Gérard Jugnot est un acteur, réalisateur, scénariste et producteur de cinéma français né le à .
Acteur et auteur à ses débuts dans la troupe du Splendid aux côtés de Thierry Lhermitte, Christian Clavier, Marie-Anne Chazel, Michel Blanc, Josiane Balasko et Bruno Moynot, il a participé aux films à succès qui ont contribué à lancer leurs carrières respectives, Les Bronzés (1978), Les Bronzés font du ski (1979) ou encore Le père Noël est une ordure (1982).
Il est celui qui va mettre le plus de temps à s'individualiser, en continuant à tourner notamment avec Patrice Leconte ou Jean-Marie Poiré dans des films qui mettent souvent en scène des acteurs qui ont gravité autour du Splendid, comme Anémone ou Martin Lamotte. En 2004, il connaît un important succès populaire avec Les Choristes de Christophe Barratier.
Il s'impose aussi comme réalisateur : après les comédies sociales Pinot simple flic (1984), Scout toujours… (1985), Une époque formidable… (1991), Casque bleu (1994) et Meilleur Espoir féminin (2000), il livre le drame historique Monsieur Batignole (2002), son dernier grand succès comme cinéaste.
Biographie Enfance, formation et débuts Né le dans le de ParisExtrait de naissance , Gérard Jean Jugnot est le deuxième enfant (sa sœur Martine est de quatre ans son aînée.) d'une mère au foyer, Odette Guiblain (1922-2015) et d'un père entrepreneur dans le bâtiment, André Jugnot (1921-2005), installé à Vincennes. La famille déménage à Puteaux où il reçoit un prix d'honneur à l'école, ce qui lui permet d'intégrer le lycée Pasteur de Neuilly-sur-Seine..
Troupe du Splendid (années 1970) Il se lie d'amitié avec Christian Clavier en 5 et Michel Blanc en 4, puis ils suivent la même scolarité au lycée Pasteur de Neuilly-sur-Seine où ils rencontrent, Thierry Lhermitte.. Il réalise déjà des petits films pastiches en double . Ensemble, ils montent une troupe de théâtre amateur.
Voulant apprendre le métier, ils suivent les cours d'art dramatique de Tsilla Chelton en 1970 et montent en 1972 leur premier spectacle intitulé Non Georges, pas ici, au café-théâtre du Poteau. S'inspirant du Café de la Gare de Coluche, ils construisent leur propre café-théâtre et forment en 1974 la troupe comique du Splendid. En parallèle de cette carrière théâtrale, il fait ses débuts sur grand écran dans Les Valseuses (1974) de Bertrand Blier et Le Juge et l'Assassin (1976) de Bertrand Tavernier. Il tourne aussi avec Alain Delon dans le célèbre Monsieur Klein (1976) de Joseph Losey.
Gérard Jugnot commence à se faire remarquer au sein de la troupe du Splendid aux côtés de Thierry Lhermitte, Christian Clavier, Marie-Anne Chazel, Michel Blanc et Josiane Balasko. Il a participé aux succès qui ont contribué à lancer leurs carrières respectives, Les Bronzés en 1978, Les Bronzés font du ski ou encore Le père Noël est une ordure en 1982. Cette série de succès populaires le fait accéder à la reconnaissance du public. Le comédien ne tarde pas à être réclamé par des cinéastes pour son image de « Français moyen » avec sa grosse moustache, sa petite taille, sa voix criarde et sa calvitie.
Carrière en solo (1980-1990) Le milieu des années 1980 apparaît comme un tournant significatif dans la carrière de Gérard Jugnot, qui réalise avec succès son premier film, Pinot simple flic en 1984. Pour Tandem, il se rase la moustache, qui le rattachait à une image de Français moyen. S'il continue à enchaîner les comédies populaires durant les années 1990, il opère progressivement un changement vers un registre dramatique avec son quatrième film en tant que co-scénariste et réalisateur : la comédie Une époque formidable…, co-scénarisée et dialoguée par Philippe Lopes-Curval, explore une veine sociétale qui lui permet même de recevoir plusieurs nominations aux César. Il enchaîne avec une comédie sur fond géopolitique, Casque bleu. Deux ans plus tard, il s'intéresse aux sectes avec Fallait pas !…, toujours conçu avec son co-scénariste et dialoguiste, Philippe Lopes Curval.
