Le château de Nice ( en niçois) était un ouvrage fortifié à vocation militaire, présent du sur une colline rocheuse, surplombant la baie de Nice. Après avoir subi plusieurs sièges, notamment en 1543 et 1691, il fut pris en 1705 par les troupes françaises puis détruit en 1706 sur ordre de .
L'endroit est désormais connu comme parc et jardin, lieu très fréquenté par les habitants et place incontournable pour les nombreux touristes. Ses nombreux panoramas sont variés quel que soit l'emplacement où l'on se trouve sur la colline, que ce soit au lever du soleil côté port de Nice et jusqu'à son coucher côté promenade des Anglais. Le site est également très apprécié des photographes pour la vue plongeante et panoramique sur le Vieux-Nice, la baie des Anges et la promenade des Anglais.
Tous les jours y est tiré un « coup de canon », en réalité un marron d'air pyrotechnique, signalant midi aux environsLe « canon » peut tonner à le , mais s'abstient pour la Fête nationale en hommage aux victimes de l'attentat du ...
La colline du château vignette|droite|300px|Le château de Nice au . Pour les anciens Niçois, le vocable château évoque plus une colline où s’illustra l’héroïne Catherine Ségurane (bien que ses faits d'arme semblent s'être accomplis à la porte Pairolière, fortification citadine) ou un lieu de promenade que le site d’une des plus puissantes fortifications de l’arc méditerranéen. La colline du château est un grand rocher calcaire culminant à avec un sommet constitué de deux plateaux : l’un au sud où va s’ériger pendant sept siècles le château, un peu plus bas au nord les premiers faubourgs et plus tard la citadelle. Les textesCartulaire de l'ancienne cathédrale du château. signalent un premier développement urbain au avec la présence d’un castrum, d’une cathédrale, et divers habitats sur la plate-forme supérieure. Au milieu du , un premier faubourg se construit sur le plateau nord, rapidement protégé par une enceinte, et jusqu’au siècle suivant toute la ville de Nice reste confinée sur cet espace collinaire. À la suite de la dédition de Nice à la Savoie en 1388, le château (castrum magnum) et les enceintes subissent des modifications et transformations en 1440. La cathédrale est également reconstruite durant ce demi-siècle.
L'histoire du château de Nice est marquée par les sièges dont il fit l'objet de la part du royaume de France en guerre contre les Habsbourg auxquels s'était allié le duché de Savoie en 1543, 1691 et 1705, le dernier en date ayant débouché sur sa destruction totale.
Historique des fortifications L’appellation « château de Nice » recouvre plusieurs étapes de fortifications dans les divers espaces de la « colline du château », esquissées ainsi : un petit château médiéval au sommet et des enceintes citadines (ville haute) encore méconnues ; une muraille édifiée sur les fronts ouest et nord du plateau supérieur à la fin du Moyen Âge ; de nouvelles fortifications (début du ) au nord de la colline supérieure adaptées à l'artillerie ; une citadelle moderne sur le plateau inférieur de la colline gardant l'accès nord du château proprement dit, dans la seconde moitié du siècle.
La première mention d'une muraille à Nice est datée précisément du par des cartulaires de donations qui mentionnent un « ancien rempart » () « proche de la ville », au nord de la colline près du Paillon, peut-être présent dès l'Antiquité tardive. La citation suivante, un siècle et demi plus tard (1143), note une porte, et ainsi une enceinte, donnant sur les « nouveaux faubourgs » de Saint-Pons (actuel Vieux-Nice), au pied ouest de la colline. Les fortifications de la colline proprement dite sont plus malaisées à définir ; celle-ci est en tout cas nettement urbanisée autour de la cathédrale Sainte-Marie et dominée probablement par un « château fort » sommital (futur « donjon ») à l'ouest. Cette « ville haute » est dénommée castrum au début du , et semble entourée de murailles tout comme la « ville moyenne » sur le plateau inférieur au nord de la colline (actuels cimetières), lui-aussi urbanisé ; le château fort de forme pentagonale, dénommé « palais », comprend alors (1333) corps de garde, chapelle castrale dédiée à Lambert, basse-cour enserrée d'autres murs (entre le château et la cathédrale), viguier et juge comtal, prison et gibet devant la tour Grosse (ou de la cloche - « campane »). En 1397, la garnison du château, commandée par le chevalier Pons Laugier, seigneur de Ferres, est forte de douze hommes d'armes et d'un portier.
