Achille Octave Marie Jacques Bardoux, né le à Versailles et mort le à Saint-Saturnin (Puy-de-Dôme), est un écrivain et homme politique français. Fils d'Agénor Bardoux, il est le grand-père maternel de Valéry Giscard d'Estaing.
Biographie
Jeunesse et études Achille Octave Marie Jacques Bardoux naît le à Versailles. Il effectue ses études secondaires aux lycées Condorcet et Janson-de-Sailly. Après l'obtention du baccalauréat, il obtient une licence ès lettres en 1895.
Il poursuit ses études supérieures à l'université d'Oxford, où il obtient une licence de droit en 1899. Il s'inscrit comme avocat stagiaire au barreau de Paris. Il continue toutefois ses études et obtient un doctorat en lettres avec une thèse sur la littérature anglaise en 1901..
Il épouse Geneviève Georges-Picot, fille de Georges Picot et de Marthe Bachasson de Montalivet, et petite-fille de Camille de MontalivetFélix Bonafé, Jacques Bardoux : une vocation politique, 1977. Une de ses filles épousa Edmond Giscard d'Estaing et est la mère du président Valéry Giscard d'Estaing, et une autre épousa Jean Denormandie, petit-fils d'Ernest Denormandie.
Parcours professionnel En 1908, il est recruté comme professeur à l'École libre des sciences politiques, où il enseigne la politique étrangère anglaise.
Jacques Bardoux est journaliste aux Journal des Débats et à L'Opinion, sur les questions relatives aux relations internationales. Il fut aussi journaliste au quotidien Le Temps, spécialiste des questions extérieures, et notamment des affaires politiques anglaisesNécrologie dans Le Monde du 18 août 1959 puis spécialiste reconnu du CNIP sur les questions européennes et coloniales au Parlement.
Au début de la Première Guerre mondiale, le , il s'engage comme volontaire, sert avec le grade de sergent, puis de sous-lieutenant, avant d'être affecté en qualité d'agent de liaison auprès de l'Armée britannique. Il est nommé chef de cabinet du maréchal Foch en 1918.
Il devient chargé du cours de politique générale à l'École de guerre en et président du conseil d'administration de la Société d'études et d'informations économiques au mois de mai suivant. Il est chargé de missions à Londres et Gênes par Raymond Poincaré entre 1922 et 1923 et délégué de la France à la quatrième Assemblée de la Société des Nations en .
Il est élu à l'Académie des sciences morales et politiques en 1925 et à l'Académie des sciences coloniales en 1933. Il devient plus tard président de l'Académie des sciences morales et politiques (1937), puis de l'Institut de France. Jacques Bardoux est également un écrivain prolifique, et reçoit à ce titre différents prix de l'Académie française.
Il est président du conseil d'administration de l'École des Roches.
Parcours politique Fondateur et président de la Fédération républicaine et sociale du Massif central, il est président d'honneur de l'Association française de la Sarre de 1928 à 1935, président de la Commission des affaires extérieures du Redressement français, du Comité national de coopération intellectuelle. Prenant la tête du Comité technique pour la réforme de l'État en 1934, il est par ailleurs vice-président de l'association française pour la Société des Nations et de la Société d'histoire générale et d'histoire diplomatique.
En 1936-1937, sous le gouvernement du Front populaire, il publie plusieurs pamphlets accusant le Parti communiste français de préparer un coup d'État et interprétant les grèves de comme une tentative insurrectionnelle commanditée depuis Moscou. Il accuse aussi le PCF de pousser la France à la guerre contre l'Allemagne nazie pour le profit de l'URSS. Pour l'historien Jean-Louis Crémieux-Brilhac, Jean-Louis Crémieux-Brilhac, Les Français de l'an 40, t. I, Gallimard, 1990, .
Élu sénateur radical indépendant du Puy-de-Dôme en 1938, il vote en faveur de la remise des pouvoirs au maréchal Pétain le , ce qui lui vaudra d'être déclaré inéligible à la Libération.
Sous Vichy, il est membre du Conseil national instauré par Vichy, mais ne participe pas autrement à la collaborationGeorges Valance, VGE, une vie, Flammarion, 2011, 45..
Relevé de l'inéligibilité par un jury d'honneur dès le mois de , il est élu à la première Assemblée constituante la même année après avoir conduit la pour le Puy-de-Dôme, puis réélu à la seconde Constituante en 1946, cette fois à la tête de la .
La même année, il est candidat malheureux à l'Académie française face à Maurice Garçon., et devient député à la première chambre de la Quatrième République après avoir conduit au succès la . Il s'investit au Parlement sur des questions institutionnelles et plaide pour la décentralisation. Il devient également vice-président de la Commission des Affaires étrangères.
