La baie Burrard Référence sur le toponyme Burrard Inlet sur le site officiel GeoBC, également appelée passage Burrard ou parfois anse Burrard, (en anglais : Burrard Inlet, il y a une présomption que le nom se prononçait sasamat en dialecte salish local avant l'arrivée des européens) Référence sur le toponyme Burrard Inlet dans la base de données officielle BCGNIS (BC Geographical Names Information System) sur le site GeoBC du Integrated Land Management Bureau (ILMB) de la Colombie-Britannique est un bras de mer (fjord) relativement peu profond au sud-ouest de la Colombie-Britannique (Canada). Cette baie, formée durant la dernière période glaciaire, sépare d'une part la ville de Vancouver et le reste de la péninsule Burrard (au sud) et d'autre part les pentes des montagnes du North Shore, contreforts de la Chaîne Côtière, où se situent la ville de West Vancouver et la ville et le district de North Vancouver.
La baie Burrard, ainsi nommée par le capitaine George Vancouver en l'honneur de Sir Harry Burrard-Neale (1765 – 1840), abrite le port de Vancouver, elle est renommée pour ses paysages spectaculaires qui ont notamment inspiré le poète et romancier britannique Malcolm Lowry (1909-1957), auteur du fameux roman Under the volcano (traduit en français sous le titre Au-dessous du volcan).
Géographie thumb|150px|left|Localisation de la baie Burrard
Situation et dimensions La baie Burrard est située entre le détroit de Géorgie (en anglais : Strait of Georgia) à l'ouest (qui sépare l'île de Vancouver du continent) et la ville de Port Moody à l'est. D'une extrémité à l'autre, sa longueur atteint .
Sur sa plus grande partie, sa largeur varie entre mètres et plus de six kilomètres.
Cependant, il existe deux lieux précis où la baie est particulièrement étroite, ils sont nommés First Narrows et Second Narrowsle terme narrows désigne en anglais un endroit resserré dans une étendue d'eau. First Narrows, d'une largeur de et d'une profondeur de , est situé au nord du parc Stanley tandis que Second Narrows, d'une largeur de est situé à la hauteur de Seymour Creek.
Contrairement à la plupart des autres fjords de Colombie-Britannique, les eaux de la baie Burrard sont relativement peu profondes (entre First Narrows et Port Moody), avec une profondeur moyenne de et une profondeur maximum atteignant dans Vancouver Harbour. Les rivages le long de la baie sont en pente modérée Etude de la qualité de l'eau de la baie Burrard disponible sur le site web du ministère de l'Environnement du gouvernement de Colombie-Britannique.
La rive nord de la baie est principalement constituée par les montagnes North Shore, contreforts granitiques de la Chaîne Côtière, alors que la rive sud, plus plane, est essentiellement recouverte par la ville de Vancouver.
Description
Si on observe la baie, d'ouest en est, on peut distinguer quatre parties :
Tout d'abord sa partie la plus occidentale, depuis son « embouchure » vers l'océan jusqu'à l'ouest de la péninsule comprenant le centre-ville de Vancouver et le parc Stanley, forme une large baie (parfois appelée Outer Burrard Inlet ou Outer Harbour) de de long et d'une superficie de hectares, dont les rivages sud et est constituent un lieu touristique renommé et abritent des plages très fréquentées comme celles de la baie des Anglais (en anglais English Bay). Depuis la baie des Anglais, un bras de mer de , appelé False Creek, pénètre au cœur de la ville de Vancouver selon un axe ouest-est. La seconde partie s'étend entre le Lions Gate Bridge (First Narrows) et Second Narrows sur hectares, ses eaux calmes et suffisamment profondes en font un lieu idéal pour les installations portuaires, elle constitue le cœur du fameux Vancouver harbourle terme anglais harbour - aussi écrit harbor - désigne un endroit particulièrement propice au mouillage des navires et on l'appelle quelquefois Inner Harbour. De part et d'autre de cette section, les rivages sont urbanisés et industrialisés, on y trouve la majeure partie des installations du port de Vancouver (en anglais : Port of Vancouver). Elle a une largeur maximum de et s'étend sur , et elle est traversée par un pont et une passerelle ferroviaire à l'endroit où elle est la plus étroite (Second Narrows). La section suivante entre Second Narrows et Roche Point est plus resserrée. Elle est bordée, sur ses deux rives par plusieurs parcs et les installations industrielles y sont moins nombreuses que dans la section précédente. On l'appelle aussi Central Harbour. Sa superficie est de . Après Roche Point, les eaux se séparent en deux bras distincts. Le bras qui s'étend vers le nord sur une vingtaine de kilomètres prend alors le nom de Indian Arm, c'est un fjord aux rivages plus escarpés et aux paysages plus sauvages. L'autre bras, en direction du sud-est, garde le nom de Burrard (il est parfois appelé Port Moody Arm ou simplement Moody Arm). Ce bras, qui recouvre est plutôt peu profond avec pratiquement aucun apport en eau douce, il se termine à l'est par une vaste étendue de vase de mer.
