François Vallée, né le à Plounévez-Moëdec et mort pour la France en septembre 1944 à Rogoźnica, est un militaire français, Compagnon de la Libération. Combattant de la bataille de France en 1940, il est capturé par l'armée allemande mais parvient à s'évader et à rejoindre l'Afrique du Nord où il participe aux actions d'un réseau de résistance. À nouveau arrêté puis libéré en 1942, il gagne l'Angleterre où il est affecté au Special Operations Executive pour le compte duquel il est parachuté en Bretagne où il organise un réseau membre du réseau Buckmaster. En 1944, il est une nouvelle fois arrêté puis déporté au camp de Gross-Rosen où il est exécuté.
Biographie
Jeunesse et engagement
François Vallée naît le à Plounévez-Moëdec, dans les Côtes-d'Armor. Fils d'un industriel propriétaire d'une usine de papeterie, il est le neveu du linguiste homonyme François Vallée. Il fait ses études à Saint-Pol-de-Léon et à Saint-Brieuc puis devance l'appel en 1931 et est affecté au régiment de dragons. Libéré en 1932, il devient directeur commercial de la papeterie paternelle.
En 1938, il épouse Monique Béziers, cousine germaine de Marie-Louise de Crussol.
Seconde Guerre mondiale
Bataille de France
Au début de la Seconde Guerre mondiale, François Vallée est mobilisé au groupe de reconnaissance de division d'infanterie avec lequel il participe à la bataille de France. Le , au cours d'une patrouille devant les positions ennemies à Pagny-sur-Meuse, il est fait prisonnier par la wehrmacht. Aux mains des allemands, il travaille volontairement dans une ferme de Vaucouleurs et en profite pour s'évader. Parcourant toute la France, il parvient à Toulon où, entré en contact avec des gaullistes, il cherche à se rendre en Angleterre. Ne parvenant pas à embarquer pour Londres, il circule entre Toulon et Marseille et finit par réussir à traverser la Méditerranée.
Actions en Tunisie
Arrivé à Alger, il se rend ensuite à Tunis où il intègre en le réseau d'André Mounier. Ce réseau, principalement orienté vers le recueil de renseignements au profit des troupes britanniques basées à Malte, diversifie ensuite ses activités en effectuant des actions de sabotage. François Vallée et son adjoint Henri Gaillot, responsables de la section sabotage, réalisent de nombreux coups d'éclat. Effectuant des liaisons entre la côte tunisienne et un sous-marin britannique pour faire passer des documents et se ravitailler en explosifs, il sabote, en gare de Tunis, un grand nombre de locomotives françaises livrées par le régime de Vichy aux troupes italiennes qui s'en servaient pour ravitailler leurs lignes en Tripolitaine. Quelques jours plus tard, à Gabès, des grenades incendiaires posées par François Vallée endommagent les réservoirs d'essence d'un convoi également destiné aux italiens. Dans la nuit du 7 au , il s'infiltre à la nage dans le port de Tunis et pose des mines sur les cargos italiens Sirio et Achille. Les explosifs de l'Achille n'ayant pas fonctionné, François Vallée y retourne une nouvelle fois le lendemain pour poser une nouvelle charge qui, cette fois, coule le navire dans le port de La Goulette, provoquant l'obstruction du canal menant à Tunis. Le suivant, s'attaquant à nouveau aux bateaux, il entreprend de poser une mine sur le pétrolier Proserpina, ancien pétrolier français Beauce vendu à l'Italie. Surpris dans son action, il est arrêté et interrogé mais garde le silence face aux questions de ses geôliers sur son réseau et ses membres. Jugé à Bizerte, il est condamné à deux ans de prison et interné au camp de Téboursouk en compagnie de Henri Gaillot, lui aussi arrêté quelques jours après lui. En , alors que les allemands envahissent la Tunisie en riposte à l'opération Torch, François Vallée, Henri Gaillot et d'autres résistants bénéficient de la mesure de libération des prisonniers gaullistes décidée par l'amiral Esteva. Ayant gagné Alger, les deux hommes reprennent contact avec la résistance, gagnent Gibraltar et partent pour Londres où ils arrivent le .
Agent du SOE
Fort de son expérience de la clandestinité et du sabotage, François Vallée entre au Special Operations Executive (SOE) et est affecté, sous les ordres du colonel Maurice Buckmaster, à la section F chargée du territoire français. Après avoir suivi un entraînement de plusieurs semaines, il est parachuté en Bretagne le . Installé à Rennes, il prend contact avec les chefs de la résistance locale comme Maurice Guillaudot ou Herminie Prod'homme et, sous le pseudonyme d'Oscar, organise le réseau Parson destiné à aider les troupes alliées à isoler la Bretagne du reste des troupes allemandes au moment du futur débarquement de Normandie. Afin d'armer et organiser les groupes de résistants de la région, il organise des parachutages d'armement et de matériel avec l'assistance de René Bichelot et Georges Clément. Grâce à ces ravitaillements, il met en place plusieurs groupes d'une quinzaine de combattants répartis dans différents départements bretons. Le réseau recueille également les réfractaires au STO et porte assistance aux aviateurs alliés abattus au-dessus de la France, notamment lors des bombardements de Nantes en . En octobre suivant, à la suite d'un parachutage, le réseau est dénoncé à la Gestapo et François Vallée doit ordonner à René Bichelot de quitter la France afin d'éviter une arrestation. Le mois suivant, Georges Clément est capturé et déporté au camp de Mauthausen où il sera exécuté. Le réseau étant infiltré par un agent français travaillant pour les Allemands, François Vallée, toujours accompagné de son compère Henri Gaillot, doit se réfugier à Paris où il est hébergé par son frère Robert. Au début du mois de , alors que les trois hommes prennent un train en gare de Lyon, ils sont arrêtés par la Gestapo.
Enfermé à la prison de Fresnes, François Vallée est transféré en en Silésie, aujourd'hui en Pologne, avec agents du SOE. Internés au camp de Gross-Rosen, près du village renommé depuis Rogoźnica, et condamnés à mort sur ordre d'Himmler, François Vallée et ses seize compagnons, dont Henri Gaillot, sont exécutés à une date inconnue, vraisemblablement en août-.
Décorations
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Chevalier de la Légion d'honneurCompagnon de la LibérationMédaille militaireCroix de guerre 1939-1945Avec une palmeMédaille des blessés de guerreMédaille de la Résistance françaiseAvec rosetteMédaille des évadésMilitary Cross(Royaume-Uni)Chevalier de l'Ordre de Léopold(Belgique)King's Commendation for Brave Conduct(Royaume-Uni)
Hommages
À Plounévez-Moëdec, son nom figure sur le monument commémoratif de la guerre 1939-1945 situé allée des Frères Vallée. À Saint-Brieuc, il est cité sur une plaque commémorative située dans l'école Saint-Charles. À Martigné-Ferchaud, il figure sur une stèle dédiée au réseau S.O.E Oscar Buckmaster. Son nom est inscrit sur le mémorial S.O.E de Valençay. Au camp de Gross-Rosen, il est inscrit sur une plaque rendant hommage aux membres du S.O.E exécutés à l'été 1944. Au Centre parachutiste d'entraînement aux opérations maritimes de Quélern, le musée des nageurs de combat a été baptisé Musée François Vallée.
Références
Bibliographie
. . . . . . . . Daniel Jolys, Oscar Buckmaster, un réseau de Résistance en Haute-Bretagne, 1943-1944, préface d'Alain Racineux, Chez l'Auteur, 2022.
Voir aussi
Articles connexes
Ordre de la Libération Libération de la France
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