Pierre Claude Lebaillif ou Le Baillif ou BaillifC'est sous cette forme que son dossier est archivé au Service historique de la Défense, militaire français, colonel d'infanterieDanielle Quintin, Bernard Quintin, Dictionnaire des colonels de Napoléon, SPM, 2012, ISBN : 978-2-901952-91-6 , p. 507. Préface de Jean Tulard., né à Préaux, dans le département de la Mayenne, le , mort le à Paris. Il laissa des mémoires manuscrits publiés en 1900Société d'archéologie et d'histoire de la Mayenne, Bulletin de la Commission historique et archéologique de la Mayenne, série, t. XVI, 1900. Imprimerie lavalloise, p. 149-295. Voir en ligne, qui permettent d'avoir des éléments biographiques sur lui.
Biographie Origine Pierre Claude Lebaillif naît le à Préaux. Il est le fils de Réné LebaillifNé à Ballée le . Décédé le au moulin de Favry., meunier, au Moulin de Favry et de Jeanne VierronFille d'un métayer de Préaux, décédée le .. Il est le quinzième d'une famille de 16 enfants. Il indique dans ces mémoires qu' il est né de parents honnêtes mais peu favorisés des biens de la fortune. Education Ayant perdu sa mère à l'âge d'un an, son éducation est confiée au curé de Préaux. Il apprend, machinalement selon lui, à lire et à écrire. Il apprend aussi l'arithmétique, en indiquant tout cela sans principes, sans même apprendre la grammaire française. Il quitte cette école en 1784. Militaire pendant la Révolution française L'engagement De 1784 à 1789, il effectue des travaux pénibles, et indique que le travail le plus fort était fait comme par enchantement ; rien ne me fatiguait. Adolescent, il est incité par son père à se marier, mais comme ses deux frèresIls étaient officier, le premier dans le 5e régiment de chasseurs à cheval, et le deuxième dans le bataillon des volontaires nationaux de la Mayenne., déjà aux armées, le , il s'engagea, à Château-Gontier, dans les Compagnies franches.
Agé de 22 ans, il rejoint comme son frère, le bataillon des volontaires nationaux de la MayenneC'est comme remplaçant du fils d'un fermier de Préaux qu'il s'enrôla sous les drapeaux.. Nommé à son arrivée, chef d'ordinaire, puis sergent. Stationné aux Ponts-de-Cé, il est élu lieutenant par sa compagnie le . Guerre de Vendée thumb|right|La fuite du général Santerre. Sa compagnie est par la suite incorporée au bataillon des volontaires nationaux de la SartheDossier de la Légion d'Honneur Voir en ligne. Il participe de 1793 à 1795 à la guerre de Vendée.
En 1793, il est à l'Armée des côtes de La Rochelle, sous les ordres de Antoine Joseph SanterreIl indique dans ces mémoires que ce dernier « eût beaucoup mieux fait de continuer à brasser sa bière que de venir commander une armée pour perdre tout son matériel et son honneur, et s'enfuir comme un lâche au milieu de la capitale qu'il avait quitée un mois auparavant. », qui sera rappelé après la défaite à la bataille de Coron en septembre 1793. Pierre Claude Lebaillif participe avec son bataillon à la bataille de Martigné-Briand le , et à la bataille de Vihiers le . Son bataillon y perd 300 hommes tués ou blessésIl indique avoir sauvé le drapeau à cette occasion dans la fuite des Républicains jusqu'à Saumur.. Suite à la déroute de l'armée républicaine, il songe à abandonner l'armée et à rentrer chez lui. Par crainte d'être fusillé, il rejoint Chinon où l'armée républicaine se réorganise, via une levée en masse et une nouvelle conscription.
Les armées vendéennes sont défaites à Mortagne, lors de la deuxième bataille de Châtillon le , et de la bataille de Cholet le , où il est blessé d'un coup de feu à la cuisse gauche.
Il indique dans ses mémoires avoir sauvé plusieurs familles pendant la Terreur« Je fus assez heureux, dit-il encore, pour rendre quelques services aux malheureuses victimes qui étaient persécutées plutôt pour leur fortune que pour leur opinion. Cinq cents dames ou demoiselles furent arrêtées à Angers, et conduites au Pont-de-Cé, Brissac et ; j'eus le bonheur de sauver une famille tout entière, la mère et quatre filles ; il y allait de ma vie ; mais heureusement que Robespierre tomba et avec lui ses satellites, et je pus jouir en paix des bienfaits que j'avais rendus … ».
