Pierre Henri Amable Ricard, né le à Charenton-du-Cher et mort le à Paris, est un avocat et homme politique français.
Biographie Pierre Amable Henri Ricard est le fils d'Antoine Hyppolite Ricard et d'Elisabeth Boin, petit-fils d'Antoine François Ricard, maire de Charenton-du-Cher.
Contrôleur des contributions, son père nommé directeur quitte Charenton et se fixe à Niort en 1844. Pierre Amable fera des études à Poitiers. Docteur en droit, il devient avocat et se fait inscrire au barreau de Niort (1851). À 23 ans, c'est une personnalité politique en vue. Libéral, ses idées le firent inscrire sur la liste des proscrits établis sous Napoléon III. Il protesta contre le coup d'État du 2 décembre 1851 et son nom fut inscrit sur les listes de proscription des commissions mixtes. Ayant de hauts appuis (son grand-oncle Antoine Boin était député ainsi que son beau-père Philippe Clerc-la-Salle), il ne fut pas exilé et mena une politique d'opposition en devenant le chef de l'opposition républicaine dans le département des Deux-Sèvres.
Pierre Amable Henri Ricard avait épousé en 1856 Marie Amélie Palmyre Clerc-la-Salle (1831-1876) et continuait la politique d'opposition gouvernementale de son beau-père, Philippe Clerc-la-Salle.
Pendant toute la durée du Second Empire, Pierre Amable Picard fut avocat et acquit une position reconnue au barreau. Il exerça notamment comme avocat d'assises, où il se fit remarquer pour son éloquence.
Adversaire politique du Gouvernement impérial, il devint bientôt le chef de l'opposition libérale du département des Deux-Sèvres, et de 1867 à 1869, il plaida certains procès politiques qui contribuèrent à attirer sur lui l'attention. Par exemple, il plaida en 1869, après les élections législatives, en faveur de M. le marquis de La Rochejaquelein, accusant ainsi l'alliance des légitimistes et des républicains contre le Gouvernement Impérial.
Ce ne fut qu'en 1870 que Pierre Amable Ricard parut sur la scène politique. Aussitôt après la Révolution du et la proclamation de la République, il fut nommé par le nouveau gouvernement préfet des Deux-Sèvres. Voulant se présenter aux élections législatives à venir, il démissionna le et devint commissaire extraordinaire du gouvernement de la Défense nationale dans l'Ouest. Ces nouvelles fonctions lui donnaient les pouvoirs les plus étendus sur cinq départements. Ce fut à ce titre qu'il a présidé, avec Détroyat, à la formation du camp de Dompierre, près de La Rochelle et ce fut à ce même titre et en vertu d'un ordre du Gouvernement qu'il fit fermer, par mesure politique, les portes du tribunal de La Rochelle et suspendit pendant onze semaines le cours de la justice.
Élu député des Deux-Sèvres (1871)avec voix, il arriva à l'Assemblée nationale avec une réputation d'orateur, réputation qu'il sut ménager en jouant un rôle beaucoup plus important dans les couloirs qu'en séance publique. En 1874, il devint vice-président de l'Assemblée nationale (1874-1875) et soutint la politique de Thiers. Il échoua aux élections législatives du . Le maréchal de Mac-Mahon, président de la République, lui offre le portefeuille de l'Intérieur le , poste qu'il occupa pendant quelques semaines. À peine était-il ministre qu'un poste de sénateur inamovible devint vacant, il posa sa candidature et fut élu. Pierre Amable Ricard est alors à l'apogée de sa situation mais il ne devait jouir longtemps de son triomphe : il mourut le , après trois mois seulement de Ministère et ayant à peine siégé au Sénat.
vignette|Rue Ricard, Niort Le Journal officiel du annonce cette nouvelle dans les termes suivants :
Les obsèques eurent lieu à Paris, le lundi aux frais de l'État. Tous les grands corps de l'État y assistèrent, le commencement et la fin de la cérémonie furent annoncés par une salve de quinze coups de canon. La cérémonie religieuse eut lieu à l'église Saint-Augustin et le corps fut ensuite inhumé au cimetière ancien de Niort.
Quelque temps après, vu les services rendus à l'État par M. Ricard, mort sans fortune, le Parlement accorda une pension de 6000 francs à sa veuve.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie .
Larousse du Émile Monnet : Archives politiques du département des Deux Sèvres
Liens externes
.
Catégorie:Député des Deux-Sèvres (Troisième République) Catégorie:Député à l'Assemblée nationale (1871) Catégorie:Sénateur inamovible Catégorie:Ministre de la Troisième République Catégorie:Ministre français de l'Intérieur Catégorie:Naissance en juin 1828 Catégorie:Naissance dans le Cher Catégorie:Décès en mai 1876 Catégorie:Décès dans le 8e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 47 ans Catégorie:Personnalité inhumée à Niort