La de l'Aisne, également appelée , se déroula du au durant la Première Guerre mondiale dans le département de l'Aisne. Sur le front occidental en 1918, le général Erich Ludendorff, chef d'état-major général adjoint allemand, lança sa troisième offensive : une attaque de diversion contre les Français qui tenaient le secteur du Chemin des Dames, sur l'Aisne. L'objectif de Ludendorff était d'empêcher les Français d'envoyer des renforts aux Britanniques qui se trouvaient dans le nord de la France, où il prévoyait une offensive sur Calais.

27 mai - Rupture du Chemin des Dames

L'offensive est dirigée par la du général Max von Boehn et la armée du général Bruno von Mudra, totalisant quarante-quatre divisions. L'objectif de leur offensive, du nom de code Blücher et Yorck, est de frapper entre Anizy et Reims la armée française du général Duchêne qui regroupe huit divisions dont trois britanniques.

Le secret avait été bien gardé ; il n'est éventé que quelques heures avant l'attaque par deux prisonniers. Ces prisonniers capturés par des patrouilles françaises des et divisions d'infanterie indiquent qu'une attaque violente est prévue pour le au matin. Cette attaque, confiée au Kronprinz en personne, comprend assistées de dont une grande partie de pièces lourdesLa lettre du Chemin des Dames (juillet 2018) pages 14 à 18.

Les services de renseignement français jugeant ces informations crédibles, le quartier général de la met l'ensemble de ses troupes en alerte. Le général Duchêne réclame et obtient trois divisions de renfort. Par contre, les prescriptions de Pétain relativement à l'abandon méthodique des premières lignes et la constitution en arrière d'une forte ligne de résistance ne sont pas appliquées.

Le jour et l'heure étant connus, l'artillerie française déclenche, à partir de minuit, un tir de barrage dans les premières lignes allemandes, où se réunissent les troupes qui vont attaquer, afin de contrarier et causer des pertes chez l'ennemi. L'assaut allemand débute par un tir de barrage de d'artillerie, se déchaîne avec des obus explosifs et à gaz si bien qu'à l'aube l'artillerie française est démontée. Ce marmitage est suivi d'une attaque de sept divisions sur un front de . Après avoir traversé, vers du matin l'Ailette, les Allemands déferlent sur le plateau du Chemin des Dames, dont ils s'emparent immédiatement, et avancent sur l'Aisne, prenant plusieurs ponts intacts. Les colonnes allemandes, accompagnées de lance-flammes et de cinq tanks britanniques récupérés après la bataille de Cambrai de 1917, progressent rapidement et irrésistiblement en ligne et dans les boyaux, partout les troupes françaises sont débordées. À ils sont à la Royère L comme La Royère , plus tard au Panthéon P comme Panthéon, à les sturmtruppen sont à la ferme L comme La Malmaison (ferme) et à la creute – une cavité creusée dans le calcaire – de la Malmaison L comme La Malmaison (creute), à ils sont à Maizy, sur l'Aisne. À , l'ordre de faire sauter les ponts sur l'Aisne parvient aux unités françaises, alors qu'en plusieurs endroits ils sont déjà aux mains des Allemands. En fin de journée, les Allemands ont avancé d'une quinzaine de kilomètres. L'Aisne est franchie ainsi que la Vesle dans la nuit.

Bien que l'offensive ait un objectif limité, ses premiers succès persuadent le haut commandement allemand d'abandonner l'offensive sur Calais et de poursuivre vers Paris, qui n'est qu'à . Cependant, le commandant du corps expéditionnaire américain, le général John Pershing, a envoyé des renforts aux Français : la du général Omar Bundy et la du général J. T. Dickman. Elles passent à l'action le , quand les Allemands menacent la Marne.

