Le d'infanterie () est un régiment d'infanterie de l'armée de terre française créé sous la Révolution sous le nom de de première formation puis recréé sous le Premier Empire. Il est détruit en 1914 et jamais recréé.

Création et différentes dénominations 1795: Création de la demi-brigade de première formation 1796 : le n'est pas recréé. Le numéro reste vacant. : Création du régiment d'infanterie de ligne 1814 : Dissolution, le numéro reste vacant : recréation du d'infanterie. Considéré comme anéanti en 1914, le régiment n'est pas reconstitué en 1919.

Chefs de corps 1795 : chef de brigade François Joseph Thorillon du Bourg de Vacherolles, devenu ensuite général de brigade. 1796 : Le numéro est vacant jusqu'en 1813. 1813 : colonel François-Antoine Nicolas. 1813 : colonel Henry Dolisie. 1814 : Le numéro est vacant jusqu'en 1887. Du au : lieutenant-colonel puis colonel Eugène Uffler. Du au : colonel Joseph-Marius-Achille Parent. Du au : colonel Paul-Théodore Lacroisade. Du au : colonel Henry-Louis Lefebvre. Du au : colonel Joseph-Lucien Persil. Du au : colonel Marie-Charles-Julien-Raoul Martin de Laporte. Du au : colonel Gabriel-Emile Strasser.

Historique des garnisons, combats et batailles de première formation (1795-1796) Guerres de la Révolution La de première formation est formée en 1795 avec les : du d'infanterie (ci-devant Boulonnais) de volontaires des Hautes-Pyrénées de volontaires de la Haute-Vienne

Forte de , la de première formation, placée dans la brigade du général Beyrand, à la sous les ordres du général Augereau fait les campagnes de l'an III et de l'an IV à l'armée des Pyrénées-Orientales. Elle campe en avant de Figuères, au camp de l'Égalité.

Armée des Pyrénées-Orientales Bataille de la Fluvia - () Le général Scherer qui avait pris, à la fin de mai, le commandement de l'armée des Pyrénées-Orientales, ordonna un fourrage pour le . La division Augereau se porta sur les bords de la Fluvia pour le protéger, dans la nuit du 13 au 14. Le général Beyrand occupa les hauteurs de Pontos, en avant de Bascara. Une colonne ennemie de hommes déboucha de cette dernière ville et assaillit de toutes parts la brigade Beyrand qui, malgré sa grande infériorité numérique, résista avec intrépidité. Sur le point d'être cerné, le général Beyrand se vit contraint à la retraite, mais, ayant reçu un renfort de hommes de la division, il reconquit toutes ses positions et força les Espagnols à repasser la Fluvia. Le fourrage terminé, l'armée revint dans ses camps, emmenant avec elle 300 chariots de blé. À partir de cette époque, les deux armées ne se livrèrent plus aucun combat. Les Espagnols s'occupèrent de l'instruction de leurs recrues, et les Français, affaiblis par les maladies et les désertions à l'intérieur, se trouvèrent dans l'impossibilité de reprendre l'offensive.

Les grandes chaleurs et l'air malsain de la plaine de l'Ampourdan décidèrent le général Scherer à s'éloigner des bords du Manol. La alla occuper les hauteurs de Villana où elle fut successivement aux ordres des généraux de brigade Genin et Thouret. Le général Augereau conserva le commandement de la division. La paix avec l'Espagne ayant été signée à Bâle le , les hostilités cessèrent. Sur l'ordre d'une dépêche du Comité de salut public, on envoya de suite à l'armée d'Italie. Pour échapper aux fièvres qui décimaient son armée, le général Scherer évacua l'Espagne le , sans attendre l'échange des ratifications. Il laissa seulement sous les ordres du général Augereau. La fut un des corps qui restèrent en Espagne. L'échange des ratifications eut lieu le , et les places de Roses et de Figuières furent rendues aux Espagnols le . Les troupes françaises prirent alors des cantonnements dans les environs de Perpignan. L'armée des Pyrénées-Orientales ayant été définitivement dissoute, 33 bataillons organisés en trois divisions commandées par les généraux Augereau, Sauret et Charlet, allèrent renforcer l'armée d'Italie. La , forte de 881 hommes, partit de Lupiale le , pour se rendre à Nice sans s'arrêter.

Armée d'Italie Affecté à l'armée d'Italie début novembre, la forme avec la de première formation la brigade Saint-Hilaire de la , Augereau. Cette brigade passa sous le commandement du général Bizanet vers la fin du même mois.

Bataille de Loano - (23 et ) D'après le plan arrêté entre le général en chef Schérer et le général Masséna, il y eut trois attaques contre les Austro-Sardes; une simulée et deux véritables. Le général Sérurier prit le corps de gauche, Schérer celui de droite, et Masséna dirigea la principale attaque contre le centre ennemi. Les hommes arrivés des Pyrénées, commandés par le général Augereau, étaient à la droite.

L'attaque du centre, par Masséna, réussit à merveille. L'attaque de droite, par le général Schérer, eut aussi un plein succès. L'adjudant général Rusca se porta, au pas de charge, à la tête d'une colonne de hommes dont faisaient partie deux bataillons de la , sur trois mamelons retranchés qui formaient les avant-postes de l'ennemi, en avant de Loano. Deux des redoutes furent emportées d'assaut en vingt minutes, et la troisième fut abandonnée par l'ennemi épouvanté lorsqu'il se vit sur le point d'être entouré. Ensuite, l'adjudant-général Rusca seconda le chef de brigade Lannes, et cinq positions retranchées, garnies de canons et placées les unes derrière les autres, furent emportées successivement. À quatre heures et demie, éclata un orage épouvantable qui amena une profonde obscurité et favorisa l'armée ennemie qui battait en retraite.

