Le d'infanterie () est un régiment d'infanterie de l'Armée de terre française créé sous la Révolution à partir du régiment de Vivarais, un régiment français d'Ancien Régime.
Création et différentes dénominations
: tous les régiments prennent un nom composé du nom de leur arme avec un numéro d’ordre donné selon leur ancienneté. Le régiment de Vivarais devient le d'infanterie de ligne ci-devant Vivarais. 1793 : amalgamé, il prend le nom de de première formation : création de la de deuxième formation 1803 : Le d'infanterie de ligne n'est pas formé, le reste vacant. : formation du . 1871 : fusion avec le de marche. 1882 : . : devient le , .. 1944 : . 1946 : . 1949 : dissolution. 1953 : . 1956 : . 1958 : du . 1963 : dissolution.
Chefs de corps
Historique des garnisons, combats et batailles du Ancien Régime
Guerres de la Révolution et de l'Empire
ci-devant Vivarais (1791-1794)
Le : tous les régiments prennent un nom composé du nom de leur arme avec un numéro d'ordre donné selon leur ancienneté. Le régiment de Vivarais devient le d'infanterie de ligne ci-devant Vivarais.
En 1791 et 1792, le , qui se trouve à l'armée du Nord, sous les ordres du général Dumouriez assiste aux combats de Stenay, de Croix-aux-Bois, de Biesme, du Boussu ainsi qu'aux batailles de Valmy et de Jemmapes.Lors de cette dernière bataille, le du est sous les ordres du général Égalité, chargé de l'attaque du centre Alexandre-Marie Quesnay de Beaurepaire Plan général de la Bataille de Jemmapes, gagnée par les Français sur les Autrichiens le , l' de la République Française.. À midi, l'attaque générale a lieu sur toute la ligne et le centre rencontre la plus vive résistance. Le du repousse trois charges de chevau-légers de Cobourg qui voulaient déboucher du bois dans la plaine, et les refoule constamment en leur faisant subir de grandes pertes. Ce même bataillon se précipite ensuite sur les redoutes défendues par des cavaliers hongrois et les enlève. L'ennemi battu sur tous les points bat en retraite en désordre.
Le passe, ensuite, successivement de l'armée des Ardennes à l'armée de Belgique, sous les ordres du général Dumouriez. Il fait partie de la division Champmorin à la bataille de Neerwinden et aux deux combats de Pellenberg contre les Autrichiens.
En 1793, le appartient à l'armée combinée du Nord et des Ardennes et participe au combat de Curgies engagé pour débloquer Condé. Il assiste ensuite au combat de Belleporte où il perd deux pièces d'artillerie et à la suite duquel l'armée, accablée par des forces considérables, se retire jusque derrière la Scarpe. Attaquée dans ses positions de Mouvaux et Bondues par des corps autrichiens, hollandais et anglais, l'armée repousse cette attaque et le bataillon du va cantonner à Pont-à-Marcq.
Le , le est amalgamé dans la de première formation.
En 1792 et 1793, le , fait partie de l'armée de la Moselle. Le , sous les ordres de Gratien Dumoulin de La Fontenelle, il entre dans la composition d'un détachement commandé par le maréchal de camp Freytag, envoyé entre Sarre et Moselle pour empêcher les Autrichiens d'occuper le pays. Ce détachement arriva le dans la petite ville de Remich située sur la rive gauche de la Moselle, à une vingtaine de kilomètres de Luxembourg. Le fait ensuite partie de l'expédition de Trèves.
Au printemps 1793, sous le commandement du général Houchard, sont envoyés sur Arlon, dans le but de seconder les opérations de l'armée des Ardennes. Arlon, défendue par , est enlevée et ses immenses approvisionnements tombent aux mains des Français.
Le se rend ensuite à l'armée du Nord et se signale à la prise d'Ypres puis, revenu à l'avant-garde de l'armée de la Moselle, il marche sur Mayence et soutient la retraite, après la capitulation de cette ville.
Au printemps 1794, le général Jourdan, nommé au commandement de l'armée de la Moselle, fait porter en avant de Longwy pour s'emparer d'Arlon .
