François-Marie Banier, né François Marie Banyaï le dans , est un écrivain, photographe, dessinateur, peintre et acteur français.
Il publie plusieurs romans et pièces de théâtre aux éditions Grasset et Gallimard. Ses photographies font l'objet d'une trentaine d'expositions dans différents musées et galeries d'Europe, d'Asie, d'Amérique du Nord et d'Amérique du Sud.
L'affaire Banier-Bettencourt lui attire une notoriété nationale à partir de 2007 et qui reste forte en 2023 après le succès sur Netflix du documentaire L'Affaire Bettencourt : Scandale chez la femme la plus riche du monde. Poursuivi pour abus de faiblesse, il est condamné en 2016 à quatre ans de prison avec sursis et d'amende.
Biographie Carrière littéraire et artistique François-Marie Banier naît d'un père hongrois, Étienne Banyaï« François-Marie Banier: un ami qui vous veut du bien », L'Express.« François-Marie Banier, l’homme par qui l’affaire Bettencourt a éclaté », Le Temps, 22 juillet 2010., brièvement ouvrier à la chaîne chez Citroën, puis publicitaire à succès sous son vrai nom (modifié en Banier lors de sa naturalisation), et d'une mère d'origine italienne, Madeleine, autrice d'ouvrages de travaux d'aiguilles pour les enfantsFrançois-Marie Banier, nouvelobs.com.. Il déclare par la suite avoir fait l'objet de mauvais traitements de la part de son père« François-Marie Banier – Au bonheur des dames », Le Petit journal, 16 juillet 2010.. Sa famille réside dans le de Paris, dans l'atmosphère bourgeoise de l'avenue Victor-Hugo, ce qui lui permet de fréquenter le lycée Janson-de-Sailly« Enfant terrible », Vanity Fair, décembre 2006.. Il interrompt ses études avant son baccalauréatMichel Guerrin, François-Marie Banier le mauvais génie, Le Monde magazine, 16 octobre 2010. et quitte tôt le domicile familial. Autodidacte, il tente sa chance dans les arts.
À l'âge de 15 ans, il gagne sa vie en vendant ses dessins abstraits dans la rue. À 16 ans, il rencontre Salvador Dalí, à qui il présente ses dessins. Il devient attaché de presse du couturier Pierre Cardin.
En tant qu'écrivain, François-Marie Banier accède à une certaine notoriété, encouragé dès ses débuts en littérature par Louis Aragon qui publie dans Les Lettres françaises, le , un article intitulé Un inconnu nommé Banier, dans lequel il compare le jeune artiste à Benjamin Constant et à Stendhal, et le qualifie d'. François-Marie Banier fait alors partie de l'entourage d'Aragon, mais dément la rumeur prétendant qu'il a été l'amant de ce dernierPascal Riché, « Quand François-Marie Banier séduisait le vieil Aragon », Rue89, nouvelobs.com, 29 juin 2010.. Banier bénéficie également des conseils littéraires de Paul Morand et de François Mauriac. Il écrit des chroniques dans Le Monde et Le Figaro. Proche de plusieurs mécènes tels que Marie-Laure de Noailles, Pierre Bergé ou Pierre Cardin, mêlant habilement charme et insolence, François-Marie Banier devient une figure connue du Tout-Paris et de la jet-set internationale. Le , le journal britannique The Sunday Times Magazine lui consacre un article sous le titre Golden Boy of Paris. Il est à l'époque le compagnon du décorateur Jacques Grange, avec qui il forme un couple en vue, et achète un hôtel particulier, rue Servandoni à Paris. François-Marie Banier a ensuite pour compagnon le comédien Pascal Greggory pendant sept ans, et, plus tard, le neveu de ce dernier, le photographe Martin Le Barrois d'Orgeval, avec qui il s'est pacséDavid Le Bailly, « Le compagnon de Banier se dévoile », parismatch.com, 24 septembre 2010. à Paris le .
Très rare en interview, François-Marie Banier accepte d'accorder un entretien à Léa Salamé dans la Matinale de France Inter en , dans lequel il se confie sur sa vie et sur l'époque.
Activité de photographe Au début des années 1970, François-Marie Banier se met à la photographie.
