Lhistoire postale des régions constituant le territoire de l'actuelle Belgique, de 1830 au , ne peut être dissociée de celle de l'histoire de la poste européenne qui y a précisément commencé au .

L'histoire philatélique belge commence, quant à elle, au , le pays ne devenant une nation indépendante et souveraine qu'après la Révolution belge de 1830.

Rappel historique Avec la chute de l'Empire romain d'occident, le cursus publicus (système postal romain) s'effondre devant le morcèlement du territoire européen occidental en multiples entités politiques dirigées par des seigneurs locaux. La nécessité de la communication, notamment pour les échanges commerciaux, amène la création de différentes postes : celles des petits seigneurs, de l'Église, des universités, des villes, des marchands, des princes puis des rois, qui ont chacune leurs propres messagers se déplaçant généralement à pied ou à cheval. Deux villes de la péninsule italienne vont dominer et permettre la renaissance d'un système postal : la Milan des Visconti (1277-1447) qui organise un système d'itinéraire par étapes, dites postes, et dispose des robustes montagnards de la région de Bergame comme messagers, et Venise qui, possédant un , établit une ligne postale vers le Levant et Constantinople, comme vers l'occident notamment vers Bruges, ville belge qui à l'époque donne autant d'accès à Londres qu'Anvers.

De l'État bourguignon au Tyrol

Bruges fait partie de l'État bourguignon qui couvre, notamment, le territoire de l'actuelle Belgique. La dernière souveraine de cet État se marie en 1477 avec un empereur du Saint-Empire, lui donne deux enfants et décède peu après. Le veuf confie les bambins à sa belle-mère qui les élève à Malines (ville proche de Bruxelles), siège à cette époque du Grand Conseil, organe judiciaire suprême de cet État bourguignon dont l'empereur est devenu régent en attendant la majorité de son fils. Se retrouvant à la tête d'un territoire fort étendu (couvrant les actuels Benelux, Allemagne, Autriche, une partie de la France…), résidant de plus au Tyrol loin de l'habitation de ses enfants, l'empereur Maximilien se voit dans l'obligation de résoudre les problèmes de communication.

Il fait appel à une famille de Bergame pour qu'elle lui organise un système postal : les Tasso, qui transportaient déjà du courrier vers 1300. C'est le début d'une saga qui va transformer des petits entrepreneurs bergamasques en une famille princière, celle des Tour et Taxis, et va inscrire la Belgique dans l'histoire de la poste européenne.

L'organisation de cette poste se fait par Jeannetto de Tassis, qui s'installe à Innsbruck, et son frère François de Tassis qui rejoint Malines et y crée un hôtel de poste.

Naissance de la entreprise postale

Le fils de l'empereur Maximilien, Philippe Ier le Beau (élevé à Malines) règne sur l'État bourguignon à partir de sa majorité, en 1494.

En 1501, il nomme François de Tassis « capitaine, chief et maistre de nos Postes », c'est-à-dire dans une fonction de direction et de responsabilité suprême pour l'organisation du service postal, la gestion des relais, la modification des lieux en fonction des circonstances, le choix des messagers et la surveillance de leur bonne conduite. Cette convention rompt avec la coutume féodale où l'octroi effectif d'un droit particulier prend la forme d'un acte unilatéral, n'impliquant en contrepartie, de la part du bénéficiaire, que le service d'hommage et le serment de fidélité ; il s'agit d'un contrat de nature moderne, <ref>Texte original : </ref>. François devient chef d'une entreprise privée quasi indépendante, égale à l'État et investie de fonctions propres à un État moderne. Une entreprise qui doit mettre en place une considérable logistique pour établir et entretenir routes et ponts, découvrir et acheter ou louer, ou même construire, les relais de poste dans des zones propices au ravitaillement des humains comme des chevaux qui ont besoin de pâtures et de fourrage, le tout nécessitant un personnel considérable à trouver et fidéliser. Une entreprise qui se doit aussi de garantir l'immunité et la sécurité des messagers de qui dépendent le secret de la correspondance autant que sa transmission.

L'épouse de Philippe héritant du royaume de Castille, des voyages sont obligatoires et imposent la création de nouvelles lignes postales dont se charge François, faisant appel à d'autres membres de sa famille car les Tassis, des générations durant, se sont formés et se formeront entre eux, les enfants mâles par leur père ou leurs oncles, ce qui assure une connaissance approfondie du métier, un soutien et une grande confiance entre les membres du groupe, d'autant que ceux qui n'embrassent pas la carrière de maitre de poste pour être notaire, diplomate, religieux ou militaire, participent au réseau selon leurs besoins et leurs compétences ; les filles qui ne deviennent pas religieuses participent à la puissance familiale par leur mariage et la création de nouvelles alliances.

Philippe, souverain espagnol de la dynastie de Habsbourg, meurt à l'âge de 28 ans à Burgos. Charles, son héritier dans l'État bourguignon et au royaume de Castille mais aussi celui de Maximilien , est élevé par sa tante (car la sœur de Philippe) à Malines, où elle est revenue après son veuvage de l'héritier de la couronne d'Aragon dont elle n'a pas eu d'enfant. En attendant que l'héritier soit majeur, elle devient gouvernante générale des Pays-Bas régnant sur le Brabant, la Flandre, l'Artois, la Hollande et la Zélande, et accorde à François de Tassis, par lettres patentes, une nouvelle charge de capitaine des postes en 1507.