28 mai

Les troupes américaines lancent leur première attaque dans la guerre le deuxième jour de l'offensive allemande le long de l'Aisne. Cependant les combats sont principalement centrés sur le village de Cantigny à l'ouest de Montdidier. Des éléments de la américaine du général Robert Lee Bullard attaquent la armée allemande sous les ordres du général Oskar von Hutier. Les troupes du général Bullard s'emparèrent de Cantigny ; elles font alors Extrait du panneau descriptif relatant cet événement : les Américains, firent 225 prisonniers, dont cinq officiers, et s'emparèrent de 16 mitrailleuses, deux mortiers et 500 fusils le et arrêtent une série de contre-attaques les jours suivants. Les pertes américaines s’élèvent à et et gazés. Dans la soirée, les Allemands entrent dans Soissons.

29 mai Pour éviter que la poche s'élargisse sur ses deux extrémités septentrionales, Foch envoie la de Maistre dans la région de Villers-Cotterêts et engage la (Micheler) sur le front Prunay, Arcis-le-Ponsart occupant solidement la montagne de Reims : fort de la Pompelle, Reims, Vrigny, Verneuil, Tréloup. Les Américains quittent la Picardie pour la Marne.

Après de lutte, la seule division française qui défendait Fère-en-Tardenois l'abandonne aux Allemands. En trois jours, ceux-ci ont fait .

La division marocaine et le régiment de marche de la Légion étrangère sont acheminés par camions à l'ouest de Soissons qui vient de tomber aux mains de l'ennemi. Il s'agit de bloquer son avance vers Villers-Cotterêts en prenant position sur la montagne de Paris. L'attaque se déclenche au petit matin après un bref mais violent barrage d'artillerie. Nettement supérieurs en nombre, les Allemands réussissent à prendre pied dans les positions de la Légion. Obligés d'économiser leurs munitions, les légionnaires perdent , et en deux jours de combat. Néanmoins, le régiment de marche de la Légion étrangère réussit à maintenir ses positions et à bloquer l'avance allemande dans son secteur.

30 mai Contenue devant Château-Thierry, l'avant-garde de von Boehn atteint la Marne à Jaulgonne : ne pouvant franchir la rivière, dont les Américains interdisent le passage, l'armée von Boehn va la border de Château-Thierry à Verneuil où les attaques allemandes se multiplient.

Les troupes françaises font alors sauter le pont de Verneuil puis celui de Dormans.

L'attaque de Reims est repoussée par Micheler.

2-4 juin Le , l'artillerie allemande entre en action sur Vandières et Châtillon-sur-Marne pendant qu'un canon de 130 bombarde Épernay.

La américaine du général J.T. Dickman lance une attaque contre les forces allemandes qui menacent Château-Thierry. La division réussit à empêcher les sturmtruppen qui participent aux opérations Blücher et Yorck de traverser la Marne. Elle contre-attaque ensuite avec l'aide des Français, ce qui force les Allemands à se replier à Jaulgonne, sur la Marne.

Le général Erich Ludendorff met un terme à sa double offensive, Blücher et Yorck, commencée le . Bien que ses unités d'assaut aient opéré une percée d'un maximum de sur une distance de , elles sont en perte de vitesse. Il doit également faire face à des contre-attaques françaises et américaines de plus en plus puissantes.

Les pertes allemandes s'élèvent à , et celles du camp adverse sont du même ordre. Cependant, Ludendorff prévoit déjà sa quatrième offensive sur le front occidental en 1918.

6 juin

Dans le cadre des contre-offensives contre les forces allemandes qui tiennent leurs territoires récemment conquis le long de la Marne, la américaine sous les ordres du général Omar Bundy attaque le bois Belleau, situé légèrement à l'ouest de la ville de Château-Thierry.

La brigade des Marines et la d'infanterie dirigent l'attaque. Elles comprennent plusieurs troupes. Celles de Bundy affrontent quatre divisions allemandes, elles libèrent le bois après trois semaines de combat malgré leur infériorité numérique. Il y a et .

9-13 juin (bataille du Matz)

Sous l'ordre du général Erich Ludendorff, chef d'état major général adjoint, la du général Oskar von Hutier lance la quatrième série d'offensives. Ludendorff prévoit de réunir les deux saillants pris lors des précédentes attaques dans le secteur d'Amiens, de l'Aisne et de la Marne. Hutier doit attaquer à l'ouest le long de la rivière Matz, un affluent de l'Oise, dans la direction de Noyon et de Montdidier.

