Tryphiodore ou Triphiodore (en grec ancien / ; ) est un poète épique originaire de Panopolis (auj. Akhmim), en Égypte, actif au ou au . Il est l'auteur de La Prise d'Ilion ( / Excidium Ilii), poème de 691 vers, mais composa également La Paraphrase des comparaisons homériques, les Marathoniaca et Hippodamie. La prise de Troie est l'un des thèmes à la fois les plus répandus et les plus anciens de la littérature grecque, vraisemblablement antérieur à Homère lui-même. Si l'histoire relatée dans La Prise d'Ilion est ainsi célèbre, il n'en va pas de même pour son auteur, qui demeure une figure relativement méconnue. Son style se situe entre celui de Nonnos de Panopolis et celui de Quintus de Smyrne.

La forme originelle du nom était vraisemblablement Triphiodore (, « don de Triphis », divinité locale d'Akhmim). La confusion entre les deux graphies, attestée dès le , résulte de la prononciation indistincte de i et y en grec tardif. L'orthographe Tryphiodore a par ailleurs donné lieu à une fausse étymologie, la rattachant au grec (« luxe », « raffinement »).

Notice historique Les sources sur sa vie sont très lacunaires. La principale est la Souda, encyclopédie byzantine qui lui consacre deux notices (T 1111 et T 1112), généralement rapportées au même individu : elle indique son lieu de naissance et précise qu'il était grammairien et poète épique, sans fournir de datation. Traditionnellement situé au — en raison de sa supposée imitation des Dionysiaques de Nonnos de Panopolis —, il a été redaté au , voire au début du , à la suite de la publication, dans les années 1970, d'un fragment de papyrus d'Oxyrhynque (P. Oxy. 41.2946) contenant les vers 391–402 de La Prise d'Ilion et daté du ou du début du ; cette datation est aujourd'hui retenue par la majorité des éditeurs (Livrea, Gerlaud, Dubielzig). Il fut par la suite imité par Collouthos, qui vécut sous l'empereur . Avec Nonnos de Panopolis, Musée ou encore Palladas, il s'inscrit dans un courant de lettrés égyptiens férus de poésie grecque — le philosophe Eunapios de Sardes, dans ses Vies des philosophes et des sophistes, parle même d'« engouement insensé ». Son style se situe entre celui de Nonnos et celui de Quintus de Smyrne. La question de sa religion reste ouverte : son nom ne suffit pas à le qualifier de païen, et rien dans son œuvre ne permet de le considérer comme chrétien.

Œuvres La Prise d'Ilion Son œuvre principale est une Prise d'Ilion ( / ; lat. Excidium Ilii), longue de 691 hexamètres dactyliques, article « Tryphiodore »., qui conte le stratagème du cheval de Troie et le sac de la ville. La prise de Troie est l'un des thèmes à la fois les plus répandus et les plus anciens de la littérature grecque, vraisemblablement antérieur à Homère lui-même. Si l'histoire est célèbre, son auteur demeure une figure relativement méconnue. Le poème s'inscrit dans la tradition des épopées du Cycle troyen, notamment la Petite Iliade de Leschès et l'Ilioupersís d'Arctinos, dont Tryphiodore ne pouvait plus disposer directement à son époque : pour suppléer à leur disparition, il s'appuie sur les récits des mythographes et les passages des poèmes homériques traitant du sujet. La pratique de la mimèsis — imitation savante et variée d'Homère — y est constante : les thèmes sont identiques à ceux du modèle, mais l'expression est systématiquement renouvelée dans le détail, et les épisodes souvent développés, sous l'influence sensible des scholiastes d'Homère. Selon Pierre Orsini, la règle essentielle de cette imitation réside dans la variatio : « le récit, tout en s'inspirant du récit d'Homère, [devait être] différent sur tous les points et au total plus complet ».

Autres œuvres Il composa également une Odyssée lipogrammatique — désignée par la Souda comme une Odyssée leipogrammatós —, dans laquelle chaque chant évitait une lettre de l'alphabet différente : selon Émile Littré, elle . Il est également l'auteur de Marathoniaca, poème épique sur la bataille de Marathon, et d'Hippodamie (), dont il ne reste rien.

Bibliographie

, 533-534.

Voir aussi

Liens externes Traduction de la Prise de Troie (1841) Traduction anglaise de la Prise de Troie par A. W. Mair (1928)

Notes et références

Catégorie:Littérature grecque tardive Catégorie:Poète de la Grèce antique Catégorie:Mythologie grecque dans la littérature antique Catégorie:Poète grec du IVe siècle av. J.-C.