Kheïr-Eddine Baba Arroudj, ou Khizir Khayr ad-Dîn (turc : Barbaros Hızır Hayreddin Paşa, arabe : Khayr ad-dīn), dit « Barberousse », né vers 1476 sur l'île de Lesbos, mort le à Constantinople, est un corsaire ottoman sous le règne de Soliman le Magnifique, ayant occupé les postes de sultan, puis beylerbey (gouverneur général) de la régence d'Alger et Capitaine pacha (grand amiral) de la marine ottomane. Il prend également le titre de sultan de Tunis en 1534 après la prise de la ville.

Khayr ad-Dîn est le frère cadet d'un autre marin célèbre , Arudj Reïs.

Biographie Origine et famille Issu d'une famille grecque ottomane pauvre et nombreuse installée sur l'île de Lesbos, Khayreddine a eu et . Son père, Yakup Ağa, est un ancien sipahi ottoman, devenu potier, s'étant installé sur Lesbos. Ce dernier était certainement un musulman d'origine turque......Ottoman admiral Hayreddin Barbarossa (son of a Turkish sipahi [fief-holder in the cavalry service]) from Yenice-i Vardar in Macedonia and a Greek woman from Lesvos/Mytilini..., Machiel Kiel, "The Smaller Aegean Island in the - Centuries According to Ottoman Administrative Documents" in Siriol Davies, Jack L. Davis, Between Venice and Istanbul: Colonial Landscapes in Early Modern Greece, ASCSA, 2007, , .İsmail Hâmi Danişmend, Osmanlı Devlet Erkânı, ff. Türkiye Yayınevi (Istanbul), 1971.Khiḍr was one of four sons of a Turk from the island of Lesbos., "Barbarossa", Encyclopædia Britannica, 1963, .Angus Konstam, Piracy: The Complete History, Osprey Publishing, 2008, , . ou albanaise Niccolò Capponi, Victory of the West: The Great Christian-Muslim Clash at the Battle of Lepanto, Da Capo Press, 2007, , . (Born in Mytilene around 1466 to a family of Albanian origin, Hayreddin, then called Hizir(...))Encyclopædia Britannica, Vol 1, Encyclopædia Britannica, 1972, .. Les sources européennes de l'époque écrivent bien souvent, mais sans fondement, qu'il serait né chrétien, puis converti à l'islam. Sa mère serait selon les sources occidentales, une grecque chrétienne, nommée Katalina (ou Katarina), veuve d'un prêtre grec<ref name=EI>A. Galotta, s.v. K̲h̲ayr al-Dīn (k̲h̲i̊ḍi̊r) Pas̲h̲a in Encyclopædia of Islam vol. IV, 1997, p.1155</ref>La piraterie barbaresque en Méditerranée : XVI-XIXe siècle, 2000, ., mais les sources musulmanes indiquent qu'elle était originaire d'al-Andalus et musulmane. D'après le Gazavat-ı Hayr ed-din Paşa (Geste de Hayreddin Paşa), véritable biographie autorisée des frères Oruç (ou Arudj) et Hızır Hayreddin (Khayreddine) commanditée par le sultan Soliman en personne, les deux hommes seraient issus du mariage entre un officier ottoman de la garnison de Mytilène (ottomane depuis 1462) et d'une jeune fille grecque. Les enfants étaient bilingues (turc et grec) et musulmans.

