Le d'infanterie () est un régiment d'infanterie de l'Armée de terre française, à double héritage, créé sous la Révolution à partir du régiment de Dillon, un régiment d'infanterie irlandais au service du royaume de France, et recréé en 1854 à partir du d'infanterie légère.

Création et différentes dénominations Le d’infanterie a la particularité, comme tous les régiments d’infanterie portant un numéro entre le et le , d’être l’héritier des traditions de deux régiments : le d'infanterie de ligne et le d'infanterie légère.

Différentes dénominations 1791 : tous les régiments prennent un nom composé du nom de leur arme avec un numéro d’ordre donné selon leur ancienneté. le régiment de Dillon devient le d'infanterie de ligne ci-devant Dillon.

1793 : amalgamé, il prend le nom de de première formation

: reformé en tant de deuxième formation

1803 : le d'infanterie de ligne n'est pas formé et le disparaît jusqu'en 1854.

En 1854, l'infanterie légère est transformée, et ses régiments sont convertis en unités d'infanterie de ligne, prenant les numéros de 76 à 100. Le prend le nom de d'infanterie de ligne.

1871 : fusion entre le d'infanterie de ligne et le de marche

1883 : renommé d'infanterie

1914 : à la mobilisation, il met sur pied son régiment de réserve, le d'infanterie

1920 : dissous

1939 : recréé comme d'infanterie de forteresse

1940 : dissous

Chefs de corps : Thomas Keating. 1794 : Pierre Étienne Petitot. 1799 : Armand Philippon. Le numéro 87 reste vacant de 1803 à 1854. 1855 : Jules Marie Ladreit de Lacharrière. 1856 : colonel Hermann. 1863 : colonel Bouchard d'Aubeterre. : colonel Blot. 1870 : colonel Rollet. 1881 : colonel Bourboulon. 1889 : colonel Verny. 1891 : colonel d'Esclaibes. 1893 : colonel Laffitte-Rouzet. 1901 : colonel Roy. 1914 : colonel Rauscher. : lieutenant-colonel Cour.

Drapeaux et décorations du

Il porte, cousues en lettres d'or dans ses plis, les inscriptions suivantes'' Décision /SGA/DPMA/SHD/DAT du 14 septembre 2007 relative aux inscriptions de noms de batailles sur les drapeaux et étendards des corps de troupe de l'armée de terre, du service de santé des armées et du service des essences des armées, Bulletin officiel des armées, , 9 novembre 2007 : Castiglione 1796 Rivoli 1797 Dantzig 1807 Friedland 1807 Verdun 1917 Picardie 1918 Montdidier 1918

Historique des garnisons, combats et batailles du RI Ancien Régime Régiment Dillon 11 mai 1745 : bataille de Fontenoy 17 mai 1756 Guerre de Sept Ans - combat de Korbach, bataille de Warburg, bataille de Vellinghausen Guerres de la Révolution et de l'Empire 1793 : siège de Valenciennes

8 février 1807 : bataille d'Eylau - corps d'observation de la Gironde

1808 : Armée de Portugal - guerre d'indépendance espagnole

1814 : guerre d'indépendance espagnole

27 février 1814 : bataille d'Orthez

Second Empire Le décret du 24 octobre 1854 réorganise les régiments d'infanterie légère les corps de l'armée française. À cet effet le 12e régiment d'infanterie légère prend le numéro 87 et devient le d'infanterie de ligne.

Par décret du le d'infanterie fourni 1 compagnie pour former le 101 régiment d'infanterie de ligne.

1864-1866 : Algérie. Le dépôt du régiment est basé à Saint-Maixent 1867-1868 : corps expéditionnaire de Rome Guerre de 1870 : siège de Strasbourg

1871 à 1914 En octobre 1871, le de marche fusionne avec le d'infanterie de ligne.

Lors de la réorganisation des corps d'infanterie de 1887, le régiment fourni un bataillon pour former le 148e régiment d'infanterie.

Première Guerre mondiale vignette|Soldats du d'infanterie près de Verdun en 1916. En 1914 casernement : Saint-Quentin, d'infanterie, DI, d'armée.

À la DI d' à .

