vignette|Ancien combattant sénégalais portant le drapeau de son pays lors de la fête de l'Indépendance en 2026. La qualité d’ancien combattant est un statut juridique reconnu par les autorités militaires et civiles d'un pays à toute personne ayant servi sous son autorité lors d'une guerre. Il donne droit à certains avantages et à une pension de retraite bonifiée.
L'expression se distingue de celle de vétéran qui désigne, en France, dans son sens militaire, tout soldat ayant de longs états de service. Aux États-Unis en revanche ce dernier mot () désigne un individu qui a participé sous l'uniforme à un conflit armé, quelle qu'en ait été la durée, et qui a survécu à celui-ci.
Présentation thumb|gauche|Anciens combattants de la Seconde Guerre mondiale à Paris le 8 mai 2005.
Le statut d'ancien combattant est accordé sous certaines conditions relatives à la nature du conflit (il faut que le pays soit officiellement impliqué dans le conflitToutefois, une exception a été faite pour reconnaître la qualité d'ancien combattant à certains ressortissants, même étrangers, ayant participé volontairement à la Guerre civile espagnole du côté républicain.), à la qualité du service (il faut être officiellement mobilisé ou en service commandé) et à la durée de la présence sur le théâtre des hostilités (en France, il est exigé au moins cent vingt jours de présenceVoir cet article "Obtenir une carte du combattant" de l'ONACVG.). Ce statut donne droit, selon les pays, à des avantages divers en reconnaissance du service rendu à la patrie et des dommages subis. Il peut s'agir d'une allocation de retraite ou d'invalidité mensuelle et viagère, ou d'abattements sur les cotisations fiscalesUn exemple pratique d'avantages fiscaux réservés aux anciens combattants français sur anciencombattant.com.. thumb|Le Premier ministre des Pays-Bas, Mark Rutte, parlant avec un vétéran, en 2013. Dans l'hémisphère occidental et dans les autres pays ayant pris part à ces conflits, les commémorations anniversaires de la fin des hostilités des deux Guerres mondiales, respectivement le et le , ainsi que l'anniversaire du débarquement de Normandie, le , sont les principales occasions de mettre en avant les anciens combattants, leur histoire et leurs témoignages dans le cadre du devoir de mémoire. Cette transmission de la mémoire de l'époque s'est étendue au cadre scolaire, dans lequel des anciens combattants ont été invités à témoigner, ou sont allés témoigner spontanément, sur les événements qu'ils ont vécus. Dans ce contexte, les 26 et ont lieu à Paris, à l'initiative du gouvernement français, les premières Journées internationales de la mémoire partagée Voir le document décrivant les ambitions des Journées Internationales., visant à étendre à une échelle internationale la reconnaissance des anciens combattants et à faciliter la communication du souvenir entre ces derniers et les jeunes générations.