Il apparait dans les années 1980 dans quelques publicitésPlubicité Lesieur Huile : Les nuances de la vie homme. et en 1996, il réalise le spot publicitaire Mars, et ça repart : La Rupture. Cette publicité est illustrée par la célèbre chanson Where Did You Sleep Last Night.
Reconnaissance critique et confirmation commerciale (années 2000) Mais ce sont les années 2000 qui le révèlent vraiment dans un registre dramatique : après le succès critique et commercial de Meilleur Espoir féminin, qui révèle une jeune Bérénice Bejo dans le rôle-titre, il impressionne en père de famille plongé dans la France occupée avec Monsieur Batignole, aussi écrit et dialogué par Lopes-Curval. Ce beau succès de l'année 2002 est suivi dès 2004 par le phénomène Les Choristes : une comédie dramatique réalisée par Christophe Barratier, co-scenarisée et dialoguée par Lopes-Curval que Jugnot va superviser en tant que producteur associé. Le film lui vaut sa seconde nomination au César du meilleur acteur et s'impose comme son plus gros succès au box-office avec 8 millions de spectateurs jusqu'à la sortie en 2006 des Bronzés 3 : Amis pour la vie (10,4 millions).
vignette|upright=0.9|Gérard Jugnot à l'avant-première de Rose et Noir à Montpellier en 2009.
En réalité, ce film n'était pas destiné à marquer ses retrouvailles avec la bande du Splendid. À la suite du succès de Meilleur Espoir féminin, Jugnot planche en effet sur le scénario d'une adaptation d’Astérix en Hispanie toujours avec Philippe Lopes Curval. Mais le co-auteur de la bande dessinée, Albert Uderzo, s'oppose à ce projet initié sans accord préalable de sa part.
Jugnot décide donc de s'atteler à une comédie dramatique sociale semblable à celles des années 1990, en s'offrant comme partenaire Gérard Depardieu. Sorti en 2005, Boudu rassemble à peine plus d'un million de spectateurs. Une déception, compte tenu des noms impliqués. Jugnot va alors prendre plus de risques en tant que réalisateur : en 2009, il dévoile un film à costumes : la comédie dramatique Rose et Noir. Mais cette fois, c'est un vrai revers, à la fois financier et critique. La presse le voit comme un plaidoyer contre l'intolérance, se basant notamment sur cette déclaration de Jugnot : , e-deo.info.
Entretemps, il a accepté des rôles plus ou moins principaux dans des gros projets commerciaux - Les Brigades du Tigre (2006), L'Île aux trésors et L'Auberge rouge (2007) et Faubourg 36 (2008), qui marque ses retrouvailles avec Christophe Barratier. En 2009, année de sortie de Rose et Noir, il défend aussi la comédie d'action Envoyés très spéciaux, dont il partage l'affiche avec Gérard Lanvin, et fait un caméo remarqué en professeur de chorale dans l'adaptation à succès du Petit Nicolas de Laurent Tirard.
Théâtre et retrouvailles (années 2010) En 2011, il reste dans un registre de comédie jeune et populaire en évoluant dans Beur sur la ville de Djamel Bensalah, et La Nouvelle Guerre des boutons de Christophe Barratier. Il incarne aussi Barbe-Rouge dans la grosse production Astérix et Obélix : Au service de Sa Majesté, de Laurent Tirard, et fait partie du projet Babysitting, de Philippe Lacheau, un succès commercial surprise. En revanche, une autre adaptation de bande dessinée connaît un échec retentissant : Benoît Brisefer : Les Taxis rouges, de Manuel Pradal. Jugnot y prête ses traits au chauffeur de taxi Jules Dussiflard. Acteur fidèle, il tourne deux fois sous la direction d'Olivier Baroux, malgré des accueils mitigés : pour On a marché sur Bangkok (2014) et Entre amis (2015).
Parallèlement, il s'investit au théâtre : en 2012, il reprend le personnage de François Pignon au théâtre dans une nouvelle pièce de Francis Veber, intitulée Cher trésor, qu'il va jouer à Paris et en tournée près de 500 fois. Et à partir de 2016, il redevient sociétaire de la bande de l'émission de radio Les Grosses Têtes, menée par Laurent Ruquier. Il avait participé régulièrement au programme entre 1986 et 1997, sous la direction alors de Philippe Bouvard.
Côté cinéma, en 2016, il fait partie de la distribution de l'attendu Camping 3, de Fabien Onteniente, tout en tournant son prochain film en tant que réalisateur, huit ans après Rose et Noir. C'est beau la vie quand on y pense est une comédie dramatique sociale, pour laquelle il s'est adjoint les services d’Isabelle Mergault.
