La est une ligne de chemin de fer française du département de la Moselle. Elle relie les gares de Réding (sur la ligne Paris – Strasbourg) et de Metz-Ville, en passant par celles de Bénestroff et de Rémilly.

Elle constitue la ligne du réseau ferré national.

Dans l'ancienne nomenclature de la région Est de la SNCF, elle était numérotée « ligne 3 (Nord) » et désignée en tant que section de la « Ligne (Luxembourg) Zoufftgen - BâleS.N.C.F. Région de l'Est – Carnet de profils et schémas – 1962 , voir notamment les planches 28, 29, et 30, sur les (consulté le ). » (la ligne de Strasbourg-Ville à Saint-Louis étant numérotée « ligne 3 »).

Les points kilométriques de la ligne de Réding à Metz-Ville sont en fait comptés depuis Strasbourg (ils sont donc communs, mais en sens inverse, avec ceux de la ligne Paris – Strasbourg sur le tronçon de Strasbourg à Réding) ; ainsi, bien que Réding soit à l'origine des infrastructures de cette ligne, cette dernière gare se trouve au .

Histoire

Chronologie des mises en service La ligne de Réding à Metz-Ville est mise en service en plusieurs étapes, entre 1851 et 1877 : Rémilly à Metz : , par la Compagnie du chemin de fer de Paris à Strasbourg ; Sarraltroff à Berthelming : , par la Société anonyme des chemins de fer de Lorraine ; Réding à Sarraltroff : , par la Direction générale impériale des chemins de fer d'Alsace-Lorraine (EL). ; Berthelming à Rémilly et doublement de la voie de Sarraltroff à Berthelming : , par l'EL..

Rémilly à Metz (1851) L'adjudication de l'embranchement (du chemin de fer de Paris à Strasbourg) de Metz à la frontière de Prusse vers Sarrebruck (dont fait partie le tronçon de Rémilly à Metz) est autorisée par une loi le ... La ligne est adjugée, le , à Messieurs Despans de Cubières, de Pellapra, duc de Galliera et Blacque-Belair. L'adjudication est approuvée par une ordonnance, le suivant.. La Compagnie du chemin de fer de Paris à Strasbourg est constituée dès le , mais c'est l'homologation de ses statuts par ordonnance royale le qui autorise sa substitution aux concessionnaires initiaux..

Le tracé, dû à l'ingénieur Le Joindre, comporte deux stations intermédiaires : Peltre et Courcelles-sur-Nied, outre les deux gares d'extrémité Metz et Rémilly. Ce tronçon est mis en service le par la Compagnie du chemin de fer de Paris à Strasbourg, lorsqu'elle ouvre à l'exploitation la section, provisoirement à voie unique, de Metz à Saint-Avold de sa future relation entre Metz et Sarrebruck...

L'inauguration, en grande pompe, du chemin de fer de Metz à Sarrebruck a lieu le . Il permet les premières relations ferroviaires directes entre Berlin et Paris, via Metz. Néanmoins, c'est un trafic très important de trains de marchandises, transportant les houilles et le coke, qui va être la principale réussite de cette ligne.. Cette infrastructure, et son exploitation, est intégrée dans le réseau de la Compagnie des chemins de fer de l'Est, lors de sa création le , et elle intègre le réseau de la Direction générale impériale des chemins de fer d'Alsace-Lorraine (EL) après le traité de Francfort du ..

Berthelming à Sarraltroff (1872) C'est le conseil général de la Moselle qui lance le projet d'une ligne d'intérêt local reliant Sarrebourg et Sarreguemines, pour faciliter la desserte des gisements charbonniers et des communes restées à l'écart du chemin de fer. Pour cela, il demande l'appui de son homologue de la Meurthe.. L'avant-projet de 1866 prévoit, sur le tronçon de Berthelming à Sarraltroff, trois haltes, à Berthelming, Oberstinzel et Sarraltroff, et une station à Bettborn.. Confronté aux demandes des militaires et au refus de la Compagnie de l'Est, le projet remanié est celui d'une voie unique à écartement standard. La concession pour la partie de « Sarrebourg à Fénétrange, avec prolongement jusqu'à la limite du Bas-Rhin » (qui inclut le tronçon de Berthelming à Sarraltroff) est déclaré d'utilité publique par le décret du , qui approuve le traité signé le avec le sieur Van Hœgærdenqui (Société Belge des chemins de fer)..

