La rue de Turenne est une voie de Paris située en plein cœur du quartier du Marais dans les 3 et .
Situation et accès vignette|gauche|redresse|La rue de Turenne à proximité de la place des Vosges, en direction de la rue Saint-Antoine.
Ce site est desservi par les stations de métro Saint-Paul, Chemin Vert, Saint-Sébastien - Froissart, Filles du Calvaire et République.
Longue de plus d'un kilomètre et orientée Sud-Nord, la rue de Turenne relie la rue Saint-Antoine dans le 4e arrondissement à la rue Charlot située dans le 3e arrondissement.
Origine du nom vignette|gauche|redresse|Henri de La Tour d'Auvergne, vicomte de Turenne.
Elle a reçu son nom actuel par le décret du en l’honneur Henri de La Tour d'Auvergne, vicomte de Turenne (1611–1675), maréchal-général généralement connu sous le nom de Turenne, qui avait son hôtel (disparu) dans cette rue, au niveau des numéros 66 et 70..
Historique vignette|gauche|redresse|Rue de Turenne-rue de l'Égout. La rue fut aménagée à l'intérieur de l'enceinte de Charles V sur la couverture d'un égout creusé en 1412 sur ordre de Charles VI, dérangé en son hôtel Saint-Paul par les odeurs de l'égout du pont Perrin. Ouvert sur le terrain du prieuré Sainte-Catherine, le tracé de cet égout se prolongeait au nord de la rue de Turenne dans l'actuelle rue Béranger puis jusqu'au bord de la rue Montmartre et de la Rue du Faubourg-Montmartre, rejoignant à l'emplacement de la rue de Provence le grand égout extérieur au rempart. Le premier tronçon recouvert fut celui entre la rue Saint-Antoine et la rue des Francs-Bourgeois au début du suivi par la partie au nord de cette rue vers 1630.
Le plus ancien tronçon, successivement appelé ruelle des égouts, rue des égouts, rue de l'égout Sainte-Catherine, rue de l'égout couvert, rue de l'égout Saint-Paul et rue du Val Sainte-Catherine, joint la rue Saint-Antoine et la rue Neuve-Sainte-Catherine (plus tard intégrée à la rue des Francs-Bourgeois). Il est élargi en 1914-1916 par recul des numéros pairs, affectant la façade arrière des hôtels de la place des Vosges. La partie de la rue située entre, au sud, les rues de l'Écharpe et Neuve-Sainte-Catherine (réunies à la rue des Francs-Bourgeois en 1868) et, au nord, la rue Saint-Gilles, date de la construction de la place Royale (place des Vosges) et du couvent des Minimes vers 1605.
La partie centrale de la rue Saint-Gilles à la rue Vieille-du-Temple est ouverte quelques années plus tard vers 1610-1620 lors du lotissement de la couture du Temple à la suite du projet abandonné de la place de France. Ce tronçon de l'actuelle rue des Francs-Bourgeois à la rue Vieille-du-Temple prend le nom de « rue Saint-Louis » ou « rue Saint-Louis-au-Marais », menant à la porte Saint-Louis de l'enceinte de Charles V. Cette porte fut ouverte tardivement dans ce rempart car elle figure sur un plan de Paris levé vers 1640 mais non sur les plans antérieurs à 1600.
Elle est citée sous le nom de « Rue de l'Égout-Couvert », dans un manuscrit de 1636.
Le dernier tronçon de la rue Vieille-du-Temple à la rue Charlot est ouvert dans les années 1690 par application des arrêts du Conseil du roi des , et sous le nom de rue de Boucherat en référence à Louis Boucherat, chancelier de France.
Le , une décision ministérielle réunit les deux parties nord, rue Boucherat et rue Saint-Louis, sous ce dernier nom.
La rue Saint-Louis est réunie à la rue de l'égout (partie entre la rue des Francs-Bourgeois et la rue Saint-Antoine) sous sa dénomination actuelle par décret en date du .