De nouveau réalisateur (années 2020) En 2020, Gérard Jugnot réalise son long-métrage intitulé Le petit Piaf et tourné à la Réunion. Le film sort en salles en 2022 et réalise moins de 140 000 entrées. Au casting de ce nouveau film, Gérard Jugnot lui-même, Marc Lavoine, Stéfi Celma et Soan Arhimann, le gagnant de la sixième saison de The Voice Kids. Le film a obtenu le prix du public au festival de La Baule.
En 2021, il incarne l'avocat des Villemin, Henri-René Garaud, dans la série Une affaire française, relatant l'Affaire Grégory.
En 2023, il joue dans Alibi.com 2, suite du film du même nom également réalisé par Philippe Lacheau. C'est un gros succès populaire avec plus de 4 millions d'entrées.
En 2026, sa nouvelle réalisation et interprétée par lui-même Mauvaise Pioche, est très librement inspirée d'un fait divers qui a passionné les médias : l'affaire Dupont de Ligonnès. Pour son treizième long métrage, l'acteur réalisateur s'est entouré d'acteurs qu'il connaît bien : Philippe Lacheau, Thierry Lhermitte, Michèle Laroque, Zabou Breitman, Reem Kherici et Jean-Pierre Darroussin.
vignette|Gérard Jugnot au Festival de Cannes 2014.
Engagements Gérard Jugnot s'engage dans des causes humanitaires, comme en participant dix-huit fois aux concerts des Enfoirés, en 1998, 1999, 2001, 2002, 2004, 2005, 2008, de 2010 à 2013, de 2015 à 2017, 2020, 2022, 2025 et 2026. Il a été deux fois le parrain du Téléthon en 2004 et 2006. Il soutient surtout depuis des années l'association Le Rire médecin, qui envoie des clowns dans les hôpitaux pour enfants.
Vie privée Gérard Jugnot et la costumière Cécile Magnan sont les parents du comédien et metteur en scène Arthur Jugnot, né en 1980. Il a un petit-fils, Célestin en 2013, et une petite-fille depuis l'été 2025.
Depuis 2015, il est en couple avec Patricia Campi, une ancienne juriste de Marseille de 30 ans sa cadette, qu'il épouse le , à Porquerolles.
Il réside sur la presqu’île de Giens, et s’intéresse à la biodiversité qui l’entoure.
Dans les années 1990, il est victime d'une usurpation d'identité de la part d'un sosie qui effectuait des animations dans des grandes surfaces de la région parisienne. Ce désagrément a été rapidement réglé devant la justice ; ses amis Michel Blanc et Bertrand Blier y ont trouvé la base d'un nouveau scénario, celui du film Grosse Fatigue, primé au Festival de Cannes 1994.
Filmographie Acteur Cinéma Années 1970
Années 1980
Années 1990
Années 2000
Années 2010
Années 2020 2020 : Ducobu 3 d'Élie Semoun : M. Kitrish 2021 : Pourris gâtés de Nicolas Cuche : Francis Bartek 2021 : Le Petit Piaf de lui-même : M. Lepetit 2022 : Ducobu Président ! d'Élie Semoun : M. Kitrish 2022 : Jumeaux mais pas trop d'Olivier Ducray et Wilfried Méance : Patrice Beaulieu 2023 : Alibi.com 2 de Philippe Lacheau : Daniel 2023 : Comme par magie de Christophe Barratier : Jacques 2024 : Ducobu passe au vert ! d'Élie Semoun : Kitrish 2024 : Neuilly-Poissy de Grégory Boutboul : Simon 2024 : On aurait dû aller en Grèce de Nicolas Benamou : Christian Rousselot 2025 : Y'a pas de réseau d'Édouard Pluvieux : Viking 2026 : Marsupilami de Philippe Lacheau : Le capitaine du paquebot 2026 : Les Enfants de la résistance de Christophe Barratier : Père Proslier 2026 : Mauvaise Pioche de lui-même : Serge Martin 2026 : Ducobu et le fantôme de Saint-Potache d'Élie Semoun : M. Kitrish Prévu en 2027 : Somnambule de Tarek Boudali
Télévision
Clip 1985 : Hold-up, clip de Louis Chedid, réalisé par
Réalisateur N.B. : Gérard Jugnot a joué dans tous les films qu'il a réalisés.
Box-office des films réalisés par Gérard Jugnot