Elena Poniatowska, née le à ParisArchives en ligne de Paris, arrondissement, tables décennales des naissances 1923-1932, cote V11E 542, vue 2/21, est une journaliste, écrivaine et militante politique mexicaine d'origine française. Elena Poniatowska, née princesse Hélène Elizabeth Louise Amélie Paula Dolores Poniatowska Amor, est la fille du prince Jean Poniatowski, descendant d'un frère du roi Stanislas II de Pologne et d'une mère mexicaine d'ascendance espagnole et française, Paula (Paulette) Amor de Yturbe. Elle reçoit en 2013 le plus important prix littéraire de la langue espagnole, le prix Cervantes.
En 2022, lors de son quatre-vingt-dixième anniversaire, le gouvernement mexicain organise un hommage national au Palais des Beaux-Arts de la ville de Mexico.
Biographie
Celle qui est surnommée la Princesa Roja est la fille de deux exilés. Sa mère est née en 1913 à Paris d'une famille en exil après la révolution mexicaine contre Porfirio Diaz. À Paris, elle épouse le prince polonais Jean Poniatowski ; de ce mariage naissent deux filles, Hélène (Elena) et Sofia (Kitzia), et un fils, Jean.
En 1941, n'ayant pu trouver la sécurité dans le Sud de la France, Paulette fuit la Seconde Guerre mondiale avec ses filles. Mexicaine par héritage, elle se réfugie dans le pays de sa famille. Le père, qui s'est enrôlé dans l'armée française, participe au débarquement de Normandie et combat jusqu'à la fin de la guerreElena Poniatowska, un clásico de la literatura mexicana ampliamente premiada : Biblioteca Breve (biografía), EFE News Service (Madrid), février 2011.. Un frère, Jean, naît en 1947. C'est la nounou Magdalena Castillo qui s'occupe des filles et leur enseigne l'espagnol. En 1949, Elena est envoyée dans un pensionnat religieux aux États-Unis jusqu'en 1952. Les religieuses ne lui enseignent pas la réalité du monde et le Mexique lui reste un pays inconnu. Le père d'Elena fonde les laboratoires Linsa où elle travaille comme secrétaire pendant une courte période. À la faillite du laboratoire, le père d'Elena ouvre un restaurant, entreprise qui échoue également.
Après avoir eu l'intention d'épouser un prince européen, Elena décide de devenir journaliste. En 1953, elle travaille à l'Excelsior. Elle se lance dans l'interview des grands artistes mexicains dont elle ne connait rien. L'année suivante, elle entre à Nouvelles. En 1954, elle publie son premier roman, Lilus Kikus. En 1955, elle donne naissance à son premier enfant, Emmanuel.
En 1965, elle visite la Pologne avec sa mère ; son enfant reste en Suisse. Elle réalise une série de chroniques qui s'inspirent de la justice et de l'absurdité de la vie. Sa relation avec l'artiste socialiste Alberto Beltrán renforce sa façon de penser et de ressentir, Elena s'engage alors pour le MexiqueEscritoras.com, literatura escrita por mujeres, Elena Poniatowska..
Sur un toit de la rue Revillagigedo à Mexico, Elena Poniatowska est séduite par la sagesse d'une blanchisseuse qui parle haut et fort, Josefina Bórquez. D'un long entretien naît le roman Hasta no verte, Jesús mío, qui remporte le prix de littérature de Mazatlán.
En 1968, elle épouse l'astrophysicien mexicain Guillermo Haro (décédé en 1984) dont elle fait la connaissance en 1959 en l'interviewant. Ensemble, ils ont deux enfants, Felipe et Paula. Elle obtient la nationalité mexicaine et rédige un rapport sur la tragédie de Tlatelolco et effectue un entretien avec Oriana Fallaci, alors blessée. Cette chronique, La noche de Tlatelolco. Testimonios de historia oral, qui lui vaut un emprisonnement et des menaces, n'est publiée qu'en 1971Entretien à Lyon, mars 2009, avec Elena Poniatowska.
En 1979, elle reçoit le prix national de JournalismeCoonrod Martínez, Elizabeth, février 2012, Avant-Garde Mexican Women Artists: Groundbreakers Get Long Overdue Tribute. The Hispanic Outlook in Higher Education 12 (10): 20..
Le , pour célébrer ses 90 ans, le gouvernement mexicain organise un hommage national au théâtre du Palais des Beaux-Arts de Mexico avec la participation des artistes, militants et journalistes qui font des lectures de ses ouvrages.
Engagement politique
Émigrée au Mexique en 1942 à l'âge de dix ans, Elena Poniatowska est la première femme à recevoir le prix national du Journalisme en 1979.
