Florent-Joseph-Fernand Allard, connu sous le nom de Fernand Allard l'Olivier (ou L'Olivier), né le à Tournai et mort le à Yanongé au Congo « Seeing Africa - Artists » sur le site de la Tate Gallery., est un peintre et illustrateur africaniste belge Benezit.
Biographie Jeunesse à Tournai Fernand Allard l'Olivier est né le dans une famille d'artistes et d'artisans de Tournai. Son père Charles Allard et ses trois oncles Adolphe, Auguste et Charles Vasseur étaient dessinateurs et possédaient un atelier de lithographie. Son père était également professeur d'aquarelle à l'Académie des beaux-arts de Tournai.
Il eut une enfance sévère et fut envoyé à 14 ans en apprentissage à Bruxelles, dans les ateliers de l'imprimerie Van Campenhout à Molenbeek, pour apprendre le métier de lithographe.
Au sujet de son éducation, voici ce qu'il en témoigne à sa femme dans une lettre de 1932, « (...) c'est brutalement que j'ai été formé, peut-être était-ce la bonne manière. Car, faible encore malgré mon âge et ce que j'ai fait de la vie assez dure que j'ai menée, je me sens reconnaissant à l'égard des sévérités de mon école. ».
Avant-guerre à Paris En 1901, il arrive à Paris, s'inscrit à l'Académie Julian, où il fréquente une série d'ateliers : William Bouguereau, Jean-Paul Laurens. C'est dans celui de Jules Adler, qu'il trouve sa place. Loin de la peinture académique des deux précédents, Adler, surnommé le « peintre des humbles », l'incite à peindre ses premières scènes de rue, à délaisser les sujets historiques pour s'intéresser au quotidien. Adler restera son « Maître » et ami durant toute sa vie.
Dès ses premières œuvres, Fernand Allard choisit comme pseudonyme le nom de jeune fille de sa grand-mère maternelle, L'Olivier. La sœur de sa grand-mère maternelle, Pauline Braquaval, morte alors qu'il avait quatre ans, était à l'époque un écrivain connu, et avait signé ses œuvres de son nom de jeune fille Pauline L'Olivier.
De 1901 à 1912, il s'instruit, travaille, s'amuse, crée un journal Les Guignolades avec Gustave Charlier et Gabriel-Tristan Franconi qui disparut en 1918, participe au démarrage d'un autre journal, La Forge, avec Maurice Maeterlinck et André Gide.. En 1910 il épouse celle qui était son amie depuis plusieurs années, Juliette Rossignol, fille d'un vendeur de livres sur les quais.
Sa carrière démarre lentement. Dans un premier temps le jeune couple vit surtout des portraits académiques qu'on commande à Fernand. Ses premiers travaux sont sombres. Il signe ses œuvres de son nom complet Allard L'Olivier mais parfois aussi de l'acronyme FALO.
À cette époque il travaille aussi comme critique d'art, et envoie des papiers sur les salons parisiens à la Revue de Belgique. Il y critique les cubistes, fauvistes « tortillistes » et « pyramistes » qu'il n'aime pas..
En compagnie de son épouse Juliette, il passe l'été en Bretagne. La lumière lui plaît, et c'est là qu'il trouve l'inspiration pour son premier succès, les Baigneuses surprises, (1912) toile achetée par la ville de Tournai. Les peintures bretonnes de Fernand Allard l'Olivier, datées de 1912 et 1913, sont vives et très colorées.
La situation matérielle du jeune couple s'améliore lentement. Fin 1912 ils se marient, puis ils déménagent de Montparnasse à Montmartre, laissant dans l'ancien atelier le rue du Mont Tonnerre la sœur de Juliette, Jeanne, avec son mari, le sculpteur Lucien Brasseur, qui viennent de rentrer de la Villa Médicis à Rome. À ce sujet il écrit dans son journal en 1913 : « (...) je retrouve une histoire inachevée où il est question d'un orgueilleux artiste habitant la plus haute maison de Montmartre... C'était mon rêve à l'époque... C'est de cette maison que j'écris ceci ».
