Les élections législatives polonaises de 2007 (, en polonais) se sont tenues le , afin d'élire les quatre cent soixante députés de la sixième législature de la Diète et les cent sénateurs de la septième législature du Sénat.

Le scrutin a été remporté, à la majorité relative, par la Plate-forme civique (PO), et les partis de droite et de centre droit dans l'ensemble.

Contexte Lors des élections législatives du 25 septembre 2005, le parti conservateur et nationaliste Droit et justice (PiS) était arrivé en tête avec 27 % des voix et 155 députés sur 460, juste devant la formation libérale et pro-européenne Plate-forme civique (PO), qui s'était contentée de 24,1 % des suffrages et 133 sièges. Contrairement à ce qu'ils avaient annoncé pendant la campagne, ils ne sont pas parvenus à former un gouvernement de coalition et PiS a donc préféré constituer un gouvernement minoritaire, dirigé par le président du Conseil des ministres Kazimierz Marcinkiewicz.

À la Diète, l'exécutif pouvait compter sur le soutien de l'Autodéfense de la république de Pologne (SRP), formation populiste de gauche ayant recueilli 11,4 % des voix et 56 élus, la Ligue des familles polonaises (LPR), parti d'extrême droite disposant de 34 parlementaires grâce à ses 8 %, et du Parti paysan polonais (PSL), d'orientation chrétienne-démocrate, qui avait obtenu 7 % des suffrages, soit 25 députés. La PO, quant à elle, partageait les bancs de l'opposition avec l'ancien parti au pouvoir, l'Alliance de la gauche démocratique (SLD), parti social-démocrate laminé avec seulement 11,3 % des voix et 53 élus.

Le , Marcinkiewicz opère un remaniement ministériel afin de faire entrer trois ministres de la SRP et deux de la LPR. Cette alliance très eurosceptique conduit à la démission, quatre jours plus tard, du ministre des Affaires étrangères, Stefan Meller. Finalement, le 7 juillet, le chef du gouvernement fait part de sa volonté de quitter ses fonctions, et son parti lui choisit comme successeur son président, Jarosław Kaczyński. Celui-ci est officiellement nommé sept jours plus tard, par son frère jumeau et président de la République, Lech Kaczyński.

Tout juste deux mois plus tard, le 15 septembre, l'ancien président social-démocrate Aleksander Kwaśniewski revient dans le jeu politique en formant la coalition Gauche et démocrates (LiD), qui rassemble la SLD, son partenaire traditionnel de l'Union du travail (UP), ainsi que deux dissidences de la SLD, la Social-démocratie de Pologne (SDPL) et le Parti démocrate (PD). À la fin de l'année, PiS perd la mairie de Varsovie, autrefois détenue par le chef de l'État, au profit des libéraux.

Après seulement un an, le , la coalition au pouvoir explose et seul le PiS se maintient au gouvernement. Jarosław Kaczyński négocie alors la tenue d'élections anticipées avec la PO, la Diète votant sa dissolution par une résolution du 7 septembre suivant, par 377 voix contre 54. Le président fixe alors la date des élections au 21 octobre suivant.

Forces et chefs de file Force politique Idéologie Chef de file Score en 2005 Droit et justice (PiS) DroiteConservatisme, nationalisme, euroscepticisme Jarosław Kaczyński(Président du Conseil) 27,0 % des voix 155 députés 49 sénateurs Plate-forme civique (PO) Centre droitLibéral-conservatisme, démocratie chrétienne Donald Tusk 24,1 % des voix 133 députés 34 sénateurs Autodéfense de la république de Pologne (SRP) GaucheÉtatisme, agrarisme, populisme, nationalisme Andrzej Lepper 11,4 % des voix 56 députés 4 sénateurs Gauche et démocrates (LiD)SLD-SDPL-PD-UP Centre gaucheSocial-démocratie, social-libéralisme, troisième voie Aleksander Kwaśniewski 17,7 % des voix 55 députés 0 sénateurs Ligue des familles polonaises (LPR) Extrême droiteConservatisme national, social, catholicisme, populisme Roman Giertych 8,0 % des voix 34 députés 7 sénateurs Parti paysan polonais (PSL) Centre droitDémocratie chrétienne, conservatisme, agrarisme Waldemar Pawlak 7,0 % des voix 25 députés 2 sénateurs