C'est lui qui a organisé, en tant que vice-président, le premier congrès national, à Riom, en du Parti paysan d'union sociale (PPUS), bien implanté dans sa région (Joseph Dixmier du Puy-de-Dôme, Camille Laurens du Cantal et le président du parti, Paul Antier, en Haute-Loire). Le PPUS rejoint en 1951 le Centre national des indépendants et paysans (CNIP), qui ne tiendra son premier Congrès qu'en 1953.
En , la qu'il conduit est, pour la première fois, devancée par celle des communistes. Il décide de ne pas se représenter aux élections de 1956, favorisant ainsi l'ascension politique de son petit-fils, Valéry Giscard d'Estaing, qui devient député à cette occasion. Jacques Bardoux, qui est alors vice-président de la commission de la Justice, propose en de former un gouvernement d'union nationale en dramatisant . Il déclare qu'on devrait proposer la participation au RPF et à la SFIOLe Monde du 11 janvier 1952 , message qui s'adresse surtout aux députés RPF. En , Jacques Bardoux est élu président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale et joue un rôle décisif dans l’investiture d'un nouveau président du Conseil des ministres"Hésitations au MRP" par Jacques Fauvet, le 8 mars 1952 dans Le Monde Lettres du 12 mars et du 31 mars 1952, citées par Mathias Bernard, où il promet de s’employer à nouveau « à décider le RPF à voter pour votre budget et à joindre leurs voix aux nôtres ». "Jacques Bardoux et l’union des modérés à Paris et à Clermont-Ferrand sous la République", par Mathias Bernard, professeur d’histoire contemporaine, à l'Université de Clermont-Ferrand, dans "Les territoires du politique", par Bernard Lachaise, Gilles Richard et Jean Garrigues, aux Presses Universitaires de Rennes : le Antoine Pinay est élu avec les voix de 27 députés, Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940, par Jean Jolly , qui bravent la consigne d’abstention du RPF. Parmi eux, 10 des 13 membres PRL de l’intergroupe RPF"Edmond Barrachin ou la pérennité des réseaux politiques des droites" par Jean-Paul Thomas, dans la revue d'histoire politique Parlement en 2011 .
Publications (sélection) Essai d'une Psychologie de l'Angleterre Contemporaine. Tome 1 : Les crises belliqueuses. Félix Alcan, Paris 1906. (Lire en ligne) Essai d'une Psychologie de l'Angleterre Contemporaine. Tome 2 : Les crises politiques - Protectionnisme et radicalisme. Félix Alcan, Paris 1907. (Lire en ligne) Victoria I - Edouard VII - Georges V. Hachette, Paris 1911. L'Angleterre radicale - Essai de psychologie sociale (1906-1913). Félix Alcan, Paris 1913. (Lire en ligne) L'Ouvrier Anglais d'aujourd'hui. Hachette, Paris 1921. J. Ramsay MacDonald. Plon, Paris 1924. Le socialisme au pouvoir - L'expérience de 1924. Firmin Didot, Paris 1930. Le culte du beau dans la cité nouvelle. John Ruskin, Calmann-Lévy, Paris 1931. À partir de sa thèse de lettres. L'Ile et l'Europe : la politique anglaise (1930-1932), Delagrave, Paris 1933. L'Ordre nouveau : Face au communisme et au racisme. Hachette, Paris 1939. Les Origines de la guerre de Trente ans. Tome I : Les origines du malheur européen. L’aide anglo-française à la domination prussienne (1863-1875). Hachette, Paris 1948. Les Origines de la guerre de Trente ans. Tome II : Quand Bismarck dominait l’Europe (1875-1882). Hachette, Paris 1953. Les Origines de la guerre de Trente ans. Tome III : La défaite de Bismarck. L’expansion coloniale française et l’alliance russe (1882-1893). Hachette, Paris 1953. La délivrance de Paris : séances secrètes et négociations, Fayard, Paris 1958. Suite de son journal de guerre.
Distinctions De l'Académie française 1901 - Prix Montyon 1906 - Prix Marcelin Guérin pour Essai d’une psychologie de l’Angleterre contemporaine. Les crises belliqueuses 1908 - Prix Langlois pour La reine Victoria (correspondance inédite) 1921 - Prix Vitet 1950 - Prix de la langue-française
Notes et références
Voir aussi Bibliographie
. , 8 articles
Liens externes
Portrait de Jacques Bardoux dans l'exposition virtuelle "La Grande Guerre des Auvergnats", réalisée par Clermont Auvergne Métropole.
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