vignette|upright=1.7|Carte des changements de températures dans le monde entre la période 1951-1980 et la période 2000-2009.
Les controverses sur le réchauffement climatique concernent le débat public sur l'existence, les causes et les conséquences du réchauffement climatique. Les polémiques portant sur l'existence et les causes du réchauffement climatique furent particulièrement virulentes entre 2004 et 2010 environ, période pendant laquelle le grand public prend largement connaissance du problème posé. Ces polémiques restent encore aujourd'hui largement présentes au sein de la sphère complotiste.
Au sein de la communauté scientifique, l'existence du réchauffement climatique n'est plus mise en doute, pas plus que ses causes, anthropiques. En 2014, le GIEC estimait la « probabilité » que le réchauffement soit dû aux activités humaines « supérieure à 95 % », tandis qu'une étude publiée en 2018 dans la revue Science estime la probabilité que le changement climatique soit anthropique à plus de 99,99 %. Le sixième rapport d'évaluation du GIEC, publié en 2021, indique que son origine anthropique est . La certitude est aujourd'hui quasi unanime chez les climatologues et le climat fait l'objet de nombreuses recherches, en particulier en ce qui concerne la reconstitution des climats du passé proche ou lointain, le traitement statistique des données actuelles, les prévisions sur le climat futur, le perfectionnement des modélisations en climatologie.
Deux sujets suscitent des débats importants du côté des scientifiques et du monde politique. D'une part, les conséquences du réchauffement climatique sont très débattues, puisque dépendant de l'ampleur du réchauffement. Si certaines régions du globe pourront tirer profit du réchauffement, la plupart des conséquences risquent de se révéler négatives. Le niveau actuel des connaissances dans ce domaine dépend notamment des modèles climatiques. D'autre part, les actions à mener pour lutter contre le réchauffement climatique font l'objet de nombreux débats, puisqu'il s'agit très fréquemment de reconsidérer les choix politiques à de multiples niveaux (social, économique, technologique, environnemental, sanitaire, moral).
Débat scientifique Existence et signification d'un consensus
L'hypothèse d'une responsabilité humaine sur le climat de la Terre est présentée par le GIEC dans ses rapports successifs : d'abord hypothétique dans les rapports de 1990 et 1995, elle est de plus en plus affirmée dans les rapports de 2001, 2007 et 2014Ce dernier rapport, a été rédigé par plus de 600 scientifiques dont une centaine de spécialistes du climat. Voir leur liste dans l'annexe II. et jugée dans le rapport de 2021, la responsabilité humaine étant de plus en plus mise en avant dans les rapports successifs. Ceux-ci ont été approuvés par les principales académies des sciencesJ, sur le site nationalacademies.org, sur le site nationalacademies.org ..
Les premières polémiques débutèrent peu avant les années 2000. En effet, des voix s’élevèrent pour tempérer, voire critiquer les conclusions à leurs yeux du rapport 1995 du GIEC. Plus de (mais dont seulement 39 avaient fait des études de climatologie à des degrés divers Global warning petition project, sur le site petitionproject.org - consulté le 27 septembre 2012) ont ainsi signé l'Oregon Petition. lancée en 1999 en réaction au protocole de Kyoto visant à réduire les émissions des gaz à effet de serre. Les signataires contestaient que « ces émissions puissent provoquer un réchauffement catastrophique de l'atmosphère terrestre ou une rupture brutale du climat » 31,487 American scientists have signed this petition, including 9,029 with PhDs, sur le site petitionproject.org - consulté le 27 septembre 2012. La polémique a enflé à la suite du rapport 2001, surtout à l'initiative des milieux conservateurs aux États-Unis. L'influence de cette polémique aux États-Unis apparaît dans une enquête comparant les États-Unis et le Canada, publiée en par des chercheurs de l'Université de Montréal et de l'Université du Michigan et du Muhlenberg College : 80 % des Canadiens, mais 60 % des Américains estimaient qu'il existe des preuves solides que la température moyenne sur Terre a augmenté depuis 40 ans. Ce taux était considérablement plus restreint en Alberta (72 %) et dans les Prairies (Manitoba et Saskatchewan, 60 %). Parmi les Canadiens percevant un réchauffement, 61 % l'attribuaient à des causes humaines, mais seulement 45 % aux États-Unis. La proportion était la plus élevée au Québec (71 %) et la plus faible en Alberta (41 %), État dont l'économie repose sur l'extraction de gaz et pétroleSondage sur le réchauffement climatique, Bulletins électroniques du ministère des affaires étrangères, 2 décembre 2014..
Un consensus certain s'est cependant établi autour des années 2010 et s'est renforcé parmi les scientifiques climatologues ou de spécialités concernant les domaines ayant une influence à court, moyen ou long terme sur le climat : géologie, astrophysique, chimie, histoire, glaciologie, etc Scientific Consensus: Earth's Climate Is Warming, NASA, consulté le août 2021.. Seul un nombre de plus en plus limité d'entre eux contesta l'influence humaine sur le réchauffement climatique.
Stéphane Foucart relève qu'un article publié le par les géologues Vincent Courtillot, Jean-Louis Le Mouël et le mathématicien Vladimir Kossobokov dans la revue Earth and Planetary Science Letters (EPSL), , a rompu . Pourtant, , ce que Stéphane Foucart explique par le fait que .