Le , le est amalgamé dans la de première formation.
de première formation (1794-1796) Le , la de première formation est formée avec les : du d'infanterie (ci-devant Anjou) de volontaires de la Meuse des Fédérés nationaux
Placée à l'armée de Sambre-et-Meuse, la de première formation, s'illustre le , bataille de Fleurus puis au passage de la Roer durant la bataille d'Aldenhoven).
Lors de cette bataille, le général Kléber fait éclairer cette rivière par la division Bernadotte à laquelle appartenait la . Cette division est d'abord assaillie par un feu violent d'artillerie et de mousqueterie qui partait des redoutes établies sur la rive droite. La s'avance alors au pas de charge et s'élance dans la Roer, soutenue par le reste de la division et par le feu de toute l'artillerie. Plusieurs soldats sont entraînés par la rapidité du courant, mais ni cet obstacle ni la fusillade de l'ennemi ne peuvent ralentir leur ardeur, excités par l'exemple des généraux et des officiers. Ils parviennent à la rive opposée, la gravirent, se précipitent sur les redoutes ennemies et mettent les Autrichiens en fuite. Ceux-ci perdent , tués, blessés ou prisonniers. C'est en souvenir de ce fait d'armes que l'ancien drapeau du régiment portait aussi le nom de la bataille d'Aldenhoven.
Lors du second amalgame, la est incorporée dans la de deuxième formation.
de deuxième formation (1796-1803) Le : la de deuxième formation est créé avec des détachements de différents corps de l'Armée de l'Ouest.
De 1800 à 1802, elle est employée à la répression de la chouannerie et au recouvrement des impôts dans les départements de l'Ouest.
Le , le de la de deuxième formation est embarqué pour Saint-Domingue et fait partie de la division du général Rochambeau. Elle se conduisit vaillamment pendant toute cette campagne et assista à de nombreux combats de la Révolution haïtienne. À la fin des hostilités, le rentra en France.
Le , lors de la réorganisation des corps d'infanterie: les et de la de deuxième formation constitue le d'infanterie de ligne et le incorpore le d'infanterie de ligne.
Le d'infanterie de ligne n'a pas été formé, le est resté vacant jusqu'en 1840.
De 1840 à 1852 Le d'infanterie de ligne est reformé par ordonnance du à Amiens et reçoit son drapeau à Compiègne.
Le régiment occupe plusieurs garnisons dans le département du Nord de 1840 à 1844 puis autour de Paris de 1844 à 1845.
Second Empire De 1845 à 1850, le régiment occupe différentes garnisons dans l'Ouest et surtout en Bretagne, puis dans le Midi, de 1850 à 1854.
Le , le régiment s'embarque à Toulon pour l'Algérie, débarque à Stora et se rend à Constantine. En 1854, le et deux compagnies d'élite du font partie de la colonne expéditionnaire du Djurdjura Les Kabyles du Djurdjura, commandée par le général de Mac Mahon. Le , le prend part au combat de Faït-Houdja contre les Kabyles, puis, le , les troupes françaises attaquent le village de Taourirt, fortement occupé par les Kabyles et l'enlèvent.
Après plusieurs journées de marche dans la vallée du Sébaou, on arrive dans la tribu des Beni-Hidjir et, le , le village de Bouzion, est pris malgré une vive résistance. Après avoir reçu les soumissions, les divisions d'Alger et de Constantine rentrent dans leurs casernements, le , après deux mois de colonne.
En 1855, les bataillons du régiment tiennent successivement garnison à Biskra, à Sétif et à Bougie.
Le , le s'embarque à Bougie, arrive à Dellys et va rejoindre la colonne expéditionnaire d'Alger opérant dans le Sebaou sous les ordres du général de brigade Deligny, et rentre à Sétif le . Le 30 du même mois, tout le régiment, avec le colonel de Margadel, fait partie d'une colonne expéditionnaire qui doit opérer dans les Babors sous le commandement du général de division Maissiat. Le lendemain, le reçoit l'ordre de s'emparer des positions occupées par les Kabyles, qui sont enlevées malgré une vive résistance. Le , la colonne expéditionnaire est dissoute et le régiment rentre à Sétif. Du mois d'août au mois de novembre, le fait partie d'une colonne de l'Est et reste détaché à Guelma et Djidjelli.