Selon le Bureau du recensement des États-Unis, en 2000, les États-Unis comptaient plus 26,4 millions de Vétérans.; en 2010, on en compte 22,1 millions. et 21,2 millions en 2012American Veterans By the Numbers, source : U.S. Census Bureau 2012 (en anglais).. En France, du fait de leur diversité, l’évaluation précise du nombre de ressortissants de l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONAC-VG) a longtemps été lacunaire. En 2014, un rapport du Contrôleur général des armées Jean Tenneroni (Évaluation du nombre de ressortissants de l’ONAC-VG : bilan et perspectives, ) est venu fournir des projections sur dix ans évaluant le déclin démographique qui touche le monde combattantRapport Anciens combattants, mémoire et liens avec la Nation du 23 novembre 2017 par M. Bruno GILLES, Sénateur présenté au nom de la commission des affaires sociales sur le projet de loi de finances pour 2018 p 48-49. : Évolution prospective du nombre de ressortissants de l’Onac entre 2013 et 2023
(source :Évaluation du nombre de ressortissants de l’Onac-VG : bilan et perspectives, rapport du CGA Jean Tenneroni du ) 2013 2018 2023 Évolution Anciens combattants : titulaires de la carte du combattant ou du titre de reconnaissance de la Nation- 35 %Invalides de guerre (hors anciens combattants) : titulaires d’une pension militaire d’invalidité (PMI) ou d’une pension de victime civile (PVC)- 51 %Total des ayants droit (anciens combattants et invalides de guerre)- 36,4 %Ayants cause des titulaires d’une PMI ou d’une PVC- 42,9 %Veuves de ressortissants- 41,9 %Orphelins de guerre- 33,9 %Total des ayants cause (conjoints, orphelins, ascendants)- 40,7 %Total des ressortissants de l’ONAC VG - 38,5 %
France Origines vignette|Le Vétéran à la maisonHorace Vernet, 1823Wallace Collection, Londres
En France après 1815, sous les Bourbons restaurés, de nombreux vétérans des armées de Napoléon étaient dans un grand état de détresse. C'était une question politique importante. Le peintre Horace Vernet a produit de nombreuses scènes montrant des vétérans sous un jour bienveillantVétéran par Horace Vernet. Dans le tableau La Paix et la Guerre, daté de 1820, Vernet dépeint le soldat laboureur comme un fermier pacifique, mais aussi comme un héros soucieux de l'honneur et du prestige associés aux événements militaires de l'époque napoléonienne. Dans la France du , l’accent mis par le sujet sur les liens entre l’armée et la paysannerie devait avoir une résonance particulière, en particulier pour les bonapartistes qui mettaient l’accent sur les aspects populaires de la domination de Napoléon. Le tableau fait partie de ceux rejetés au Salon de Paris de 1822 pour des raisons politiques, mais exposés avec grand succès chez Vernet la même annéePaix et Guerre.
Histoire des associations françaises d'anciens combattants
Il existe dès avant la guerre de 1870 quelques associations regroupant des anciens combattants. Mais il s’agit principalement d’amicales régimentaires, et également de structures plus spécialisées, comme la société des médaillés de Sainte-Hélène. Les associations d'anciens combattants à proprement parler n'existent pas encore.
Le , une première association d'anciens combattants est constituée à Paris à partir d'un groupe d'anciens combattants parisiens de la guerre de 1870, les « Francs-Tireurs des Ternes » : elle prend le nom de « Société des Volontaires 1870-1871 ». La SV est actuellement la plus ancienne de toutes les associations d'anciens combattants existant en France. Toujours active, elle porte désormais le nom de « Société des Volontaires 1870-71, 1914-18, 1939-45, Résistance, T.O.E., A.F.N., Missions extérieures et anciens combattants », et a élargi son recrutement à tous les appelés ou à ceux ayant devancé l’appel, aux volontaires service long, aux engagés, aux réservistes sous contrat ou citoyens, aux pompiers, gendarmes, policiers… Son emblème est une branche de houx.
Dans les années 1880 et 1890, d'autres associations d'anciens combattants de la guerre franco-allemande de 1870 voient le jour comme « L’Union fraternelle des anciens défenseurs de la patrie » et la « Fédération des anciens combattants de 1870-1871 » qui sont parmi les plus importantes en effectifs.
En 1888 est créée à Marseille par des anciens combattants mutilés de la guerre de Crimée, de la guerre de 1870 et des guerres dites coloniales, une association sous le nom de « Union Fraternelle des Anciens militaires blessés, gratifiés de réforme n°1 », devenue en 1894 la « Fédération nationale des anciens militaires blessés, gratifiés et réformés n°1 ». En 1918, André Maginot en devient son président jusqu’à sa mort en 1932. En 1933, elle prend le nom de « Fédération nationale des mutilés victimes de guerre et anciens combattants ». En 1953, la Fédération prend le nom de : « Fédération Nationale André Maginot » (FNAM). Elle rassemble en 2024 près de 225 groupements répartis sur tout le territoire, et compte 180 000 adhérents représentant le monde combattant français des guerres 39-45, Indochine, Corée, Algérie, combats de Tunisie, Maroc et des opérations extérieures, mais aussi des associations patriotiques, des membres des forces de sécurité (police, sapeurs-pompiers, protection civile)Historique de la Fédération nationale André Maginot.
