La parapsychologie est l'étude de phénomènes paranormaux qui mettraient en jeu le psychisme et son interaction avec l'environnement. Ces phénomènes sont appelés phénomènes Psi. Les fondateurs de cette discipline sont Joseph Banks Rhine et Max Dessoir. La parapsychologie a succédé historiquement à la métapsychique, qui étudiait le somnambulisme et les médiums au .

Description La parapsychologie tente d'établir scientifiquement l'existence du Psi. Les phénomènes psi sont généralement classés en deux grandes catégories : Les perceptions extra-sensorielles (PES) : clairvoyance, précognition, télépathie ; La psychokinèse (PK) : macro-PK (sur des objets de taille « normale »), micro-PK (au niveau quantique), bio-PK (sur des organismes vivants).

La parapsychologie est néanmoins généralement considérée dans les milieux scientifiques comme une pseudo-science à cause de son incapacité à prouver l'existence de son objet d'étude, le Psi, mais aussi par sa remise en cause des principes de nombreux autres domaines scientifiques, comme la physique fondamentale ou la biologie. Les recherches en parapsychologie sont critiquées, voire démythifiées, par les scientifiques relevant du scepticisme scientifique. Les sceptiques reprochent essentiellement aux parapsychologues de ne pas « donner sa chance à l'hypothèse nulle ». Ils acceptent de remettre en question des points de théorie, mais jamais leur postulat, qui est l'existence du Psi, posée a priori Skeptic's Dictionnary ; ils peuvent alors avoir recours à des hypothèses ad hoc. Le psychologue James Alcock répertorie les principaux arguments mettant en doute l'existence du Psi Give the null hypothesis a chance.

À l'inverse, la psychologie des expériences inhabituelles est une discipline qui étudie les phénomènes prétendument paranormaux dans une perspective psychologique, sociologique ou encore ethnologique, sans référence au Psi.

La parapsychologie naît à la fin du en Angleterre au Trinity College à Cambridge sous l'influence de Henry Sidgwick et Frederic William Henry Myers.

L'illusionniste américain, James Randi, et en France le bio-physicien Henri Broch du Laboratoire de zététique de l'Université de Nice Sophia-Antipolis et le magicien Gérard Majax ont offert un million de dollars à quiconque prouverait l'existence d'un phénomène Psi, sans que jamais personne ne parvienne à relever le défi.

Origines de la parapsychologie vignette|Hubert Pearce avec le parapsychologue J. B. Rhine expérimentant les cartes de Zener. Les premiers travaux scientifiques sur les phénomènes psychiques exceptionnels sont dus, à la fin du à Joseph Banks Rhine et Max Dessoir. C'est ce dernier qui créa le terme parapsychologie :

Le mot n'est pas joli, mais d'après moi il a l'avantage d'étiqueter de façon concise un domaine auparavant sans nom à mi-chemin entre le normal et l'anormal ou pathologique, et, après tout, on ne demande pas plus à un tel néologisme qu'une utilité pratique.

Nous dirons donc que la parapsychologie envisage trois sortes de manifestations : celles que l'on considère comme des écarts à la norme, au-dessus ou au-dessous de celle-ci, ou celles se trouvant dans une zone frontière entre les deux et qui peuvent dériver vers les unes ou vers les autres.

Chercheurs en parapsychologie Le terme de parapsychologue fait le plus souvent référence à un chercheur possédant un diplôme de psychologie, bien que des scientifiques d'origines très diverses (physiciens, médecins, biologistes…) en viennent à se spécialiser dans ce domaine. Certains pays, tels que le Royaume-Uni, ont mis en place des diplômes d'état portant spécifiquement sur la parapsychologie. La quasi-totalité des parapsychologues sont membres d'une association scientifique spécifique, la Parapsychological Association (PA). organisme membre de l'AAAS. Les conditions pour devenir « full member » de cette association sont les suivantes : détenir un doctorat, avoir publié un article traitant de parapsychologie reconnu par les membres de l'association comme étant de bonne qualité et ayant été publié dans un journal scientifique ou le méritant, et être coopté par deux membres de l'association.. Ces critères sont par exemple quasi identiques à ceux de l'American Psychological AssociationMember | APA Membership Types..

De ce point de vue, rien ne distingue le chercheur en parapsychologie d'un chercheur dans n'importe quel autre domaine d'activité scientifique. C'est d'ailleurs l'avis du sceptique Ray Hyman : Ray Hyman, The Elusive Quarry, Prometheus Book, ..

Le nombre de membres de la PA semble relativement stable depuis plusieurs années, avec environ une centaine de « full members ».. Si l'on inclut les diverses catégories de membre de la PA on peut compter qu'environ 200 chercheurs travaillent dans le domaine de la parapsychologie à travers le monde, dont un quart effectue des recherches à plein temps au sein de structures officielles. Il existe environ une vingtaine de laboratoires universitaires travaillant sur la parapsychologie. La plupart sont situés en Grande-Bretagne.

