Matthieu Pigasse, né le à Clichy, est un homme d'affaires, banquier d'affaires et ancien haut-fonctionnaire français.

À sa sortie de l'École nationale d'administration, il est nommé administrateur civil à la direction générale du Trésor. Par la suite, il rejoint en 1997 le cabinet ministériel de Dominique Strauss-Kahn, alors ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, en tant que conseiller technique avant d'être nommé directeur adjoint du cabinet en 2000 de Laurent Fabius ; ministre successeur de même titre.

À partir de 2002, il travaille pour Lazard Frères en tant qu'associé gérant à Paris, en fusions-acquisitions et en conseil aux gouvernements. Alors qu'il en est le président-directeur général, il remet sa démission effective fin 2019 pour rejoindre en 2020 le bureau parisien de la banque d'investissement américaine Centerview qu'il dirige.

Il est membre du conseil d'administration des groupes Lucien Barrière, Deezer et Derichebourg.

Proche de la gauche, il détient via sa holding Combat Media plusieurs médias comme Les Inrockuptibles et Radio Nova, et possède à titre personnel des participations dans d'autres groupes de presse ou de production audiovisuelle comme le groupe Le Monde et Mediawan. Il est aussi actionnaire de plusieurs festivals de musique.

Au cours des années 2020, Matthieu Pigasse affirme vouloir mener, à travers ses activités médiatiques, un « combat » culturel et politique contre l’extrême droite. Plusieurs médias décrivent parallèlement une évolution de son positionnement public, initialement associé à la gauche sociale-libérale, vers des positions plus radicales à gauche. Cette orientation est notamment perçue dans certains médias de son groupe, comme Radio Nova, dont l’évolution éditoriale vers des contenus plus militants, transgressifs ou polarisants a suscité plusieurs polémiques.

Biographie Jeunesse et études Pigasse naît dans une famille liée au monde de la presse et de l'édition. Son père, Jean-Daniel Pigasse, est un dirigeant de presse et de communication, notamment rédacteur en chef d’Entreprise30 jours d'Europe, consultable sur . et directeur de RéalitésRéalités, 1977, ours de la revue, consultable sur .. Son oncle, Jean-Paul Pigasse, a été directeur de la rédaction de L'Express.. Son grand-oncle, Albert Pigasse, fut le fondateur de la collection « Le Masque ». Son frère, Nicolas Pigasse, est cofondateur du magazine Public, dont il a été directeur de l'information de 2003 à 2014. Sa sœur aînée, Virginie Pigasse, a travaillé au magazine Globe ; sa cadette, Sophie Pigasse-Magnaud, est autrice.. Parmi ses cousins germains figurent les journalistes Sylvain Augier et Christian JeanpierreMarie-Pierre Subtil, « Matthieu Pigasse », pages « Actionnaires du Monde », Le Monde, 7 novembre 2010 (paru le 6), p. 19..

Matthieu Pigasse grandit dans une famille « aisée » et passe son enfance dans le 7 puis dans le arrondissement de Paris avant de s'installer à Regnéville-sur-Mer (Manche). Il effectue ses études secondaires au collège de Coutances, puis au lycée Camille-Sée dans le arrondissement de ParisSophie des Déserts, « Les deux visages de Matthieu Pigasse, Dr Money & Mr Cool », Vanity Fair n°50, septembre 2017, p. 94-103., où il a Christian Jambet comme enseignant de philosophie. Il obtient un baccalauréat série A (littéraire)..

En 1990, il est diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris (section Service Public).. Il est admis à l'École nationale d'administration (ENA) et effectue sa scolarité au sein de la promotion Antoine de Saint-Exupéry (1992-1994), où il a Nicolas Théry comme enseignant. Il effectue son stage préfectoral à la préfecture de l'Yonne, et son stage en entreprise au sein de l'antenne new-yorkaise du Crédit lyonnais. Il a comme enseignant Pierre Vimont. Il sort de l'ENA en 1994, classé , puis assure quelques enseignements à Sciences Po entre 1995 et 1997.