Des trois frères, Arudj, Elias et Ishak, l'un meurt jeune, à savoir Elias. Quelques années plus tard, Arudj prend la mer, dans l'espoir de sortir de la pauvreté. À la mort de son père, il revient sur l'île, avec un navire dont il a reçu le commandement, de corsaires turcs, et embarque ses frères qui fuyaient la misère. Ils convoient, ensuite, des Musulmans et des Séfarades fuyant la pression de l'Inquisition espagnole et les conversions de force décrétées par Isabelle la Catholique en 1492, de l'Andalousie vers l'Empire ottoman (fin de la Reconquista) où le sultan Bayézid II leur a donné refuge.. Cela leur confère un grand prestige auprès des Juifs et des Musulmans, et c'est à cette période qu'ils acquièrent le surnom de « Barberousse ». Les trois frères sillonnent la Méditerranée s'adonnant à la « course » contre les navires chrétiens avec pour ports d'attache Tunis, Djerba, Jijel et Alger, où Arudj, usant de ruse et de cruauté, se fit bey de la citéA. L. F. Alix, Précis de l'histoire de l'empire Ottoman: depuis son origine jusqu’à nos jours, Firmin Didot, père et fils, Volume 1, , 1822 Lire en ligne..

Beylerbey d'Alger

Khayreddine Barberousse est proclamé sultan d'Alger en 1518 par le diwan algérois après la mort de son frère Arudj mort en défendant Tlemcen des espagnols. Mais ce dernier envisagea de quitter Alger en 1519 et de remettre le sceptre à ses lieutenants indigènes, entre autres son compagnon de longue date Ahmed ou el Kadhi. Mais craignant une attaque espagnole, une assemblée d'oulémas et de notables algérois émettent une fatwa pour que Khayreddine reste. Ce dernier va alors proposer le rattachement d'Alger à l'Empire ottoman en 1519. Le sultan lui envoie ainsi une troupe de munie d'artillerie et turcs..

Ce rattachement volontaire et le rôle important de la flotte d'Alger dans les conflits navals ottomans vont donner aux relations entre Alger et Constantinople un caractère particulier faisant de la régence non pas une simple province mais un « État d'Empire ». gauche|vignette|334x334px|Khayr ad-Din Barberousse recevant la bénédiction du Marabout Sidi Ahmed El-Kebir, Saint-patron de Blida Khayreddine devient officiellement maitre d'Alger. Mais dans les faits, ses faits et gestes dépendaient des décisions des marabouts d'Alger, oulémas et grands soufis, auxquels, tout comme son frère, il venait souvent demander avis, conseils et autorisations.

En 1520, le fils de Ahmed ou el Kadhi, également appelé Ahmed ou el Kadhi, téléguidé par le sultan hafside de Tunis, prend la ville d'Alger à Khayreddine qu'il gardera pendant 7 ans. En 1527, les habitants d'Alger se plaignant des comportements qu'ils subissaient de la part des hommes de Ahmed ou el Kadhi (fils), appellent Khayreddine qui s'était réfugié dans la ville de Jijel, à leur venir en aide. Une première bataille éclata entre les deux protagonistes dont Khayreddine en sorti victorieux. Mais avant même que les hostilités ne reprennent, Ahmed ou el Kadhi (fils) est soudainement assassiné dans sa tente par ses propres hommes, dans la région des Aïth Aïcha. Khayreddine entre dans Alger acclamé par les habitants. Par la suite, il fit la paix avec le frère de Ahmed ou el Kadhi (fils) et lui rend même son titre de seigneur de Koukou et ce dernier s'engage à lui verser un tribut.

En 1526, il subit un échec cuisant face à la flotte d'Andrea Doria, alors chef de la flotte pontificale, qui attaque avec succès une partie de sa flotte aux abords de Piombino. Plusieurs centaines d'hommes de Barberousse sont alors faits prisonniers.

En 1529, Barberousse entreprend la prise du Peñon d'Alger, considérée comme une « épine au cœur des Algérois » par celui-ciHistoire de l'Algérie, Jean Lassus, page ?. Après deux semaines d'intensifs bombardements d'artillerie, les Ottomans prennent d'assaut le fort. Des que comptait la garnison du capitaine Martin de Vargas, le quart seulement survit, dont le capitaine.. et enfants sont réduits en esclavage . Barberousse fait raser la forteresse et emploie les pierres pour la construction d'une jetée entre la plage et le rocher. Dans la baie de Santa Pola, le capitaine Rodrigo Portuondo perd toutes ses galères sauf une lors d'une attaque de Cachadiablo, allié de Barberousse. Portuonda y perd la vie alors que son fils Domingo est ramené prisonnier à Alger. Barberousse envoie aussitôt l'étendard impérial et quelques chrétiens capturés au sultan turc, qui le récompense en le nommant beylerbey (gouverneur régional) et gazi (« conquérant »).

