Des émeutes à caractère racial ont eu lieu en 1991 à Crown Heights, dans l'arrondissement de Brooklyn, à New York. Elles ont abouti à la mort d'un étudiant juif et sont considérées comme « l'un des plus graves incidents antisémites dans l'histoire des États-Unis. » .. À cette époque, la population du quartier était composée d'environ Afro-Américains dont une partie originaires des Caraïbes, et d'une minorité d'environ Juifs (soit environ 11 % de la population), principalement des Loubavitchs. La communauté juive considère ces émeutes comme un pogrom John Kifner, « », The New York Times (1857-Current file), 22 août 1991, ProQuest Historical Newspapers The New York Times (1851 - 2003) pg. B1..
Évènements déclencheurs Le vers 20 h 20, Yosef Lifsh, , conduit une voiture break avec trois passagers, sur la President Street. La voiture fait partie d'un convoi de trois véhicules transportant le septième rabbin des Loubavitchs, Menachem Mendel Schneerson. Le cortège est précédé d'une voiture de police banalisée avec deux officiers de police à bord, et gyrophare allumé sur le toit. Le véhicule de Lifsh est le dernier et se trouve distancé. Il traverse l'intersection Eastern Parkway et Utica Avenue afin de rejoindre le groupe. ., et le (procureur) de Brooklyn, Charles J. Hynes, ajoute : . Lifsh fait une embardée pour éviter une voiture qui remonte l’Utica Avenue. Son véhicule heurte l’autre voiture, est dévié sur le trottoir, percute le pilier en pierre de d’une construction et blesse un jeune garçon de sept ans originaire du Guyana du nom de Gavin Cato et sa cousine Angela Cato, aussi de sept ans . Faded Rage by Michael Kamber. The Village Voice Jan 16 - 22, 2002..
Les deux premiers véhicules du convoi, ignorant l’accident, poursuivent leur route jusqu’à leur destination. L'officier dans la voiture de tête atteste que quand il a traversé le carrefour, le feu était vert. Le révérend Al Sharpton, non présent lors des événements, par contre certifie que les trois voitures sont passées au rouge Sharpton, A. (1996). . Doubleday. , ..
Lifsh, saignant de la tête (il recevra plus tard 18 points de suture) Girgenti Report, 1:79-81. ., sort du break pour assister les victimes, qui gisent en dessous de la voiture . , tandis que deux officiers de police protègent les trois autres Loubavitchs d’une foule de plusieurs centaines de badauds qui se sont rapidement regroupés sur le lieu de l’accident. Une ambulance bénévole du service des urgences du Hatzolah (service d’urgence volontaire de la communauté orthodoxe juive) arrive à 20 h 23 et qui transfère Gavin au Kings County Hospital situé à environ , arrivant à 20 h 32. Les volontaires d'une seconde ambulance bénévole du Hatzolah s'occupent d'Angela jusqu'à ce qu'une seconde ambulance municipale la conduise au même hôpital.
Lifsh affirme qu'il pensait avoir priorité car son convoi était escorté par la police. Il a délibérément dirigé son véhicule vers un mur situé à environ afin d'éviter des adultes se trouvant sur le trottoir, pensant que le mur arrêterait son véhicule. , puis pour libérer les enfants . Cependant, les passants furieux le dépouillent WNBC-TV., et un des soigneurs de Hatzolah confirme : étaient en train de le frapper.
La première ambulance à quitter la scène de l’accident est celle du Hatzola, car les deux officiers de police présents leur demandent d’éloigner Lifsh et les autres passagers pour leur sécurité. Le New York Times dans son édition du 20 août raconte que .
