La Fallschirm-Panzer-Division 1. Hermann Göring est une division blindée de la Luftwaffe engagée en Afrique du Nord et sur le front de l’Est pendant la Seconde Guerre mondiale.
Créée en 1933 au sein de la police prussienne pour assurer la sécurité du régime nazi, elle est rattachée à la Luftwaffe en 1935, tandis que sa force passe en même temps d’un bataillon à un régiment. C’est en 1942 que l’unité est transformée en division blindée et commence à être employée de manière plus intensive au combat. Une partie de la division est envoyée en Afrique du Nord, où, malgré de bonnes performances, la quasi-totalité de l’effectif est perdu lors du repli allemand.
Elle combat ensuite les Alliés en Italie jusqu’en , date à laquelle elle est envoyée sur le front de l’Est. Là-bas, elle devient un corps d’armée en , bien que les Allemands n’aient plus les moyens à ce moment de mettre sur pieds une si grande unité. Bien qu’elle inflige de lourdes pertes à l’Armée rouge en défendant la province de Prusse-Orientale, l’unité est presque entièrement détruite entre janvier et . Ses restes fusionnent alors avec ceux de la division Großdeutschland et les survivants sont faits prisonniers par les Soviétiques après la capitulation allemande.
Étant arrivée sur le front de l’Est au moment où celui-ci se trouve déjà proche du territoire que les Allemands considèrent leur, la division Hermann Göring ne semble pas y avoir commis de crimes de guerre. En revanche, elle est impliquée dans nombre de massacres en Italie.
Histoire Origines (1933-1939) Les origines de la division remontent à l’accession au pouvoir du parti nazi, en : Adolf Hitler confie à Hermann Göring le poste de ministre de l’Intérieur de l’État de Prusse, et donc le contrôle sur la police de celui-ci. Göring créé alors une nouvelle unité de quatre cents hommes, le , ou « Bataillon de police à destination spéciale Wecke », qui doit assurer la protection du nouveau régime et dont le recrutement ne se fait que parmi les nationaux-socialistes dont la loyauté est indiscutable. Le bataillon, qui est successivement renommé en puis , se lance ainsi dans la traque des communistes berlinois.
En , Göring obtient la transformation du bataillon en régiment et, peu de temps après, parvient également à le rattacher à la Luftwaffe, afin d’éviter qu’il ne tombe sous le contrôle de son rival Heinrich Himmler, ce dernier étant alors en passe d’accaparer le contrôle sur les forces de police du Reich. C’est à ce moment-là qu’est formé un bataillon de parachutistes, qui prend jusqu’en 1938 le nom de I. Jäger-Bataillon, « bataillon de chasseurs », afin de dissimuler son vrai rôle. Après cette date, la composante parachutiste est toutefois versée dans une autre unité. Après avoir participé à l’annexion de l’Autriche et à celle des Sudètes, le régiment compte notamment à la veille de la Seconde Guerre mondiale un bataillon d’infanterie, trois bataillons, deux batteries d’artillerie antiaérienne et deux bataillons de projecteurs.
Le régiment Göring au début de la guerre (1939-1942) Le régiment ne participe pas à l’invasion de la Pologne, étant chargé d’assurer la défense antiaérienne de Berlin et la garde du quartier-général de la Luftwaffe. Des éléments en sont par la suite détachés pour participer à l’invasion du Danemark et de la Norvège.
L’essentiel des troupes est cependant positionné à la frontière des Pays-Bas, en prévision de la campagne de France, où elles sont divisées en une multitude de petit Kampfgruppen devant appuyer les divisions blindées. Leur principal rôle est notamment d’assurer la couverture antiaérienne, mais les canons de des batteries antiaérienne lourdes sont rapidement employés pour la lutte antichar, et infligent de lourdes pertes aux blindés Alliés. Lors de la capitulation française, le régiment se voit honoré en fournissant une partie de la garde d’honneur de Hitler lors de la signature de l’armistice à Compiègne. Par la suite, le régiment reste en France jusqu’à la fin de l’année 1940, avant de rentrer à Berlin.
