(en français : , généralement repris sous l'expression : ) est une locution italienne qui renvoie à la différence irréductible entre un texte et ses traductions possibles.
Expression Traduttore, traditore est une paronomase, c'est-à-dire une expression qui joue sur la ressemblance entre deux mots. Elle est couramment utilisée dans d’autres langues que l'italien, en raison de sa concision et du jeu de mots.
Le fait de comparer un traducteur à un traître signifie que la traduction d’un texte d’une langue dans une autre ne peut jamais respecter parfaitement le texte original. Beaucoup de polyglottes préfèrent lire une œuvre en version originale car ils veulent la découvrir telle qu’elle a été créée par l’auteur. Dans un cas extrême, traduire un poème en le modifiant pour garder les rimes altère singulièrement l’œuvre du poète.
Le linguiste français Georges Mounin a beaucoup travaillé sur les « problèmes théoriques de la traduction », dans un esprit pragmatique : malgré la difficulté, la traduction se pratique tous les jours, de manière utile et avec un succès raisonnable. Elle n'est donc pas, comme certains logiciens l'affirment, « impossible ». Le traducteur Pierre Leyris (qui a entre autres traduit l’œuvre d’Herman Melville) lui aussi répond à ce que l'expression italienne a de trop entier, en affirmant : Interview dans Le Monde, 12 juillet 1974.
Historique On la trouve notamment, déjà en 1549, sous la plume de Du Bellay dans une forme proche :
Certains linguistes et traducteurs pensent d'ailleurs que l'expression Traduttore traditore trouve effectivement son origine dans ce passage de du Bellay ; selon d'autres, comme le professeur de langues romanes , l'expression serait bien d'origine italienneTraduttore…traditeur? Les mystères d'une formule rabâchée, Bernard Cohen, 05.01.2008.. P. Cherchi invoque en particulier la phrase suivante de Niccolò Franco dans les Pistole Vulgari (1539). « Ser Traditori miei, se non sapete far'altro che tradire i libri, voi ve ne anderete bel bello a cacare senza candela ». Ce qui signifie: « Chers messieurs les Traîtres (ou Traditeurs), si vous ne savez rien faire d'autre que de trahir les livres, allez donc tranquillement chier sans chandelle ! »
Notes et références
Voir aussi Belles infidèles
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