La rue de Braque est une rue de Paris située en plein cœur du quartier du Marais dans le arrondissement.

Situation et accès Elle est située perpendiculairement à la rue du Temple et à la rue des Archives, parallèlement entre les rues Rambuteau et des Haudriettes.

La rue de Braque fait partie de l'ancien quartier de la Ville Neuve du Temple, quartier de Sainte-Avoye dans le Haut-Marais, ancien domaine du Temple de Paris après son acquisition en 1180 auprès de Philippe Auguste, roi de France.

Ce site est desservi par les stations de métro Rambuteau, Arts et Métiers et Hôtel de Ville.

Origine du nom Elle doit sa dénomination à la famille de Braque qui habitait dans cette rue au . Arnould de Braque y fit bâtir, en 1348, une chapelle et un hôpital. Germain de Braque était échevin de la ville de Paris en 1447.

Historique Des origines au Origines

thumb|upright|La rue de Braque en 1552 (au centre) avec la chapelle de Braque au nord de la rue et l’échelle de justice du Temple, rue des Haudriettes.

La rue de Braque fut ouverte par les Templiers à la fin du . Elle fait partie dès lors du nouveau quartier de Paris, la Ville-Neuve du Temple, que les Templiers viennent de créer entre l’enceinte de Philippe Auguste et l’enclos du Temple.

Cette rue longe l’enceinte et relie la rue Sainte-Avoye (devenue la rue du Temple) à la rue du Chaume (devenue la rue des Archives).

Les Templiers y installèrent deux étals de boucherie en 1182.

Elle porta les noms de rue : « rue des Boucheries du Temple », « rue des Boucheries », « rue aux Bouchers du Temple », « rue des Bouchers », « rue des Boucheries de Braque », « rue de la Chapelle de Braque ».

Le nom que la rue porte aujourd’hui est celui de la famille de Braque, propriétaire des terrains du quartier, qui habitèrent dans cette rue au , et y firent bâtir la chapelle de Braque, détruite au .

Voici ce que disait Charles Lefeuve au sur cette rueCharles Lefeuve, Histoire de Paris rue par rue, maison par maison, 1875. :

Dans lHistoire de Paris depuis le temps des Gaulois jusqu’à nos jours de Théophile Lavallée, nous retrouvons :

thumb|center|La rue de Braque en 1739, plan de Turgot.

Les Boucheries du Temple

thumb|upright|left|Lettrine du représentant Bernard de Clairvaux.

thumb|upright|Boucherie au .

thumb|upright|Boucherie au .

On retrouve trace des Boucheries établies par les Chevaliers de l’ordre du Temple dans divers textes et Archives :

En 1642, la rue des Boucheries comptait encore onze bouchers et quatre charcutiersÉmile Magne, Images de Paris sous Louis XIV, Paris, Calmann-Lévy, 1939, ..

au Elle est citée sous le nom de « rue de Bracque » dans un manuscrit de 1636 dont le procès-verbal de visite, en date du , indique : . La famille de Braque Seigneurs de Châtillon la Guichardière, en Normandie, Généralité de Rouen : famille maintenue dans sa noblesse le .

Armes : d’azur, à une gerbe de blé d’or, liée de mêmeFrançois-Alexandre Aubert de La Chesnaye des Bois, Dictionnaire de la noblesse , , 1771..

Ses membres les plus célèbres sont : Arnoul de Braque, bourgeois de Paris ; Nicolas de Braque, chevalier et conseiller du Roi, marié à dame Jeanne du Tremblay ; Jeanne de Braque, fille de Nicolas de Braque et de Jeanne du Tremblay.

La famille de Braque, au possédait de nombreuses parts du quartier, comme l’indique Pierre Thomas Nicolas Hurtaut en 1779 :

Nicolas I Braque Nicolas Braque, de souche auvergnate, fut trésorier de Jean le Bon au . Il est probablement né dans les années 1310. Il est le père de Jean, né en 1341, et parent d’Arnoul (père ou frère).

En janvier 1350, à la demande de Jean le Bon, le chapitre nomme chanoine de Notre-Dame Jean Braque, âgé de neuf ans. Le notaire du chapitre consigne dans le registre capitulaire que si le nouveau chanoine est peu âgé, il paraît plus que son âgeA.N., LL105, (7), et 486 : .