Après un passage au printemps 1941 en Roumanie, où il est rattaché à la Armée et assure la défense des champs pétrolifères de Ploiești, le régiment prend part à l’invasion de l’Union soviétique en . Rattaché au Panzergruppe von Kleist, positionné le long de la rivière Boug, il participe à la conquête de l’Ukraine, pendant laquelle il se montre une nouvelle fois très efficace dans la lutte contre les chars, mais subit également de lourdes pertes. Le gros du régiment est ainsi renvoyé à Berlin à la fin de l’année, puis à Paris, pour se remettre. Un seul bataillon reste en arrière et est par la suite presque entièrement détruit.
Expansion du régiment (1942-1943) En , le régiment devient une brigade, puis, en octobre de la même année, une division. Celle-ci est organisée à la manière d’une Panzerdivision et son effectif est prélevé pour partie dans la Heer, notamment les équipages de chars, et pour partie dans la Luftwaffe, le régiment parachutiste étant par exemple absorbé par la nouvelle unité. La division est progressivement mise sur pied et entraînée à Mont-de-Marsan, ses éléments étant progressivement envoyés de là en Italie et en Afrique du Nord.
Entre et forment ainsi en Tunisie le Kampfgruppe Schmid. Malgré d’excellentes performances dans les combats qui s’ensuivent, qui lui valent d’être régulièrement cité dans les communiqués de la Wehrmacht, la quasi-totalité du Kampfgruppe est faite prisonnière après la reddition des troupes allemandes en Afrique du Nord en . Cet évènement affecte considérablement la capacité militaire de la division, qui perd ainsi une grande partie de ses vétérans.
Les quelques rescapés sont rassemblés en Sicile avec les éléments qui étaient encore en formation en France, dans la prévision d’un débarquement allié. Lorsque celui-ci, nommé opération Husky, débute en , la division oppose une résistance acharnée, mais est forcée de se replier progressivement vers Messine, puis à évacuer l’île. À l’inverse de l’épisode nord-africain, la division parvient cette fois à sauver la majorité de ses troupes et de son matériel.
Front italien (1943-1944) vignette|Photographie de la PK montrant Schlegel en compagnie de l’abbé Gregorio Vito Diamare pendant l’évacuation des œuvres de l’abbaye, janvier 1944. Les Américains qui débarquent à Salerne le retrouvent ainsi face à eux la division Göring, qui leur donne une nouvelle fois du fil à retorde avant d’être contrainte à se replier vers l’intérieur des terres pour échapper au support naval allié. Dans les semaines qui suivent, la division ralentit fortement la progression alliée, laissant au reste de l’armée le temps de se fortifier le long de la ligne Gustave.
À l’automne, l’Oberstleutnant Schlegel, commandant l’atelier de réparation de la division, installé à proximité de l’abbaye de Montecassino, propose de sa propre initiative à l’abbé de l’aider à évacuer le trésor de l’abbaye au Vatican. L’opération, qui dure plusieurs semaines, permet de sauver de nombreuses œuvres d’art de la destruction, mais vaudra à Schlegel de nombreux ennuis : il échappe d’abord aux SS, qui l’accusent de pillage, grâce au général Conrath, puis, à la fin de la guerre, est emprisonné pour le même motif par les Alliés, et n’est libéré qu’à la suite de l’intervention de Harold Alexander.
En , la division Göring fait partie des unités allemandes opposées au débarquement allié à Anzio, avant de retourner en arrière en Toscane. Quelques mois plus tard, lorsque les Alliés percent finalement la ligne Gustave, la division est envoyée dans les environs de Velletri, mais ce déplacement, qui se fait de jour, entraîne de lourdes pertes sous les attaques de l’aviation américaine. La supériorité alliée au sol et dans les airs conduit au repli progressif vers le nord, et la division est finalement retirée d’Italie le .
