La Presse est un journal quotidien québécois fondé en 1884 à Montréal. Il traite de l'actualité internationale ainsi que de la vie politique, économique et culturelle. Depuis , celui-ci est entièrement numérique et n'est donc plus imprimé.

Détenu pendant plusieurs années par l'entreprise Power Corporation de la famille Desmarais, sa ligne éditoriale est considérée comme centriste et fédéraliste. Depuis 2018, à la suite du dépôt du projet de loi 400 à l'Assemblée nationale du Québec par la ministre de la Culture et des Communications Marie Montpetit, La Presse n'est plus une entreprise à but lucratif. Son capital devient incessible et il est désormais détenu par une fondation pour la liberté de la presse, ce modèle s'inspirant du journal britannique The Guardian détenu par le Scott Trust.

Historique Débuts et premières années Le quotidien La Presse est fondé le par William-Edmond Blumhart. Le typographe Trefflé Berthiaume en devient le dirigeant en 1889 et le propriétaire en 1894. Son journal dépasse bientôt la Patrie en tirage. En , la direction organise une « Croisière de La Presse » vers Québec. Le journal organisait aussi une charité nommée l'Œuvre des étrennes aux enfants pauvres. Une illustration en première page du célébrait le de la proclamation du dogme de l'Immaculée-Conception. En effet, l'usage était alors de mettre une illustration au lieu d'une photo sur la page titre.

Dans la nuit du , Berthiaume vend La Presse au financier David Russell pour la somme de Jean de Bonville. « Berthiaume, Trefflé », Dictionnaire biographique du Canada, 2000, consulté le .. Le journal est racheté peu de temps après par deux financiers torontois, Donald Mann et William Mackenzie. Berthiaume regrette la transaction et au cours des mois suivants, il supplie Wilfrid Laurier d'intercéder auprès des nouveaux propriétaires afin qu'ils consentent à lui remettre son journal.

Il parvient finalement à reprendre en partie le contrôle sur son journal en 1906 en le rachetant à perte. En plus d'être débiteur des anciens propriétaires, ceux-ci lui imposent un représentant au comité de direction. Berthiaume ne redeviendra l'unique propriétaire de son journal qu'en 1913.

Dans son édition du , La PresseJocelyn Saint-Pierre, Histoire de la tribune de la presse à Québec, 1871-1959, . déclare à son lectorat qu'elle .

En , l'édition quotidienne de La Presse atteint une circulation moyenne de par jour, dont pour Montréal et la banlieue, et 50 545 pour les endroits en dehors de Montréal.

À la suite du décès de Trefflé Berthiaume, en , ses trois fils occupent diverses fonctions : l’aîné, Arthur, préside la compagnie et dirige les finances et l’administration alors qu’Eugène s’occupe de la rédaction et Édouard de l’équipement. Pamphile DuTremblay, gendre de Trefflé Berthiaume, devient à son tour président de La Presse en 1932.

Le , il annonçait avoir installé dans ses bureaux le plus puissant poste de radiotéléphonie d'Amérique. La station de radio CKAC est créée le suivant. En 1933, le journal rachète la Patrie« Description », Bibliothèque et archives nationales du Québec, consulté le .. Le , son président P.-R. Dutremblay décède.

Seconde moitié du Les typographes de La Presse commencent une longue grève le . Elle ne finit que le , soit près de six mois plus tard. Le quotidien concurrent Le Journal de Montréal est lancé durant cette grève. Gérard Pelletier est le rédacteur en chef de La Presse de 1961 à 1965.

De 1968 à 1972, La Presse est présidée et éditée par Pierre Dansereau, ancien président du journal Le Nouvelliste de Trois-Rivières, que vient d'acquérir Paul Desmarais de la famille Dansereau. À partir du , le journal cesse de paraître; il paraîtra de nouveau à partir du .