En voici quelques exemples : la Koestler Parapsychology Unit (KPU). de l'université d'Édimbourg, le département de parapsychologie de l'université de Northampton en AngleterreThe University of Northampton - Transpersonal Psychology and Consciousness Studies MSc. la chaire de parapsychologie de l'université d'Utrecht aux Pays-BasUniversity of Amsterdam (UvA)., le département de parapsychologie de l'université de Lund en SuèdeCERCAP., La Perrott-Warrick Research Unit du département de psychologie de l'université d'Herfordshire, L'Anomalistic Psychology Research Unit de l'Université Goldsmith de LondresGoldsmiths> Anomalistic Psychology Research Unit (APRU)., le Princeton Engineering Anomalies Research (PEAR)Princeton Engineering Anomalies Research (PEAR). de l'université de Princeton qui n'est actuellement plus en fonctionnement.

Résultats et hypothèses de la parapsychologie Les expériences effectuées par les parapsychologues ont mis en évidence des effets psy.gu.se. Ces effets ont des tailles relativement faibles, ce qui implique la nécessité d'études avec une forte puissance statistiquemetapsychique.org. Néanmoins, les effets sont du même ordre que ceux observés en médecine et pharmacologie Bem, D. J., & Honorton, C. (1994). Does psi exist? Replicable evidence for an anomalous process of information transfer. Psychological Bulletin, 115(1), 4–18.. L'interprétation de ces effets est l'objet de débats au sein de la communauté parapsychologique. À l'heure actuelle il est difficile de déterminer si ces résultats sont le fruit d'artefacts subtils ou la mise en évidence d'interactions inconnues. La principale difficulté provient du fait qu'à supposer que ces interactions existent, il n'existe pas de démonstration sur le plan physique et biologique de leurs mécanismes. Cependant, les travaux déjà effectués permettent d'arriver à un certain nombre d'observations : Si les perceptions existent, elles ne reposent pas sur un canal physique tel qu'ondes électromagnétiques, ultra-sons, etc. Des expériences avec cages de Faraday, ou bien à des distances de milliers de kilomètres, ont eu des résultats positifs. Ces perceptions semblent indépendantes de la distance et du temps. Il n y a pas de différence entre les effets par précognition ou par clairvoyance. Une anomalie de communication (télépathie) peut apparaître grâce au protocole Ganzfeld. Les résultats varient d’un sujet à l’autre et d’un test à l’autre, ce qui entraine une non-reproductiblité au sens strict. Pourtant, il existe, comme dans toute science humaine, une reproductibilité statistique qui peut être mise en évidence par la méta-analyseCAT.INIST. Ces effets ne sont donc pas impossibles à reproduire, ils nécessitent des paramètres spécifiques. La plupart des expériences psi mettent en évidence un effet de déclin : les réussites sont plus importantes au début qu’au milieu du test, et parfois remontent vers la fin (la fameuse courbe en U). Cet effet, observable dans des expériences de psychologie cognitive classique, pourrait provenir de la fatigue et la lassitude des sujetsfindarticles.com. Quelquefois, on obtient du psi-missing, c’est-à-dire des résultats aux tests significativement très inférieurs à ceux prévus par le hasard (comme si les sujets « rataient » volontairement). Il est possible de prévoir avant le déroulement d'une hypothèse ce type d'effets chez les sujets qui ne croient pas en l'existence de ces expériencesmetapsychique.org. Les phénomènes de RSPK semblent se focaliser autour d’un individu (souvent un jeune souffrant de problèmes psychologiques), et/ou de certains objetsfindarticles.com. L’ampleur des effets PK ne dépend pas de la complexité du dispositif expérimentalDean Radin, La conscience invisible.

Axes de recherche Les travaux effectués dans le domaine de la parapsychologie expérimentale peuvent être classés en deux grandes catégories : Les travaux élitistes concernent les recherches portant sur des sujets « doués », appelés aussi « sujets psi ». Les travaux effectués dans ce domaine, dans des cadres contrôlés, ont pour ambition d'éviter toute interférence dans le protocole expérimental, comme la lecture froide et les effets Barnum dans le domaine des perceptions extra sensorielles. Pour la psychokinèse, les dispositifs mis en place sont généralement plus complexes. En effet, de nombreux exemples de « tricherie » ont été rencontrés chez les sujets, ces derniers utilisant des techniques empruntées à l'illusionnisme. Les travaux universalistes ont été développés principalement à l'université de Duke par Joseph Banks Rhine, dans le prolongement de travaux de Charles Richet. Ils ont pour but la mise en évidence d'effets psi chez des individus non sélectionnés. Ces expérimentations nécessitent un nombre d'essais très important, car les phénomènes recherchés apparaissent avec une fréquence très faible. On peut notamment citer le protocole Ganzfeld ou encore les travaux de micro-PK d'Helmut Schmidt. C'est à l'heure actuelle l'approche qui est privilégiée au sein des laboratoires de parapsychologie.

Polémiques autour de la parapsychologie