Guerre d'Espagne À la suite de se blessure, il risque l'amputation d'une jambe. Rétabli en mars 1793, il effectue avec la demi-brigade de la Sarthe la guerre du Roussillon dans l'Armée des Pyrénées-Occidentales. Cette armée se battit en Pays basque et en Navarre jusqu'à la paix en 1795, suite au traité de Bâle. Pierre Claude Lebaillif indique dans ces mémoires que la moitié des soldats de sont bataillon sont morts par maladie. Il est nommé capitaine le . La Provence L'armée se dirige vers l'Italie, et la demi-brigade de la Sarthe est envoyée à Toulon. Les compagnies de Grenadiers dont faisait partie Pierre Claude Lebaillif restent engagées en 1796, en Provence dans des actions contre le brigandage à Marseille, Aix-en-Provence et Briançon. Pierre Claude Lebaillif indique dans ces mémoires avoir à nouveau sauver des prisonniers royalistes emprisonnésJ'eus l'ocasion de rendre service à deux neveux de mes hôtes, prisonniers pour cause d'opinion, en les faisant évader au moment où ils allaient être embarqués pour Saint-Domingue.. Il reste 6 mois à Marseille où il rencontre pour la première fois le général Napoléon BonaparteCelui qui devait commander en chef l'armée d'Italie, dicter des traités, faire et défaire les souverains, et faire trembler toute l'Europe.... En 1796, lors du second amalgame, la demi-brigade de la Sarthe est incorporée dans la légère de deuxième formation. Pierre Claude Lebaillif va y effectuer le reste de sa carrière militaire.
Campagne d'Italie Pierre Claude Lebaillif rejoint sa brigade à Mantoue, après le Siège de Mantoue, terminé en février 1797. Il est engagé avec sa brigade lors des Pâques véronaises, puis à Gênes avec le général Jean Lannes, alors en mission dans la république de Gênes. A la bataille de Valvasone, il est blessé à la poitrine.
De retour à Marseille, le régiment participe à la répression de soulèvements contre-révolutionnaires.
Occupation de Malte vignette|Gravure allemande représentant la capitulation de Malte devant Napoléon. Pierre Claude Lebaillif participe avec sa brigade à la campagne d'Égypte, où il embarque le . Il fait partie du débarquement français à Malte, où il reste, et fait partie du corps de l'occupation française de Malte, jusqu'au blocus de Malte, ou il est alors rapatrié à Marseille, suite à la capitulation française le . Pendant cette période, il fait partie« Pendant le siège de Malte je fis partie de la commission militaire du deuxième conseil de guerre. Je fus assez heureux pour rendre quelques services à deux Maltais qui étaient impliqués dans la révolte de Gillerme. Sans moi ils eussent sûrement perdu la vie. » de la commission militaire et du deuxième conseil de guerre.
Pendant l'insurrection maltaise contre les Français entre 1798 et 1800, Ħaż-Żabbar fut utilisée comme base par les insurgés maltais. Pierre Claude Lebaillif, commande le régiment à la bataille qui a lieu le devant le sanctuaire de Ħaż-Żabbar (Aujourd'hui encore, des boulets de canon datant de l'époque française sont visibles, incrustés dans le mur d'une habitation)Située dans les quartiers les plus anciens de la ville. Certains de ces boulets sont également conservés au musée de l’église, après avoir été récupérés dans l’ancienne coupole de l’église.Carmel G. Bonavia, Żabbar's constant developments as a parish, The Sunday Times of Malta, 2016, p. 32-33 |Voir en ligneJe fus commandé pour une sortie de nuit qui n'avait d'autre but que de piller une église à Cazal-Zabarnis. Je commandais 150 hommes du régiment et il y en avait 500 commandés par M. Combes, capitaine. Cette sorte eut lieu à minuit, et le village fut attaqué à la pointe du jour. L'ennemi y était en force. Officiers et soldats y firent leur devoir, excepté M. Combes qui se cacha au premier coup de fusil. Comme le plus ancien capitaine je dus prendre le commandement. L'ennemi perdit beaucoup de monde, et nous eûmes à regretter M. Faradon, capitaine, qui fut tué sur la place au milieu de ses grenadiers. Le pillage projeté par ceux qui ne se battaient pas n'eut pas lieu. Nous ramenâmes avec nous plusieurs bestiaux qui furent d'un grand secours pour les malades qui étaient à l’hôpital. Je reçus les félicitations du général Vaubois et du chef de la garnison sur ma conduite dans cette sortie. ». Il obtient à cette occasion les félicitations du général Claude Henri Belgrand de Vaubois.
