Harry Alfred Rée ( - ) est un spécialiste britannique en éducation et, pendant la Seconde Guerre mondiale, un agent du service secret britannique Special Operations Executive qui a été envoyé en France pour aider la résistance.
Biographie Premières années Il est le fils du Alfred Rée, chimiste qui descend d’une illustre famille danoise juive et de Lavinia Dimmick, une Américaine arrière-petite-fille d’Eleuthère Irénée du Pont de Nemours.
Il est éduqué à la Shrewsbury School et à l'Université de Cambridge puis en 1936-1937, étudie à l’Institut d'Éducation et à l’Université de Londres. Il devient professeur de langue à la Grammar School de Bradford et à la Beckenham and Penge County School.
En 1940, il épouse Hetty Vine. Cette année-là, il rejoint le Special Operations Executive (SOE), est nommé Capitaine et reçoit le nom de guerre « César ».
Mission secrète en France Le , il est parachuté en France sur les collines de Sarrouilles (près de Tarbes) en même temps qu'Amédée Maingard. L'arrivée des deux hommes est coordonnée par Maurice Southgate. Après un cafouillage à l'arrivée, ils sont confiés à Édouard Teyseyre, membre du réseau HO-HO (vraisemblablement par Jacqueline Nearne, permanente locale). Ils sont cachés au café Chez Édouard, place du Foirail, à Tarbes, pendant plus d'une semaine.
Maurice Southgate le transfère au réseau Headmaster, centré sur Clermont-Ferrand et qui s'intéresse aux usines Michelin. Harry Rée repart par le train vers Belfort, chargé d'une valise assez lourde qui lui aura été discrètement remise à la gare de Tarbes par Louis Teyseyre, fils d'Édouard. Il devient l'assistant de Brian Rafferty, chargé de développer les contacts à Dijon et dans le pays de Montbéliard.
Le , Brian Rafferty est arrêté sur dénoncation d’un agent double, le capitaine F., officier d’active qui se suicidera le 13 septembre 1945. Le réseau Headmaster est alors dissous. Le 19, chargés de venir établir le réseau Acrobat, John Starr « Bob », chef du réseau, et John Young « Gabriel », son opérateur radio, sont parachutésRéception assurée par le groupe d'Auguste Grancher « Gutt ». à Blye (Jura, près de Lons-le-Saunier), au centre de leur zone d'action allant de Dijon et Besançon au nord jusqu'à Bellegarde au sud. Harry Rée est alors transféré à Acrobat.
Mais les manières arrogantes de John Starr ne lui plaisant pas et le réseau Acrobat lui paraissant peu sûr, il est heureux d'être envoyé en mission solitaire à BelfortFoot, ..
En juin, Diana Rowden arrive comme courrier d'Acrobat. Elle est déposée par un Lysander dans la nuit du 16 au 17. Le John Starr est arrêté à Dijon. Harry Rée est placé à la tête du réseau, qui prend son nom de Stockbroker autour de Belfort, avec Diana Rowden comme courrier. Il fait savoir qu'il n’est pas favorable aux bombardements de la RAF en France, estimant qu’ils tendent à retourner l’opinion publique française contre les Alliés. Il suggère que des agents du SOE organisent sur le terrain des sabotages efficaces d’usines.
Le , il organise avec succès le sabotage de l’usine Peugeot de Sochaux, qui travaille pour les Allemands (tourelles de chars, équipements de moteurs). Pour cela, il convainc le directeur local qu’il pourrait éviter de nouveaux bombardements (imprécis et coûteux en vies humaines) en sabotant ses usines lui-même. L'usine sera arrêtée trois mois. Le 15, il organise une attaque-leurre contre des compresseurs et des transformateurs à Sochaux pour détourner les soupçons. Les Allemands cherchent à le capturer. Il échappe à un groupe de la Feldgendarmerie qui lui tire quatre fois dessus, et il doit nager dans une rivière traversant une forêt des environs. Il parvient à s’échapper en Suisse et à conserver des contacts avec son organisation.
Il est remplacé en par un officier américain, Ernest Floege, et retourne en Grande-Bretagne, où il est affecté à l'état-major des FFI.