Pendant quatre années de guerre, animé, du premier au dernier jour, d'une ardente volonté de vaincre, soutenu par une confiance inébranlable dans les destinées du Pays et dans la Victoire, le 87 Régiment d'Infanterie a souffert joyeusement les misères de cette campagne sans précédent. Toujours discipliné, ferme et tenace devant les efforts de l'ennemi, plein d'élan généreux dans les multiples offensives auxquelles il a pris part, ne comptant jamais ses sacrifices, sauf pour honorer ses morts, il laissera à tous ceux qui passeront au cours des temps à venir sous son glorieux drapeau un exemple impérissable.

1914 Bataille de Virton

Les trois bataillons du connaissent leur baptême du feu à partir du face à la allemande, lors de la « bataille des frontières » en Belgique subissant à cette occasion de pertes importantes.

Le premier bataillon (commandant Cussac) est détaché en soutien auprès de la division de cavalerie dès le au soir avec laquelle il subira de lourdes pertes le 20 août aux abords de Neufchâteau (Longlier), un seul officier d'active, le lieutenant Lamy, restant en état de ramener les restes du bataillon.

Les deuxième et troisième bataillons (commandants Imard et Chardoillet) sont eux engagés le 22 août aux abords de Virton (Villers-la-Loue), réussissant, après avoir réussi à tenir leurs positions, à enlever en fin de soirée les premières tranchées allemandes avant d'être dispersés par les tirs de leurs ennemis et de revenir à leurs positions initialesSources : JMO 87eRI (26 N 667/7) - JMO 9eDC (26 N 490/1) et Historique du d'infanterie [Texte imprimé] : campagne 1914-1918, Paris, Calmette Petit, [19..]. - 70 p. ; 25 cm..

Pendant les dures étapes de la retraite de la Belgique à la Marne, le 87 Régiment fut remarquable d'endurance, de calme et de confiance. Le 27 août, il contribue à retarder le franchissement de la Meuse. En fin de journée, débouchant de la forêt de Dieulet, il participe à une contre-attaque de toute la D. I. et la nuit le surprend dans des corps à corps furieux qui empêchent l'ennemi de déboucher de Cesse et de Luzy.

Bataille de la Marne

Durant la bataille de la Marne, il arrête le flot ennemi devant Favresse, Haussignemont et Blesm. Au Nord de Vienne-le-Château,il participe héroïquement aux terribles combats de tranchées dans les forêts de l'Argonne du 15 septembre 1914 au 14 janvier 1915. Il a gagné dès lors le droit d'inscrire le mot « Argonne» sur son glorieux Drapeau.

1915 Batailles de Champagne et Hauts de Meuse

Le régiment combat en Champagne du 25 février au 6 mars puis sur les Hauts de Meuse - tranchée de Calonne du 17 avril au 29 juillet témoignant d'une inlassable ardeur offensive et d'un esprit de sacrifice sans limite. Ramené en Champagne en octobre 1915, il participe glorieusement aux attaques de Tahure puis passera l'hiver sur les Hauts de Meuse dans le secteur de bois Bouchot et de Vaux les Palameix.

1916 Sous Verdun, au cours de la grande offensive allemande, le Régiment s'oppose à l'avance ennemie dans la Wœvre. Du 22 février au 17 mars, il organise le secteur de Bonzée-Tresauvaux, travaillant souvent la nuit et sous de violents bombardements. Le Régiment revient ensuite sur les Hauts-de-Meuse pour couvrir Les Éparges (jusqu'en fin juin).

Bataille de la Somme

On le retrouve ensuite en juillet dans la Somme, où s'est déclenchée la grande offensive Franco-Anglaise de riposte. Dans le secteur Belloy-Barleux, il fournit, dans des conditions très pénibles (boue et bombardement), une grosse somme de travail. Les 15, 16 et 17 septembre, le Régiment, engagé à l'extrême gauche du front d'attaque de la 10e Armée, est en butte à des tirs de concentration de très grande violence.

1917 Bataille de Champagne

Le 6 mai 1917, le 87 RI attaquait au mont Espin. C'est sous de violents tirs de barrage que les deux bataillons d'attaque (2e et 3e) se mettent en place à l'Est de La Neuville. Le 7 mai, à 14 h. 30, l'attaque se déclenche; la marche des vagues d'assaut, en ordre parfait, fait l'admiration de tous et notamment du général commandant la 5e Armée, qui assiste d'un observatoire, au départ de l'attaque. Le système puissant de la tranchée du Vampire est conquis de haute lutte.