Cependant le commandant de la française, le général Humbert, averti par des déserteurs allemands a organisé sa défense en conséquence. Et sur son ordre, son artillerie bombarde sévèrement les troupes d'assaut ennemies peu avant leur offensive. Cependant, le barrage ne permet pas d'empêcher les troupes allemandes d'avancer de le premier jour de leur attaque, connu sous le nom de code . Le , Hutier prend Ressons, le , Ribécourt, et les troupes françaises doivent se replier derrière l'Oise et le Matz ; mais la gauche tient bon, et les Allemands ne peuvent prendre Courcelles.

Le , à partir de Méry, le général français Charles Mangin organise une contre-attaque de trois divisions françaises et deux divisions américaines. Elles attaquent la le , déciment trois divisions allemandes, obligent deux autres de réserve à s'engager, capturent et et forcent Ludendorff à mettre fin à l'opération le lendemain.

Combat de Cœuvres Pour relier les troupes allemandes d'Oskar von Hutier et celles de la du général Max von Boehn, Ludendorff lance celui-ci à l'attaque, en direction de Pierrefonds, entre les deux forêts de Villers-Cotterêts et de Compiègne.

Après une violente préparation d'artillerie, von Boehn attaque dans la région de Saint-Pierre-Aigle et sur le plateau des Trois-Peupliers. De forts détachements réussissent à s'infiltrer dans les bois par Vertes Feuilles. Il y avait là une division d'élite, la de cavalerie à pied du général Hennocque. Les , et de cuirassiers résistent héroïquement, et ce n'est qu'après un terrible corps à corps, et au prix des plus lourds sacrifices, que les Allemands réussissent à progresser jusqu'au ru de Retz.

Le , les forces allemandes ne peuvent avancer du côté d'Ambleny, mais parviennent au ravin, à l'est de Laversine, pénètrent dans Cœuvres, Valsery et Saint-Pierre-Aigle et rejettent les troupes françaises vers Montgobert. Le 13, après de terribles combats, au cours desquels elles n'avancent que pied à pied, elles réussissent à emporter Laversine, mais ne peuvent déboucher de Cœuvres ni progresser à l'ouest de la Ferme Vertes Feuilles. Violemment bombardées et attaquées par les chars d'assaut, elles subissent de grosses pertes ; la bavaroise est fort éprouvée par les obus toxiques dans la région de Cœuvres ; deux compagnies notamment, en soutien à Cutry, sont presque entièrement intoxiquées.

Le , les Allemands, essoufflés et décimés, sont contenus partout. Dès le 15, les contre-attaques françaises les rejettent de Cœuvres et de Valsery ; un bataillon du capture et dans Cœuvres. Le , la progression continue à l'est d'Ambleny, au sud de Valsery et de Montgobert. Le , une attaque sur , du sud d'Ambleny à l'est de Montgobert permet de regagner près de en profondeur. Les villages fortifiés de Fosse-en-Haut, Laversine, les hauteurs nord-ouest de Cutry et les croupes sud de Saint-Pierre-Aigle sont enlevées et près de capturés. Le lendemain, à deux reprises, les Allemands tentent de reprendre les positions perdues, mais se font durement repousser. Les troupes françaises les harcèlent sans cesse. À la fin de juin, dans la région de Saint-Pierre-Aigle ; la allemande, très éprouvée, doit être relevée par la , venue du front de Lens. Le au matin, deux bataillons du de tirailleurs marocains de la d'infanterie et des chars d'assaut soutenus par l'artillerie de la division du Maroc, emportent le plateau de Cutry et s'emparent de , , , , et un canon de 77.

Puis la bataille s'éteint à l'est comme au nord. L'offensive sur Compiègne est définitivement enrayée.

Les pertes françaises et américaines s'élèvent à . On estime que les pertes allemandes sont beaucoup plus élevées. Ludendorff, qui souhaite de plus en plus marquer une victoire décisive, prévoit une cinquième offensive ailleurs sur le front occidental.

15-17 juillet