Le château de Berzé (ou forteresse de Berzé-le-Châtel) est un château fort médiéval des , , et situé sur le territoire de la commune française de Berzé-le-Châtel, en Saône-et-Loire et région Bourgogne-Franche-Comté.

C'est l'un des quatorze lieux de « La Route des châteaux en Bourgogne du Sud »<ref>Les treize autres châteaux de Saône-et-Loire réunis au sein de cette route étant ceux de Brancion, Chaumont-en-Charolais, Cormatin, Couches, Digoine, Drée, Germolles, La Ferté, Pierreclos, Pierre-de-Bresse, Rully, Saint-Point et Sully. Source : « La Route des châteaux : un voyage à travers l'histoire », 71 Le Mag''' (magazine trimestriel du conseil départemental de Saône-et-Loire), n° 41, avril 2025 (page 35).</ref>.

Protection Le château est classé aux monuments historiques depuis le .

Historique vignette|Face sud du château de Berzé-le-Chatel, le 11 mai 2024. En 991, à la fin de l'Empire carolingien et du Royaume de Bourgogne, et au début de la féodalité et de la fondation des Royaume de France, duché de Bourgogne, comté de Mâcon et abbaye de Cluny, un castrum est attesté sur l'emplacement du châteauLe castrum de Berzé est attesté dans un cartulaire de Cluny datant de l’année 991.. Constitué initialement d’un donjon primitif en bois et d’une chapelle carolingienne en pierre, le château des sires de Berzé s’impose dès lors comme la plus ancienne baronnie du Mâconnais. Les Berzé, dont la plus ancienne trace remonte au début du constituent une famille vassale du roi de France, détenant sur ses terres les droits de basse et de haute justiceHugues II de Berzé (v.1110-1171) "possède justice pleine et entière sur Berzé, Pierreclos, Sologny, Serrières et Milly, dont les habitants doivent guet et garde au château. Un diplôme du roi Philippe Auguste reconnaît qu’Hugues de Berzé avait placé « sous la foi et l’hommage » du roi de France son château de Berzé, lequel « échappe ainsi à la souveraineté du comte de Mâcon », Jean Richard.. Les plus éminents, comme Hugues IV de Berzé (v.1150 / v.1220), trouvère et participant à la IVe croisade avec son pèreSa participation à la Ve croisade (1217-1221) est incertaine car il serait mort en France entre 1216 et 1220., sont enterrés à l’abbaye Saint-Philibert de Tournus.

Situé au sommet d'un éperon rocheux, militairement stratégique du Moyen Âge, face à la Roche de Solutré, Il domine de façon panoramique, la vallée de la Petite-Grosne, et le vignoble du Mâconnais du vignoble de Bourgogne, au sud du duché de Bourgogne et contrôle entre autres la route entre le comté de Mâcon, et le Morvan du comté de Nevers, et la frontière du Lyonnais (province).

Il est chargé entre autres de défendre militairement des raids vikings et sarrasins dévastateurs, le de l'empire carolingien, puis le royaume de France, et l'Abbaye de Cluny voisine, siège de l'ordre de Cluny des États pontificaux, qui règne avec l'Ordre cistercien voisin, sur tout l'occident chrétien.

En 1229, sous le règne de Louis IX, le seigneur Hugues (V?) de Berzé bénéficie d’un prêt d'un parent, Étienne de Berzé, futur abbé de Cluny200 livres empruntés à Étienne de Berzé, prieur de Souvigny, puis un peu plus tard, 120 livres, à ce même prieur, pour les employer dans les constructions de son château (in edificiis castri, charte de Cluny 4877)., lui permettant de transformer le château en place forte avec une vaste enceinte polygonale constituée de trois murailles défensives successives, longues de plus de 300 m, et larges de plus de 3 m à la base, avec chemin de ronde, échauguette, meurtrières, mâchicoulis. Ces murailles sont hérissées de quatorze tours de fortification à l'origine (treize subsistantes), de deux donjons, d'un imposant châtelet d'entrée avec herse et deux pont-levis. Ce dispositif militaire structuré en terrasses, abrite un logis seigneurial, de nombreuses pièces médiévales, deux chapelles carolingiennes du , un puits à eau taillé dans le roc de 36 m de profondeur.