La longueur de la partie de la baie entre Second Narrows et Port Moody est de .
Hydrographie Plusieurs torrents dévalent les fortes pentes de la rive nord de la baie. Ils transportent du gravier et parfois des blocs rocheux en période de crueLe Paysage de Vancouver, article sur le site web de Ressources naturelles Canada.
Les principaux cours d'eau qui se jettent dans la baie Burrard sont (d'ouest en est sur la rive nord) Capilano River, Lynn Creek et Seymour River. Les autres fleuves de moindre importance sont les torrents Cypress creek, Rodgers Creek, MacKay Creek, Mosquito Creek et McCartney Creek.
Dans la baie, les marées sont d'une forme « mixte » Rapport Environmental Assessment of Vancouver Harbour Data Report for the PICES Practical Workshop publié par North Pacific Marine Science Organization (PICES)., c'est-à-dire qu'en fonction de la position de la lune, elles sont de type diurne ou semi-diurne. Elles atteignent une hauteur de en moyenne (avec un maximum mesuré de ) et leur rythme est perturbé par les courants engendrés par la proximité du fleuve Fraser qui débouche dans l'océan au sud de Vancouver. La salinité de l'eau de la baie est moyenne du fait de l'apport d'eau douce provenant du Fraser Page sur la baie Burrard sur le site web de Bird Studies Canada.
Histoire géologique thumb|150 px|Visualisation des reliefs montagneux autour de la baie Burrard Les paysages spectaculaires du sud-ouest de la Colombie-Britannique témoignent des mouvements tectoniques qui depuis des millions d'années affectent la région, située au croisement de la plaque nord-américaine, de la plaque pacifique et de la plaque Juan de Fuca. C'est ainsi qu'il y a environ quatre-vingts millions d'années se dessine le bassin de Géorgie entre les montagnes qui bordent la région de Vancouver et ce qui deviendra l'Île de Vancouver. Durant des millions d'années ce bassin va se recouvrir de sédiments.
Il y a 2,5 millions d'années, les glaciations provoquent la formation d'un inlandsis (vaste calotte glaciaire) sur les massifs de la Chaîne Côtière, des glaciers s'établissent alors autour de la région de Vancouver. C'est au cours de la dernière période glaciaire, il y a environ ans, que les glaciers sculpteront les paysages tels que nous les connaissons actuellement. Un glacier, d'une épaisseur estimée à deux kilomètres, creusera le lit de la baie Burrard et sa moraine y déposera un mélange d'argile, de sable, de limon et de fragments de roches.
Durant toute cette période, le poids de la glace maintenait Vancouver et ses environs sous le niveau de la mer (phénomène de « glacio-eustasie »). La fin de la dernière période glaciaire il y a ans, en provoquant la fonte des glaces, permet à la croûte terrestre d'émerger graduellement au-dessus du niveau de la mer (phénomène de « glacio-isostasie ») tandis que l'eau va se répandre dans les vallées. Dans le même temps, de grandes quantités d'eau et de glace fondante s'écoulaient des montagnes et de l'intérieur des terres Histoire géologique de Vancouver dans le Greater Vancouver Book sur le site web de Discover Vancouver . La baie Burrard prenait alors son aspect actuel.