En 1913, Juliette attend leur premier enfant et fin août Fernand Allard l'Olivier part seul pour son premier voyage vers le sud et le soleil. Il a économisé pour ce voyage de , qui va le mener d'Avignon à Marseille, puis à Alger et Blidah, puis en Espagne et finalement le fait revenir par Bordeaux. Il apprécie la lumière, aime l'Afrique, adore Tolède, déteste Madrid. Il ramène tout un cahier de notes et de dessins, qu'il reprendra et transformera ensuite en peintures dans son atelier. Cette technique est celle qu'il utilisera par la suite durant tous ses déplacements.
En naît son fils, André ; l'avenir parait souriant aux jeunes parents, qui souhaitent à ce moment s'installer définitivement à Penmarc'h. En , Fernand Allard l'Olivier hésite à s'inscrire pour un départ au Congo, il a déjà envie de visiter l'Afrique subsaharienne. En 1914, il reçoit le Prix du Hainaut récompensant des artistes de la province ayant produit dans tous les domaines de l’art « une œuvre digne d’intérêt ».
Première Guerre mondiale Lorsque durant l'été 1914 la mobilisation générale est déclarée, la famille Allard est en Bretagne. Le peintre tente de s'engager en demandant son incorporation dans un régiment belge. On le déclare bon pour le service puis on ne le convoque pas.
Au début de l'année 1916, la guerre s'éternisant, il propose tout d'abord son aide au tout nouveau service de camouflage de l'armée belge, puis finalement est versé dans la Section artistique de l'Armée belge en campagne dirigée par le lieutenant Horlait. Il s'intègre progressivement dans le groupe des peintres belges et il nouera avec certains d'entre eux des liens forts et durables : Alfred Bastien, Maurice Wagemans, Jules Berchmans, Jos Verdegem, Léon Huygens, Pierre Paulus, tous passent à La Panne en 1916/1917. C'est à ce moment-là également qu'il rencontre Ernest Genval qui deviendra un ami proche par la suite. Il fait également la connaissance de la reine Élisabeth.
Durant deux années, basé à La Panne, il fait des incursions de plusieurs jours dans les tranchées pour peindre. La correspondance presque quotidienne qu'il entretient avec sa femme restée à Paris permet de mesurer à quel point la vie durant ces deux années est difficile, tant moralement que financièrement, même si Fernand est bien conscient de la chance qu'il a de ne pas être en première ligne. En 1917, naît sa fille Paulette. Le voit FALO chargé de la décoration extérieure du théâtre de La Panne.
De la période la guerre nous reste une série de dessins en noir en blanc, d'aquarelles et de toiles qui sont des témoignages émouvants de l'époque : ruines, abris, infirmeries de campagnes, chapelles, soldats dépenaillés. En 1925 il peindra aussi une grande toile représentant la reine Élisabeth assistant le docteur Depage à l'ambulance de La Panne.
Après-guerre vignette|Le Délassement (1920), musée des Beaux-Arts de Pau. À la fin de la guerre la famille Allard quitte Paris et s'installe à Bruxelles, où Fernand travaille beaucoup et de façon très variée.
En 1920 il publie un Alphabet de guerre., dont les dessins naïfs évoquent déjà l'école de bande dessinée belge.
En 1921, Allard L'Olivier, par l'intermédiaire de camarades rencontrés dans les tranchées, est amené à travailler pour décorer la maison du peuple de Quaregnon. La décoration plaît, et en 1925 il est embauché pour décorer la maison communale de Jemmapes. Ces deux productions font partie de la période « Art monumental » de Fernand Allard l'Olivier.
Entre 1920 et 1928, il envoie tous les ans au Salon des Artistes français à Paris deux ou trois toiles. Il sait ce que le jury aime et il propose toujours au moins une toile représentant des jeunes filles aux formes rebondies pulpeuses et plus ou moins déshabillées dans un environnement aquatique ou maritime. En 1920 il propose L'Heure sereine, qui est actuellement à la maison communale de Dinant, et La Bourrasque, toile achetée par le gouvernement argentin. Il gagne avec ces deux toiles la médaille d'argent du Salon des artistes français. Le Bain matinal envoyé au Salon des artistes français en 1921 est encore visible dans le bureau du directeur du Sénat à Bruxelles. En 1924 avec Suzanne au bain et un Portrait de ma mère, toile beaucoup plus personnelle, il remporte la médaille d'or. À cette date, Fernand Allard l'Olivier, à Paris mais surtout en Belgique, est devenu une figure reconnue du milieu artistique.