En 1429, une partie du chemin de ronde en bois devenue dangereuse est remplacée par un nouveau chemin de ronde sur voûtes. La dédition de Nice à la Savoie (1388) donnant à la cité une importance géopolitique va transformer la colline et ses fortifications classiques du Moyen-Âge en lieu stratégique : elle est à la fois une vigie, une protection d'accès à la mer et d'un petit arsenal, un verrou géostratégique, un garant de l'autorité, voire un moyen de pression dans la politique internationale. Les travaux (« ») débutent en 1436 avec un éperon au pied ouest du château-« donjon », prolongé d'une courtine amenant en pente à une tour au sud-ouest, dite du Môle et future tour Saint-Elme, à l'emplacement actuel de la tour Bellanda. Au nord de la ville haute est dressée une muraille rectiligne ( de hauteur, de largeur, quelque de longueur) en avant des tours du jardin (la du château-donjon, celui-ci ayant en outre dont la Royale - maioris - ou « Grosse », carrée, où flotte le drapeau de Savoie, en position centrale en arrière de la porte dotée de herse et mâchicoulis), muraille complétée de la tour Roquette (1440) ayant vue sur Lympia. Des habitations sont achetées puis rasées pour dégager l'enceinte du plateau supérieur. Sur la face orientale de la colline, réputée infranchissable par sa pente rocheuse, un « simple » (Sue, 1839) et « mauvais » (Niquet, 1691) rempart avait été édifié en 1361, de même que sur la face sud maritime. En 1416, un conduit d'eau, menant à une citerne, après avoir été endommagé par la foudre doit être réparé.
L'entrée dans l'ère militaire moderne est matérialisée par l'ouverture de canonnières dans le donjon en 1506. Un puits très profond, au creusement laborieux et destiné à l'autonomie de la place, sera qualifié pompeusement de « huitième merveille du monde » (Muzio, Botero).. Pour défendre le côté nord contre l'artillerie, un front bastionné « » est construit en 1517-1520 devant la courtine rectiligne et la porte du château, face au plateau inférieur. Ce « boulevard d'artillerie » à merlons larges est équipé de bouches à feu et de trois tours : deux rondes (tours Saint-Paul à l'est et Saint-Victor à l'ouest en avant du donjon) et une semi-circulaire (Saint-Charles) gardant la porte au centre. La ville haute se vide totalement de ses habitants civils.
En 1542 est projeté le dégagement définitif de la ville moyenne au nord, en avant du boulevard d'artillerie, et la création d'une vaste citadelle moderne pourvue de bastions. Les travaux (contemporains de ceux du mont Alban) se déroulent durant plusieurs mois à partir de 1577, et ne seront jamais véritablement achevés. La citadelle comprend au nord deux bastions en tenaille (Il Prencipe oriental et Il Duco occidental), un bastion (Il Vitello) à l'est côté Lympia, et un bastion carré (« à flanc droit ») encadrant la tour Saint-Victor côté ville. Le doublement de l'ancien éperon du château (« sperone vecchio ») ne sera jamais concrétisé, mais la tour Saint-Elme est renforcée, appuyée d'un « fort bas ».
Vers 1640 est améliorée la défense coté ville basse par deux lunettes (Sainte-Croix et Saint-Jean) liées à une muraille basse, à l'est de la citadelle et à l'est du château entre le bastion carré du donjon et la tour Saint-Elme ; une troisième lunette (Saint-Jacques) domine Lympia ; enfin une nouvelle tour (ou un bastion ?) avec sa ligne de fortification descend jusqu'à la pointe de Rauba-Capeù. Le donjon sera détruit lors du siège de 1691.