La concession est ensuite reprise par la Société anonyme des chemins de fer de Lorraine, qui ouvre le chantier au , pour une voie unique sans prévision de doublement. La Guerre franco-allemande de 1870 marque l'arrêt des chantiers de terrassement au mois de . Néanmoins, la reprise des travaux intervient rapidement et la mise en service de la section, intégrant le tronçon entre la gare de Berthelming et la commune de Sarraltroff (une halte est prévue mais pas ouverte.), et prolongement jusqu'à Sarrebourg (ce prolongement deviendra le raccordement de Sarrebourg à Sarraltroff), via l'unique station intermédiaire d'Oberstinzel, a lieu le ..

Rémilly à Réding (1877) En 1871, la Société anonyme des chemins de fer de la Lorraine est intéressée pour étudier un complément de lignes, notamment celle de Rémilly à Berthelming. Le , elle fait aux autorités allemandes une demande officielle, qui est acceptée le . Mais finalement, cette autorisation est annulée et transférée à la Direction générale impériale des chemins de fer d'Alsace-Lorraine (EL), du fait de l'importance de cette relation pour notamment améliorer le transport entre les places fortes de Metz et Strasbourg. Une loi du autorise son financement et confirme le choix de la gare de Rémilly comme origine. Durant l'automne, le financement est confirmé par un crédit extraordinaire, accordé par la loi du et plusieurs arrêtés promulguent l'utilité publique des différentes sections. Le projet de tracé est approuvé par la commission d'enquête le , sous réserve de quelques modifications ; le , un arrêté déclare la ligne d'utilité publique.

vignette|Plan de la ligne en 1878. Le tracé définitif comporte trois sections distinctes, du fait des travaux à effectuer. La première débute en gare de Rémilly et s'achève en gare de Berthelming (toutes deux déjà existantes), la ligne à double voie est à construire avec six stations et une halte : Baudrecourt, Brulange, Landroff (halte), Morhange, Bénestroff, Nébing et Loudrefing. La deuxième section va de Berthelming à Sarraltroff ; il faut ajouter une deuxième voie à celle existante et créer une halte à Sarraltroff. La troisième section, longue de , rejoint la ligne de Paris à Strasbourg à Réding, dont la station est à créer, son objet étant d'éviter un rebroussement en gare de Sarrebourg pour les trains de la relation Metz – Strasbourg.

Les enquêtes pour les expropriations des parcelles nécessaires sont réalisées d' à , et l'autorisation pour l'installation d'une base de travaux à Rémilly est prise le . L'ensemble de la ligne est de profil facile, sans ouvrage d'art remarquable. Les chantiers, ouverts rapidement, s'achèvent à la fin de l'. Sarraltroff – Réding est mise en service le , et la ligne à double voie entre Rémilly et Sarraltroff est ouverte le ..

Metz à Réding (EL) La Direction générale impériale des chemins de fer d'Alsace-Lorraine (EL) débute les circulations sur la totalité de sa ligne de Metz à Réding le . Pour la gestion de l'exploitation, l'EL dispose d'infrastructures et du matériel nécessaire dans ses gares d'extrémité. Il y a une remise à locomotives, avec plaque tournante, à Rémilly, et un petit dépôt avec un triage à Réding. Installations qui vont être complétées au fur et à mesure de l'augmentation du trafic. Les haltes de et Sarraltroff sont ouvertes en 1878. ; celle de Sanry-sur-Nied en 1894.. Elle ajoute encore les haltes de Lesse, en 1905, et Mittersheim, vers 1906..

