L’article présente l’histoire de la peinture en IndeLaustsen, Anders, 2020, de peinture en Inde, Des peintures rupestres au street-art, . depuis près de .

Introduction L'art de l'Inde, d'inspiration avant tout religieuse et régi par des textes précis, ne laisse, pratiquement, que peu de place à la créativité. Son but essentiel est de matérialiser la présence d'une forme divine, de favoriser l'accès au divin. La connaissance des qualités uniques de l'art indien se fait à travers la compréhension de la pensée philosophique, de la riche histoire culturelle, sociale et religieuse ainsi que par la mise en perspective politique des œuvres d'art.

À l’époque moderne, la peinture indienne a subi des influences culturelles, ainsi que des influences religieuses telles que l'hindouisme, le bouddhisme, le jaïnisme, le sikhisme et l'islam. En dépit de ce mélange complexe de traditions religieuses, l’art a toujours été dominé par les principaux groupes religieux.

Les trois religions indiennes, le bouddhisme, l'hindouisme et le jaïnisme ont même leur propre école de peinture pour soutenir leurs traditions religieuses : La peinture Mandala (à partir du ), est utilisée pour évoquer les dieux et pour la méditation.

La peinture préhistorique comme les peintures rupestres trouvées à Bhimbetka qui datent pour certaines de - .

La peinture corporelle était utilisée à l'aube de l'humanité pour impressionner l'ennemi sous forme de peinture de guerre ou de signe de reconnaissance au sein d'une tribu. Cette technique primitive était également utilisée comme camouflage pour la chasse ou simplement comme ornement.

La peinture sur rouleau (à partir du ), avec l'école de Patta Chitra la plus connue, se présente sous la forme de feuilles de papier cousues ensemble et parfois collées sur une toile. Leur largeur varie de 10 à 35 cm et leur longueur est rarement inférieure à 1 m et peut dépasser 5 m.

La peinture murale (à partir du ) se présente sous forme de grandes œuvres exécutées sur des murs, comme dans les grottes d’Ajanta ou et le temple de Kailashnath.

La peinture miniature (à partir du ) est exécutée à très petite échelle pour des livres ou des albums sur des matériaux périssables tels que le papier et le tissu.

Toutes les religions en Inde s’impliquent dans les miniatures, malgré l'iconoclasme islamique dans le . Les Palas bouddhistes du Bengale ont été les pionniers. L'art de la peinture miniature a atteint son apogée à l'époque moghole islamique et a été conservée par les peintres de différentes écoles de peinture du Rajasthan.

Le Bengale et Calcutta a eu un rôle majeur dans le développement de l'art moderne et de l'art contemporain en Inde, avec des écoles d’art et des mouvements comme le « Kalighat », « l'École du Bengale », « Santiniketan », « Calcutta Group », « Society of Contemporary Artists » et « Calcutta Painters' Group».

La peinture moderne s'oppose à la peinture coloniale. Au lendemain de l'indépendance de l'Inde, de nombreux genres d'art nouveaux se développent.

La peinture métropolitaine contemporaine a subi de nombreux changements grâce aux progrès de l'économie, les formes et les styles d'art. Dans les années 1990, l’économie indienne a été libéralisée et intégrée à l’économie mondiale, ce qui a permis la libre circulation de l’art et de l’information culturelle à l’intérieur et à l’extérieur du pays.

La peinture vernaculaire contemporaine concerne des écoles de peinture ancrées en dehors des grandes métropoles. Il existe des traditions de peinture chez plusieurs tribus, les écoles tribales. Certains sont anciennes, voire très anciennes (comme chez les Bhil et les Warli), d'autres sont plus récentes (comme chez les Gond). Leurs artistes, qui sont normalement animistes, illustrent les traditions tribales et les dieux incarnés dans la nature et dans la vie quotidienne. Les autres écoles rurales sont plutôt fondées sur les traditions rurales et régionales.