En 2009, une enquête publiée par Peter Doran et Maggie Zimmerman du Earth and Environmental Sciences Department UIC Earth and Environmental Sciences, College of Liberal Arts & Sciences de l'Université de l'Illinois à Chicago, et à laquelle ont répondu, laisse penser que . Elle conclut à l'existence d'un large consensus (90 % des scientifiques interrogés jugeant que les températures mondiales ont « globalement augmenté » depuis le , et 82 % étant en accord avec l'hypothèse que l'activité humaine a une influence significative sur le climat)., avec cependant de larges différences selon le domaine d'expertise, ce dernier chiffre montant à 97,4 % des 79 spécialistes en climatologie, contre 47 % des 103 géologues interrogés.
En 2013, un consensus de 97 % est rapporté par Cook et alJohn Cook, Dana Nuccitelli, Sarah A Green, Mark Richardson, Bärbel Winkler, Rob Painting, Robert Way, Peter Jacobs & Andrew Skuce (2013) Quantifying the consensus on anthropogenic global warming in the scientific literature | publié le 15 mai 2013 | IOP Publishing Ltd Environmental Research Letters | Volume 8, Number 2 Environ. Res. Lett. | Licence ouverte CC-BY-SA 3.0 sur la base de l'analyse de résumés de documents de recherche, dont 4 014 ont pris position sur la cause du réchauffement climatique récent. Un questionnaire adressé aux auteurs de articles scientifiques a également permis de confirmer ce consensus de 97 %.
En 2016, l'économiste Richard S. J. Tol arrive à une conclusion différenteTol R.S.J (2016) Comment on "Quantifying the consensus on anthropogenic global warming in the scientific literature" |publié le 13 avril 2016 | Environmental Research Letters |Volume 11, Number 4 |URL:http://iopscience.iop.org/article/10.1088/1748-9326/11/4/048001/meta, mais en incluant des enquêtes faites auprès de non-experts en sciences du climat (tels que des géologues au service d'activités économiques et un groupe auto-sélectionné de scientifiques rejetant le consensus). En 2016, John Cook et ses collègues montrent que pour cette raison le résultat obtenu par Tol n'est pas inattendu, car dans ce domaine le niveau de consensus est corrélé avec le niveau d'expertise en sciences du climatVoir la figure 1 " Level of consensus on AGW versus expertise across different studies. " de l'étude déjà cité de Cook & al, 2016. En outre, il existe deux biais dans le travail de Tol : 1°) il n'a pas différencié les points de vue d'experts et de non-experts ; 2°) il présuppose que les résumés d'articles n'expliquant pas la cause du réchauffement climatique (n'exprimant à ce sujet) sont issus d'auteurs n'adhérant pas à l'idée que le réchauffement a une origine anthropique et représentent une position de . Cette approche n'est pas scientifiquement pertinente notent John Cook & al. ; si elle était, par exemple, appliquée ailleurs, elle conclurait aussi au non-consensus à propos de théories bien établies comme celle de la tectonique des plaques. Alors qu'au moins 80 académies nationales des sciences partagent ce consensusVoir tableau S2 dans l'étude déjà citée de John Cook & al. 2016 au vu des études disponibles, Cook et les auteurs de 6 études récentes et indépendantes concluent que ce consensus est partagé par 90 % à 100 % des scientifiques du climat. Ils concluent ensemble dans une étude intitulée qu'un consensus existe chez 90 à 100 % des climatologues et scientifiques de la recherche climatique (selon la question exacte, la date de l'étude et la méthodologie d'échantillonnage), que ce taux est solide, et qu'il est cohérent avec les résultats d'autres enquêtes sur les scientifiques du climat et avec des études évaluées par des pairsJohn Cook, Naomi Oreskes, Peter T Doran, William R L Anderegg, Bart Verheggen, Ed W Maibach, J Stuart Carlton, Stephan Lewandowsky, Andrew G Skuce & Sarah A Green (2016) Consensus on consensus : a synthesis of consensus estimates on human-caused global warming| publié le 13 avril 2016 IOP Publishing Ltd |Environmental Research Letters | Volume 11, Number 4 | URL:http://iopscience.iop.org/article/10.1088/1748-9326/11/4/048002. Une seule étude conclut à un taux de consensus plus bas, mais elle comprend un important biais méthodologique.
En , la fondation Clintel, qui dénie le réchauffement climatique, annonce avoir recueilli les signatures de cinq cents scientifiques de treize pays pour adresser à l'ONU une déclaration selon laquelle il n'y a ni urgence ni crise climatique. L'organisateur de cette fondation, l'ingénieur Guus Berkhout, est lié à l'industrie du pétrole, et parmi les quarante signataires français figurent des climato-sceptiques connus et aucun n'a une expertise de climatologie. Ils sont souvent ingénieurs, la moitié est retraitée et un certain nombre provient de l'industrie du gaz ou du nucléaire. Le coordinateur pour la France, Benoît Rittaud, est un mathématicien, président de l’Association des climato-réalistes et contributeur régulier de Valeurs actuelles. Les signataires des autres nationalités présentent un profil semblable selon The Independent avec des climato-sceptiques, des libertariens et des personnalités liées à l'industrie pétrolière. Selon Der Spiegel plusieurs signataires allemands ont des liens avec la droite radicaleValeurs actuelles, 24 septembre 2019, « Des scientifiques de 13 pays écrivent au secrétaire général de l’Onu pour dénoncer l’alarmisme climatique ».Lucie Oriol, Face au GIEC, une tribune climato-sceptique récolte 500 signatures, Huffington Post, 25 septembre 2019.. Une analyse de vérification des faits de cette lettre a été effectuée par les scientifiques de l'organisation Climate Feedback. Elle lui a conféré une crédibilité scientifique générale de « très faible » et l'a caractérisée comme .