Durant cette période il voyage aussi : entre 1920 et 1922, il visite la France , les Pays-Bas. En 1923 il part pour l'Italie où il prend un paquebot pour la Sicile puis la Tunisie. Au retour il publie dans La Meuse un reportage très vivant et amusant, appelé Carnet de voyage d'un artiste, accompagné de dessins.
En 1926 il voyage en Pologne, et décore une propriété à Lodz. Il assiste au pèlerinage de Częstochowa et au retour peint toutes une série de toiles très colorées sur les campements gitans et les processions. Une grande toile sur ce sujet est visible à la maison communale de Tournai.
Quand Fernand Allard L'olivier n'est pas en voyage, il vit à Stockel dans la maison qu'il a fait agrandir par son frère, l'architecte James Allard. Ses enfants grandissent et Fernand peint de multiples fois son jardin et ses fleurs. Il y représente dans des toiles très colorées ses enfants, sa femme et ses amies. Il y organise de grandes fêtes avec les , (IMB pour imbéciles) son groupe d'amis du Cercle Artistique de Bruxelles.
Les IMB organisent tous les ans un spectacle comique et parodique. C'est l'occasion pour Fernand de s'amuser. Il écrit des textes, joue dans les pièces, compose les décors et les costumes. En 1922 L'Humour veille parodie la pièce de Claudel L'Annonce faite à Marie (jouée en 1912 pour la première fois). Un article parait dans L'Art belge, les dessins sont de Fernand et de Philippe Swyncop.
Une grande toile, visible à la maison communale de Tournai montre une réunion des IMB chez le sculpteur Jules Berchmans.
Premier voyage au Congo belge vignette|Sur le pont du « Commandant Dhanis », 1929, huile sur toile, , musée des Beaux-Arts de Tournai. Initialement intitulé Le Baron Dhanis. Début 1928 Ernest Genval part au Congo où il tourne des films. Il convainc Allard L'Olivier de le retrouver à Dar es Salaam quelques mois plus tard. Une fois la date de son départ fixée, FALO écrit au Ministère des Colonies pour demander des subventions (il obtient ) en promettant de ramener des documents artistiques qui pourraient servir lors de l'Exposition internationale de 1930 à Anvers.
Fin il descend en Méditerranée, prend un paquebot jusqu'à Alexandrie, visite le Caire, traverse l’Égypte en train, saute à Port Saïd dans un cargo qui part à travers la mer Rouge et l'océan Indien jusqu'à Dar es Salam. Il emmène dans ses malles des planches de contreplaqué de sur lesquelles il peint au fur et à mesure qu'il se déplace ce qu'il appelle des pochades, sortes d'instantanés qu'il dessine vite. Il peint beaucoup, à terre et en bateau, en Italie, au Caire, à Port Saïd qui lui inspire une grande toile qu'il peindra à son retour intitulée Partir. Plus tard c'est sur le « Katanga » où on lui a installé un bureau sur le pont, qu'il travaille. Quand il ne dessine pas il écrit à sa famille restée en Belgique. Ses lettres sont passionnantes, le peintre n'est pas un touriste ordinaire. Il délaisse les visites organisées mais croque les gens et les lieux dans leurs activités ordinaires. Il aborde l'Afrique avec un esprit particulièrement ouvert pour l'époque, même s'il reste bien sûr imprégné de beaucoup de stéréotypes de l'époque.
FALO arrive à Dar es Salam en avec quelques jours de retard sur son planning. Le voyage terrestre commence mal : Genval n'est pas au rendez-vous, le courrier de sa famille est manquant, le peintre est malade, il pleut du matin au soir. La vie est épouvantablement chère, bref, le moral est au plus bas.
Mais les choses s'arrangent ; fin le trouve à Saké, au bord du lac Kivu, dans une mission tenue par le père Gilès de Pélichy, où il va rester une quinzaine de jours, à se reposer et mettre de l'ordre dans ses notes et ses esquisses.