En 1946, il joue dans le film Now it Can be Told (ou School for Danger), produit par une unité cinématographique de la RAF, qui raconte les activités du SOE en France.
Carrière de spécialiste en éducation Après la guerre, Rée devient directeur de la Grammar School pour garçons de Watford. Il est le premier professeur des études d’éducation à l’Université de York de 1963 à 1974. Il prône l’éducation par les comprehensive schools. Il est un membre actif de la Société pour la Promotion de la Réforme de l’Éducation et du Programme pour la Réforme de l’Éducation Secondaire.
Il quitte l’université en 1974 et part à la Woodberry Down Comprehensive School de Hackney où il devient un professeur ordinaire. Il prend sa retraite en 1980 mais continue à prôner l'établissement de liens étroits entre les écoles de la Communauté européenne et l’abrogation de l’Education Act de 1988.
Il meurt le .
Identités État civil : Harry Alfred Rée Comme agent du SOE : Nom de guerre (field name) : « César » Code opérationnel SOE : STOCKBROKER (en français AGENT DE CHANGE) Fausses identités : 1. — Henri Rehmann, cultivateur, né le à Thuilley-aux-Groseilles, dom. 32 rue des Salines, Lons-le-Saunier ; 1,82 m, cheveux chat. clair, yeux bleus. 2. — Jules Schneider, né le à Massevaux (Haut-Rhin), dom. Annecy, etc. Parcours militaire : unité : SOE, section F ; grade : captain.
Famille Son père : Alfred Rée, chimiste qui descend d’une illustre famille danoise juive. Sa mère : Lavinia Dimmick, une Américaine arrière-petite-fille d’Eleuthère Irénée du Pont de Nemours Sa femme : Hetty, fille de Mr Eardley Vine de Beaconsfield
Reconnaissance Décorations Royaume-Uni : Ordre du Service distingué (DSO) ; Officier de l'Ordre de l'Empire britannique (OBE). France : Chevalier de la Légion d'honneur (LH) ; Croix de guerre 1939-1945 (CG). Plaque Une plaque commémorative est apposée sur l'ancien Poste de Commandement du Captain Harry Rée, chef du réseau STOCKBROKER, 2 bis rue Pierre Denfert Rochereau, 90000, Belfort ; inauguration le .
Œuvres
Extraordinary: The Life and Achievements of Henry Morris, Longman, 1973. The Henry Morris Collection, Cambridge University Press, 1984Henry Morris - infed.org.
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie
Jean Vartier, Histoires secrètes de l'occupation en zone interdite (1940-1944, Hachette, 1972. Voir la deuxième partie En Franche-Comté, ch. « La vallée du Doubs est bien belle », (message personnel de la B.B.C.), . William MacKenzie, The Secret History of SOE, et 600. Michael R. D. Foot, Des Anglais dans la Résistance. Le Service Secret Britannique d'Action (SOE) en France 1940-1944, annot. Jean-Louis Crémieux-Brilhac, Tallandier, 2008, . Traduction en français par Rachel Bouyssou de SOE in France. An account of the Work of the British Special Operations Executive in France, 1940-1944, London, Her Majesty's Stationery Office, 1966, 1968 ; Whitehall History Publishing, in association with Frank Cass, 2004. Jean-Pierre MarandinRésistances 1940-1944, vol. 1 À la frontière franco-suisse, des hommes et des femmes en résistance, éditions Cêtre, 2005, rééd. 2009, César - Stockbroker. Un réseau franco-britannique en Franche-Comté Bourgogne, 1942-1944, éditions du Sékoya, 2020, .
Liens externes
Fiche Ree, Harry Alfred, avec photographies sur le site Special Forces Roll of Honour. Spartacus Educational about Harry A. Rée Papers and recordings of Harry Alfred Rée, Institute of Education'', Londres. Notice du film Now It Can Be Told
Catégorie:Naissance en octobre 1914 Catégorie:Décès en mai 1991 Catégorie:Special Operations Executive Catégorie:Résistant britannique Catégorie:Professeur britannique Catégorie:Militaire britannique de la Seconde Guerre mondiale Catégorie:Compagnon de l'ordre du Service distingué Catégorie:Officier de l'ordre de l'Empire britannique Catégorie:Décès à 76 ans Catégorie:Résistant de Besançon