Dans les mois précédant les élections présidentielles mexicaines de 2006, Elena Poniatowska apporte son soutien au candidat du Parti de la révolution démocratique, Andrés Manuel López Obrador. En , elle apparaît dans une série de spots télévisés pour dénoncer les pratiques « calomnieuses » Dépêche El Universal des deux autres principaux partis, le Parti action nationale et le Parti révolutionnaire institutionnel. Selon elle, ceux-ci cherchent à compromettre López Obrador en rapprochant sa politique de celle, gauchiste, du président vénézuélien Hugo Chávez, et l'accusent de nuire à l'économie du pays.
Cet engagement provoque de vives réactions de la part des partisans des partis conservateurs mais Elena Poniatowska reçoit également l'appui d'un certain nombre d'intellectuels étrangers qui publient une brochure en sa faveur. Vingt-quatre personnalités internationales signent le document : le Prix Nobel de littérature 1998 José Saramago, Nélida Piñon, Rubem Fonseca, Rosa Montero, Juan Goytisolo, Fernando Savater, Helena Araújo, Laura Restrepo, Álvaro Mutis, Diamela Eltit, Gonzalo Rojas, Antonio Skármeta, Tomás Eloy Martínez, Gioconda Belli, Ernesto Cardenal, Sergio Ramírez, Eduardo Galeano, Doris Sommer, Beatriz Pastor, Alfredo Bryce Echenique, Julio Ortega, Mirko Lauer, Rosario Ferré et Edmundo Paz Soldán.
En , Elena Poniatowska et plusieurs intellectuels condamnent dans un pamphlet les attaques israéliennes au Liban. Ce qui leur vaut des reproches de la part de l'ambassadeur d'Israël au Mexique, accusant le pays d'appuyer le terrorisme.
En , à Xalapa, dans l'État de Veracruz, Elena Poniatowska soutient une journée de solidarité artistique et culturelle intitulée « Va por Las Patronas » (Allez avec Les Patronnes). C'est un appel aux dons en faveur d'un groupe de femmes mexicaines bénévoles qui nourrissent les migrants au passage d'un train vers les États-Unis.
Œuvre littéraire
vignette|H. Poniatowska signant un ouvrage sur Mariana Yampolsky au Musée des arts populaires (MAP, Mexico), 2012.
Elena Poniatowska pratique des investigations, des entretiens et des portraits en mélangeant légèreté et sérieux. Ses ouvrages les plus connus sont les récits du massacre des étudiants à Mexico en 1968 (La noche de Tlatelolco) et du tremblement de terre de 1985 (Nada, nadie : Las voces del temblor)Le Monde 30 sept. 2012..
Publié au Mexique en 1954, Lilus Kikus est son premier ouvrage de fiction. Ces petites histoires sont illustrées par Leonora Carrington et mettent en scène Lilus, une fillette rêveuse et anticonformiste, qui incarne le passage de l’enfance à l’adolescence dans le Mexique des années 1950. Le roman est en partie autobiographique.
Elle retrace la vie d'artistes comme le peintre mexicain Diego Rivera dans Cher Diego, Quiela t’embrasse (1978) d'après des "lettres" de sa première épouse Angelina Beloff, ou la carrière de la photographe Tina Modotti, Tiníssima (1992). Son dernier ouvrage retrace la vie de l’artiste peintre Leonora Carrington, compagne de Max Ernst, installée à Mexico en 1939 (et morte le ). L'auteur évoque l’atmosphère d'une aristocratie intellectuelle cosmopolite et avant-gardiste de l’internationale artistique et surréaliste des années 1940. C'est aussi un milieu bien connu d'Helena Poniatowska. La fiction occupe une place importante dans son œuvre, sous forme de nouvelles ou de romans mais elle s'intéresse surtout à des épisodes historiques tourmentés.
Elle reçoit en 2013 le plus important prix littéraire de la langue espagnole, le prix Cervantes.