Berzé devient ainsi la plus grande forteresse militaire de Bourgogne du Sud, principal château de défense de l’abbaye qui est alors à son apogée.

Le château fait partie des places militaires stratégiques importantes de la guerre de Cent Ans (1337-1453) entre ducs souverains de l'État bourguignon et Royaume de France de Louis XI, et des guerres de Religion entre Henri IV et la Ligue catholique (France) de la seconde moitié du .

Pendant la guerre civile entre les Armagnacs et les Bourguignons, le château est convoité. Attribué aux Bourguignons en 1417, il est pris par les Armagnacs en 1420 lors de leur conquête du Mâconnais. Après quatre ans d’occupation, il est finalement repris par Philippe le BonLes assiégeants vont pénétrer dans le château en empruntent un tunnel qui reliait celui-ci à une tour de garde située sur une colline voisine. En 1471, il est à nouveau la cible d’une attaque royale : celle de Louis XI qui échoue.

Durant la Renaissance, la forteresse est engagée dans le conflit dit de la guerre de la LigueHuitième guerre de religion dite guerre des trois Henri.. Catholiques et protestants s’affrontent épisodiquement, mettant le pays à feu et à sang. Le duc de Nevers, à la tête de la ligue catholique porte un assaut décisif en 1591. Son armée, forte de 1100 hommes, 100 chevaux et plusieurs canons portatifs, vient à bout des défenses de la forteresse qui cède après deux mois de siège.

À la suite de la guerre de la Ligue, le château est laissé à l’abandon pendant près de deux sièclesAlphonse de Lamartine cite dans son œuvre littéraire « Tantôt éclairé par un rayon de soleil orangé, tantôt du milieu des brouillards, un vieux château en ruines, enveloppé de ses tourelles et de ses tours... ». Ses terres deviennent des pâturages durant la Révolution française. Malgré quelques dégradations (pillages, incendies), il est relativement épargné par les vagues de destructions révolutionnaires. Déclaré bien national, il est conservé par la République avant d'être acheté par Michon de Pierreclos en 1802, qui le revend au marquis de Maubou. Il est acquis, en 1817, par Antonin Gérentet, bisaïeul du comte Thy de Milly qui entreprend, durant 30 ans, la remise en état, et transformation en demeure de villégiature, adaptée aux conceptions esthétiques du romantisme de l'époque : agrandissement des ouvertures et fenêtres en style néo-gothique, rénovation des logis seigneuriaux et aménagement des nombreuses terrasses en jardins potager, vergers et jardin à la française.

Il est au habité par la comtesse de Thy de Milly, dont la famille a hérité d'Antonin Gérentet, et qui exploite un domaine viticole, au milieu des coteaux couverts de vigne du vignoble du Mâconnais. Il est ouvert à la visite de juin à septembre.

L'une des plus anciennes représentations figurées de ce château est un dessin réalisé en 1849 par Rousselot, inspecteur des Forêts (volume conservé à l'Académie de Mâcon).