Selon un compte-rendu du magazine Time publié le mois suivant, « Leur colère était alimentée par la rumeur selon laquelle Lifsh était saoul et par le fait qu’il a été immédiatement soustrait dans une ambulance privée loubavitch tandis que le personnel des ambulances municipales essayaient de libérer les deux cousins Cato coincés sous la voiture » . Cependant, moins de après l’accident, un test d'alcoolémie fait sur Lifsh au Methodist Hospital s’avère négatif. Le jeudi suivant les émeutes, Mary Pinkett, une Afro-Américaine du conseil de quartier de Crown Heights, note que quand l’ambulance bénévole est partie, Galvin était toujours bloqué sous la voiture. Pendant la semaine, le service des ambulances ainsi que les officiels du quartier font connaître ce fait, mais la plupart des résidents noirs du quartier continue à croire la rumeur que l'ambulance a quitté les lieux sans s’occuper des enfants noirs. Pendant les trois jours d’émeutes, beaucoup d’autres rumeurs ont circulé, y compris celles que Lifsh a intentionnellement voulu tuer les Cato, que Lifsh n’avait pas de permis de conduire, qu’il était en train de téléphoner sur un portable quand l’accident s’est produit, que Cato est mort parce que les bénévoles du Hatzolah ont refusé d’aider un non-Juif, que la police et le procureur de Brooklyn ont falsifié les résultats du test d’alcoolémie de Lifsh, que le père de Cato a été battu par la police pour avoir essayé d’interférer avec les secours et que la police a empêché les passants d’aider à soulever la voiture pour libérer les enfants.
Les événements qui se produisirent cette nuit, et qui sont résumés dans la , sont les suivants : http://law.jrank.org/..
Gavin Cato meurt de ses blessures et Angela Cato souffre de multiples fractures aux jambes.
Grand Jury Un comprenant 10 Afro-Américains, 8 Blancs et 5 Latinos est convoqué. Il ne trouve aucune raison d'inculper Lifsh. Hynes explique que d'après la loi New Yorkaise, le simple fait de « perdre le contrôle de son véhicule » n’est pas une négligence criminelle même s’il en résulte mort d’homme ou blessure. Le révérend Al Sharpton organise et conduit une marche de protestation contre le procureur Hynes pour son défaut d’inculpation de Lifsh. La marche se déroule devant le pavillon de Hynes que Sharpton appelle un « village d’apartheid dans le Queens ». En plus, plusieurs plaintes pour essayer de contraindre la ville à divulguer les preuves fournies au Grand Jury sont rejetées, y compris par une décision de la Cour d’appel . http://topics.nytimes.com/top/reference/timestopics/people/c/gavin_cato/index.html?query=LIFSH,%20YOSEF&field=per&match=exact.. Le juge Theodore Jones de la Cour Suprême d’État (Brooklyn) explique qu’un sondage effectué par le Grand Jury indique que plus de 75 % des 33 témoins, y compris 12 des de la foule des badauds, craignent pour leur sécurité.
Une fausse allégation fait surface, que Lifsh, étant Israélien, s’est envolé vers Israël pour échapper au Grand Jury. Ce mensonge a été publié par Sharpton dans son autobiographie cinq ans après l’investigation du Grand Jury Sharpton, A. (1996). . Doubleday. , .. En réalité, Lifsh renonce à son immunité et témoigne devant le Grand Jury, et ce n’est qu’après environ une heure de « témoignage de Lifsh devant le Grand Jury de la Cour Suprême de l’État » que celui-ci décide qu’il n’y a aucune raison de l’inculper .. Peu après, Lifsh part pour Israël, où vit sa famille car il se sent menacé ..
C’est la famille Cato qui refuse de coopérer avec le Grand Jury pour ses investigations. Cette stratégie de non coopération avec le Grand Jury leur est conseillée par leur avocat, Colin Moore, qui anticipe que Lifsh ne sera pas inculpé et qui désire que la famille puisse être capable d’attaquer plus tard la procédure du Grand Jury pour partialité du fait qu’ils n’y ont pas participé.
Accident de la route, traitement préférentiel ou antisémitisme ? Rétrospectivement, les membres de la communauté noire prétendent que les décisions des policiers étaient racistes, car les enfants auraient dû quitter la scène en premier et être conduits à l’hôpital quel que soit l’ambulance disponible. Ceci est considéré comme un autre exemple du traitement préférentiel accordé aux Juifs par rapport aux noirs dans le quartier de Crown Heights. Cependant, une investigation effectuée pour le journal Newsday plusieurs semaines après l’accident, par Michael Powell et Jennifer Preston, ne trouve aucune évidence permettant d’étayer l’affirmation d’un traitement préférentiel des Juifs à Crown Heights ..