Parmi les diverses personnalités dont il a réalisé le portrait, on peut citer Nathalie Sarraute, Samuel Beckett, Madeleine Castaing Portrait de Madeleine Castaing assise sur un rond de feuilles, le regard triste dans le jardin des Tuileries, épreuve argentique septembre 1981.Vendu 16.000 euros à la vente des 30 septembre et 1 octobre 2004 Sotheby's France SVV, Gazette de Drouot n°34 du 8 octobre 2004, p.34., Vladimir Horowitz, Silvana Mangano, Joyce Carol Oates, Pascal Greggory, Isabelle Adjani, Caroline de Monaco, Sophie Marceau, Johnny Depp, Vanessa Paradis, dont il est le parrain de la fille, Lily-Rose« Un homme tourné vers les autres », Voici., Marlon Brando ou Liliane Bettencourt. Il fait la connaissance des Bettencourt à l'occasion d'un portrait réalisé en 1987, pour le magazine Égoïste, et en devient un ami proche.
Enfin, à partir des années 1980, François-Marie Banier entreprend également une carrière au cinéma en tant qu'acteur, tout en se consacrant en même temps au dessin et à la peinture. Bien qu'appréciant le métier de comédien, il préfère se limiter à de petits rôles, après que son compagnon Pascal Greggory lui a dit qu'il jouait .
François-Marie Banier réalise également des portraits d'« anonymes », dans des clichés au noir et blanc caractéristique. En 1991, il expose ses œuvres au Centre Georges-Pompidou : le conservateur de l'époque, Alain Sayag, estime possible que cette exposition ait été montée grâce au soutien de François Mitterrand, qui appréciait Banier.
François-Marie Banier, actif comme consultant dans les milieux de la mode et du luxe, est ainsi à l'origine du nom du parfum Poison de Dior.
Les ventes de ses romans déclinent beaucoup avec les années, et son activité de photographe dont les expositions sont sponsorisées par L'Oréal, prend progressivement le pas sur sa carrière littéraire.
Controverses Affaire Bettencourt
En , la presse se fait l'écho d'une plainte contre X déposée par Françoise Bettencourt-Meyers, la fille de Liliane Bettencourt« La justice s'intéresse aux dons de Liliane Bettencourt », nouvelobs.com, 14 décembre 2008.. Entre 2001 et 2007, François-Marie Banier aurait, par « abus de faiblesse », soutiré à cette dernière – deuxième fortune de France après Bernard Arnault et propriétaire d'un tiers de L'Oréal – une somme que les enquêteurs estiment à 993 millions d'euros« La milliardaire et le favori », Lepoint.fr, 18 décembre 2008.Le Figaro fr. 15 décembre 2008.« La milliardaire et le poète », Match, 18 décembre 2008.. La brigade financière considère disposer d’éléments sérieux justifiant d’éventuelles poursuites, à partir d'un faisceau d'éléments qui « tendent à confirmer l’existence » du délit d’abus de faiblesseBenoît Collombat, « Enquête : quand la brigade financière privilégiait l'abus de faiblesse sur Liliane Bettencourt », non daté, sur le site de France inter.. Liliane Bettencourt, dans un entretien accordé au Journal du dimanche, indique qu'elle est une « femme libre » en parfaite possession de ses facultés intellectuellesInterview de Liliane Bettencourt, « Je n'ai plus envie de voir ma fille », leJDD.fr, 21 décembre 2008...
À la fin du mois de , le procureur de la République au tribunal de grande instance de Nanterre, Philippe Courroye, décide de continuer ses investigations dans le passé de François-Marie BanierLefigaro.fr, 12 février 2009... Puis, le dossier est classé sans suite en . Françoise Bettencourt-Meyers saisit alors le juge des tutelleslemonde.fr, 2 décembre 2009.. Un procès devait avoir lieu du au , mais il a été renvoyé pour complément d'informationlenouvelobs.com .. Les intérêts de Françoise Bettencourt-Meyers étaient représentés par M Olivier Metzner, et ceux de sa mère par M Georges Kiejman.
