de celui mis en place en par sa prédécesseure, pour aider les jeunes à devenir locataires, puis instaure des tribunaux spécifiques pour traiter des expulsions locatives. Cette dernière mesure lui sera reprochée pendant la crise des années 2010.

Pour les élections générales de , elle est tête de liste à Barcelone et chef de file du PSC. Avec 46 % des voix et , le parti catalan réalise son meilleur résultat depuis . Elle change de portefeuille le mois suivant et devient ainsi la première femme à occuper le poste de ministre de la Défense. Elle gère la participation espagnole à la guerre d'Afghanistan et à la lutte contre la piraterie en Somalie, le retrait du Kosovo, et la réforme du statut des militaires.

De plus en plus populaire dans l'opinion, elle prépare au début de l'année sa candidature aux primaires socialistes en prévision des prochaines élections générales. Soumise aux pressions de l'appareil, elle renonce à postuler et apporte son soutien à l'autre favori, Alfredo Pérez Rubalcaba. À la suite de la déroute électorale du PSOE, elle se présente au congrès de mais s'incline face à Rubalcaba.

Elle continue de siéger au Congrès jusqu'en , puis elle se met en retrait de la vie politique en prenant un poste d'enseignante universitaire aux États-Unis. Elle accepte en d'intégrer la direction du PSOE, sous l'autorité du nouveau secrétaire général Pedro Sánchez, puis d'être tête de liste du PSC aux élections de .

L'impossibilité de former un gouvernement conduit à la tenue d'un nouveau scrutin en , auquel elle renonce à se présenter, puis elle apporte son soutien à Susana Díaz, concurrente de Sánchez, dans la perspective des primaires socialistes de 2017. Elle meurt en des conséquences d'une malformation cardiaque qui aurait dû la tenir éloignée de la vie politique. Son décès à l'âge de bouleverse la classe politique espagnole. Enfance et jeunesse Origines familiales vignette|Chacón naît en à Esplugues de Llobregat, dans la banlieue rouge de Barcelone.|alt=Vue aérienne d'une ville. Carme María Chacón Piqueras naît le à l'hôpital Saint Jean de Dieu d'Esplugues de Llobregat, une ville moyenne du Baix Llobregat, dans la de Barcelone. Son père, Baltasar Chacón, est un pompier originaire d'Olula del Río, dans la province d'Almería ; et sa mère, Esther Piqueras, est une avocate catalane. Elle a une sœur cadette, Mireia. Son grand-père maternel, Francisco Piqueras Cisuelo, est un anarchiste de la Confédération nationale du travail né à Alcubierre, dans la province de Huesca, et ayant combattu pendant la guerre civile espagnole......

Au moment de sa venue au monde, ses parents résident dans le quartier d'El Gall, à Esplugues. Ils emménagent en à L'Hospitalet de Llobregat afin de devenir propriétaires. La naissance de sa sœur quatre ans plus tard conduit la famille à s'installer dans un logement plus spacieux à Barcelone, dans le quartier de Les Corts. Par la suite, la famille Chacón Piqueras change une dernière fois de domicile et se réinstalle à Esplugues, dans un logement qu'elle a acquis en ..

Une malformation cardiaque congénitale lui est diagnostiquée à l'âge de dix ans..

Formation et vie professionnelle Carme Chacón effectue ses études secondaires dans un collège privé de Barcelone tenu par des moniales, . Elle développe à cette période une fascination pour la poésie, notamment celle du groupe de la Génération de 27 comme Pedro Salinas, et rédige des vers qui lui vaudront quelques prix scolaires. Également joueuse de basket-ball, elle gagne plusieurs championnats locaux avec l'équipe de son collège. vignette|Chacón est vendeuse à à Barcelone pour payer ses études.|alt=Grand bâtiment en verre. Elle entre en à l'université de Barcelone pour étudier le droit. Afin de financer ses études, elle travaille l'été comme vendeuse au magasin d' de l'avenue Diagonale. Elle accomplit la quatrième année de son cursus à l'université de Manchester, où elle souffre d'une rupture du tendon d'Achille qui l'éloigne définitivement du basket. En , elle obtient sa licence et devient professeure de droit constitutionnel à l'université de Gérone...

Elle entreprend ensuite un doctorat en droit de l'université autonome de Barcelone (UAB), qu'elle achève en en soutenant une thèse sur « Le fédéralisme à travers la Charte canadienne des droits et libertés de ». Elle est reçue . Elle effectue par la suite plusieurs cycles postgrades, à l’Osgoode Hall Law School de Toronto, à l'université Kingston de Londres, à l'université Laval de Québec et à l'université de Montréal..

Elle participe en à une mission d'observation électorale de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) en Bosnie-Herzégovine, puis renouvelle l'expérience en Albanie l'année suivante.

