L'abbaye ou prieuré Sainte-Catherine de Laval est une ancienne abbaye cistercienne située sur la paroisse de Grenoux, commune rattachée en partie au à Laval en Mayenne. Ses armes sont d'azur à une Sainte Catherine d'or.

Histoire Prieuré Avoise de Craon 135px|thumb|Armes de la Famille de Mathefelon : De gueules aux six écus d'or ordonnés 3, 2 et 1. Le prieuré de Sainte-Catherine est fondé le , par Avoise de Craon, veuve de Guy V de LavalElle avait épousé en secondes noces un des gentilshommes de son mari, nommé Yves le Franc.. Avoise achète en 1224 de Pierre Johet, ou suivant d'autres versions, Pierre Jehan (Petrus Johannes), un terrain voisin de Laval. Elle fonde un lieu consacré à la prière (oratorium) ; elle le dédia à Dieu et à la Vierge Marie et le met sous le patronage de Sainte Catherine.

Il est soumis par le titre de fondation à la juridiction de l'abbaye de la Réal en Poitou, abbaye célèbre alors, et qui compte alors plusieurs maisons de chanoines réguliers sous sa dépendance. Elle le donna à l'abbaye de la Réal en Poitou avec la condition d'y avoir toujours quatre chanoines réguliers prêtres chargés de faire l'office divinPour assurer leur existence, elle leur fait don d'un pré, d'une vigne, d'un pressoir et d'une grange avec tous les droits de pressoirage (pressoragium) qui existaient dans le fief : elle leur donna la maison qu'elle venait d'acheter pour leur servir de logement. Elle ajouta encore des métairies dans les paroisses de Montigné et de Nuilié, un moulin sur la rivière du Vicoin dans la paroisse de Montigné, des vignes près Château-Gontier auprès du bourg de Bazouges, avec une rente de 40 sols mançais sur la terre de Moncenault et 20 sols sur la taille de la chàtellenie de Montigné, payable chaque année à l'Angevine. Si à l'époque dite, les rentes n'étaient pas payées, les détenteurs de ces fiefs devaient être condamnés à dix Sols d'amende envers les chanoines. Ils eurent, en outre la faculté d'acheter tout ce qu'ils voudraient, dans ses fiefs de Moncenault et dans la terre qu'elle venait d'acheter de Pierre Johet, et d'en jouir paisiblement '..

La même année, Maurice, évêque du Mans, approuva la fondation de Sainte-Catherine et conjointement avec les chanoines de Saint-Julien du Mans, il donna des statuts aux religieux envoyés par L'abbé de la Réale pour desservir le prieuré.

Avoise de Craon n'avait pu voir s'achever l'église du prieuré qu'elle avait fondé en l'honneur de Sainte-Catherine; elle était morte en 1230Le temps de sa mort et le lieu de sa sépulture sont diversement rapportés par les généalogistes de la maison de Laval. Charles Maucourt de Bourjolly, d'après la chronique de Sainte-Catherine, malheureusement perdue, prétend que cette dame mourut en 1224, l'année qu'elle fondait Sainte-Catherine et qu'elle fut enterrée dans l'église de ce prieuré. Il en donne pour preuve le portrait d'une dame que l'on voyait dans une verrière, au chœur des chanoines, ayant un écusson qui paraissait devoir être : de gueules à six coquilles d'argent, posées 3. 2, 1, qu'il dit avoir été les armes de l'ancien Laval ; à côté se voyait un autre écusson portant gueules à trois lozanges d'or. Jacques Le Blanc de la Vignolle, plus instruit sur la maison de Laval, et dont les recherches sur cette famille sont antérieures à Bourjolly d'un demi-siècle, mérite plus d'attention. Il ne met la mort d'Avoise que six années plus tard en 1230, et dit qu'elle fut enterrée, avec Yves son mari, dans l'église de l'abbaye de Bellebranche. Il ajoute que dans le chœur de Sainte-Catherine, sur une vitre, une figure de femme représentait une dame de Mathefelon avec ses armes : de... à 6 écussons de... 3, 2, 1. Ces armes ont été aisément prises pour des coquilles et ont pu induire en erreur Bourjolly. Du temps d'Avoise, les coquilles n'étaient plus depuis longtemps les armes de Laval, si jamais elles l'ont été... et avait été inhumée dans l'église de l'abbaye de Bellebranche, dont elle était bienfaitrice.