Parcours professionnel dans le secteur public vignette|gauche|Matthieu Pigasse en 2012 Matthieu Pigasse commence sa carrière en tant qu'administrateur civil au ministère de l'Économie et des Finances, au sein de la direction générale du Trésor. Il est affecté à la sous-direction chargée de la gestion de la dette et de la trésorerie de l'État, bureau alors géré par François Villeroy de Galhau.

En 1998, il devient conseiller technique au cabinet du ministre de l'Économie et des Finances Dominique Strauss-Kahn puis, un an plus tard, directeur adjoint du cabinet de son successeur, Laurent Fabius, ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, chargé des questions industrielles et financières..

Parcours professionnel dans le secteur privé La victoire de la droite aux élections présidentielle et législatives de 2002 le pousse à rejoindre le secteur privé ; il demande conseil à Alain Minc qui le recommande à Bruno Roger de la banque Lazard, où il est recruté la même année. comme associé-gérant. Il prend la tête de l'activité « conseil aux gouvernements » en 2003, devient en 2005 directeur du marketing et vice-président de Lazard Europe, puis codirecteur général délégué de Lazard France (en ). En , il est nommé seul dirigeant de Lazard en France et responsable mondial des activités de fusions et acquisitions en .. Il fait partie des banquiers d’affaires les plus actifs en Europe en 2015..

Il intervient régulièrement dans le conseil aux gouvernements, et participe à la restructuration des dettes de l'Argentine, du Venezuela, de l'Équateur, mais aussi des dettes grecque et ukrainienne., de la dette irakienne, ou encore la nationalisation du gaz bolivien.. Il conserve cette activité lorsqu'il rejoint Centerview Partners en 2020., et obtient notamment dans ce cadre en 2026 la restructuration de la dette du Venezuela.. Il participe aussi à des missions de conseil auprès des autorités vénézuéliennes, notamment sous la présidence de Hugo Chávez puis de Nicolás Maduro, dans le cadre d’activités liées à la restructuration financière du pays. Cette implication s’inscrit dans une période de coopération entre des conseillers français et le gouvernement vénézuélien..

Il intervient en tant que conseiller sur de nombreux dossiers en fusions-acquisitions, comme la vente du PSG par Canal+, la fusion Suez-Gaz de France, la vente par Accor de sa participation dans le Club Med, la vente d'AB Groupe à TF1, la vente de l'activité « transmission et distribution » (T&D) d'Areva, la fusion de la Caisse d'épargne et de la Banque populaire, la création de Natixis. puis sur son augmentation de capital et le sauvetage de son ancien réhausseur de crédit CIFG., le rachat de ses actions par L'Oréal à Nestlé, l'acquisition de Darty par la Fnac..

Il démissionne de Lazard en , alors qu'il en est le président-directeur général, avec effet à la fin décembre, pour (peut-être poussé par les critiques émises au sein du groupe sur son mode de gestion et sur son activité dans les médias..). Son associé, Jean-Louis Girodolle, lui succède. Il co-dirige à partir d' le bureau parisien de la banque d'investissement Centerview Partners avec Nicolas Constant, un autre ancien de Lazard... Il y introduit une activité de conseil aux gouvernements. vignette|Pigasse (Lazard Frères) en discussion avec le président de l'Azerbaïdjan Ilham Aliyev à Davos, en 2019.

Il est par ailleurs membre du conseil d'administration des groupes BSkyB, Lucien Barrière et Derichebourg et anciennement de l'agence Relaxnews. Il est également vice-président du théâtre du Châtelet..

Parcours politique Matthieu Pigasse est connu pour son soutien au Parti socialiste français. Depuis son passage dans les cabinets ministériels, il est resté proche de Dominique Strauss-KahnMatthieu Pigasse, un banquier d'influences, marianne.net, 4 octobre 2012..

En , il souhaite se présenter aux élections, mais François Hollande lui refuse une investiture socialiste aux législatives..