Écosystème La baie Burrard constitue un écosystème remarquable par sa biodiversité Etude intitulée : Consolidated Environmental Management Plan for Burrard Inlet, réalisée par Burrard Inlet Environmental Action Program (BIEAP) - janvier 2002 - disponible sur le site web du BIEAP.
Faune La baie est un lieu particulièrement privilégié pour de nombreuses espèces d'oiseaux marins qui utilisent ses eaux protégées pour trouver leur nourriture en hiver, les espèces les plus fréquemment observées sont les suivantes: Grèbe élégant (en anglais : Western Grebe) principalement sur la baie des Anglais et First Narrows, Garrot d'Islande (en anglais : Barrow's Goldeneye).
thumb|200 px|L'eulakane constituait une ressource importante pour les amérindiens de la baie BurrardLes eulakanes (ou « poissons-chandelles »), des poissons de la famille des éperlans, pénètrent en grand nombre dans la baie et remontent les fleuves pour frayer. La pêche de l'eulakane est une activité traditionnelle des indiens de la baie. En effet l'eulakane est un poisson très riche en huile, à tel point qu'il peut même servir de chandelle à l'état séché. La graisse d'eulakane constituait un produit de première nécessité pour les populations autochtones. Elle entrait dans la composition de nombreux mets traditionnels et servait à préserver les fruits, à confectionner des produits médicaux, à lubrifier des outils, etc Page sur l'eulakane sur le site web de Pêches et Océans Canada - Région du Pacifique (gouvernement du Canada).
Le saumon, animal emblématique de la région, est également présent.
Des orques ont parfois été observés dans les eaux de la baie.
Sauvegarde de la baie La conservation de l'écosystème de la baie Burrard est une préoccupation de plus en plus importante au niveau local. En effet une grande partie des effluents issus des activités de la région est rejetée dans la baie.
Le , un millier de litres de fioul sont rejetés accidentellement dans la baie au cours du remplissage des cuves d'un cargo ancré à proximité de Second Narrows, provoquant une mini marée noire. De nombreux oiseaux marins (cormorans, martins-pêcheurs, oies du Canada, mouettes, etc.) seront affectés par cet événement qui a eu un fort impact dans la population et a renforcé sa sensibilité sur le sujet Article sur le déversement de fioul dans la baie Burrard sur le site web de CBC Canada.
Un organisme public, Le BIEAP (Burrard Inlet Environmental Action Program), a été créé en 1991 pour protéger et améliorer l'écosystème de la baie Burrard Site web du Burrard Inlet Environmental Action Program (BIEAP). Le BIEAP travaille en étroit partenariat avec le Fraser River Estuary Management Program (FREMP) qui est son équivalent sur la zone de l'estuaire du fleuve Fraser.
Activités humaines autour de la baie Burrard Premières nations Le climat tempéré de la région, l'accès à la mer, les ressources en eau douce et en bois ainsi que la présence d'une nourriture abondante (gibier, poissons, végétation) ont de tout temps permis aux populations indiennes Squamish, Tsleil-waututh (au nord-est) et Musqueam de vivre sans problèmes le long des rives de la baie Burrard. La découverte il y a quelques années d'artéfacts culturels à Locarno Beach et dans les amas de coquillages (provenant de restes de repas) indiquent que la présence humaine date d'au moins 500 McMillan A. D. (Department of Anthropology and Sociology, Douglas College, New Westminster, B.C. V3L 5B2, CANADA), Changing views of Nuu-Chah-Nulth culture history : Evidence of population replacement in Barkley sound, Canadian journal of archaeology , 1998, vol. 22, 1, pp. 5-18 (2 p. 1/4)
Arrivée des Européens