Le Grand-duc d'Amérique (Bubo virginianus) ou Grand-duc de Virginie, est une espèce de rapaces nocturnes appartenant à la famille des Strigidae et à la sous-famille des Striginae. Il est souvent comparé avec son cousin le Grand-duc d'Europe avec qui il partage de nombreux points communs.

Description Cet oiseau est le deuxième plus grand des hiboux d'Amérique après le Harfang des neiges ; sa taille varie cependant significativement selon son habitat et l'abondance de la nourritureMcGillivray, B. (1989), Geographic variation in size and reserve size dimorphism of the great horned owl in North America. The Condor, 91: 777-786. .

Avec un bec crochu, de grandes ailes, des serres puissantes, le Grand-duc est parfaitement adapté à la chasse nocturne d'animaux de petite taille. Ses yeux jaunes perçants et ses aigrettes en font un oiseau impressionnant pour l'homme.

Cet oiseau mesure 45 à de longueur pour une envergure de 90 à et une masse de à . Il ne présente pas de dimorphisme sexuel en termes de couleurs, mais en termes de grosseur, les femelles sont un tiers plus grosse que les mâles comme chez la plupart des oiseaux de proie. Il a la gorge blanche.

Habitat thumb|250px|Répartition Le Grand-duc d'Amérique niche dans la majeure partie du continent américain. thumb|250px|Ses yeux jaunes et ses aigrettes. Cet oiseau est un des hiboux les plus adaptables, résidant dans les arbres de tout type de forêts, de jungles, de prairies, de déserts, de toundras, de mangroves et même de zones urbaines. Il évite cependant les zones trop extrêmes, comme le cœur des déserts, ou trop boisées. On le retrouve rarement en altitude en Amérique du Nord, alors qu'il s'est bien adapté aux plateaux des Andes dans le sud de son aire de répartition.

Éthologie et reproduction Généralement sédentaire, cet oiseau défend son territoire, surtout en période de reproduction, avec toutefois des jeunes ayant un comportement non territorialRohner, C. (2001), Non-territorial floaters in great horned owls (Bubo virginianus). Owl Symposium: 347-362. allo (résumé). Vocalisations : Très bruyant à la saison de reproduction, il émet un hululement puissantKinstler, K. (2009) Great horned owl Bubo virginianus vocalizations and associated behaviours. Ardea, 97/4: 413-420, typique du chant des hibouxMiller, A. (1934), The vocal apparatus of some North American owls. The Condor, 36/5: 204-213. Il niche dans d'anciens nids d'autres grands oiseaux, dans des trous d'arbres, des corniches de falaise et même au sol.

Habituellement le plus actif au crépuscule et à l'aube, c'est un chasseur efficace. Il bénéficie d'une bonne vision nocturne et d'une bonne acuité visuelleFite, K. (1973), Anatomical and behavioral correlates of visual acuity in the great horned owl. Vision Research, 13/2: 219-230 ainsi que d'une ouïe particulièrement développée.

Alimentation Il capture surtout de petits mammifères (campagnols, etc.) dont certains ont développé des "comportements anti-prédateurs"Rohner, C., C. Krebs. (1996) Owl predation on snowshoe hares: Consequences of Antipredator Behaviour. Oecologia, 108/2: 303-310, des insectes, des reptiles, des amphibiens et des oiseaux (y compris d'autres rapaces nocturnes et des gélinottes).

Il peut chasser et manger les moufettes, grâce à son odorat très peu développé. La prédation a été observée sur tous les types de mouffettes nord américaines, dans certains cas sur des animaux au moins trois fois plus gros que le Grand-duc prédateur Bent, A. C. 1938. Life histories of North American birds of prey, Part 2. U.S. National Museum Bulletin 170:295-357.Cromrich, L. A., Holt, D. W., & Leasure, S. M. (2002). Trophic niche of North American great horned owls. Journal of Raptor Research, 36(1), 58-65.Huey, L. M. (1931). Skunks as Prey for Owls. The Wilson Bulletin, 224-224, et un nid a été trouvé contenant les restes de de tous types . Une conséquence est que les nids de Grands-ducs ont tendance à manifester une forte odeur de mouffetteHouston, C. Stuart, Dwight G. Smith and Christoph Rohner. 1998. Great Horned Owl (Bubo virginianus), The Birds of North America Online (A. Poole, Ed.)Crocoll, S. T. (1984). Breeding biology of broad-winged and red-shouldered hawks in western New York (Doctoral dissertation, State University of New York at Fredonia, 1984--Department of Biology.).

Déplacements et migrations Cet oiseau est sédentaire. Après leur émancipation, les jeunes explorent leur environnement pour trouver un territoire disponible et leur convenant et s'y établir.

Répartition et sous-espèces vignette|gauche|La sous-espèce B. v. saturatus. vignette|gauche|La sous-espèce B. v. pallescens. Selon de l'Union internationale des ornithologues il se répartit en quinze sous-espèces (ordre phylogénique) : B. v. algistus (Oberholser, 1904) — ouest de l'Alaska ; B. v. lagophonus (Oberholser, 1904) — du centre de l'Alaska à l'Idaho ; B. v. saturatus Ridgway, 1877 — littoral du sud-est de l'Alaska au nord de la Californie noirâtre ; B. v. pacificus Cassin, 1854 — littoral de Californie à la péninsule de Basse-Californie ; B. v. subarcticus Hoy, 1853 — centre-ouest du Canada blanchâtre ; B. v. pallescens Stone, 1897 — du sud-ouest des États-Unis au sud du Mexique blanchâtre ; B. v. pinorum Dickerman & Johnson, 2008 — du sud de l'Idaho au nord de l'Arizona et du Nouveau-Mexique ; B. v. heterocnemis (Oberholser, 1904) — du nord-est du Canada aux Grands Lacs ; B. v. virginianus (Gmelin, 1788) — sud-est du Canada et centre/est des États-Unis ; B. v. elachistus Brewster, 1902 — péninsule de Basse-Californie (sud) ; B. v. mayensis Nelson, 1901 — péninsule du Yucatán ; B. v. mesembrinus (Oberholser, 1904) — du sud du Mexique à l'ouest du Panama ; B. v. nigrescens Berlepsch, 1884 — de la Colombie au nord-ouest du Pérou ; B. v. nacurutu (Vieillot, 1817) — plaines tropicales d'Amérique du Sud ; B. v. deserti Reiser, 1905 — nord-est du Brésil.

Menaces L'espèce est en régression, probablement à cause de la destruction, fragmentation et régression de ses habitats, et à cause d'une dégradation de la qualité de certaines de ses proies, contaminées par des pesticides, métaux lourds (plomb notamment, qui est cause de saturnisme aviaireWeir, D., Hanson, A. (1989), Food habits of great horned owls (Bubo virginianus) in the Northern Taiga of the Yukon Territory and Alaska. Can. Field Nat. 103, 12–17 résumé . Des parasitoses ou attaques des jeunes au nid par des tiques ou mouches hématophages peuvent affaiblir les jeunes et faciliter certaines maladies (leucocytozoonoses)Hunter, D., C. Rohner, D. Currie. (1997), Mortality in fledgling great horned owls from black fly hematophaga and leucocytozoonosis. Journal of Wildlife Diseases, 33/3: 486-491.

Galerie

Notes et références Notes

Références

Voir aussi

Références taxonomiques

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Liens externes

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