Arnoul de Braque Arnoul de Braque fut changeur à Paris. Il aurait suivi aux croisades son parent, Mathieu de Montmorency (Mathieu II de Montmenrency-Bouqueval épousa Jeanne Braque), avant de fonder en 1348 à Paris une chapelle et un hôpital, sous l’invocation de Notre-Dame de Braque, dans l’actuelle rue de BraqueVictor Hyacinthe G. Des Diguères, La Vie de nos pères en basse-Normandie, notes historiques, biographiques, 1879..

Arnoul de Braque fut anobli au mois d’août 1339, avec permission de prendre enseigne de chevalier, par lettres données au bois de Vincennes : il était seigneur de Châtillon-sur-Loing. Cet Arnoul de Braque, possesseur de deux fiefs, l’un à Stains, et l’autre à Champigny-sur-Marne, fut anobli par le Roi Philippe de Valois en 1339, par lettres rapportées, comme nous venons de le dire, par M. d’Hozier, dans son Armorial de France. Par les fondations qu’il a faites, il paraît qu’il avait de grands biens. Sa femme se nommait Jacqueline.

Cet hôpital de Braque fut édifié et financé par les membres de sa famille, au premier rang desquels se trouve son fils Nicolas, chanoine de Notre-DameJ. Viard, Mémoires de la SHP, L’Hopital de Braque, sa fondation, Arnoul Braque, son fondateur, , , 1925.N. Valoir, Mémoires de la SHP, Notes sur la révolution parisienne de 1356-1358. La revanche des frères Braque, , .Robert Gane et Claudine Billot, Le Chapitre de Notre-Dame de Paris au ..

Nicolas II Braque Nicolas Braque (1366-1408), troisième fils d’Arnaud de Braque, éleva sa famille à un bien plus haut degré d’honneur que tous ses frères. Il devient à l’âge de 12 ans, en 1378, chanoine de Notre-Dame de Paris. Il fut seigneur de Chatillon-sur-Loing, de Saint-Maurice-sur-Labron, de Nogent-sur-Seine, de Croissy et de Croquetaine-en-Brie, de Choisy-aux-Loges dans le Gâtinais et de beaucoup d’autres lieux. Il fut créé chevalier, maître des Requêtes, gouverneur des villes et châteaux de Morel et de Montargis, chambellan du Roi Charles V et ambassadeur plénipotentiaire en plusieurs occasions importantes.

Il fut aussi conseiller du roi et membre de la cour des Aides.

Il épousa en premières noces Jeanne du Tremblai, et en secondes Jeanne le Bouteiller de Senlis. Il n’eut point d’enfants de cette dernière ; mais il eut de la première : Blanchet et Nicolas Braque, Jeanne Braque, dame de Choisy, femme de Jean de l’Hôpital.

D’elle descendent les seigneurs de Choisy, de Vitry, du Hallier et de Sainte-Mesmes.

Jean Braque (1341-1375) Il est le fils de Nicolas I, trésorier du royaume. En 1350, il devient chanoine à Notre-Dame de Paris ; en 1370, chanoine à Orléans avant d’être évêque de Troyes.

Pierre de Braque Seigneur de Blemur, il vivait en 1488, et avait épousé Louise des Claux. Il était le trisaïeul de Louis de Braque, chevalier, seigneur du Parc, capitaine dans le régiment des Vaisseaux, marié à Antoinette de Line, dont entre autres enfants, Anne-Margueritte de Braque, née le , reçue à Saint-Cyr au mois de .

L’Hôtel de Braque La chapelle de Braque et l’hôpital de Braque Une épitaphe dans l’église de Saint-Merry indique que Jean de L’Opital, époux de que Madame Jeanne de Braque, fille de Nicolas de Braque, fut enterré dans la Chapelle de Braque :

thumb|L’église des religieux de la Mercy en 1655, par Matthäus Merian. Ledit Jean de l’Opital, fils de Frederic de L’Opital et de Madame Marie d’Anjou fille de Philippe d’Anjou prince de Tarente :

L’église et le couvent de la Mercy

Église, couvent et hôpital où s’établirent les religieux de Notre Dame de la Rédemption des Captifs de la Merci, à la demande de Marie de Médicis, reine de France.

Charles Lefeuve raconte en parlant de la rue du Chaume dont l’église et le couvent de la Mercy font l’angle avec celle de Braque :

La rue de Braque dans la littérature Victor Hugo, dans Notre-Dame de Paris, évoque la vie de la rue au Moyen Âge :

Alexandre Dumas situe une action de la Reine Margot dans la rue :

Alphonse Daudet évoque de nombreuses fois la rue de Braque dans son roman Fromont jeune et Risler aîné (1874).