Une dame de Mathefelon, dont le nom n'est pas indiqué, est bienfaitrice du prieuré de Sainte-Catherine de Laval. Elle était représentée dans une des vitres du chœur de l'égliseJacques Le Blanc de la Vignolle..

Consécration Emma de Laval prit soin de faire consacrer cet édifice. Ce ne fut qu'en 1247 que l'église de Sainte-Catherine de Laval est achevée. Michel Ier Villoiseau, évêque d'Angers, vint en faire la consécration le , du consentement et en présence de Geoffroy de Loudon, évêque du Mans, qui, de son côté, consacra l'autel d'une chapelle existant sous l'église (). Emma confirma, en 1251, tous les dons que sa mère avait faits au prieuré de Sainte-Catherine. Ses libéralités continuèrent envers les chanoines.

Dons et usages En 1265, elle leur donna l'usage du bois dans sa forêt de ConcisePour leur chauffage, celui de leurs domestiques, pour la cuisson de leur pain, de même que pour édifier et réédifier les maisons de leurs enclos « viridenemus ad edlficandum et reedifficandum pro dicto loco quantum necesse fuerit. » Le ségrier de la forêt devait leur marquer le bois.. Les droits d'usage des chanoines dans la forêt furent souvent sujets à contestation avec les seigneurs de LavalUne transaction de l'année 1494, entre Guy XV de Laval et le prieur et les religieux, règle les droits honorifiques et utiles qui peuvent appartenir au prieuré. Il y est dit « que à l'avenir le prieur et les religieux jouiront de leur usage dans la forêt sans en abuser c'est à savoir à bois mort el à mort bois et bois dérincé pour leur chauffage ainsi que bois vert pour les réparations et entretenement de Leur maison. » .Une autre sentence rendue à la table de marbre du Palais de Paris, entre Guy XIX de Laval et Geoffroy Vincent, prieur de Sainte-Catherine, les maintient dans leur droit, et ordonne que « délivrance sera faite de bois dans la forêt de Concise, suivant les anciens droits qui leur ont été accordés ». Charlotte-Brabantine d'Orange-Nassau, duchesse de la Trémoille, procuratrice de son fils, comte de Laval, fait le 11 juillet 1629 un reniement portant» qu'il sera délivré aux religieux de Sainte-Catherine 24 cordes de bois, la corde réglée à 8 pieds de long, le bois coupé de 4 pieds de longueur, chaque corde bien et dûment remplie ».. Elle leur donna aussi une maison plus rapprochée de la ville appelée la maison de l'Angle, pour faire un anniversaire en faveur de son fils Guy VII de Laval.

Guy VII, plus tard, confirma les dons de sa mère. Il reprit la maison de l'Angle et en compensation il donna aux chanoines, à perpétuité, la peschairie du refoul de la Chiffolière, dans la rivière de la Mayenne depuis le gué du Bourg-Chevreau jusqu'à l'écluse de Boz, pour y pescher et faire pescher, excepté, cependant, les rets dormans, avec pouvoir de tendre dans cet endroit un congrierSorte de filet de pèche..

Les chanoines de Sainte-Catherine comptèrent Jeanne de Laval, reine de Sicile, femme du roi René Ier d'Anjou, au nombre de leurs bienfaiteursElle leur donna une très belle relique de leur honorée patrône, Sainte Catherine. À la fin du les religieux en étaient encore possesseurs. Le portrait de Jeanne était peint dans une des verrières du chœur des chanoines..

