La rue Lepic est une voie située dans le quartier des Grandes-Carrières du de Paris. C'est l'une des rues les plus renommées de la butte Montmartre, représentée par de nombreux peintres, notamment Maurice Utrillo.
Situation et accès La rue Lepic est une voie pavée qui monte jusqu'au haut de la butte Montmartre avec une pente moyenne d'environ 7 %.
Ce site est desservi par la ligne 2 à la station de métro Blanche.
Origine du nom vignette|gauche|redresse|Louis-Charles Arsenne, Le Général comte Louis Lepic (1842), Paris, musée de l'Armée.
Elle porte le nom du général Louis Lepic, . (1765-1827), qui se distingua à la bataille d'Eylau en 1807.
Historique Ancienne rue de la commune de Montmartre, cette voie provient de la rectification et de l'aménagement de plusieurs chemins de terre et sentiers conduisant de la barrière Blanche, la place Blanche, au haut de la butte Montmartre.
Un jour de l'année 1809, décide de se rendre à l'église Saint-Pierre de Montmartre pour voir le télégraphe Chappe qui y est installé. À cette époque, l'accès à l'église ne peut se faire que par le « Vieux-Chemin », actuelle rue Ravignan. Ce chemin est en très mauvais état et l'Empereur est contraint de finir à pied, laissant son cheval à la hauteur de l'actuelle place Émile-Goudeau. Le curé, Jacques-Christophe Cayres de Blazère, lui signale l'intérêt de créer une voie ayant une pente plus adaptée à la circulation. L'Empereur lui donna satisfaction en créant l'actuelle rue Lepic...
D'abord dénommé « chemin Neuf » – le « Vieux-Chemin » étant l'actuelle rue Ravignan –, cette voie prit en 1852 le nom de « rue l'Empereur » puis celui de « rue Royale » et enfin en 1864 son nom actuel..
Durant la Commune de Paris, la rue est barricadéeCharles Beauverie Une barricade de Montmartre, rue Lepic..
L'extrémité nord de la rue est englobé en 1905 dans la place Jean-Baptiste-Clément Jacques Hillairet - Dictionnaire historique des rues de Paris - T.2, p. 38.
Le 2 septembre 1914, durant la Première Guerre mondiale, la rue Lepic est bombardée par un raid d'avions allemands Exelsior du 8 janvier 1919 : Carte et liste officielles des bombes d'avions et de zeppelins lancées sur Paris et la banlieue et numérotées suivant leur ordre et leur date de chute..
Bâtiments remarquables et lieux de mémoire 1 : hôtel Beauséjour, où s'installent le peintre Jules Pascin (1885-1930) et sa maîtresse, Hermine David, de 1907 à 1909.. 6 : immeuble de 1905 (architecte H. Devos). 11 : le club de jazz Autour de Midi « 10 of the best live music venues in Paris », The Guardian, 6 mai 2011.. 15 : le café des 2 Moulins, où furent tournées des scènes du film Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain. 16 : entrée du passage Lepic. 24 : immeuble de 1904, daté et signé (architectes Victor Lesage Pss : https://www.pss-archi.eu/architecte/6317/ et Charles Miltgen Pss : https://www.pss-archi.eu/architecte/2600/ ). 25 : emplacement du cabaret de La Vache enragée en 1910. Le sculpteur Paul Vannier a vécu à cette adresse.
33 : à l'angle de la rue Joseph-de-Maistre, le restaurant Le Basilic.
49 : immeuble de 1908, daté et signé (architecte Gaston Martin PSS).
50 : atelier du peintre Edgar DegasHenri Loyrette, Degas, 1991, cité par Blandine Bouret in « Mémoires des lieux. Les ateliers du bas-Montmartre. II : autour de la place Pigalle », La Gazette de l'Hôtel Drouot, , , .. Le chansonnier Jehan Rictus y habita de 1918 à 1933. 53 : Jean-Baptiste Clément, auteur de la chanson Le Temps des cerises y a vécu en 1880 après le retour des communards exilés. Il alla ensuite habiter en 1891 au . Domicile de Pierre Jacob, poète et chansonnier, auteur de la chanson Rue LepicPlaque commémorative sur la façade du 53., chantée par Yves Montand et Lucien Jeunesse. 54 : le peintre Vincent van Gogh et son frère Théo habitèrent au troisième étage de 1886 à 1888. Le peintre Armand Guillaumin a également habité au premier étage. Une plaque y est apposée. 56 : siège de Vandoren, manufacture de becs et anches pour clarinettes et saxophones, fondée en 1905 ; l'immeuble a été construit en 1931. 57 : l'acteur Michel Beaune y est mort. 59 : emplacement du moulin de la Fontaine-Saint-Denis construit en 1724. Le peintre Charles Léandre y a logé en 1910. 62 : école élémentaire publique Lepic« École élémentaire Lepic », paris.fr, consulté le 13 septembre 2026., renommée en 2025 en hommage à l'artiste Francisque Poulbot« L'école Lepic est nommée école Francisque Poulbot », mairie18.paris.fr, consulté le 13 septembre 2026.. 64 : le dessinateur satirique Jean-Louis Forain y habita en 1910. 65 : entre ce numéro et le 21 de l'avenue Junot, emplacement du moulin Neuf construit en 1741 et détruit en 1853”.. En 1897, le peintre Alexandre-Claude-Louis Lavalley (1862-1927) avait son atelier dans le pavillon CCatalogue du Salon des artistes français de 1897, .. 66 : la salle du Grenier jaune, où eurent lieu des représentations du laboratoire théâtral Art et ActionMichel Corvin, Le Théâtre de recherche entre les deux guerres. Le laboratoire Art et Action, L'Âge d'Homme, 1970 (en ligne).. 68 : le poète Paul Fort s'installa aux environs de 1900 au rez-de-chaussée en compagnie de la poétesse Margot-mon-Page avant de vivre rue Gay-Lussac.