Bruxelles, centre de la poste européenne

1515. Charles de Habsbourg a . Il demande son émancipation, l'obtient, l'entend proclamée au Palais du Coudenberg de Bruxelles, et commence un règne de sur l'État bourguignon avant de devenir Roi de Naples et de Sicile, et duc de Milan, roi des Espagnes (Castille et Aragon), roi des Romains, et enfin empereur du Saint-Empire connu sous le nom de Charles Quint.

François de Tassis a quitté Malines pour Bruxelles où il a fait construire un grand hôtel à proximité du palais du Coudenberg et tout près de l'église Notre-Dame au Sablon. Il s'en sert comme résidence, comme espace de réception et de travail pour lui-même, pour Jean Baptiste et aussi Séraphin de Tassis (le fils de Jeannetto) qui a été un temps maitre des postes à Augsbourg, puis premier maitre régulier des postes à Rheinhausen et qui est devenu son . L'immeuble comporte aussi des logements pour les postillons, des écuries, une forge, une sellerie et des jardins ; il sera le centre névralgique de l'entreprise jusqu'en 1750 où la Poste aux lettres bruxelloise s'installera au n° 10 de la rue du chêne, près du Manneken-Pis, la poste aux chevaux étant logée rue de l'hôpital. thumb|alt=Recto de carte postale comprenant 2 reproductions espacées de 2 portraits d'hommes.|De g. à dr. François et Jean Baptiste de Tassis, carte postale éditée par le musée de la poste bruxellois, portant au verso le timbre-poste « Petit sceau de l'État » émis le 5 février 1935 (année de l'Exposition philatélique internationale de Bruxelles). Le , Charles conclut un nouveau contrat postal avec François et son neveu Jean-Baptiste de Tassis, pour la première fois mentionné comme cosignataire car il doit succéder au maitre général des postes. Ce document, souvent appelé de la Poste européenne, confirme les deux Tassis comme capitaines et maitres des postes et, surtout, leur donne le monopole postal, modifie leurs conditions de travail, élargit considérablement leur réseau et autorise non seulement le transport de courrier des particuliers mais aussi celui des personnes, ce qui augmente leurs bénéfices. Les temps de parcours sont réduits et les emplacements de relais modifiés par rapport à l'accord de 1505 entre Philippe le Beau et François. De nouvelles lignes sont créées à partir de Bruxelles vers Rome et Naples ; la liaison Bruxelles-Burgos par la France se fait avec l'accord du roi de ce pays, (qui le confirme par lettre de 1518 à ses officiers de police) ; les trésors d'Espagne et des Pays-Bas soutiennent le fonctionnement de l'entreprise qui reste privée.

S'ajoutent des parcours occasionnels en fonction des déplacements de l'empereur, toujours par monts et par vaux au fil de ses nombreuses guerres, que Jean Baptiste accompagnera souvent jusqu'à sa propre mort à Ratisbonne en 1541. Le titre de maitre général des postes passe à son fils François II de Tassis qui conclut dès le 9 février 1542 avec son autre frère Raymond (maitre des postes en Espagne) et son oncle Simon (général des postes du Milanais) un accord sur les limites territoriales de leurs domaines postaux respectifs, réglant en même temps le problème du port des lettres encore toujours à charge du destinataire, et qui confie à son cousin la direction des postes d'Augsbourg et Roßhaupten.

Désorganisation mais perennité thumb|left|alt= Dans un cadre de portraits en médaillons, carte géographique qui s'inscrit dans la silhouette d'un lion de profil, gueule ouverte, tirant la langue, patte avant droite levée.|Carte de 1650, conservée à la British Library. Au sein de l'Europe, le volume de correspondance s'est considérablement accru, notamment par les échanges entre humanistes (comme le grand épistolier Érasme) et scientifiques (comme le botaniste Charles de L'Écluse) ; deux centres d'imprimerie sont nés le dernier quart du dans les villes belges de Bruges et Anvers où Christophe Plantin monte une entreprise qui durera trois siècles, et l'expédition des livres imprimés a explosé, avec pour conséquence la diffusion des idées religieuses nouvelles de Martin Luther, difficiles à accepter par le catholique Charles Quint, idées qu'il va combattre en vain, ce qui constitue un élément dans son choix d'abdiquer.

Les états bourguignons, dont la superficie a varié au gré des guerres, cessions, achats et héritages, sont devenus un bloc compact de dix-sept provinces dites Pays-Bas Belgiques ou Leo Belgicus dans leur représentation géographique. Charles Quint abdiquant en 1555 à Bruxelles, cette région relève de l'autorité des gouverneurs nommés par son fils ainé Philippe II, souverain des Espagnes (Castille et Aragon réunis), du Portugal et d'importants territoires en Italie, Amérique centrale et du sud, Afrique et Asie, ce qui augmente le trafic postal.

Dans ce contexte, le maitre général des postes, Léonard I de Tassis, va devoir gérer la désorganisation de la poste pendant la révolte d'une partie des Pays-Bas belgiques contre la monarchie espagnole, ce qui conduit à la Guerre de Quatre-Vingts Ans.

Les départements français thumb|Lettre de 1803 avec marque postale linéaire 94 Bruxelles.

La Belgique a été occupée par la France peu après la Révolution. L'administration postale a donc mis en place des marques postales linéaires sur le même modèle que celui de la FranceVoir E. H. de Beaufond.

Ainsi Bruxelles était le chef-lieu du département de la Dyle et avait comme numéro de département 94. Voici une table des émissions de telles marques.