Lors de son passage à Malte, il se marie« Dès le commencement du siège de Malte par les Anglais, dit-il, je fis connoissance avec Panicotte âgée d'environ quinze ans, que j'épousai dans les six premiers mois du siège. » avec une maltaise, Marcelle Patignotti (en français Panicotte)Née le à La Cormala (Malte), d'André Panicotte et d'Angèle Cheri. Elle est décédée le à Ouzouer-sur-Trézée.. Le mariage officiel est effectué à Sainte-Zacharie le . Au blocus de Malte, à la tête d'une colonne de 900 hommes, il fit une sortie, culbuta l'ennemi, le força à la retraite après une grande perte, et ramena dans la place plusieurs bestiaux qui servirent à la subsistance des malades de la garnison. Dossier de la Légion d'Honneur.
Le camp de Boulogne vignette|upright=1.1|alt=Parade militaire composée d'unités formées en colonnes et convergeant vers une estrade surmontée de drapeaux bleu, blanc, rouge sur laquelle trône l'Empereur Napoléon et son état-major.|Napoléon inspectant les troupes de l'armée des côtes de l'Océan, armée regroupant les trois camps (Boulogne, Bruges et Montreuil) destinés à préparer l'invasion de l'Angleterre. De retour à Marseille, le régiment participe à nouveau à la répression de soulèvements contre-révolutionnaires. Pierre Claude Lebaillif est alors envoyé avec une partie de son régiment dans le Dauphiné, puis à Saint-Jean-de-Luz au camp sous Bayonne en l'an XI, puis en Bretagne en l'an XII et XIII, lors de la formation du camp de Boulogne, où il rejoint l'armée du maréchal Pierre Augereau lors de la prépation de l'attaque de l'Angleterre. Pierre Claude Lebaillif reste dix mois à Brest, où sa femme accoucha d'une filleMarie Magdeleine Marceline Lebaillif, née le à Brest, décédée le à Vannes, épouse d'Henry Talbot..
Les campagnes napoléoniennes vignette|Le soir d'Iéna : les soldats français présentent à Napoléon les drapeaux prussiens capturés lors de la bataille (tableau d'Édouard Detaille). En août 1804, le bataillon de Pierre Claude Lebaillif reçoit l'ordre par télégraphe Chappe de débarquer et de partir de suite pour le Haut-Rhin. Il participe alors avec la Grande Armée à la campagne d'Allemagne. Il participe lors de la campagne de Prusse et de Pologne (1806-1807) à la bataille d'Iéna. Il est nommé chef de bataillon le . En 1807 à la bataille d'Eylau ; il eut un cheval tué sous lui et y reçut cinq blessures.
Il obtient le titre de chevalier d'Empire, à la suite du décret du 14 brumaire an XIII le nommant membre de la Légion d'honneur et du décret du lui accordant une dotation. Il se trouve encore à la campagne d'Allemagne et d'Autriche en 1809. Il participe à la Bataille de Ratisbonne, et reste en Autriche et en Allemagne de 1810 à 1811. Il est nommé major en second le .
Au commencement de la campagne de Russie, il participe à la bataille de Smolensk. Il est fait major en pied et officier de la Légion d'honneur sur le champ de bataille de Valutino.
Au passage de la Moskowa, il a un cheval tué sous lui et reçoit une blessure. Il est nommé colonel le au Kremlin après la Prise de Moscou. Ma nomination me fut remise le vingt-trois septembre au Kremlin, à Moscou, où l'armée était entrée le 18; les Moscovites en se retirant de leur ville y avaient mis le feu. L'incendie fut tel qu'on n'en a jamais vu de pareil. Dix-huit mille maisons et cinq mille édifices furent la proie des flammes.