Vocabulaire La peinture murale existe sous le nom hindi Bhitti Chitra (Bhitti = mur, Chitra = peinture)Bhitti Citra - Rabindranath Tyagi - Rājakamala Prakāśana - 1966 numérisé en 2007. La peinture sur sol s'appelle Bhumi Chitra ou Rangoli La peinture sur tissus s'appelle Patta Chitra ou Potchitro (Pot = rouleau) La peinture sur les corps s'appelle Deh Chitra ou Gudna La peinture sur manuscrit (miniature) s'appelle Chitra Bhagwat ou enluminure La peinture méditative s'appelle mandala Kalam désigne stylo, pinceau ou « école de... »

Shadanga : Six principes de la peinture indienne Au , l'art de l'Inde a été introduit aux six principes principaux de l'art, connus sous le nom de «Shadanga» ou six membres de la peinture. Ces membres étaient en fait six points différents qui mettaient l'accent sur ce que tous les artistes avaient besoin d'infuser dans leurs œuvres pour obtenir plus d'effet et d'attraitAnanda K. Coomaraswamy, History of Indian and .Indonesian Art, 11 décembre 2011, 2003, publisher=Kessinger Publishing, , page=88.

Ces six membres ont été traduits comme suit: Roopa-Bheda : La connaissance des apparences (Roopa = forme, Bheda = mystère). La beauté de la forme. Pramanami : La connaissance, et l'application harmonique, des proportions. La beauté de l'harmonie. Bhava : L'expression des sentiments. La beauté émotionnelle. Lavanya-Yojnam : L'infusion de grâce. La beauté esthétique. Sadradhyam : La connaissance et l'application de similitude. La beauté du réel. Varnika-Bhanga : La connaissance et l'application des couleurs. La beauté des couleurs.

Voir aussi : Les huit principes de Abanindranath Tagore.

Les images et les Dieux 300px|gauche|vignette|Ajanta grotte 17. Cette peinture illustre probablement l'une des vies antérieures du Bouddha. Pendant l’époque préhistorique (à partir de 26 000 av. J.-C.) les peintures rupestres étaient sans signification religieuse. Pendant toute la période védique (vers au ) l’Inde semble se passer d’images.

Les débuts du bouddhisme ( au ) révèlent la même réticence à l’égard des représentations. Dans le premier art bouddhique ( au ) le Buddha n’est encore évoqué qu’à travers des symboles. La plus ancienne iconographie bouddhique sculptée en pierre à notre disposition aujourd’hui ( au ) ne montre pas le Bouddha, mais l’absence même du maître, par exemple sous la forme d’un trône vide. C'est seulement vers le qu’apparaissent les premières représentations anthropomorphiques du Bouddha.

C’est d’abord par le biais d’effigies liées à des cultes locaux de la fécondité sur lesquels les textes restent extrêmement elliptiques que la figure humaine s’est peu à peu imposée dans l’art. L’évolution qui s’amorce à cet égard au commencement de notre ère n’en est que plus frappante. Elle touche à peu près au même moment, entre le et le , les trois grandes religions nées en Inde, bouddhisme, hindouisme, jaïnisme, sans doute sous l’effet du courant dévotionnel qui imprègne à des degrés variables tous les milieux religieux. À partir de cette époque se fait sentir la nécessité d’incarner sous une forme tangible le Buddha, le Jina ou les dieux hindous. Cette affirmation de la dimension incarnée, « manifestée », inséparable du caractère transcendant des « Grands êtres » ou des dieux va permettre à l’art indien de donner libre cours à toutes ses possibilités expressives.

La Supériorité du bouddhisme jusqu’au va de pair avec le progrès de l’art narratif. À Sânchî, sur les stûpa du Gandhâra (maintenant au Pakistan) ou de l’Ândhra Pradesh, dans les grottes d’Ajantâ, la succession des scènes restitue dans sa dimension temporelle la vie historique du Buddha ainsi que ses existences antérieures : autant qu’au Buddha lui-même, ces œuvres font place à la communauté des fidèles, hommes et dieux confondus. Si elles retracent les étapes d’une carrière érigée en modèle, elles renvoient aussi le reflet d’une réalité souvent étonnamment familière, à peine transfigurée par la légende. Dès le , en partie sous l’influence de l’hindouisme, l’art bouddhique se détourne des cycles narratifs pour s’attacher de plus en plus au monde des représentations mythiques. Le Buddha n’apparaît presque plus désormais que dans sa dimension intemporelle, à travers l’image de culte, englobée dans le panthéon des Bouddhas et des Bodhisattvas cosmiques. L'art bouddhique laisse sa marque sur l'ensemble de l'art hindou jusqu'à la quasi-disparition du bouddhisme au devant l'expansion de l'hindouisme et de l'islam. Voir aussi : Art bouddhique.