Les membres de la communauté juive de Crown Heights considèrent que l’allégation de favoritisme n’est qu’une tentative pour cacher cet étalage flagrant d’antisémitisme et de crimes haineux commis « pendant et après » les trois jours d’émeutes. En plus des cris de slogans antisémites pendant les émeutes, ils rappellent les bannières déployées lors des funérailles de Cato comme : . Dans son éloge funèbre de Gavin, Sharpton fait des déclarations antisémites sur les . City Sun, août 28 - septembre 3, 1992., et dit que « c’est une catastrophe de tolérer une ambulance d’apartheid au centre de Crown Heights » .. Sharpton essaye de réexciter la communauté noire avec l’appel : « Si les Juifs veulent continuer, dites leur qu’ils attachent leur kippa sur la tête et qu’ils viennent me voir chez moi ».. D’autres remarques antisémites furent prononcées aux funérailles par le révérend Herbert D. Daughtry, Sr. et par Sonny Carson.
Le , après avoir été accusé par l’Anti-Defamation League d’inciter à l’antisémitisme dans le conflit de Crown Heights, Sharpton raille en disant : Il rappelle aussi qu’il n’a jamais participé aux pillages ni aux émeutes qui suivirent la mort de Cato. Cependant, le , dans un article du Washington Post, Sharpton donne des explications quand on le questionne sur ses commentaires passés agressifs, y compris d’appeler les noirs en désaccord avec lui des (), il répond : http://www.slate.com/id/2089153/..
Déroulement des émeutes Pendant les trois jours qui suivirent l’accident, de nombreux résidents Afro-Américains et Afro-Carribéens ainsi que des personnes originaires des Caraïbes, rejoints par des non-résidents participent aux émeutes de Crown Heights. La majorité des non-résidents se trouvent à Crown Heights ce soir-là, afin d’assister à un concert de B. B. King qui se déroule à environ un kilomètre du lieu de l’accident. À la sortie du concert, des provocateurs les « haranguent » au sujet de la mort de Caro et « encouragent la foule qui grossit sur le lieu de l’accident à avoir recours à la violence. » Dans les faits, lors des trois jours d’émeutes, de très nombreux émeutiers « ne vivaient même pas Crown Heights ».
Cette nuit de lundi, en plus du meurtre décrit ci-dessous, trois policiers sont attaqués.
Le mardi 18 août, juives sont blessées; quatre magasins pillés, y compris le Sneaker King possédé par un immigrant coréen, vendant des chaussures de sport et qui est complètement vidé, un N. Y. Chicken, et le Utica Gold Exchange, possédé par un Iranien qui est totalement incendié; 50 voitures sont endommagées, dont huit retournées et incendiées; et endommagées. Les émeutiers reconnaissent les maisons habitées par des Juifs grâce aux mezuzot fixées sur le montant des portes.
À la suite d'un meeting du mouvement , où Al Sharpton prend la parole, de jeunes adolescents noirs jettent des briques et des bouteilles contre la police, qui recule après que des coups de feu sont tirés de la foule. Les tirs sont dirigés contre la police et 12 officiers de police sont blessés.
Le mercredi, Al Sharpton prévient les autorités de la ville dans une conférence de presse, que si Lifsh n'est pas arrêté, ils procèderont eux-mêmes à son arrestation. Le mercredi se solde par 8 officiers de police atteints par balles et 10 autres blessés par des jets de briques, deux civils blessés par balles, un loubavitch poignardé, des personnes arrachées de leurs voitures et frappées. La voiture du préfet de police de la ville de New York est canardée, quatre voitures de police sont retournées, et plusieurs incendiées, un cocktail Molotov est jeté contre la police et le maire de New York, David Dinkins est bloqué chez les Cato qu'il a voulu rencontrer afin de calmer la situation, car des jeunes Noirs l’empêchent de sortir en jetant des bouteilles et des pierres.