De 1972 à 1980, La Presse est présidée et éditée par Roger Lemelin, écrivain de profession. Roger D. Landry a ensuite dirigé le journal pendant vingt ans. Le journal connaît une grève de sept mois du au .

La présentation du journal change beaucoup au cours du . Elle subit un remodelage graphique complet en , puis un autre en 2003. Raymond Guérin, chroniqueur humoristique, a écrit une Ode à La Presse dans laquelle il énumère les personnages dont le journal a été témoin : Yvon Robert, la Famille Soucy, l'Abbé Warré, la Bolduc, les sœurs Dionne, Aurore, l'enfant martyre, Tit-Coq, Dupuis Frères, Jean-Guy Moreau, J.J. Joubert, Maurice Richard, Henri Richard, le Père Ambroise, Octave Crémazie, le Docteur Lambert, Henry Morgentaler

Depuis 1984, La Presse honore une personnalité de l'année. Dans le passé, elle a honoré Julie Payette, Daniel Langlois et Gaétan Boucher. La même année, le journal lance un livre mémorial pour célébrer son centième anniversaire. Un livre semblable fut publié en 1999 chez les Éditions La Presse pour rappeler les événements du .

La Presse s'oppose à la souveraineté du Québec à plusieurs reprises. Le journal se prononce notamment contre lors des référendums de 1980 et 1995. Le journal prend également position en faveur de partis fédéralistes à l'occasion de chaque élection.

André Pratte, qui fut par la suite membre du Sénat du Canada, est l'éditorialiste en chef de 2001 à 2015. Il écrit qu'en 1967, le journal prend une position en faveur de la Constitution du Canada. La ligne éditoriale appuie la grève étudiante québécoise de 2005 et le mariage entre personnes de même sexe au Canada et s'oppose à la deuxième guerre du Golfe et à la grève étudiante québécoise de 2012.

Par ailleurs, Pierre Foglia (parti à la retraite en 2015) écrit des chroniques sur la société québécoise et sur le Tour de France. Judith Lachapelle a remporté le prix Judith-Jasmin pour ses reportages sur les aliments bio. Stéphane Laporte écrit des Clins d'œil en première page et des chroniques humoristiques du samedi (autrefois le dimanche), qui parlent surtout de son enfance. Denis Lessard, Joël-Denis Bellavance et Tommy Chouinard écrivent des articles politiques.

À partir de 2001, avec l'arrivée en poste de l'éditeur Guy Crevier, le quotidien a entrepris une refonte : modernisation de sa maquette, création de nouveaux cahiers thématiques, augmentation de la couverture internationale Il a aussi pris un virage relève en faisant de la place à de jeunes collaborateurs. Ces changements ont eu comme résultat une augmentation sensible de la qualité du journal et, ultimement, du nombre de lecteurs.

En 2011, la stratégie de marque est repensée et La Presse arbore un nouveau logo. Les marques La Presse pour la version papier et Cyberpresse pour la version web apparaissent désormais sous la seule marque La Presse pour plus de cohérence et dans le but d'unifier la marqueCaroline Fortin, « Nouveau logo pour La Presse », marketingmag.ca..

En , La Presse lance La Presse+, une édition numérique gratuite pour iPad. La Presse+ offre gratuitement l’ensemble des contenus rédactionnels de La Presse papier en version enrichie et plusieurs contenus exclusifs. Au-delà de l’édition quotidienne, La Presse+ permet aussi aux lecteurs de demeurer à l’affût de l’actualité grâce à une fonction de nouvelles en direct.

En , neuf mois après son lancement, l'édition numérique La Presse+ avait été installée sur . Se pose aujourd'hui la question de la rentabilité de ce « nouveau média » et l'avenir du papierAntoine Boyet, « La Presse+, le quotidien canadien qui mise tout sur les tablettes », Arrêt sur Images, ..

Le , La Presse annonce qu'il sera le premier grand quotidien à abandonner l'édition papier en semaine, seule l'édition du samedi continuera à être imprimée dès le . L'abandon de l'édition papier en semaine provoqua la perte de à la salle de rédaction et, en incluant tous les postes concernés, d'un total de .

