La grande inondation de mélasse de Boston (en anglais : , ou ) est une catastrophe industrielle qui eut lieu le dans le de Boston (Massachusetts, États-Unis).
Une grande citerne pleine de mélasse se rompit, causant un raz-de-marée de mélasse avançant à une vitesse estimée à , tuant et en blessant 150.
Accident
Le désastre se produisit à la distillerie locale le , la veille de la ratification du à la Constitution américaine (qui interdira la production d'alcool). Ce est exceptionnellement chaud pour l'hiver du Massachusetts. À l'époque, la mélasse est l'édulcorant le plus utilisé aux États-Unis. On peut aussi la faire fermenter pour produire de l'éthanol, utilisé à son tour dans la production de spiritueux, ainsi que dans la production des munitions. La mélasse attendait d'être transférée à l'usine située entre et ce qui est aujourd'hui (aujourd'hui à Cambridge).
Au 529 , une très grande citerne de mélasse, haute de () et de () de diamètre, pouvant contenir jusqu'à de mélasse s'écroule. Des témoins diront plus tard qu'en s'écroulant, elle fit un bruit de mitrailleuse en raison de la rupture successive des rivets de la structure, et que la terre tremblait comme si un train passait..
L'écroulement entraîne une vague de mélasse mesurant entre de haut, avançant à et exerçant une pression de . (soit 2 bars ou 2 fois la pression atmosphérique). Cette vague est suffisamment puissante pour rompre les poutres de la gare de la sur , en face de la citerne, et soulever un train des rails. Près de là, des édifices sont arrachés de leurs fondations et abattus. Plusieurs pâtés de maisons sont inondés d'une couche de mélasse mesurant de .
Le précise que certaines personnes D'autres sont frappées par des débris emportés par le vent, un vent à l'odeur plutôt sucrée. Un camion est soulevé et jeté dans le port de Boston.
Finalement, environ seront blessées et , ainsi que quelques chevaux. Certaines furent écrasées et d'autres s'étouffèrent dans la mélasse. Il y eut des blessés parmi les chevaux et les chiens ; la toux devient vite un problème majeur après l'événement.
Mobilisation
Les premiers à arriver sur les lieux du drame sont du navire-école de la , amarré à proximité. Arrivés sur le site, ils essaient d'éviter que les curieux ne gênent la tâche des secouristes, ou entrent dans la mélasse poisseuse pour essayer d'en sortir les survivants. Peu après arrivent les policiers de Boston, des secouristes de la Croix-Rouge, et des troupes de l' et de la . Certaines infirmières de la Croix-Rouge s'immergent dans la mélasse tandis que d'autres s'occupent des blessés, les maintenant au chaud et leur donnant du café chaud, ainsi que des repas aux sauveteurs fatigués. Beaucoup de ces bénévoles travaillent toute la nuit. Les blessés sont si nombreux que les docteurs et chirurgiens créent un hôpital provisoire dans un édifice proche. Les sauveteurs trouvent très difficile d'avancer dans la mélasse pour aider les victimes ; ils arrêtent leurs efforts au quatrième jour. Beaucoup de cadavres demeurèrent inidentifiables. Deux victimes disparues seront retrouvées mortes au quatrième jour.
Remise en état
Plus de de travail sont nécessaires pour retirer la mélasse. L'eau du port reste brune jusqu'à l'été. Les habitants du quartier font un recours collectif, l'un des premiers du Massachusetts, contre l’, qui avait acheté la en 1917. Malgré les efforts de l'entreprise pour faire croire que la citerne avait été plastiquée par des anarchistes (parce qu'une partie de l'alcool concerné allait être utilisée pour fabriquer des munitions), elle paya par un accord à l'amiable..
L’ ne reconstruisit pas la citerne. La propriété devint plus tard une partie du réseau du (prédécesseur du métro de Boston) et est aujourd'hui un terrain de baseball municipal.
On a dit que l'odeur de mélasse persista pendant plusieurs années. Dans les années 1980, des résidents affirmaient même que lors des jours les plus chauds de l'année, on pouvait sentir un relent de mélasse..
Causes
La cause de l'accident n'est pas connue, mais l'entreprise fut déclarée coupable et paya des dommages..
Il est probable que plusieurs facteurs contribuèrent à l'accident : la citerne était mal construite et insuffisamment testée ; la fermentation aurait augmenté le volume de dioxyde de carbone, et donc la pression dans la citerne. L'augmentation de la température locale le jour précédent aurait aidé à l'augmentation de la pression. La température s'était élevée de .
L'écroulement de la structure démarra de l'ouverture à la base de la citerne utilisée pour y entrer quand celle-ci était vide, et il est possible qu'une fissure y ait grandi jusqu'à ce que la structure entière cède. Les contraintes structurelles sont les plus fortes à la base des citernes cylindriques. Cette citerne n'avait été pleine que huit fois depuis sa fabrication, plusieurs années auparavant, mettant les parois sous pression cyclique.
Une enquête menée après le désastre démontra qu'Arthur Jell, qui s'occupa de la construction de la citerne, négligea les tests élémentaires, dont celui de remplir la citerne d'eau pour repérer les fuites. Remplie de mélasse, la citerne avait tellement de fuites qu'elle fut peinte en brun pour les dissimuler et que les résidents des alentours allaient y prélever de quoi faire leur cuisine.
Se basant sur le contexte de l'accident, certains prétendent que la citerne aurait été remplie au maximum pour que l'entreprise puisse produire le plus d'éthanol possible avant l'instauration de la prohibition. Toutefois, ces théories sont fausses parce que le ne devint loi que plus d'une année plus tard, et le n'interdisait pas la production d'alcool industriel.
Dans la culture populaire vignette|redresse|Plaque commémorative.
L'événement fait partie du folklore du quartier.
Le désastre est évoqué dans l'intrigue du roman Un pays à l'aube de Dennis Lehane.
La Mort noire, tome 1 de la bande dessinée Shelton & Felter de Jacques Lamontagne, aborde aussi cette tragédie.
Notes et références
Annexes
Articles connexes Inondation de bière de Londres Incendie de whisky de Dublin Risque industriel
Bibliographie Articles : . .
Monographies : ; pour le , 2019, 273 .
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