Publications
1954 : Lilus Kikus, Éd. Los Presentes 1956 : Melés y Teleo. Apuntes para una comedia, Éd. Revista Panoramas 1961 : Palabras cruzadas. Crónicas, Éd. Era 1963 : Todo empezó el domingo, Éd. Fondo de Cultura, illustré par Alberto Beltrán 1969 : Hasta no verte, Jesús mío 1971 : La noche de Tlatelolco. Testimonios de historia oral (chronique du massacre de Tlatelolco) 1978 : Querido Diego, te abraza Quiela 1979 : De noche vienes, Éd. Grijalbo 1979 : Gaby Brimmer, Éd. Grijalbo 1980 : Fuerte es el silencio (chronique) 1982 : Domingo 7 1982 : El último guajolote, Éd. Cultura/SEP 1985 : ¡Ay vida, no me mereces! Carlos Fuentes, Rosario Castellanos, Juan Rulfo, la literatura de la Onda 1988 : La « Flor de Lis », Éd. Era (roman) 1988 : Nada, nadie. Las voces del temblor, Éd. Era (chronique du tremblement de terre de 1985 à Mexico) 1991 - 2002 : Todo México I-VII, Éd. Diana 1992 : Tinísima, Éd. Era (roman) 1994 : Luz y luna, las lunitas, Éd. Era 1996 : Paseo de la reforma, Éd. Plaza & Janés 1998 : Octavio Paz, las palabras del árbol, Éd. Plaza & Janés 1999 : Las soldaderas, Éd. Era 2000 : Las mil y una... La herida de Paulina, Éd. Plaza & Janés 2000 : Juan Soriano. Niño de mil años, Éd. Plaza y Janés 2000 : Las siete cabritas, Éd. Era 2001 : Mariana Yampolsky y la buganvillia, Éd. Plaza & Janés 2001 : La piel del cielo, Éd. Alfaguara 2003 : Tlapalería, Éd. Era (contes) 2005 : Obras reunidas, Éd. Fondo de Cultura Económica (compilation) 2006 : El tren pasa primero,Éd. Alfaguara (roman) 2007 : Amanecer en el Zócalo. Los 50 días que confrontaron a México (chronique) 2011 : Leonora (roman), à propos de Leonora Carrington.
Traductions
Principales traductions en français, anglais et allemand des livres d'Elena Poniatowska. Pour les livres possédant plusieurs éditions, une seule est donnée.
En français
1980 : Vie de Jésusa, traduit par Michel Sarre, Éd. Gallimard 1993 : Cher Diego, Quiela t'embrasse, traduit par Jamis Rauda, Éd. Actes Sud 1993 : La Fille du philosophe, traduit par Jamis Rauda, Éd. Actes Sud 2005 : Lilus Kikus, traduit par Françoise Léziart, roman en partie autobiographique accompagné d'illustrations de Leonora Carrington, Éd. Les Perséides 2012 : Leonora, traduit par Claude Fell, Éd. Actes Sud 2014 : Tinísima, traduit par Jacques Aubergy et Marie Cordoba, Éd. L'Atinoir
En anglais
1975 : Massacre in Mexico, Éd. Univ. of Missouri Press 1995 : Nothing, nobody, Éd. Temple Univ. Press 1998 : Tinisima, traduit par Katherine Silver, Éd. Penguin Books 2005 : Lilus Kikus and other stories., traduit par Elizabeth Coonrod Martinez, illustré par Leonora Carrington, Éd. Univ. of New Mexico Press 2004 : The Skin of the Sky, traduit par Deanna Heikkinen, Éd. Farrar, Straus & Giroux 2012 : The Heart of the Artichoke, traduit par George Henson, Éd. Alligator Press
En allemand
1982 : Stark ist das Schweigen. 4 Reportagen aus Mexiko, Éd. Suhrkamp-Taschenbuch 1989 : Lieber Diego, traduit par Astrid Schmitt, Éd. Suhrkamp-Taschenbuch 1992 : Jesusa - Ein Leben allem zum Trotz, traduit par Karin Schmidt, Éd. Lamuv-Verlag 1998 : Tinissima. Der Lebensroman der Tina Modotti, traduit par Christiane Barckhausen-Canale, Éd. Suhrkamp
Au cinéma
Elena Poniatowska a participé au scénario d'un court métrage dramatique, La Muchacha (1990, de Dorotea Guerra), et à l'adaptation de son roman De noche vienes pour De noche vienes, Esmeralda (1997, de Jaime Humberto Hermosillo).
Prix et distinctions (liste sélective)
Elena Poniatowska a remporté de nombreux prix, dont certains prestigieux. 1970 : Premio Mazatlán, pour Hasta no verte Jesús mío. 1970 : Premio Xavier Villaurrutia pour La noche de Tlatelolco (prix refusé) 1978 : Premio Nacional de Periodismo pour ses entretiens 1987 : Premio Manuel Buendía 1990 : Premio Coatlicue de la Femme de l'Année 1992 : Premio Mazatlán de Littérature pour Tinísima. 1993 : Premio Nacional Juchimán en sciences et techniques de la communication remis par la Fondation Juchimán 2001 : Premio Alfaguara de Novela pour La piel del cielo 2002 : Premio Nacional de Ciencias y Artes