Front de l’Est La division arrive dans la région de Varsovie le , où elle est assignée à une attaque conjointe avec la 19. Panzer-Division et la 5. SS-Panzer-Division « Wiking » contre le flanc et l’arrière du corps blindé soviétique, qui est presque entièrement détruit dans l’opération. Il ne semble toutefois pas qu’elle ait contribué à l’écrasement du soulèvement de Varsovie. Le , la division est transformée en un corps d’armée, une deuxième division lui étant adjointe. Il s’agit toutefois en grande partie d’un artifice : chacune des deux divisions est plus faible que l’ancienne et la majeure partie des nouvelles recrues est totalement inexpérimentée. La nouvelle formation est immédiatement envoyée défendre la Prusse orientale, où elle parvient à repousser la de la Garde le à Nemmersdorf, mais s’enlise ensuite jusqu’en dans une bataille défensive près de Gumbinnen.
À la suite de l’offensive soviétique de la mi-janvier, le corps est encerclé près d’Heiligenbeil. Il y résiste deux mois avant d’être évacué par la mer avec de lourdes pertes, seul un quart de l’effectif ayant survécu. Les survivants sont progressivement rassemblés vers Berlin, mais dans la confusion de la débâcle allemande, certaines unités restent attachées à d’autres formations, tandis que des éléments d’autres divisions se joignent à la Hermann Göring. Celle-ci se mélange notamment à la division Großdeutschland. Malgré son caractère désormais hétéroclite, la division parvient à infliger d’importantes pertes à la division blindée polonaise près de Kodersdorf. Au moment de la fin des hostilités, les restes de la Hermann Göring se trouvent dans la région de Königsbrück. La percée vers l’Ouest ayant échoué, les survivants sont faits prisonniers par les Soviétiques, beaucoup devant demeurer en captivité jusqu’en 1956.
Organisation Recrutement et entraînement À l’origine, le recrutement s’effectue sur la base de critères stricts, similaires à ceux en vigueur pour d’autres unités d’élite de la Wehrmacht ou de la SS, comme les régiments Leibstandarte Adolf Hitler ou Großdeutschland. Ainsi, seuls les célibataires dont l’âge est compris entre dix-huit et vingt-cinq ans, qui sont non seulement de nationalité allemande, mais également d’ascendance aryenne et mesurant au minimum peuvent espérer postuler. Il est également attendu des recrues que leur casier judiciaire soit vierge, qu’ils soient de bons sportifs et qu’ils aient prouvés leur support au parti nazi. La durée minimale d’engagement, qui est initialement la même que celle de l’Armée, est augmentée pendant la guerre à douze ans de service.
La formation, l’entraînement et le casernement des troupes s’effectue dans la caserne Hermann Göring spécialement construite pour cet usage, située à Berlin-Reinickendorf. Celle-ci compte plus d’une centaine de bâtiment et notamment de nombreuses installations sportives, afin de permettre un entraînement physique intensif.
Les pertes subies au cours de la guerre ne permettent cependant pas de maintenir ni les critères de sélection, ni l’entraînement intensif. La division Göring finit ainsi par compléter ses rangs simplement en prélevant des hommes dans d’autres unités de la Luftwaffe.
Ordres de bataille Du bataillon à la brigade, 1935-1942 À sa création au printemps 1933, l’unité prend la forme d’un bataillon d’environ quatre cents hommes, commandés par un major de la Schutzpolizei, . Après sa transformation en régiment en 1935, l’unité compte sur le papier deux bataillons de chasseurs (I. et II. Jägerbataillonen), une compagnie de motards (13. Kradschützenkompanie), une compagnie de pionniers (15. Pionierkompanie), une troupe de cavalerie (Reiterzug) et un peloton de transmissions (Nachrichtenzug), auxquels s’ajoutent une fanfare (Musikkorps) et l’état-major régimentaire (Regimentstab). L’ensemble est placé sous le commandement de l’Oberstleutnant de la Landespolizei . En 1937, les deux bataillons de chasseurs et la compagnie de pionniers forment au sein du régiment un bataillon parachutiste (IV. Fallschirmschützenbataillon), qui en est ensuite détaché en 1938 pour former une unité autonome.