Bâtiments remarquables et lieux de mémoire vignette|Cour de l'hôtel Colbert de Villacerf, avec sa fontaine privée, restaurée en 2011. Demeure de l'architecte Libéral Bruand : face à la fontaine de Joyeuse s'élève la demeure de Libéral Bruand, architecte du roi Louis XIV et l'un des membres fondateurs de l'Académie royale d'architecture. Bruand est l'un des principaux représentants de l'architecture française de style classique, à qui l'on doit notamment la construction de l'hôtel des Invalides et de la basilique Notre-Dame-des-Victoires, ainsi que de nombreux bâtiments et hôtels particuliers du quartier du Marais et à Versailles. Libéral Bruand, après avoir acquis le terrain auprès des moines du couvent des Minimes, construira entre et , à l'angle de la rue de Turenne et de la rue des Minimes, avec son beau-père Michel Noblet, leurs deux maisons mitoyennes aujourd'hui réunies.
Ancien hôtel Joyeuse : situé de nos jours aux 37 et 39, ce bâtiment abritait la pension Lepitre où Honoré de Balzac a fait ses études pendant un an en 1814André Maurois, Prométhée ou la vie de Balzac, Hachette, 1965, ..
Fontaine de Joyeuse : cette fontaine date de 1847 et remplace une fontaine dite fontaine Saint-Louis, construite à la suite d'un arrêt de 1671 promulgué par le roi Louis XIV « pour la construction de quinze nouvelles fontaines dans la ville et les faubourgs de Paris ». La fontaine actuelle est l’œuvre du sculpteur Isidore Boitel. En pierre, surmontée des armes de Paris, elle se compose d'une abside en cul-de-four abritant une sculpture en bronze d'un jeune enfant tenant une cruche à la main, et dont l'eau se déverse dans une vasque en forme de coquille. Le plafond voûté de la niche représente en bas-relief des animaux aquatiques, hérons, grenouilles et serpents. La fontaine est inscrite au titre des monuments historiques (ISMH).
Hôtel Gourgues ou de Montrésor Situé aux , l'hôtel de Montrésor est un hôtel double construit par Michel Villedo et Claude Dublet pour Claude de Bourdeille, comte de Montrésor.. Cet hôtel particulier du - possède un double portail orné, dont l'un a été ultérieurement clos. Ce bâtiment est utilisé actuellement comme école élémentaire (). tandis que le accueille une école maternelle..
Statue de la Vierge : cette statue en pierre, surmontée de la tête d’un ange, est située à l'angle de la rue de Turenne et de la rue Villehardouin. Représentant la Vierge, elle est placée dans une niche au niveau du premier étage de l'immeuble d'angle. Elle tient dans ses bras l'enfant Jésus. La statue est inscrite au titre des monuments historiques. Sa restauration a été mise en œuvre en , elle a été replacée dans sa niche, le ..
Hôtel d'Ecquevilly, dit du Grand-Veneur : Cet hôtel particulier a été construit en 1637. Il a appartenu au Chancelier Louis Boucherat, à partir de 1686, puis à Hennequin duc d’Ecquevilly, capitaine général de la vénerie du roi, chargé d’organiser les chasses à courre, d'où son nom. Jusqu'à la fin 2007, l’hôtel était utilisé comme salles d'exposition des établissements Jacob Delafon, fabricant de salles de bain. Auparavant, l'ensemble des bâtiments était le siège social et dépôt de la société anonyme des Magasins réunis, fondée par Eugène Corbin. À Paris, il y avait trois grands magasins, avenue des Ternes , place de la République et rue de Turenne (devenu Fnac). Dans toutes les grandes villes de province, il y avait un Magasins Réunis, Magmod à Strasbourg, Magasins réunis à Nancy, etc.
Hôtel de Pologne Situé au , l'hôtel dit de Pologne, construit au (1662), est remarquable par ses façades (balcon, ferronneries, fronton) et toiture, ainsi que par son escalier intérieur décoré d'une belle rampe en fer forgé. Tous sont inscrits sur la liste des monuments historiques le . Tout d'abord propriété de Louis Doublet., seigneur d'Ollot, secrétaire du roi, il est mis à la disposition du ministre de l’Intérieur pour y loger gratuitement les artistes les plus distingués des arts mécaniques, en 1800.