Le prieur de Sainte-Catherine était en grande considération près des seigneurs de Laval. On trouve fréquemment son nom, en qualité de témoin, dans les actes les plus solennels de cette maison. Guy VII choisit le prieur de Sainte-Catherine pour un de ses exécuteurs testamentaires. En 1480 il prétendit au titre de curé-prieur, et en cette qualité s'arrogea le droit de tenir une école publique pour y instruire les enfants de son fief. Il eut un long procès à soutenir contre les chanoines de Saint-Tugal auxquels seuls, par leur charte de fondation, appartenait ce droit concédé par les seigneurs de Laval.

Abbaye Grâce à l'influence de François Lesné, ce dernier trouve moyen de faire ériger en abbaye le prieuré de Sainte-Catherine de Laval, et de lui faire annexer les prieurés du Port-Ringeard et d'Olivet. Cet établissement, il est vrai, ne dura pas.

En 1484, le prieuré de Sainte-Catherine dont les revenus ont augmenté, jouit d'une telle réputation, qu'il est à cette époque érigé en abbaye à la réquisition de Charles VII, par Sixte IV. François Lesné obtient, il est vrai confirmation, en 1493, du pape Alexandre VI, une bulle érigeantLes titres qui constataient cette érection, furent brûlés dans l'incendie qui arriva à Sainte-Catherine en 1776 ; ce qui est prouvé par le procès-verbal des officiers de justice de Laval rédigé le lendemain de ce sinistre et qui est pareillement consigné dans le registre des actes capitulaires de cette maison. en abbaye son prieuré de Sainte-Catherine de Laval, par l'annexion des prieurés d'Olivet et du Port-Ringeard ; mais, malgré le visa donné à la bulle par le cardinal Philippe de Luxembourg, évêque de Mans, chaque maison garda son indépendance.

Différend Un différend étant survenu entre l'abbé de la Real et le nouvel abbé de Sainte Catherine, détermine le premier à troubler celui-ci dans l'usage des honneurs et des prérogatives attribués à sa dignité. L'abbé de la Réal prétendait n'avoir jamais consenti à l'érection du prieuré en Abbaye, et il en concluait que l'érection était nulle, parce que son consentement était indispensable pour que la bulle eut son exécution ; l'abbé de Sainte-Catherine assurait qu'il avait obtenu un consentement verbal, mais enfin qu'il avait consenti : l'affaire fut portée devant le parlement de Paris, qui ordonna que l'abbé de Sainte-Catherine serait reçu à sermentMais celui-ci qui était très-âgé et fort infirme et que cette contestation tourmentait beaucoup, mourut d'une attaque d'apoplexie au moment où il se disposait à partir pour satisfaire à l'injonction du parlement. L'abbé de la Réale, pour éviter de nouvelles contestations, profita de cet événement et au lieu d'envoyer à Sainte-Catherine un prieur régulier, c'est-à-dire vivant sous la règle et habitant le prieuré conventuel, il s'empressa de nommer un prieur séculier, pour posséder ce bénéfice en commende. Depuis ce temps la maison fut sous le pourvoir d'un prieur commendataire, ne résidant plus : source de nouveaux débats.. Pendant sa vie, François Lesné jouit cependant de son titre.

Commende L'abbé de la Real, pour éviter toute nouvelle discussion avec un successeur régulier, nomma un séculier au prieuré de Sainte-Catherine, et depuis ce temps jusqu'au commencement du , ce prieuré eut des prieurs commendataires séculiers parmi lesquels on a compté des évêques de Rennes et de Dol, comme François de Laval par exemple. Il parait par tous les actes, que le prieur titulaire jouissait de la totalité des revenus de Sainte-Catherine, et qu'il donnait aux religieux des pensions en argent, vin, grain, cidre, bois, etc., etc.

Concordat De ces prétentions naquirent des procès entre les religieux et le prieur commendataire.