Le , La Presse se tourne définitivement vers le numérique en publiant sa dernière édition papier, ce qui entraîne une réduction de personnel touchant réguliers et temporaires. La Presse propose donc désormais un écosystème entièrement numérique qui regroupe l'édition gratuite sur tablette La Presse+, l'application pour téléphones La Presse Mobile et le site web lapresse.ca.

Le fonds d’archives La Presse est conservé au centre d’archives de Montréal de Bibliothèque et Archives nationales du Québec..

Transformation en société par actions détenue par une « fiducie d’utilité sociale » en 2018

Le président du quotidien, Pierre-Elliott Levasseur, a annoncé le mardi , que La Presse se détacherait de Power Corporation et deviendrait « une structure sans but lucratif. », avec pour objectif de demander le statut fédéral d’organisme de bienfaisance. permettant l’émission de « reçus officiels de dons. » aux fins fiscales, l’aide gouvernementale et un régime fiscal plus avantageux, tout en se mettant à l’abri d’acheteurs éventuels. « C’est le meilleur des deux mondes » a assuré en conférence de presse à la suite d’une rencontre avec les employés. « La Presse va continuer de défendre les mêmes valeurs qu’elle a défendues au cours des cinquante dernières années : La Presse a toujours défendu les intérêts du Québec et continuera à les défendre » a-t-il affirmé ajoutant qu’aucune mise à pied n’était prévue et que les journalistes, chroniqueurs, éditorialistes et patrons de la salle de nouvelles demeureraient en poste.

Le gouvernement québécois avait approuvé il y a l’achat de La Presse par la famille Desmarais par l’entremise d’une loi privée. Un nouveau projet de loi doit maintenant invalider l’ancien, si possible avant la fin de la session parlementaire, le . Le premier ministre Philippe Couillard croit qu’une adoption rapide est possible, mais « la collaboration des partis d’opposition sera nécessaire. ».

La ministre de la Culture et des Communications, Marie Montpetit, dépose le projet de loi 400 afin de permettre à La Presse de se détacher de Power Corporation et de devenir un organisme sans but lucratif. Cette transformation nécessite l’abrogation d’une loi privée adoptée en 1967, qui impose à l’entreprise une autorisation de l’Assemblée nationale pour tout changement de contrôle ou de cession d’actifs.

À l’Assemblée nationale, Marie Montpetit plaide que cette disposition surannée place La Presse dans une situation qui s'apparente à une tutelle gouvernementale, contraire au principe d’indépendance de la presse. Elle défend le projet de loi au nom de la liberté de gestion des médias, de l’équité entre les entreprises de presse et de la nécessité d’agir pour assurer la pérennité d’un média d'information. Elle affirme : « Il n’appartient pas aux parlementaires de s’immiscer dans un média, ni dans son contenu, ni dans sa structure. Nous devons être guidés par des principes fondamentaux qui sont la séparation entre le politique et les médias et l’équité entre les différents médias».

Le , le gouvernement Couillard utilise le bâillon pour couper court aux débats à l'Assemblée nationale et forcer la tenue d'un vote sur le projet de loi 400, qui permettra désormais à La Presse de changer sa structure de propriété. Le projet de loi est adopté, malgré l’opposition du Parti québécois et de la députée indépendante Martine Ouellet.

Le , La Presse devient totalement indépendante de son ancien propriétaire Power Corporation.

Le , Pierre-Elliott Levasseur, président de La Presse, annonce la création officielle de la « fiducie d'utilité sociale » art. 1270, 1282, 1294 et 1298 du Code civil du Québecart. 1270, 1282, 1294 et 1298 du Code civil du Québec. qui présidera désormais aux destinées de La Presse. « La Fiducie de soutien à La Presse est une fiducie d'utilité sociale détenant l'entièreté des actions de La Presse.