La ligne devient une section privilégiée sur les relations entre Metz et Strasbourg, du fait d'un trajet plus court de , avec un profil plus facile, ce qui est également le cas entre Metz et Nancy où le gain en distance est de . Néanmoins, l'avantage principal est de réduire encore plus le kilométrage des relations entre le nord de l'Europe et la Suisse, notamment du fait de l'ouverture de la ligne de Saverne à Sélestat en . Cela amène l'EL à faire de la ligne le maillon central de la relation entre le Luxembourg (Zoufftgen) et la Suisse (Bâle), via les villes de Metz et Strasbourg. Cette situation amène ladite ligne à être empruntée par des trains internationaux de voyageurs, et notamment les , sur des relations comme Londres – Ostende – Bâle. Cela représente six aller-retours en 1879, et sept en 1891.

L'EL ne néglige pas le caractère stratégique de cette ligne établie en parallèle de la frontière avec la France, en ayant notamment construit des quais longs dans la plupart des stations, pour faciliter les dessertes des trains militaires.

Metz à Réding (AL) L'armistice de 1918 marque le transfert du réseau ferroviaire, donc de cette ligne, à la nouvelle Administration des chemins de fer d'Alsace et de Lorraine (AL).

Réding à Metz (SNCF) Lors de la nationalisation des chemins de fer français du , la ligne intègre la région Est de la Société nationale des chemins de fer français (SNCF).

Caractéristiques En 2006, dans le cadre du raccordement à la LGV Est européenne (dont elle a assuré la connexion vers Strasbourg jusqu'en 2016), la ligne de Réding à Metz-Ville est équipée d'IPCS, et les deux postes d'aiguillage de Bénestroff et de Berthelming ont été remplacés par celui de Rémilly (dont le périmètre d'action est augmenté par sa reconstruction et la mise en place d'une interface informatique). En outre, en complément de la sous-station de Rémilly, une deuxième sous-station est créée à Suisse« L'AMENAGEMENT DES INFRASTRUCTURES EXISTANTES : L’aménagement des lignes 3 et 1 Baudrecourt – Réding - Strasbourg », sur trains-en-voyage.com (consulté le )..

La ligne fait partie du corridor européen C (Anvers – Bâle / Lyon), et devrait être équipée de l'ETCS de niveau 1 à l'horizon 2018.

La ligne de Metz-Ville à Zoufftgen, qui fait le lien avec le réseau ferré luxembourgeois, est considérée comme son prolongement.

Gares ouvertes aux voyageurs Les gares ouvertes au trafic des voyageurs, dans les , sont listées dans le tableau ci-dessous.

Nom Service(s) Estimation du nombre annuelde voyageurs (en 2017).Les estimations tiennent compte de l'ensemble des voyageurs transitant dans ces gares. Dans le cas où ces dernières sont également implantées sur d'autres lignes ouvertes (elles sont alors mentionnées en caractères gras, notamment Metz-Ville), une partie du nombre de voyageurs indiqués n'a pas fréquenté la ligne de Réding à Metz-Ville. RédingTER BerthelmingTER BénestroffTER MorhangeTER RémillyTER Sanry-sur-NiedTER Courcelles-sur-NiedTER PeltreTER Metz-VilleTGV inOuiOuigoTER

La disposition de l'ensemble des gares (y compris celles fermées aux voyageurs), ainsi que leurs points kilométriques respectifs, sont indiqués sur le schéma de la ligne.

Vitesses limites Les vitesses limites pratiquées pour les TGV, dans les deux sens de circulation, sont les suivantes (certaines catégories de trains ont des limites plus faibles)« Metz - Réding (L3) » (document consulté le ). :

De À Limite (km/h) Réding PK 78,9 110 PK 78,9 Courcelles-sur-Nied 150 Courcelles-sur-Nied Metz-Ville 140

Néanmoins, l'aiguille en pointe permettant la bifurcation vers cette ligne en venant de Strasbourg, à la sortie de la gare de Réding, est limitée à Document vidéo :  / « Strasbourg to Paris – Driver's eye view », parcours en cabine de conduite de la assurant le ; publié par Video 125 en 2011..

Exploitation