Résultats Diète + Résultats des législatives polonaises de 2007Elections in Europe: A Data Handbook, Dieter Nohlen & Philip StöverFichier:Polish Sejm Election 2007.svg Parti Voix % +/- Sièges +/- Plate-forme civique (PO) 41,51 209 Droit et justice (PiS) 32,11 166 Gauche et démocrates (LiD) 13,15 53 Parti paysan polonais (PSL) 8,91 31 Autodéfense de la république de Pologne (SRP) 1,53 0 Ligue des familles polonaises (LPR) 1,30 0Parti travailliste polonais (PPP)0,990Parti des femmes0,280 Minorité allemande (MN) 0,201Autodéfense patriotique0,020Suffrages exprimés97,96Votes blancs et nuls2,04Total100 – 460Abstention46,18Inscrits/Participation53,82

Sénat + Résultats des sénatoriales polonaises de 2007Fichier:Pologne Sénat 2007.svg Parti Voix % +/- Sièges +/- Plate-forme civique (PO)39,14 60 26 Droit et justice (PiS)31,38 39 10 Gauche et démocrates (LiD)14,60 0 Parti paysan polonais (PSL)8,80 0 2 Autodéfense de la république de Pologne (SRP)1,06 0 3 Ligue des familles polonaises (LPR)0,90 0 7 Minorité allemande (MN)0,320Autodéfense patriotique0,150 Indépendants3,64 1 4 Total des voix 100 Suffrages exprimés98,27Votes blancs et nuls1,73Total100 – 100Abstention46,19Inscrits/Participation53,81

Analyse vignette|La carte des résultats montre l'opposition entre l'importance du vote PiS dans l'est et celle du vote PO dans le nord et l'ouest. Un article du site Big Think note que cette géographie électorale fait écho aux frontières d'avant 1918, la partie nord et ouest correspondant aux anciens territoires de l'Empire allemandFrank Jacobs, « Polish Election Map Reveals Old Imperial Border », Big Think, 2017 (consulté le 24 avril 2018).. Les élections sont marquées par une participation de 53,9 % des inscrits, ce qui constitue le nouveau record depuis la fin du régime de parti unique, en 1989. Le précédent, qui datait de 1993, était en effet de 52,1 %.

Ce scrutin marque une nouvelle victoire pour le centre droit, la première depuis 1997, avec l'excellent résultat réalisé par la PO, le meilleur score pour une formation de cette tendance depuis la chute du communisme. Il s'agit même du meilleur résultat en voix pour le premier parti du pays depuis 1991.

Malgré un maigre bilan et une forte instabilité politique, PiS, qui perd son statut de première force politique polonaise, parvient à progresser en franchissant même la barre des 30 %. Ses alliés du camp nationaliste sont cependant clairement défaits, la SRP et la LPR connaissant un effondrement tel qu'elles passent sous la barre des 5 % et sont donc exclues de la Diète. Le camp des formations opposées à la construction européenne est donc cette fois-ci sèchement battu, après avoir obtenu une majorité absolue de sièges deux ans auparavant.

En revanche, bien que coalisé et disposant d'un chef de file populaire, le centre gauche réuni dans coalition LiD ne parvient toujours pas à redevenir une force crédible, puisqu'il recule très légèrement. Enfin, le PSL, présent au Parlement depuis 1991, s'y maintient en réalisant son troisième meilleur résultat en quinze ans.

Quant au Sénat, élu au scrutin uninominal majoritaire à un tour, l'effet est encore plus frappant puisque les libéraux y remportent une nette majorité absolue. Tous les autres partis régressent, seuls les conservateurs obtenant une représentation, diminuée de 20 % par rapport à 2005.

Conséquences Le 23 octobre, la Plate-forme civique confirme la candidature de son président, Donald Tusk, aux fonctions de président du Conseil des ministres. Désigné le 9 novembre par le président Lech Kaczyński pour constituer le gouvernement, il forme une coalition avec le Parti paysan polonais (PSL) qui dispose de 240 parlementaires sur 460. Le gouvernement prend ses fonctions le 16 novembre et se soumet, le 24 novembre, à un vote de confiance à la Diète, qu'il remporte par 238 voix contre 204, Droit et justice et Gauche et démocrates ayant décidé de voter contre.

Notes et références

Annexes Articles connexes Politique en Pologne Gouvernement Kaczyński Gouvernement Tusk

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