Église Saint-Denys-du-Saint-Sacrement
: cette église est d'un style néo-classique très sobre. Elle a été construite en 1835 par l'architecte Étienne-Hippolyte Godde. La façade est pourvue en son centre d'un péristyle à quatre colonnes ioniques, surmonté d'un fronton rectangulaire décoré d'un bas-relief représentant la Foi, l'Espérance et la Charité. De part et d'autre de l'entrée, deux niches avec les statues de saint Paul et de saint Pierre du sculpteur Jean-François Legendre-Héral, en 1849. L'église est surtout visitée pour le tableau de Delacroix représentant une Pietà. « Saint Denys » car le maréchal de Turenne avait été enterré à la basilique Saint-Denis avant que sa tombe ne soit profanée pendant la Révolution puis transférée aux Invalides par Napoléon. « Du Saint Sacrement » car c'est le Saint Sacrement qui a justifié sa conversion au catholicisme, lors d'un incendie au Louvre.
: divers éléments architecturaux (escalier, bas-reliefs…) inscrits aux monuments historiques. C'est aussi dans cet immeuble que se trouve la galerie Perrotin.
Hôtel de Voysin : hôtel situé en fond de cour, derrière un immeuble néoclassique. Le , Adam Barthélémy a vendu à Philibert Le Roy, architecte et ingénieur du roi, probablement un cousin de Marcel Le Roy, lui-même oncle de François Mansart, un terrain sur lequel il a construit une maison. À sa mort, en 1646, cette maison est passée à son neveu, Geoffroy Le Roy. Cette maison est saisie en 1659. François Le Coigneux l'achète pour . Il passe en 1661 un marché d'aménagement à Sébastien Bruand, maître des œuvres de charpente des bâtiments du roi, à son fils, Libéral Bruand, et le sculpteur Philippe Bernard. C'est un des premiers bâtiments sur lequel est intervenu Libéral Bruand, avant l'obtention de son titre d'architecte du roi, en 1663, et d'académicien, en 1671. L'hôtel Le Coigneux est caractéristique de Libéral Braund : architecture dépouillée, souci de la commodité et de l'harmonie. À la mort de François Le Coigneux en 1702, l'hôtel passe à son frère, Gabriel, conseiller du roi. Ce dernier a fait de l'hôtel un ensemble locatif. Daniel Voysin de La Noiraye, chancelier du roi en 1714, en est un des premiers locataires et a laissé son nom à l'hôteL. Les héritiers de Gabriel Le Coigneux ont vendu l'hôtel à Jean Lhéraud de Saint-Germain pour . Il est vendu en 1728 à Robert Langlois de Fortelle. Il est encore loué jusqu'en 1769.Acheté par Pierre François Rolland de Fontferrières, il est vendu par licitation en 1774 à Bernard-René Jourdan de Launay, gouverneur de la Bastille, tué le . L'hôtel est transformé au . En 1849, les nouveaux propriétaires de l'hôtel, Désiré Guillaumet et Jean-Baptiste Chrétien, ont subdivisé les bâtiments en de multiples locations. Pierre-Louis Gautrot, fabricant d'instruments de musique, y a installé un atelier employant 170 ouvriers. Les bâtiments sont vendus par licitation en 1936. L'hôtel a abrité de petits ateliers couverts dont temoignait la verrière de la cour détruite lors de la réhabilitation de l'hôtel en 2012-2013, compte-rendu par Sébastien Bontemps, dans Bulletin monumental, 2021, t. 179, , , ..
Couvent des Filles-du-Calvaire : emplacement du couvent de Notre-Dame du Calvaire, également appelé couvent des Filles-du-Calvaire, sur lequel ont été percées les rues Froissart et Commines.
Immeuble du 116, rue de Turenne Au , deux bas-reliefs représentant deux femmes de profil encadrent la fenêtre centrale du premier étage.
Fontaine Boucherat vignette|gauche|La fontaine Boucherat.
Située à l'angle entre la rue Charlot et la rue de Turenne, cette fontaine est l'œuvre de l'architecte Jean Beausire. Monument quadrangulaire classique avec fronton triangulaire orné, elle comporte une inscription au-dessus du mascaron remerciant le roi Louis XIV pour la paix qu'il vient de signer à Ryswick aux Pays-Bas, le : FAVSTA PARISIACAM LODOICO REGE PER VRBEM PAX VT FVNDET OPES FONS ITA FVNDIT AOVAS (De même que l'heureuse paix conclue par le Roi Louis répandra l'abondance dans la ville de Paris, cette fontaine lui donnera ses eaux)