Le , une colonne expéditionnaire est formée sous les ordres du général de division Maissiat. La fait partie de la commandée par son colonel. La colonne gravit les pentes abruptes du Djurdjura et reçoit l'ordre de traverser le col de Chellata et de s'emparer des hauteurs dominantes occupées par l'ennemi. Le à pour mission de tourner le pic de Tizibert enlève les positions. Le surlendemain le bataillon passe à l'attaque du village de M'Zaïa, qui est pris, brûlé et dévasté après de furieux combats au corps à corps. Le , l'ordre est donné d'enlever le village d'Aït Laziz, véritable nid d'aigle entouré de remparts en pierres sèches, d'un large fossé et d'abatis de toute sorte. La colonne fait ensuite une marche dans la vallée du Sahel, et rentre à Constantine le .
Aux premiers bruits de guerre, le est rappelé d'Afrique et envoyé en Italie. Le , tout le régiment débarque à Gênes et est désigné pour faire partie du sous le commandement du général de Mac-Mahon, de (général Gault), de la (général Espinasse). Alors que le combat à Montebello le , le cantonne à Voghera, en face de Pavie, où les Autrichiens avaient rassemblé de grandes forces. Tous les corps exécutent alors un mouvement rétrograde, et passent le Pô à Casale. Le , le passe le Tessin à Turbigo et le matin du , la reçoit l'ordre de regagner à Magenta la route de Milan ou il est engagé dans la bataille.
Le , le reçoit l'ordre de marcher sur Cavriana en passant par Cassiano pour coopérer au mouvement de l'armée sur Solférino ou il prend part à la bataille.
Quelques jours après, la paix de Villafranca est signée et le régiment rentre en France.
En , alors qu'il était en garnison à Lyon, il reçoit l'ordre d'aller tenir garnison dans les États pontificaux et fait partie du corps d'occupation de 1860 à la fin de 1866.
Le , le régiment quitte Rome pour rentrer en France et débarqua à Toulon. Il occupe différentes garnisons : Lyon, Valenciennes, camp de Châlons, Romainville, Aubervilliers, Paris.
Le , le régiment reçoit un nouveau drapeau, l'ancien, usé par les campagnes et par le temps, et dont la hampe même avait été brisée à Solférino par une balle, était réduit à quelques loques effilées. Le général de division Lebrun présenta le nouveau drapeau qui, outre les inscriptions des quatre batailles portées sur l'ancien (Jemmapes, Arlon, Fleurus, Aldenhoven), portait les noms modernes de Magenta et de Solférino.
Guerre franco-prussienne de 1870-1871 Lors de la déclaration de guerre à la Prusse, le quitte Paris par les voies rapides, et arrive le sous les murs de Metz où il campe. Il faisait partie de la commandée par le général Arnaudeau, du général Metman, sous les ordres du maréchal Bazaine de l'armée du Rhin. Le , le commence son mouvement en avant. Le , on entend la canonnade de la bataille de Forbach, mais la ne peut y prendre part.Puis le mouvement de retraite commença. Le , le campe en avant de Borny et, le 14, il reçoit l'ordre de se replier sur Metz. Il allait commencer son mouvement lorsque l'ennemi attaqua les positions. Le est déployé en avant des et . Le feu est ouvert et la lutte se soutient jusqu'à épuisement complet des cartouches. L'artillerie ne peut mettre une pièce en batterie. Le bataillon reste ferme dans ses positions jusqu'à ce qu'un bataillon du vienne le relever vers 7 heures du soir. La bataille de Borny avait décimé le : 2 officiers furent tués, 8 furent blessés, 50 sous-officiers ou soldats furent tués, 198 blessés et 44 disparus. Le , à du soir, la division se met en marche sur la route de Metz, elle ne parvient à Gravelotte que le lendemain à 8 heures du soir, sans avoir pu prendre part à la bataille.