En 1531, son grand rival l'amiral génois Andrea Doria, au service de l'Espagne, fond sur Cherchell, surprenant Ali Caraman, lieutenant de Barberousse, il l'oblige à détruire la majeure part de ses navires pour éviter qu'ils soient pris et libère plusieurs centaines d'esclaves, mais subit par la suite une défaite au cours de laquelle sont tués ou faits prisonniers. Barberousse poursuit la flotte espagnole en déroute et ravage au passage les côtes italiennes et la Provence.

vignette|Représentation de l'attaque de La Goulette par Frans Hogenberg.

Capudan-Pacha de la marine ottomane

thumb|upright|Khayr ad-Din Barberousse. thumb|gauche|upright|Portrait de Khayr ad-Din Barberousse Pacha en Poséidon L'attaque d'Andrea Doria sur la côte de Morée pendant la campagne allemande de Soliman le Magnifique plaça les Ottomans dans une position difficile. Soliman le Magnifique convoqua alors Barberousse à Constantinople en 1533, et le nomme, commandant (Capudan pacha) de la flotte ottomane.

Prise de Tunis

En 1534, Khayr ad Din prend Tunis au détriment des Hafsides alliés aux Espagnols. Il prend alors le titre de « sultan de Tunis ». L’équivoque et toute la diversité des situations dans l'Empire ottoman fait qu'un Grand Amiral de la flotte ottomane qui vient conquérir un pays au nom du Sultan ottoman, se proclame sultan du pays conquis sans pour autant se soustraire le moins du monde à ses obligations envers son chef, le Sultan ottoman. La formule « sultan de Tunis » n’était qu’un article de consommation locale. Elle signifie que la fin des sultans hafsides ne supprimait pas le statut « sultanien » de Tunis.

Les Espagnols reprennent Tunis en 1535. Barberousse se replie avec les restes de son armée vers Bône, puis Alger.

Postérité

Son mausolée se trouve dans le parc Barberousse de Beşiktaş, à Istanbul, où se trouve également sa statue, à côté du musée naval d'Istanbul.

Le part de son mausolée sur le Bosphore et s'étend jusqu'aux quartiers d'affaires de Levent et de Maslak et au-delà.

La dans le district de Beşiktaş à Istanbul, construite en 2023, porte son nom.

Divers navires de la marine turque ont été nommés en son nom.

Dans les arts et la culture populaire Il est interprété par Halil Kumova dans la série télévisée turque Hürrem Sultan de 2003. Il est interprété par Tolga Tekin dans la série télévisée turque Muhteşem Yüzyıl, diffusée entre 2011 et 2014.

Il est interprété par Ulaş Tuna Astepe dans la série télévisée turque Barbaros : Épée de la Méditerranée de 2021 .

Il est interprété en 2022 par Tolgahan Sayışman dans la série télévisée turque Barbaros Hayreddin : Sultanın Fermanı.

Notes et références Notes

Références

Voir aussi

Bibliographie . . . . . . . .

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Sources primaires . . La Geste de Hayr ed-Dîn Barberousse, traduction et transcription par Nicolas Vatin de deux ouvrages de Murâdî : Ġazavât-ı Hayr ed-Dîn Paşa et Pars secunda'', avec une introduction et des notes historiques, Paris, Les Belles Lettres, 2026, 896 p.

Ouvrages anciens . .

Articles connexes Régence d'Alger Kurtoğlu Muslihiddin Reis

Liens externes

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