Dans L’hindouisme védique ( au ), les divinités hindoues n'étaient probablement pas vénérées sous forme d'images ou d'icônes, mais déjà imaginées et même représentées sous une forme humaine., comme tend à le démontrer la mention d'une représentation peinte de Rudra, dans le Rig-VedaRig-Veda II, 33, 9..L’hindouisme trouve sa source dans l’animisme, c’est l’Inde védique ou brahmanique, où tous les aspects cosmiques sont divinisés, l’homme projetant son image sur le monde et s’en expliquant le fonctionnement. Les discussions proprement théologiques et celles qui concernent les images religieuses concrètes sont rares dans la période ancienne des écoles philosophiques hindoues. La notion de dieu est absente ou secondaire avant la fin du . Au on accepte la notion d’un dieu créateur. La progression de l’hindouisme à partir du stimule cet essor de l’imaginaire. L’art hindou illustre les grands mythes fixés vers le début de notre ère. Il leur doit son unité, par-delà les divisions régionales et la multiplicité des écoles, comme en témoigne la diffusion des formes de la divinité dans l’ensemble du sous-continent. Voir aussi : Mythologie hindoue.

La civilisation islamique, généralement aniconiste, semble s’être laissée insensiblement imprégner par la perspective indienne : la peinture moghole (entre le et le ) fait une large place à la figure humaine, qu’elle aborde dans certaines œuvres avec une subtilité et une vérité psychologiques qui renouvellent l’art de la miniature... Voir aussi : Arts de l'Islam.

À la fin du le monde chrétien sort de la crise iconoclaste qui a vu le retour du culte des icônes dans le christianisme byzantin. Le christianisme est très présent dans l’Inde du Sud à partir du avec l'arrivée des Portugais. Les façades des bâtiments affichent souvent les proverbes bibliques, des représentations colorées de Jésus trônent sur les murs et les églises sont omniprésentes dans le paysage urbain. Ici on peut découvrir une représentation riche et colorée, étonnant mélange alliant l’exubérance de la culture indienne et l’iconographie chrétienne. Les nombreuses représentations de Marie, Jésus et d’autres saints de la Bible prennent alors des traits inattendus, loin de la sobriété des représentations que l’on trouve en Europe.. Voir aussi : Représentation de Dieu dans le christianisme et judaïsme et représentation de Jésus-Christ dans l'art chrétien.

Chez les tribus animistes, par exemple chez les Gond, Bhil et Warli, on trouve souvent des images de leurs dieux.

Voir aussi : Idolâtrie.

Voir également les peintures rituelles et méditatives : Les Mandala (ou :en:Mandala).

Mandala : Peintures rituelles et méditatives

300px|gauche|vignette|Lotus central du mandala Shingon de la matrice, le Garbhadhatu, représentant Mahavairochana, entouré de quatre Adibuddhas (dorés) et de quatre Bodhisattvas (blancs). Mandala est un terme sanskrit signifiant cercle, et par extension, sphère, environnement, communautéLe mot mandala, dans l'hindouisme, a les sens suivants : "1) disque, cercle, sphère ; 2) toute figure géométrique apparentée au cercle ; 3) structure, forme d'organisation ; 4) dessin que l'on trace sur le sol ou sur un autre support à l'occasion de divers rites". Jean Herbert et Jean Varenne, Vocabulaire de l'hindouisme, Dervy, 1985, p. 65.. Le mandala représentent l'univers.

En Inde le mandala est un outil qui sert pour les trois grandes religions nées en Inde : le bouddhisme, l’hindouisme et le jaïnisme. Un outil politique, vénératif et méditatif.