Le muséum d'histoire naturelle de La Rochelle est un musée d'histoire naturelle français situé dans la ville de La Rochelle, en Charente-Maritime. Il est installé dans l'ancien palais du gouverneur d'Aunis. Le bâtiment est inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du 27 octobre 2003. Il est membre du Réseau national des collections naturalistes (RECOLNAT).

Historique

Hôtel de la Tremblay puis du gouvernement gauche|vignette|La façade donnant sur la cour. Un hôtel particulier est construit à l'emplacement de l'ancien jardin des Jésuites pour Jouin de la Tremblay, entre 1708 et 1718, sur les plans de Claude Masse, ingénieur du roi.

La demeure devient ensuite l'hôtel des gouverneurs de l'Aunis en 1748. Les aménagements intérieurs sont réalisés par Tourneur. En 1775, la ville fait construire deux ailes, une au sud accolée à l'aile gauche de l'hôtel existant, sur le jardin du collège royal, l'autre au nord du jardin pour les dépendances et les écuries par Nicolas Marie Potain, architecte du roi, et Julien Nassivet, architecte de la ville de la Rochelle, qui avait succédé à son père, Gilles Nassivet.

Bibliothèque et muséum thumb|left|Côté jardin. Quand Napoléon passe à La Rochelle, en 1808, il donne à la ville les deux ailes pour y installer la bibliothèque publique. L'aile gauche de l'hôtel est réaménagée en 1832 pour y installer les collections d'histoire naturelle données en 1782 à l'Académie des belles-lettres, sciences et arts de La Rochelle par Clément de la Faille qui devient le « muséum Lafaille ». Le jardin est aménagé en jardin botanique.

En 1852, Louis-Benjamin Fleuriau de Bellevue lègue la majeure partie de ses collections d’histoire naturelle et d’ethnographie, ainsi que sa bibliothèque, au Muséum de la ville. Le « musée Fleuriau » est ouvert dans le corps de bâtiment nord.

Palais épiscopal En 1874, Tomas, évêque de La Rochelle, achète l'hôtel de la Tremblay pour en faire l'évêché jusqu'en 1903. Un nouveau décor y est réalisé, qui subsiste encore.

Rachat par la ville Le palais épiscopal est racheté par la ville en 1910 pour permettre l'extension des musées et du jardin botanique. L'aile droite est prolongée en 1914 jusqu'à la rue Albert-, le long de la rue Alcide-d'Orbigny. Le cabinet Lafaille est agrandi en 1920, puis restauré entre 1958 et 1960. Le dolmen de La Jarne est remonté dans le jardin des plantes.

Le muséum ferme en 1998 pour une nouvelle restauration. Les travaux, dont le montant s'élève à 14,4 millions d'euros, permettent de créer des réserves climatisées, de réaménager le jardin et surtout de doubler la surface d'exposition () par rapport à celle qui existait autrefois, en l'augmentant aussi d'un auditorium pour les conférences. Le muséum rouvre le .

Entre-temps, les bâtiments sont inscrits au titre des monuments historiques le .

Collections thumb|upright|La girafe offerte à Charles X par Méhémet Ali. Elle devient « Zarafa » dans le film de Rémi Bezançon et Jean-Christophe Lie.

Le muséum offre d'exposition répartis en deux domaines, histoire naturelle et ethnographie, très bien représentés par des collections de première importance en raison de la qualité des anciennes collectes dont certaines proviennent de marins du et d'explorateurs de la région, tandis que d'autres proviennent de grandes collections comme celle d'André Breton.

Collections d'histoire naturelle Présentes depuis le , les collections d'histoire naturelle sont le fonds du muséum. Un choix de pièces qui correspondent aux premières collections est placé aujourd'hui au rez-de-chaussée dans un cabinet de curiosités. Celui-ci a été parfaitement restauré avec sa couleur initiale rouge corail. Le cabinet Lafaille constitue le plus ancien cabinet d'histoire naturelle de France : Jean Torlais, Revue d'histoire des sciences et de leurs applications, 1961 : histoire du cabinet Lafaille. : Site du muséum : la page correspondant à l'histoire du muséum, : Tribal Art: Muséum d'Histoire Naturelle Clément Lafaille.. Au rez-de-chaussée : le territoire littoral, comme espace de vie pour les plantes et les animaux, avec déjà de nombreux animaux naturalisés ; Au : les collections de zoologie, avec de très nombreux animaux naturalisés, dont la girafe offerte à Charles X par Méhémet Ali (cette histoire a servi à l'interprétation libre d'un film d'animation : Zarafa) ; Au , salle 13 : le cabinet de dessin ; Au sous-sol : les collections de paléontologiePaléontologie : Plusieurs ensembles de fossiles provenant de la région de La Rochelle ont été obtenus grâce au concours de membres de l'association Quartier Libre 17 . Le club a édité en 2009 un fascicule sur les "Fossiles de la Pointe du Chay-Angoulins". Ils y sont présentés par famille et on retrouve la plupart d'entre eux dans les vitrines du muséum. Quant au célèbre ptérodactyle, trouvé au , (un adulte de . d'envergure acheté entre 1872 et 1884 à un marchand parisien) il a fait l'objet d'une publication récente signée Romain Vullo, Jean-François Heil (précédent conservateur du muséum) et Michèle Dunand, avec de bonnes représentations de l'animal sur ce site : et : Annales de Paléontologie, , 2012, . Voir aussi l'agenda du muséum d'octobre-décembre 2012, page 9 : . et géologie, avec un bel échantillonnage des fossiles des mers primaires et tertiaires ainsi qu'une collection de minéraux.