La rue de Braque au cinéma La rue sert de cadre au film de Franco Zeffirelli, La Traviata.

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire La rue de Braque possède de nombreux hôtels particuliers et d'anciennes maisons décrites ci-dessous.

: ancienne église des religieux de la Mercy (disparue) Au 1 de la rue de Braque s’élevait l’ancienne église des religieux de la Mercy. À la suite de la destruction de l'église à la Révolution, un immeuble de rapport fut bâti à sa place en 1877. Celui-ci abrite désormais un bureau de la sécurité sociale en son rez-de-chaussée.

Chronologie Habitants célèbres de la maison

2 : ancien hôtel de Bailleul (détruit) À cette place se situait l’ancien hôtel de Montigny, construit aux . Il s’étendait jusqu’à la rue des Haudriettes. Cet hôtel s’appela « hôtel de Navarre », vers 1438, et était habité par Jean d’Aragon, roi de Navarre et sa femme Blanche. La censive était au Temple.

Christophe Luillier, Maître des eaux et forêts, en fut un des propriétaires avant que cela soit Nicolas de Bailleul. Ce dernier donna son nom à l’hôtel. Il fut président du parlement, puis prévôt des Marchand. L'avocat Eugène Protot habita au étage de 1868 à 1871. Arrêté à son domicile le pour ses activités républicaines par le commissaire aux délégations judiciaires, Julien Clément, il tenta de s'échapper et faillit mourir par le tir du policierRevue hebdomadaire Floréal, , 19 mars 1921.. Ce grand hôtel fut détruit en 1925 pour donner lieu à une concession EDF de type néo-Marais.

Chronologie Habitants célèbres de la maison

3 : ancienne maison de Brancas Maison du , à pignon, aplatie lors d’une opération de restauration en 1993. L’entrée de cette maison se fait par le de la rue.

Chronologie Habitants célèbres de la maison

4 : hôtel de Joseph Le Lièvre de la Grange L'hôtel Le Lièvre de la Grange est inscrit sur la liste des monuments historiques le . Cet hôtel fut destiné dès sa création à la location. Il est symétrique à l’hôtel du 6. Construit en 1731-1733 par Pierre Caqué, Maître maçon, pour Marie-Madeleine Le Lièvre de la Grange, famille propriétaire jusqu’en 1814. Le est le seul à posséder un jardin. L’architecte de cet hôtel est Victor-Thierry Dailly.

Chronologie Habitants célèbres de la maison

5 : hôtel d’Aymar Jean de Nicolaï, marquis de Goussainville

Ce bâtiment est construit au ; la façade est réhabilitée en 1805. Au centre de la cour, un bâtiment du , à pans de bois apparents fait son apparition. Le 5 appartenait à la marquise du Luc, femme d’un lieutenant-général, et ne passait qu’ensuite à Aymar Jean de Nicolaï, marquis de Goussainville, qui demeurait place Royale, comme le dit Charles Lefeuve au sur cette rue.

Chronologie Habitants célèbres de la maison

6 : hôtel de Joseph Le Lièvre de la Grange L'hôtel qui forme un ensemble avec celui du n° 4 est inscrit sur la liste des monuments historiques le . Présence, fin , de la Maison Nacivet, atelier de photographie, associé à partir de 1900 à la Maison Grimaud du 49, rue Saint-André-des-ArtsAnnuaire général et international de la photographie, 1899..

Chronologie Habitants célèbres de la maison

7 : petit hôtel de Mesmes thumb|upright|Charles comte de Vergennes. Le petit hôtel de Mesmes fait partie d’un ensemble plus large appelé « hôtel de Mesmes », appartenant à la famille de Mesmes qui s’était établie dans le quartier du Temple à la fin du .

Charles comte de Vergennes, ministre des Affaires étrangères de Louis XVI, intendant général des finances et neveu du ministre de Louis XVI, y habita. Il est celui qui fit reconnaître par les Anglais, l’indépendance des États-Unis, après avoir aidé secrètement les insurgés et ceux qui les aidaient, comme La Fayette ou Beaumarchais. Il a accueilli Benjamin Franklin dans son HôtelFrançois Boucher, American Footprints in Paris, . lors de la période de la signature de l'Indépendance des États-Unis« Hôtel de Mesmes », www.minefi.gouv.fr..

Chronologie Habitants célèbres de la maison

8 : ancienne maison de Trudaine