thumb|200px|Mercenaires suisses traversant les Alpes (Luzerner Schilling). Les mercenaires suisses sont des soldats remarqués pour avoir vendu leur service dans des armées étrangères européennes, depuis la fin du Moyen Âge jusqu'au siècle des Lumières.
Historique Leurs services en tant que mercenaires étaient à leur apogée au cours de la Renaissance, lorsque leurs capacités militaires éprouvées au champ de bataille (Grandson, Morat…) contre le duché de Bourgogne en faisaient des troupes de mercenaires particulièrement recherchées durant les guerres d'Italie.
Après la bataille de Marignan (en 1515), le à Fribourg, la France signe avec les Suisses un traité de paix perpétuelle qui sera respecté jusqu'à la chute de la monarchie française, en 1792. Par le traité de Genève du , les Suisses mettent des mercenaires au service du roi de France.
Stratégie
Les soldats suisses et leur stratégie vont s'adapter à l'évolution technologique de l'art de la guerre pendant la Renaissance.
Les mercenaires suisses se battent en utilisant une stratégie ancienne, tirée des textes relatant les victoires d'Alexandre le Grand. Les Suisses en ordre de combat se structurent en groupes de , que l'on appelle « batailles » (phalange). Ils forment donc une masse compacte hérissée de piques de plus de 5 mètres de long, ce qui rend la formation totalement invulnérable face à un assaut de cavalerie. Ces « batailles » sonnent le glas de la chevalerie médiévale, et annoncent l'ère de la suprématie de l'infanterie. Il faut aussi remarquer que les régiments suisses sont les premiers à marcher accompagnés de musique.
Les lansquenets (Landsknechte) allemands vont se servir de la même méthode, mais sauront diversifier leur activité en introduisant des épées à deux mains ainsi qu'en augmentant la proportion d'hommes équipés d'arquebuses puis de mousquets dans leurs rangs.
Application sur le champ de bataille : Marignan À la veille de la bataille de Marignan en 1515, a payé les Suisses, qui sont en partie rentrés chez eux. Il ne reste plus que les Unterwaldois, les Valaisans et un certain nombre de régiments qui n'ont pas accepté l'or français. L'évêque de Sion, Matthieu Schiner, sort de Marignan en tête, suivi par le reste de l'armée.
Comme à leur habitude, au moment de la salve, les Suisses s'agenouillent, ce qui laisse les tirs français sans effet. Les Suisses accourent vers les canons, mais ceux-ci se trouvent en haut d'une butte, défendus par des arquebuses et escopettes. Monter la colline va désunir la bataille, mais au bout d'âpres combats, les canons sont capturés. Le temps de les retourner, les deux batailles se retrouvent face à une gigantesque bataille de . Le combat est rude, mais les montagnards prennent le dessus. Après l'extermination des Allemands, les restants doivent faire face à des violentes charges des Français, menés par le duc d'Alençon, qui restent sans effet. Le combat est interrompu avec la nuit.
Le lendemain, les Français sont en situation d'infériorité numérique par rapport aux Suisses. Pourtant, l'arrivée, au son du cri « San Marco ! » de et appointés par le doge de Venise, allié des Français, va renverser le destin du combat : la dernière bataille et la bataille de réserve, épuisées, n'ont que le choix de la retraite.
Cette bataille, que François qualifiera de sa plus grande victoire,
Unités suisses au service de l'étranger
Unités suisses au service de l'Autriche
Unités suisses au service de l'Espagne
Unités suisses au service de la France Ancien Régime vignette|Soldats suisses en 1730. vignette|Retour du soldat Suisse dans le Pays bernois par Sigmund Freudenberger, 1780.
Les Suisses servent en principe le roi de France en vertu de « contrats » — les Capitulations — passés avec la Confédération qui définissent les modalités de leur service alors que les autres troupes étrangères au service de la France sont levées directement par leur colonel en territoire étranger et sont utilisées comme un régiment de recrutement français, le régiment concerné étant fréquemment licencié à la fin de la campagne. Bandes suisses : premières unités militaires permanentes étrangères recrutées et soldées Cent-Suisses : compagnie d'infanterie d'élite créée en 1471 - licenciée en 1792 Gardes suisses : créé en 1616 - licencié en 1792 Régiment d'Erlach : créé en 1672 Régiment de Stuppa : créé en 1672 - licencié en 1792 Régiment de Salis : créé en 1672 - licencié en 1792 Régiment de Pfiffer : créé en 1672 - licencié en 1792 Régiment de Gréder : créé en 1673 - licencié en 1792 Régiment de Stuppa le jeune : créé en 1677 - licencié en 1792 Régiment de Salis : créé en 1690 - licencié en 1792 Régiment de Courten : créé en 1690 - licencié en 1792 Régiment de Karrer : créé en 1719 - incorporé dans le régiment de Béarn en 1763 Régiment de Travers : créé en 1734 - licencié en 1792 Régiment de Lochmann : créé en 1752 - licencié en 1792 Régiment d’Eptingen (de Reinach / de Schonau) : créé en 1758 - licencié en 1792 Compagnie des Suisses de Monsieur le comte d’Artois : créée en 1773 - supprimée en 1791
République helvétique La République helvétique lève un contingent de d’infanterie pour le service et à la solde de la France en vertu d’une convention signée le . Six demi-brigades d’infanterie à trois bataillons furent constituées dans les premiers mois de 1799. En janvier 1801, en raison d'un effectif incomplet, une fusion des demi-brigades devint nécessaire : la avec la , la avec la , et la avec la .