En est créée la « Société des vétérans des armées de terre et de mer 1870-1871 »Le Vétéran, juillet 1898, . Dans les années 1900, elle est désormais devenue la plus importante en effectifs et la plus influente de toutes les associations d'anciens combattants. Elle a fait le choix d’accueillir en son sein à la fois des vétérans de 1870-1871 mais aussi tous ceux qui ont accompli leur service militaire (appelés sociétaires). Comptant 32 000 adhérents en 1898, elle compte en 1905 pas moins de 282 155 membres dont 137 354 survivants de 1870-1871 : c’est son année la plus faste. Elle intègre ensuite également les poilus de 14-18. Elle édite un bulletin : Le Vétéran. Elle disparaît avec la Seconde Guerre mondiale.
De très nombreuses associations sont fondées durant et après la Première Guerre mondiale, selon des critères militaires, médicaux, professionnels, politiques, religieux, géographiquesLe Temps, 13 mars 1934. Les premiers groupements rassemblent des mutilés, tels l'Association générale des mutilés de la guerre (AGMG, 1915) ou l'Union nationale des réformés et mutilés (UNMR, 1917) tandis que des amicales locales se forment et que des journaux dédiés apparaissent, comme le Journal des mutilés et réformés (1916)"Les grandes étapes de notre histoire", Journal des mutilés, réformés et blessés de guerre, 22 décembre 1929. Les deux principales fédérations d'AC de la Grande Guerre sont l'Union fédérale des associations françaises d'anciens combattants (UF), fondée en 1917, et l'Union nationale des combattants (UNC) fondée après l'armistice, en 1918-1919. Ces deux associations deviennent rapidement les deux plus importantes en effectifs, surtout après l'octroi de la retraite du combattant en 1930 par le gouvernement : 950 000 membres pour l'UF et 850 000 membres pour l'UNC dans la seconde moitié des années 30.
Apparaissent aussi les Poilus d'Orient, l'Association républicaine des anciens combattants (ARAC, 1917, socialiste puis communiste), la Ligue des chefs de section (1919, nationaliste), la Fédération nationale des combattants républicains (FNCR, AC de gauche, 1922) d'André Jacques Fonteny, la Ligue des Droits du religieux ancien combattant (DRAC, 1924), la Ligue des prêtres anciens combattants (PAC, 1924) de l'abbé Daniel Bergey, l'Union des Aveugles de guerre (), l'Union des Blessés de la Face et de la Tête () du colonel Yves Picot (1921), la Ligue nationale des gazés et blessés du poumon, l'Association des mutilés des yeux, la Fédération nationale des amputés de guerre, la Fédération nationale des anciens prisonniers de guerre (1921), l'Association des écrivains combattants (1919), la Fédération nationale des A.C.N.P (anciens combattants non pensionnés, 1931), etc.
Outre la création de nombreuses associations françaises d'anciens combattants de 14-18, est également créée à Paris le la Fédération interalliée des anciens combattants (FIDAC), et dont l'initiative revient à Hubert Aubert de l'Union nationale des combattants (UNC) en France, et Charles Bertrand, secrétaire général de l'UNC et député du Parlement français. Ils ont l’idée de grouper des associations des vétérans créées après la fin de la Première Guerre mondiale dans les différents pays alliés dans une fédération internationale dont le but est de promouvoir la paix, de renforcer l’esprit de fraternité initiée sur le champ de bataille et d’aider les blessés, handicapés, veufs, orphelins de guerre, anciens combattants et aussi de commémorer les héros tombés au combat.