72 : atelier du peintre Félix Ziem qui y est mort. Le sculpteur roumain Victor Brauner y a installé son atelier.. Le poète, traducteur et critique français Yves Bonnefoy y a vécu. 73 : entre ce numéro et le 13 de l'avenue Junot, emplacement du moulin Vieux, premier des moulins édifiés en haut de la butte (déjà cité en 1591) puis disparu en 1860. Il est représenté comme moulin-tour sur le plan de Truschet et Hoyau (1552). Passage privé appelé voie E/18. 77 : le moulin de la Galette et le moulin Radet. 78 : le critique d'art Félix Fénéon y vécu jusqu'à la perquisition du .
81 : ancienne entrée du théâtre du Tertre. 85 et 87 : emplacement du moulin de la Petite-Tour ou de la Tour-à-Rollin, construit en 1647. 87 : un des nombreux lieux d'habitation à Montmartre, après 1882, du peintre Adolphe Willette, également celle des imprimeurs et graveurs Auguste et Eugène Delâtre, qui s'y installe après avoir quitté le et avant de s'installer au , et ensuite au de la même rue. 89 : le romancier et dramaturge Georges Courteline, y habita. 89 à 93 : emplacement du moulin de la Vieille-Tour construit en 1623. 95 à 99 : site du moulin du Palais construit en 1640. La guinguette qui lui était annexée fut célèbre en 1712. 92 : adresse du premier atelier sur les quatre successifs dans la même rue du peintre Eugène Delâtre. 96 : immeuble peint par Vincent van Gogh où est né le peintre Gen PaulJean-Paul Crespelle, « Gen Paul, de la rue Lepic », Montmartre vivant, Librairie Hachette, 1964, .. 97 : troisième adresse de l'atelier des imprimeurs Auguste et Eugène Delâtre, après les et 87, et avant de terminer au . 98 : l'écrivain Louis-Ferdinand Céline y emménage en 1929Chronologie du volume I, romans dans la coll. « Bibliothèque de la Pléiade », . avec la danseuse Elizabeth Craig. Céline y écrit ses deux plus importants romans Voyage au bout de la nuit (1932) et Mort à crédit (1937). Il y vit jusqu'en 1941, puis déménagea au 4, rue Girardon« Sur les traces de la Résistance, de Céline, de Gen Paul, d’Inghelbrecht et de Marcel Aymé sur la butte Montmartre », lefigaro.fr, consulté le 16 août 2025.. L'appartement est notamment racheté par Dalida et habité par Bernard Morlino.. 100 : sur le toit, ancien observatoire construit en 1860 par le docteur autrichien David Gruby.. Maison habitée par Jean Baptiste Clément de 1891 à sa mort.. 102 : emplacement approximatif du moulin de la Grande-Tour construit en pierre et disparu avant la Révolution française. Dernier atelier du graveur et peintre Eugène Delâtre. En , Fernand et Jackie Sardou ouvrent le cabaret Chez Fernand Sardou en lieu et place du cabaret Belzébuth. Le chanteur Michel Sardou y fera ses débuts tout d'abord comme serveur.
Dans la culture Dans le film La Traversée de Paris (1956) du réalisateur Claude Autant-Lara, c'est dans cette rue que Martin et Grandgil, doivent, durant l'Occupation et en pleine nuit, transporter un cochon dépecé destiné au marché noir. Dans le film Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain (2001), Amélie travaille au Café des 2 Moulins situé au 15 de la rue Lepic. Rue Lepic, des chansons consacrées à la rue : de Pierre Jacob (qui habitait dans la rue) et chantée par Yves MontandVidéo de Rue Lepic d'Yves Montand sur YouTube. dans l'album Yves Montand chante… (1952) ; de l'artiste Jean Meyrand, personnage interprété par Bruno Carette dans l'émission Nulle part ailleurs. Bernard Dimey a écrit et clamé un poème intitulé Au Lux-bar. Il y décrit l'ambiance d'un troquet de la rue Lepic.
Automobiles Dans les années 1950-1960 a lieu une course de lenteur réservée aux véhicules automobiles. Le vainqueur est celui qui avait mis le plus de temps pour rejoindre l'arrivée.
Louis Renault a gagné un pari et obtint son premier gros succès commercial« Qu'a donc fait Louis Renault pour se faire remarquer ? », caradisiac.com. en gravissant au volant de sa petite voiture et devant une foule étonnée, toute la rue Lepic. C'était le soir de Noël 1898, et « monsieur Louis » repartit avec 12 commandes.
Cyclisme Lors des Jeux olympiques d'été de 2024, les épreuves de cyclisme sur route masculines et féminines gravissent plusieurs fois la rue Lepic, réunissant une importante foule sur les trottoirs de la rue pavéeBertrand Métayer, « JO Paris 2024, cyclisme : la célèbre rue Lepic, juge de paix de la course en ligne », leparisien.fr, 3 août 2024.. En écho aux JO de Paris de l'année précédente, la dernière étape du Tour de France 2025 fait passer le peloton à trois reprises, dans cette rue devenue légendaire., première fois que la dernière étape d'un Tour de France, qui s'achève traditionnellement à Paris, passe par la butte Montmartre. Le triple passage par la rue Lepic est renouvelé lors du Tour de France 2026 mais avec un nouveau circuit. La dernière bascule devant le Sacré-Coeur est située plus loin de l'arrivée (10 km contre 6 en 2025) pour laisser plus de chances aux sprinteurs du peloton..
Notes et références
Voir aussi Article connexe Liste des voies du de Paris
Lepic Lepic, Rue * Lepic