Premier Empire
suisse : créé en 1804 - supprimé en 1814 1805 : Trafalgar et Castel-Franco 1806 : Sainte-Euphémie et Rogliano 1807 : Rolonda, Sainte-Euphémie, Sainte-Ambrosie et Capri 1809 : Capri 1812 : Willia, , Beresina et Wina 1813 : Brême suisse : créé en 1806 - supprimé en 1814 - reformé en 1815 1808 : La Grenouillière, Roses, Figuières et Evora 1809 : Carogne, Ferrol, Porto, Gérone, Burgos et La Corogne 1810 : Burgos, Corales, Toro et Ribas 1811 : Catalogne 1812 : Belvver, et Beresina 1814 : Sélestat vignette|Un grenadier du . suisse : créé en 1806 - supprimé en 1814 1808 : Jaén, Baylen et Cara-de-Deu 1809 : Tuy et Oporto 1810 : Cadiz, Leon, Pueblo et Sanabria 1812 : Drissa, Polotsk, Lepel, Beresina et Wilna 1814 : Besançon suisse : créé en 1806 - supprimé en 1814 1807 : Heilsberg et Friedland 1808 : et lors de la première invasion du Portugal : Lisbonne, Alcolea, Óbidos, Roliça et Vimeiro. bataillons : bataille de Bailén 1809 : Deuxième invasion du Portugal : Chaves, Tuy et Porto 1810 : Valladolid (guerre d'Espagne) 1811 : Magas (Espagne) 1812 : Zoa, Llanguez (Espagne) Campagne de Russie : Polotsk, Beresina, Borisow, Cedano, Wilna et Kowno 1813 : Delfzyl 1814 : Besançon Bataillon de Neuchâtel: créé en 1807 - supprimé en 1814 1809 : Wagram 1811 : St-Evangi-del-Alto, Santivanes et Alcoa-Fuente guerre d'Espagne 1812 : Moskowa et Krasnoï 1813 : Leipzig et Hanau 1814 : Paris Bataillon valaisan : créé en 1807 - supprimé en 1814 - incorporé dans le d'infanterie légère en 1811 1808 : Girone 1809 : Bascara 1810 : La Jonquera Auxiliary Regiments in the Service of France and the Colonels who led Them during the period 1804 - 1815 : Régiments d’Infanterie Suisse, Tony Broughton, sur napoleon-series.org, janvier 2004. étranger : un bataillon créé en 1815, affecté à la d'infanterie dans l'armée du Nord ; il participe à la bataille de Wavre et est décimé lors des combats pour la prise du pont du Christ.
Restauration Sous la Restauration, les Bourbons font appel à des troupes de soldats suisses. Deux des huit régiments d'infanterie inclus dans la Garde royale de 1815 à 1830 sont formés de Suisses et peuvent être considérés comme les successeurs des anciens Gardes suisses. Le colonel général des Suisses est Henri, duc de Bordeaux, petit-fils du roi Charles X.
Lorsque le palais des Tuileries est envahi à nouveau, lors des Trois Glorieuses, les régiments suisses, craignant un autre massacre, ne sont pas utilisés à nouveau. Leurs unités sont définitivement supprimées le .
Légion étrangère En 1832, des vétérans des régiments suisses dissous forment un autre régiment, la légion d'Hohenlohe de la Légion étrangère pour le service en Algérie. Légion suisse recrutée durant la guerre de Crimée
Unités suisses au service de la Grande-Bretagne vignette|Le régiment de Meuron en Inde en 1800. Régiment de Meuron crée en 1781 et dissous en 1816. Au service de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales à Ceylan puis de la Grande-Bretagne au nom de « His Majesties Regiment de Meuron » en Inde et au Canada. Légion suisse britannique recruté durant la guerre de Crimée
Unités suisses au service du royaume de Naples
composé de lucernois, uranais, unterwaldiens et appenzellois régiment composé de fribourgeois et soleurois régiment composé de valaisans, grisons et schwytzois (Régiment Dufour) régiment composé de bernois
Unités suisses au service des Provinces-Unies et des Pays-Bas vignette|Soldats de régiments suisses au service du royaume des Pays-Bas en 1815-1828.
Zwitserse Gardes (Gardes suisses) Régiment d’infanterie Constant-Rebecque Régiment d’infanterie Salisch Régiment d’infanterie Stusler
Unités suisses au service du royaume de Sardaigne
Régiment Du Pasquier Régiment grison de Thonatz Régiment grison Régiment Keller Régiment de Glaris et d'Appenzell Régiment grison (Peyer-Imhof) Régiment de St-Gall Régiment de Lucerne
Unités suisses au service du Vatican
Garde suisse pontificale, crée le Liens externes Mercenaires suisses, le salaire du sang
Voir aussi
Bandes suisses Cent-Suisses Garde suisse Gardes suisses (France) Garde suisse pontificale
Référence
Catégorie:Groupe et type de mercenaires Catégorie:Histoire militaire de la Suisse