Chronologie 991 : existence attestée dans le cartulaire de l'abbaye de Cluny (Castrum Bertiacum) d'une forteresse autour d'une chapelle préromane, succédant sans doute à un poste de légionnaires romains et tenue par Geoffroy de Berzé. : extinction de la première lignée des Berzé, dont le nom et titre est repris par une famille alliée. 1196 : les seigneurs de Berzé deviennent indépendants du comté de Mâcon, et directement vassaux des rois de France. 1320 : extinction de la deuxième lignée de Berzé. : par mariage, la seigneurie de Berzé passe, successivement, à Jean de Frolois, Jean de Thil (connétable de Bourgogne ; par son mariage gendre de Jean de Frôlois et sire de La Roche-Nolay), Édouard de Beaujeu (sire de Beaujeu et maréchal de France ; gendre de Jean de Thil) et Jacques de Savoie, prince de Morée (gendre d'Edouard de Beaujeu). Début : pris par les Bourguignons du duc Philippe le Hardi, le château est repris par les Armagnacs. 1424 : il est repris par le duc de Bourgogne Philippe le Bon. 1436 : Philippe le Bon en fait don à son écuyer et vassal Macé de Rochebaron (cf. Rochebaron), à la suite de son mariage avec sa fille (ou plutôt sœur) Philipote de Bourgogne. 1471 : il résiste avec le duc de Bourgogne Charles le Téméraire aux troupes de Louis XI. 1591 : il capitule devant le duc Charles-Emmanuel de Savoie-Nemours, à la tête des armées de la Ligue catholique. 1594 : la seigneurie est érigée en comté par Henri IV, et transmise au duc Antoine d'Aumont, neveu et héritier des Rochebaron. 1713 : en ruine, le domaine est vendu par le petit-fils du précédent à Alexandre-Antoine Michon (château de Pierreclos). 1789 : à la Révolution française, en ruine, le château est confisqué à titre de Bien national et pillé. 1802 : le château est racheté par la famille Michon de Pierreclos (château de Pierreclos) qui s'en sépare six ans plus tard. 1817 : rachat du château par Antonin Gérentet qui entreprend la reconstruction des logements seigneuriaux laissés à l'abandon depuis 1591. 1873 : le château est légué par Antonin Gérentet à son gendre, Gabriel de Thy de Milly, dont les descendants sont les actuels propriétaires. 2005 : le nombre de visiteurs est de (données : Comité régional du tourisme de Bourgogne-Franche-Comté ).

Description Le donjon carré et la tour des revenants datent du . La tour prend ce nom après 1424, suite de la reprise du château par les Bourguignons aux Armagnacs qui l'occupaientLes Bourguignons connaissaient les passages souterrains faisant communiquer le château avec l'extérieur. Ils pénètrent ainsi par surprise à l'intérieur de la tour et chassent les « français » du château. La tour a été baptisée "des revenants" en souvenir de leur apparition mystérieuse aux yeux des occupants. . Le châtelet est du , l'enceinte extérieure et la tour carrée du ; la tour Montgirard, la porterie à herse et les mâchicoulis et le pont-levis datent du .

Personnalités Hugues IV de Berzé, trouvère et chevalier croisé, auteur au de la « Bible au seigneur de Barzil », poème satIrique de huit cent trente-huit vers, dans lequel il critiquait les travers et les vices de son temps. Étienne III de Berzé, abbé de Cluny entre 1233 et 1235.

Bibliographie . Fernand Nicolas, Berzé-le-Châtel : un puissant regard, revue « Images de Saône-et-Loire » (septembre 2001), .

Postérité

Le château a servi de lieu de tournage pour le film Le Dernier Duel (2021) . pour représenter la Forteresse de Carrouges. Le château a servi de lieu de tournage pour le court-métrage La Seigneurie de Bailly (2022), deuxième volet des Aventures de Jean et Henri ainsi que pour sa suite La Revanche des brigands'' (2022).

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes Berzé-le-Châtel Famille de Thy de Milly Histoire de la Bourgogne Tourisme en Saône-et-Loire Mâconnais Liste des châteaux de Saône-et-Loire Liste des monuments historiques de Saône-et-Loire

Liens externes

Le site internet officiel www.berze.fr Le château de Berzé sur le site internet de la Route des châteaux en Bourgogne du Sud www.videos.tf1.fr JT 13H du 9 mai 2011

Berzé-le-Châtel Catégorie:Monument historique en Saône-et-Loire Catégorie:Monument historique classé en 1983 Berzé-le-Châtel