Collections ethnographiques Au : une collection d'archéologie présente plusieurs salles dédiées à la France mais surtout à l'histoire de l'Afrique. Cette collection couvre la Préhistoire avec les pierres taillées depuis le Paléolithique mais aussi la ProtohistoireÀ ce propos : Préhistoire et protohistoire du Sénégal avec des sculptures figuratives sahéliennes Sao du avant notre ère au . Quelques rares sculptures sur pierre et céramiques permettent d'évoquer l'Amérique précolombienne en Amérique centrale et du Sud Kimuntu : Origine des collections d'ethnographie. ; Aux et : les collections ethnographiques extra-européennes, œuvres majeures : elles concernent essentiellement l'océan Pacifique et l'Afrique. On trouve ainsi de très nombreuses pièces bien documentées et quelques-unes de toute première qualité tant sur le plan esthétique que sur le plan ethnographique en raison de l'ancienneté des collectes et de leur localisation. En particulier deux statuettes en bois : le « Moaï kava kava » bicéphale de l'île de Pâques, la statue Rongo de Mangareva la statue Rongo de Mangareva, et un masque à cornes Kwele de la République du Congo. Quelques pièces servent de témoignages de la vie des Indiens d'Amérique du Nord et des Indiens d'Amérique du Sud. L'histoire et l'actualité de l'ethnologie sont évoquées dans des salles qui leur sont dédiées : étage : salles 17, 18 et 19, et au étage : salle 25 (documentaire vidéo).

Inventaire du fonds colonial

Pour une période allant de 2023 à 2027, le Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine finance un projet d'inventaire des collections d’origine subsaharienne de six musées d'histoire : musée d’Aquitaine, musée d’ethnographie de l’université de Bordeaux, musée d’Angoulême, muséum de La Rochelle, musée d'Art et d'Archéologie du Périgord, et musée Hèbre de Rochefort. Intitulé Anada (Afriques-Nouvelle-Aquitaine : décolonisation des arts), le projet est coordonné par l'enseignante-chercheuse Sophie Chave-Dartoen, également directrice du Musée d’ethnographie de Bordeaux.

Avec , dont provenant d’Afrique, la collection appelée « Les Ailleurs » du Muséum de La Rochelle est la deuxième de France après celle du Musée du Quai Branly. Ce patrimoine colonial est principalement issu des campagnes militaires ou de traite négrière, et des missions religieuses et ethnographiques. Souvent arrivées en France sur la base de « relations dissymétriques », certaines de ces pièces peuvent éventuellement faire l'objet d'une restitution officielle si elles sont réclamées par les anciennes colonies. À ce jour, les seules objets à avoir été restitués sont des restes humains, dont une tête maorie, rendue à la Nouvelle-Zélande en 2012.

La première phase du projet régional consiste à enquêter pour établir les provenances des collections originaires d’Afrique, puis dans un second temps, d'identifier les œuvres problématiques ou importantes du point de vue des communautés et des États d’origine. Devant l'ampleur de la tâche, la priorité est donnée aux collections provenant du Cameroun, du Gabon, du Burkina Faso et de la Côte d’Ivoire, partenaires avec lesquels différentes opérations sont déjà en cours.

Bibliothèque Une bibliothèque dédiée aux sciences naturelles et à l'ethnographie comprend plus de 45000 titres et est accessible au public selon certaines conditions.

Jardin des plantes de La Rochelle

Fréquentation + Chiffres de fréquentation du muséum (2001-2016)2001200220032004200520062007200820092010201120122013201420152016ferméferméfermé

Notes et références

Annexes

Articles connexes Les musées : Liste des musées de la Charente-Maritime Liste de musées d'histoire naturelle Quelques thèmes muséographiques : Affaire des têtes maoris Liste des monuments historiques de La Rochelle Tourisme en Charente-Maritime Jardin des plantes de La Rochelle Société des sciences naturelles de la Charente-Maritime

Liens externes

Histoire La Rochelle Histoire naturelle Rochelle, La Catégorie:Monument historique inscrit en 2003 Catégorie:Musée fondé en 1832 Catégorie:Monument historique à La Rochelle Catégorie:Tourisme en Charente-Maritime Catégorie:Ancien palais épiscopal Catégorie:Hôtel particulier à La Rochelle