(ou ) est le nom gallo-romain de la ville de Langres, la capitale des Lingons. Les mentions de ce nom se retrouvent sur les bornes milliaires (en abrégé AND), la Table de Peutinger et l'Itinéraire d'Antonin. Toponymie Andemantunnum est composé de la particule intensive ande et matu « ours », attesté en toponymie, par exemple Matauonium (Cabasse, Var) ou Matouium (Grande-Bretagne), avec le suffixe -unnum, celui de Cernunnos ; le sens pourrait être : « grand oppidum des ours ».. Rebaptisée Langres sous le règne d'Auguste, lors de la réorganisation de la Gaule, en empruntant le nom du peuple gaulois Lingon dont elle était la capitale, ou .

Histoire

On doit à plusieurs historiens romains les premières mentions de la cité lingonne.

Tacite raconte la non-intervention des Lingons lors du soulèvement de certains peuples contre le pouvoir autoritaire de Néron. L'empereur éliminé, son successeur, Galba, punit ceux qui n'avaient pas participé à la révolte, les Lingons entre autres.

L'échec de Julius Sabinus

Après cet épisode, les Lingons s'allièrent à Vitellius dans sa lutte contre Othon, qui s'était proclamé empereur après avoir assassiné Galba. Profitant de ces troubles, Vespasien se fit proclamer empereur, mais cette situation plus que troublée poussa à des tentatives de prise de pouvoir individuelles. C'est ce moment que choisit le lingon Julius Sabinus pour tenter de s'imposer en se proclamant à son tour empereur.

En 70, cependant, le congrès des cités gauloises réuni à (Reims) demanda aux révoltés de cesser le soulèvement. Sabinus s'enfuit par un souterrain de sa villa qu'il avait préalablement incendiée pour faire croire à son décès. Il se réfugia pendant presque dix ans dans une grotte, traditionnellement située aux sources de la Marne, avec sa femme Éponine. Le calme revenu, Sabinus et Eponine se rendirent à Rome pour implorer le pardon de l'empereur Vespasien. Insensible à leur requête, il les fit exécuter tous les deux. Dion Cassius et Plutarque firent de cet épisode de l'histoire langroise une version romancée.

La s'installa à nouveau sur le territoire lingon. Jusque vers la seconde moitié du où commencèrent les incursions des Francs vers (Reims) et les Alamans vers (Lyon). Leur jonction s'opéra au sud de Langres qu'ils détruisirent. Les empereurs tentèrent de contenir leurs poussées.

La victoire de Constance Chlore Dans les Chroniques de Jean Zonaras, c'est ainsi au pied de la citadelle lingonne que l'empereur Constance Chlore battit les Alamans, probablement vers 298 – 300. L'empereur, mis d'abord en fuite, voulut se réfugier dans la cité avec sa troupe. Selon la légende, les portes closes obligèrent celui-ci à se faire hisser au-dessus des murailles à l'aide de cordes. La troupe reformée ressortit ensuite de la cité et massacra, probablement vers Peigney, ennemis.

Administrativement, faisait partie de la Gaule celtique lors de la conquête romaine par Jules César. La fut rattachée par la suite à la Gaule lyonnaise puis à la Gaule belgique. Sous Domitien, elle dépendit du territoire de la Germanie avant d'appartenir à nouveau à la Lyonnaise, au Bas-Empire.

Le site La ville est bâtie sur un éperon barré, entouré par la Marne et la Bonnelle. Elle occupe quasiment déjà, au début de l'Empire, la surface de la ville actuelle, soit presque soixante-dix hectares. Avec l'Empire, sa population croît encore et atteint probablement .

Les troubles du et la pression des envahisseurs poussent alors l'administration à concentrer la ville derrière des remparts. La partie nord englobe le promontoire et la partie sud de la ceinture passe un peu plus au nord de l'axe des rues actuelles du Petit-Cloitre, de la Boucherie et Boulière. La superficie de la cité est alors réduite à et abrite entre et .

Un important carrefour

La cité constitue, à partir du , un important nœud routier :

La Voie romaine (Lyon) - (Trèves) du réseau traverse la ville par son cardo. Cet axe est rejoint peu avant l'entrée sud de la cité par la voie qui la relie à (Besançon). Il ressort au nord par la Longe Porte et se prolonge par la Voie romaine Langres-Metz.

Une voie se dirige vers le nord-ouest en direction de (Reims), sur l'axe - (Boulogne-sur-Mer). Cette voie quitte la cité par un petit arc de triomphe intégré au rempart et encore en place de nos jours. Son parcours nord contourne la colline des Fourches et se dirige vers Humes-Jorquenay ; c'est l'actuelle R.N.-19.

Une autre grande voie reliant (Auxerre) à (Strasbourg) passe par son et franchit la Marne vers Peigney.

Vers le sud une voie conduit à Besançon (), D5 - traversant la Saône à Seveux ().

Vers le sud-est une autre voie, dont une partie du tracé correspondrait à l'actuelle R.N.-19, conduit à Vesoul après franchissement de la Saône à Port-sur-Saône ().

Les vestiges La cité gallo-romaine est bâtie selon le plan en damier, caractéristique des villes romaines antiques. Le , axe nord-sud, correspond approximativement aux actuelles rue Longue Porte – Rue Diderot et avenue Turenne. Le , voie perpendiculaire au croise celui-ci sur l'actuelle place Jeanne Mance.

La porte romaine L'Arc du Marché ou Porte romaine, datant de l'époque augustéenne (vers 20 ), est toujours visible, insérée dans les remparts de la ville.

Des fouilles archéologiques ont mis au jour : des tronçons de voies publiques et privées; certains ensembles résidentiels de l'époque romaine, avec maisons particulières relativement confortables (comme les actuelles place Bel-Air et place du Musée); certains vestiges de remparts, de systèmes hydrauliques (égouts, collecteurs, fontaines, sources), de lieux cultuels, de thermes.

Une vie artisanale existait dans les faubourgs de l'agglomération. Ateliers métallurgiques, taille de la pierre, travail de l'argile constituaient l'essentiel de leur activité.

Les nécropoles À l'extérieur de la ville, quatre nécropoles ont été mises au jour, aux quatre points cardinaux de la cité, classiquement situées le long des grandes voies de communication. La construction de la citadelle, au , à l'emplacement de l' « ancien cimetière », a permis de mettre au jour une collection lapidaire très abondante.

Aujourd'hui, de nombreux objets déposés dans le musée d'Art et d'Histoire témoignent de l'importance de cette capitale antique.

Vestiges lapidaires

Ils sont composés de plus de répertoriés : mosaïque de Bacchus, stèles funéraires

Notes et références

Annexes Bibliographie

A. Journeaux (dir.), Histoire de Langres, la vie d'une cité, , Guéniot, Langres, 2008.

Jean Baptiste Stanislas Martial Migneret, Précis de l'histoire de Langres, Langres, Dejussieu, 1835 (en ligne).

P.-Jacques Vignerio, Chronicon lingonense ex probationibus decadis historiae contextum uiriusque, Langres, 1665.

Articles connexes Langres Lingons Musée d'Art et d'Histoire de Langres Gaule romaine Via Agrippa de l'Océan Liste des noms latins des villes françaises Mediolanum (Mâlain)

Liens externes

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