Débuts en politique Premiers mandats vignette|C'est à la mairie d'Esplugues de Llobregat que Chacón obtient à son premier mandat.|alt=Façade d'un bâtiment avec des drapeaux. Carme Chacón adhère en à la Jeunesse socialiste de Catalogne (JSC), puis rejoint le Parti des socialistes de Catalogne (PSC) sept ans plus tard..

Lors des élections municipales du , elle est candidate au conseil municipal de sa ville natale d'Esplugues de Llobregat, occupant la sur la liste du maire socialiste sortant Lorenzo Palacín.. Elle est ensuite nommée première adjointe au maire, déléguée aux Services économiques, aux Ressources humaines et à la Sécurité publique.. Elle se présente peu après aux élections parlementaires catalanes du 17 octobre, à la de la candidature socialiste dans la province de Barcelone., mais seuls les sont élus.

À peine trois mois plus tard, le , elle est investie par le PSC en sur sa liste dans la circonscription de Barcelone pour les élections législatives du sur recommandation du maire de Cornellà de Llobregat José Montilla... Élue à au Congrès des députés, elle y devient porte-parole adjointe du groupe socialiste à la commission constitutionnelle et membre de la commission de la Justice et de l'Intérieur..

Ascension Soutien de Zapatero vignette|Au congrès socialiste de , elle soutient l'élection de José Luis Rodríguez Zapatero.|alt=Homme souriant. La déroute socialiste pousse le secrétaire général Joaquín Almunia à la démission et la convocation du du PSOE en suivant. Carme Chacón participe alors au groupe social-libéral (), formé par plusieurs jeunes cadres autour du député de León José Luis Rodríguez Zapatero... Comme Zapatero est peu connu des socialistes catalans, elle se charge de le présenter à la direction du PSC.

Elle entre à la commission exécutive du Parti des socialistes de Catalogne le , au poste de secrétaire à la Justice, puis elle devient secrétaire à l'Éducation, à la Culture, à la Recherche et à l'Enseignement supérieur de la commission exécutive fédérale du PSOE (CEF) le mois suivant... Au retour de l'été, elle intègre la commission parlementaire de l'Éducation puis la députation permanente du Congrès, et quitte les commissions constitutionnelle et de la Justice.

Secrétaire à l'Éducation du PSOE Carme Chacón participe le à une réunion avec la ministre de l'Éducation et de la Culture Pilar del Castillo afin de négocier la réforme de l'enseignement secondaire et son financement. Elle dit notamment son inquiétude quant au cadre juridique de la réforme envisagée, en raison du risque d'empiéter sur les compétences des communautés autonomes, les deux partis étant d'accord sur le contenu de la réforme des lettres, notamment les programmes d'histoire.. Lorsque la ministre présente le contenu précis de la réforme trois semaines plus tard, que soutiennent aussi bien les socialistes que les nationalistes catalans, la députée de Barcelone exprime publiquement ses doutes sur l'aspect financier de la réforme, soulignant l'incertitude du cadre budgétaire que le gouvernement est prêt à établir..

Le , après que Castillo a présenté l'avant-projet de loi organique relatif à l'enseignement supérieur (LOU) qui prévoit la disparition de la , Chacón dénonce que l'intention de l'exécutif . Elle estime d'ailleurs que l'organisation par chaque établissement d'enseignement supérieur de son examen d'accès .. Au cours des échanges parlementaires précédant, le , l'adoption de la LOU, la secrétaire à l'Éducation du PSOE juge qu'il . Pour elle, le soutien de Convergence et Union (CiU) au texte .. Le , elle révèle que huit partis d'opposition se sont fédérés pour intenter un recours en inconstitutionnalité contre la loi., mais le Parti nationaliste basque préfère s'opposer depuis le gouvernement autonome du Pays basque plutôt que s'associer à la saisine imaginée par le Parti socialiste, Izquierda Unida (IU) et les petits partis nationalistes..

Elle se montre très critique envers l'avant-projet de loi organique relatif à la qualité de l'enseignement (LOCE), présenté le par Castillo. Elle dénonce un texte qui favorise la des élèves, qui ne finance pas la réforme scolaire qu'il organise, qui l'éducation musicale, les arts plastiques, et qui la participation démocratique dans les écoles.. Au cours du débat final précédant l'adoption définitive de la LOCE le suivant, elle reproche à la ministre que dans le secteur de l'enseignement. Elle s'engage à ce que les socialistes , estimant que cette réforme , comprenant uniquement . Chacón refuse cependant de demander la démission de Castillo, puisque ..

Première vice-présidente du Congrès des députés Numéro deux du PSC aux élections générales Carme Chacón est réélue en conseillère municipale d'Esplugues de Llobregat, mais n'exerce plus aucune responsabilité.. Le suivant, Zapatero forme son comité électoral pour les élections générales du et choisit Carme Chacón comme porte-parole.. Elle est désignée trois mois plus tard porte-parole du Parti socialiste par la CEF, un poste jusqu'ici inexistant puisque les rapports avec les médias étaient assurés par Zapatero ou le secrétaire à l'Organisation José Blanco..