Verdun - cote 304

Le , à , c'est sous un violent tir de barrage que les bataillons De Couesbouc et Verdavaine, sortant des tranchées Champigneulles et Poirier, se portent à l'attaque. La position ennemie, fouillis inextricable de tranchées et boyaux, est submergée avec une rapidité extraordinaire : la résistance de l'ennemi est bientôt brisée. Le bataillon Verdavaine atteint la tranchée Nouvelle et certains éléments poussent même jusqu'à la tranchée Gerok. Le bataillon De Couesbouc, dépassant également son objectif, la tranchée de la Demi-Lune, bouleversée par la préparation d'artillerie, remarquablement bien faite, arrive dans la tranchée ûretchen. Par la prise de cette tranchée, des vues très importantes sur le ravin du bois Camard, partie Nord-Ouest de la côte 304, étaient acquises.

1918 Bataille de la Somme

Relevé à Verdun, après avoir lutté tout l'hiver contre l'eau et la boue, dans un secteur où les nuits étaient souvent agitées par des coups de main, le , qui est depuis le 5 mars commandé par le lieutenant-colonel Cour, arrive dans la Somme, sur le plateau de Louvrechy (avril 1918). L'offensive allemande de mars vient à peine d'être arrêtée, les lignes adverses sont simplement jalonnées. En trois mois, le secteur du régiment est remarquablement organisé : réseaux, tranchées, boyaux et abris forment une position solide. Les villages de Sourdon, Thory, le bois de Mongival, tenus par le Régiment, reçoivent leur bon compte d'obus, les bombardements par obus toxiques sont fréquents.

Après trois mois (mai à juillet 1918) de travail soutenu et de défensive active, le 87 RI passe à l'attaque et remporte un magnifique succès. C'est en chantant que le Régiment sort de Sourdon, le soir du 22 juillet, pour venir se placer dans les tranchées de première ligne et du chemin creux entre Thory et Sauvillers.

Après cette brillante attaque, le régiment reste en ligne. Le 3 août, par une progression hardie, il occupe plusieurs bois et le village de Braches, où il fait une dizaine de prisonniers. Le 8 août, à 12 h20, il franchit l'Avre et progresse au delà, malgré une forte réaction d'artillerie et de violents feux de mitrailleuses, s'empare des bois du Fresne, du Losange, du Chevreuil et du Hêtre, rejette deux contre-attaques et s'infiltre, à la nuit, dans le bois important de Saint-Hubert, qu'il occupera entièrement le lendemain. Pour son attaque du 8 août, le Général Commandant le 9e C. A., cita alors le 87 RI.

Entre-deux-guerres Toujours rattaché à la après-guerre, le régiment est dissout le .

Seconde Guerre mondiale

Recréé le sous le nom de d'infanterie de forteresse, à partir du du d'infanterie. Il est responsable du sous-secteur du Hainaut du secteur fortifié de Maubeuge, devenu d'infanterie de forteresse en mars 1940.

Batailles et combats 1940 : 25 au 30 mai 1940 Poche de Lille

Décorations La cravate du drapeau est décorée de la croix de guerre 1914-1918 avec deux palmes et une étoile de vermeil (deux citations à l'ordre de l'armée et une à l'ordre du corps d'armée).

Le régiment a le droit au port de la fourragère aux couleurs du ruban de la croix de guerre 1914-1918.

Devise J'y suis

Insigne Dans un écu à la bordure crénelée et surmonté d'une tourelle tirant, une tête de guerrier nervien, tribu gauloise du Nord.

Uniformes sous la Révolution et le Premier Empire

Personnalités ayant servi au François Antoine Teste (1775-1862), général français. Henri Désiré Landru (1869-1922), criminel français. Henri Crozat de Fleury (1886-?), membre de la bande à BonnotRegistres matricules du recrutement militaire, Archives de Paris 1906, matricule 1407 Camille Violand (1891-1915), lieutenant de la 12 compagnie tué au Mesnil-lès-Hurlus le 4 mars 1915. Son nom est inscrit au Panthéon parmi les 560 écrivains morts au combat pendant la Première Guerre mondiale. Paul Neuville (1896-1975), résistant français, compagnon de la Libération.

Sources et bibliographie , . .

Notes et références

Voir aussi Liens externes

Articles connexes Histoire militaire de la France