Divers auteurs du usent de superlatifs pour caractériser la forteresse, alors véritable symbole de Nice : elle (Muzio, 1542), (Michel de L'Hospital, 1560), (Botero, 1607), (Pierre Lambert, après 1547), (Albert de Habsbourg d'après Gioffredo, 1595). Il apparaît ainsi que la cité au , à l'opposé de l'image actuelle des loisirs touristiques, était essentiellement un symbole militaire. Si la ville basse pouvait s'enorgueillir de « sa » forteresse, elle attira également les ravages de la guerre. Prise alors entre deux feux, la cité subit les tirs des assaillants mais tout autant ceux de la place forte supérieure, souvent de façon délibérée. Accentuée par la désurbanisation totale de la « ville haute » dès le milieu du puis de la « ville moyenne » après 1543, la distinction entre la ville de Nice et la forteresse de Nice est clairement définie : si la première est défendue par ses milices communales (« bourgeoises » et « de campagne »), le complexe fortifié possède en propre un gouverneur de place (essentiellement nobles savoyards ou piémontais) et une garnison professionnelle, constituée de troupes réglées et étrangères à la localité. Elles ne défendirent qu'en de rares occasions les murailles de la ville. La garnison semble constituée en 1543 d'environ trois cents soldats soutenus par une vingtaine de bouches à feu, et deux cents estimés en temps de paixPonctuellement, en 1536, Charles Quint avaient laissé deux mille soldats espagnols en garnison, mal supportée par la population.. Lors du siège de 1691, deux régiments professionnels (de Savoie et du Piémont) sont affectés à la citadelle, des miliciens locaux gardant les murailles hautes moins exposées, pour un total de deux mille hommes dont 24 chefs de pièces d'artillerieLa moitié étant postée en batterie - dite « Impériale » - sur le boulevard d'artillerie surplombant la citadelle.. Lors du siège définitif de 1705, ce sont quatre unités étrangères qui défendent le château : les régiments de la Croix-Blanche, de la reine (constitué de mercenaires Bernois appointés par la Couronne anglaise), de Saint-Nazaire et des Camisards (bataillon sous les ordres de Jean Cavalier). Le maréchal de France Jacques Fitz-James de Berwick témoignera d'un feu d'artillerie niçois issu de cinquante pièces.
En 1706, ordonne le nivellement de toutes les fortifications, par la pioche et l'explosif, ce qui semble débuter en juillet de cette année. Il est à noter que des pièces d'uniformes (boutons) ont été découverts sur le site et datées de la période révolutionnaire et impériale...
Le siège de 1543
En 1543, Nice est assiégée par les troupes de associées à celles de Soliman le Magnifique. Après les dégâts causés au faubourg nord en 1543 par le siège franco-turc, le duc Emmanuel–Philibert décide un profond remaniement du système défensif et remplace ce faubourg par une citadelle bastionnée, semblable aux ouvrages du mont Alban et de Villefranche. Toutes ces décisions à vocation militaire, accélèrent le mouvement, amorcé au Moyen Âge, de déperchement de l’habitat vers la ville basse (aujourd’hui Vieux-Nice), ainsi que le transfert de la cathédrale Notre-Dame du château vers Sainte Réparate.
vignette|droite|520px|Vue de Nice et de sa citadelle en 1691.
Le siège de 1691 À la fin du , la ville se pare d’une enceinte aux murs bastionnés. Les travaux se terminent juste avant le siège de 1691 et la prise de la ville et du château par les troupes françaises de commandées par Catinat. Après le traité de Turin de 1696 et le retour de Nice à la Savoie, le duc fait doubler d’ouvrages annexes (tenailles, demi-lunes) le rempart du de la forteresse, sur ses flancs les plus vulnérables.
Le siège de 1705 et la destruction du château