D'autre part, les enregistrements que Françoise Bettencourt-Meyers a remis à la brigade financière en , et qui lui ont été fournis par l'ancien majordome de sa mère, semblent impliquer plusieurs personnalités proches du gouvernement français et suscitent des remous dans les milieux politiquesFrance-info, 21 juin 2010.. D'après Les Échos, le scandale politico-financier va amener à la démission de Florence Woerth, épouse du ministre du Travail Éric Woerth : celle-ci était en effet salariée de la société Clymène, chargée de la gestion du patrimoine de Bettencourt22 juin 2010..
En , après que François-Marie Banier a déposé une plainte pour subornation de témoin contre Françoise Bettencourt-Meyers et une autre pour faux témoignage contre divers employés de Liliane Bettencourt, un accord est trouvé entre Françoise Bettencourt-Meyers et sa mère afin de mettre un terme à toutes les procédures. Sans rien restituer, François-Marie Banier accepte de renoncer aux sommes promises mais non perçues, et de ne plus rien recevoir à l'avenir de la propriétaire de L'Oréal. Françoise Bettencourt-Meyers renonce de son côté aux poursuites engagées contre Banier, celui-ci acceptant à son tour de retirer ses plaintes pour subornation de témoin et pour faux témoignage. Les sommes auxquelles François-Marie Banier aurait renoncé s'élèveraient à environ 500 millions d'eurosBanier garde les dons de Bettencourt, L'Express, 7 décembre 2010..
Renvoyé devant le tribunal correctionnel de Bordeaux avec plusieurs co-prévenus, le Parquet a requis le à son encontre la peine maximale de 3 ans d'emprisonnement, d'amende et la confiscation des biens.
Il est condamné le , par le tribunal correctionnel, à trois ans de prison dont six mois avec sursis, d'amende et 158 millions d'euros de dommages-intérêts au profit de Liliane Bettencourt..
Le , il est condamné en appel à quatre ans de prison avec sursis et d'amende... La condamnation à 158 millions d'euros de dommages-intérêts au profit de Liliane Bettencourt est infirmée par la Cour d'Appel, au regard de l'accord intervenu entre les parties.
Rapports avec L'Oréal François-Marie Banier possède une société personnelle, Hericy, parrainée depuis 1994 par L'Oréal. De plus, deux contrats lient L'Oréal et Hericy. Par convention de parrainage, Hericy reçoit par an de L'Oréal.. Un contrat de 2002 fait payer à L'Oréal à F.-M. Banier contre une mission de conseils.. Depuis 2007, Hericy enregistre des pertes importantes ( en 2009).. En , à la suite des révélations d'un contrat entre L'Oréal et F.-M. Banier, un petit actionnaire porte plainte contre X pour abus de biens sociaux. Le groupe L'Oréal rompt alors les contrats qui le liaient à Hericy..
Droit à l'image sur l'espace public Après une altercation sur les Champs-Elysées samedi François-Marie Banier a voulu poursuivre en justice un SDF : ce dernier, n'ayant pas apprécié d'avoir été pris en photo sans son autorisation, avait demandé l'effacement des clichés, et après avoir essuyé un refus de Banier accompagné d'un , l'aurait giflé et proféré des injures homophobes (et des menaces de mort selon les sources). François-Marie Banier indique avoir retiré sa plainte, le , après avoir appris par la presse que cet individu était sans domicile fixeCécile Baulieu, « François-Marie Banier porte plainte contre… un SDF », Le Parisien, 6 juillet 2011.Jean-Frédéric Tronche, « François-Marie Banier : giflé parce qu'il le vaut bien ? », Le Nouvel Observateur, 6 juillet 2011.« Giflé par un SDF, Banier renonce à porter plainte », L'Express, 6 juillet 2011..
Les 12 et , Isabelle Chastenet de Puységur a assigné les Éditions Gallimard et François-Marie Banier devant le tribunal de grande instance de Paris pour atteinte au droit à l'image et au droit au respect de la vie privée du fait de la publication d'une photographie prise à son insu au sein du recueil Perdre la tête. Après avoir été déboutée en première instance, sa demande est à nouveau rejetée par la Cour d'appel de Paris le Cour d'appel de Paris, Chambre - Section A, 5 novembre 2008, Numéro 07/10198. qui fait primer dans sa décision la protection de la liberté artistique et la liberté d'expression sur le droit au respect de la vie privée..
Dans la culture populaire