En 2007, il a fait partie des Gracques.. La même année, le « banquier de gauche » conseille Ségolène Royal et certains lui prêtent des ambitions concernant un ministère en cas de victoire de la candidate socialiste à l'élection présidentielle. Nicolas Sarkozy lui propose de devenir secrétaire d'État, ce qu'il décline.

En 2012, il soutient le projet de François Hollande de taxer à hauteur de 75 % les revenus supérieurs à 1 million d'eurosPigasse : «Il faut une action audacieuse sur le pouvoir d’achat», liberation.fr, 8 mai 2012, ce que Philippe Villin lui reproche, avançant qu'il , information que Matthieu Pigasse dément affirmant que BPI : Pigasse nie tout conflit d'intérêts, lejdd.fr, 27 septembre 2012.

En , il publie Éloge de l’anormalité, dans lequel il critique l’incapacité des élites politiques et économiques à sortir de la crise que traverse l’Europe autrement que par des mesures d’austérité ; et, globalement, celle de François Hollande à réformer la FranceHollande et Ayrault se mentent à eux-mêmes, parismatch.com, 21 mars 2014. En avril de la même année, Manuel Valls. le consulte dès sa nomination à Matignon..

Après avoir initialement moqué le parti grec de gauche radicale SYRIZA, — qui, selon lui, promettait de , — il le défend après la victoire du parti aux élections législatives de 2015, lorsqu'Aléxis Tsípras devient Premier ministre. Dans la presse, il critique la politique d'austérité préconisée par l'Union européenne, parlant de . Cependant, d'aucuns rappellent que la banque Lazard conseille la Grèce depuis 2010 et a gagné 25 millions d'honoraires dans ce dossier.

Il songe un moment à se lancer en politique, réunissant pour cela plusieurs proches (d'anciens strauss-kahniens), afin de lancer un mouvement qui serait baptisé « Premier jour », partant de constats similaires à Emmanuel Macron sur l'état de la classe politique française. Finalement, il se ravise, et plusieurs de ses proches lanceront En Marche pour soutenir Emmanuel Macron dans son aventure élyséenne.

À l'élection présidentielle de 2017, il confie à Vanity Fair qu'il a voté pour Jean-Luc Mélenchon au premier tour avant de s'abstenir au second. Il était proche de l'équipe de campagne d'Arnaud Montebourg, avant que celui-ci ne soit éliminé aux primaires de la gauche.

Pour les élections législatives anticipées de 2024, il appelle à voter pour l'alliance de gauche, le Nouveau Front populaire...

Plusieurs médias relèvent une évolution du positionnement politique et médiatique de Matthieu Pigasse. Longtemps associé à une gauche sociale-libérale et pro-européenne, proche notamment de Dominique Strauss-Kahn puis de Raphaël Glucksmann, il est ensuite décrit comme se rapprochant de positions plus radicales à gauche, notamment à travers la ligne éditoriale de certains médias de son groupe et le soutien accordé à des personnalités engagées contre Israël ou proches de La France insoumise ... Cette évolution est également présentée dans la presse comme ayant contribué à des tensions avec une partie de son ancien réseau social-démocrate, dont Raphaël Glucksmann ... En aout 2026, Matthieu Pigasse participe aux universités d'été de La France Insoumise et il affirme, à cette occasion, converger idéologiquement avec LFI et son leader Jean-Luc Mélenchon. En parallèle aux propos de Jean-Luc Mélenchon, il affirme que la dette française détenue par la Banque centrale européenne peut être annulée, une proposition loin de faire consensus parmi les économistes.. Il se rend aussi aux journées d'été des Écologistes.

En aout et septembre 2026, Matthieu Pigasse manifeste son intérêt pour participer à la primaire présidentielle du PS en vue de l'élection présidentielle française de 2027. Sa candidature aurait cependant été bloquée par Olivier Faure et Raphaël Glucksmann. Matthieu Pigasse échoue donc à faire partie des candidatures retenues à la primaire socialiste. Fin septembre 2026, Matthieu Pigasse déclare qu'il n'a pas renoncé à se présenter à l'élection présidentielle de 2027 et qu'il souhaite œuvrer à l'union de la gauche.

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