Le lendemain, Augereau se jeta à sa poursuite et l'atteignit dans les gorges de San-Giacomo que Massena occupait déjà, de sorte que les Autrichiens, pressés par derrière, sur leur front et sur leurs flancs, ne purent se défendre. Toute cette partie de l'armée austro-sarde fut mise en déroute. À la suite de ces succès de la droite et du centre, le général Sérurier, auquel on envoya hommes de renfort, prit à son tour l'offensive, les 25, 26, 27 et , et força l'ennemi à se réfugier dans le camp retranché de Ceva. Dans cette bataille mémorable, Français, dénués des choses essentielles, sans cavalerie, sans pain, sans habits, sans souliers pour la plupart, vainquirent plus de Autrichiens et Piémontais fournis abondamment de tout, postés sur des montagnes escarpées, derrière des retranchements défendus par 100 pièces de canon.

Le général Scherer, dans son rapport, rendit justice à l'intrépidité des troupes venues des Pyrénées.

La bataille de Loano termina la campagne en Italie. Les deux armées prirent leurs quartiers d'hiver, attendant le retour du printemps pour recommencer la lutte. L'armée d'Italie resta abandonnée du gouvernement, qui s'occupait exclusivement de réparer les revers éprouvés sur les bords du Rhin. Le dénuement dans lequel on laissa les vainqueurs de Loano empêcha le général Schérer de tirer tout le parti désirable de sa victoire. Il n'y avait plus ni habillement, ni vivres, ni munitions. La faim et la misère entraînèrent les soldats à des excès, qu'on réprima par des moyens disciplinaires rigoureux.

La demi-brigade resta à la division Augereau, mais la brigade dont elle faisait partie passa sous les ordres du général Perrin, à la fin de 1795. La demi-brigade fut cantonnée à Bardineto.

Un second amalgame de l'infanterie ayant été prescrit par un arrêté du , la demi-brigade entra dans la composition de la deuxième formation, le .

L'unité étant dissoute, le devient vacant.

d'infanterie de ligne (1813-1814) Guerres de l'Empire Le d'infanterie de ligne est formé à Lyon le , avec les : du premier ban de la garde nationale formée dans le département de Seine-et-Oise12 janvier 1813 du premier ban de la garde nationale formée dans le département de l'Hérault du premier ban de la garde nationale formée dans le département de l'Aveyron du premier ban de la garde nationale formée dans le département de l'Ardèche. Le régiment fut organisé à 4 bataillons de guerre, comprenant 75 officiers et de troupe. Le dépôt, primitivement à Toulon, fut transféré à Marseille, où l'on créa, le , le , à 4 compagnies, dont l'effectif total était de 14 officiers et 432 hommes de troupe.

Campagne d'Allemagne Le la Campagne d'Allemagne de 1813 à la du général Godard de la du général Delmas du de la Grande Armée, commandé par le maréchal Ney. Cette brigade passa ensuite sous les ordres du général Brayer. Le régiment eut d'abord 4 bataillons de guerre au corps. Il était sous les ordres du colonel François-Antoine Nicolas, ancien chef de bataillon du de ligne. Des officiers n'étaient pas en état de faire campagne. Le et le , par ordre du maréchal Ney, 19 capitaines, 6 lieutenants et 4 sous-lieutenants furent soit congédiés soit mis à la retraite. Après avoir participé à la bataille de Mockern, le corps était à Erfurth vers le , lorsque Napoléon vint prendre le commandement de la nouvelle armée qu'il avait organisée.

Dans les derniers jours du mois d'avril, les différents corps se concentrèrent entre Leipzig et la Saale. Le prince Eugène, ayant appris la marche du corps, chercha à opérer sa jonction avec lui le plus près possible de Leipzig. Le , le corps se rendit à Naumbourg. Le 29, son avant-garde rencontra à Weissenfels, une division de cavalerie russe qui fut obligée de se replier.

Le , l'armée française continua son mouvement sur Leipzig, et le corps livra le combat de Weissenfels, qui contraignit Wintzingerode à la retraite. Le prince Eugène opéra sa jonction avec l'Empereur le même jour.

Bataille de Lützen - () Le lendemain, , c'est la bataille de Lützen. L'armée russo-prussienne prononça son attaque à dix heures du matin dans la plaine, se dirigeant sur Kaya, présentant plusieurs colonnes très profondes. Aussitôt, le maréchal Ney fil prendre les armes au corps qui était au centre de l'armée française et qui soutint d'abord seul toute l'attaque. Ce corps résista avec intrépidité au corps d'armée du général Blücher, qui était en première ligne et que le général en chef Wittgenstein fit soutenir par deux divisions du corps d’Yorck, puis par le corps de Wintzingerode et la réserve de cavalerie russe. Accablé par le nombre, le corps avait été obligé d'abandonner les villages de Kleingörschen et de Rahna, lorsque le corps français entra en ligne et arrêta net l'ennemi. Blücher fit donner la garde prussienne, réserve de son corps d'armée, et les Prussiens atteignirent le village de Kaya, qui fut pris, perdu et repris trois fois. Alors, la division Ricard, dernière réserve du corps, s'avança à son tour et reconquit Kaya. Toutes les divisions du corps rivalisèrent d'intrépidité. Cependant, Wittgenstein ayant fait avancer une division russe au secours des Prussiens, ceux-ci s'emparèrent encore une fois de Kaya. L'Empereur employa sa réserve. À 4 heures du soir, le prince Eugène survint avec le corps, culbuta la droite des Prussiens, menaçant leurs derrières. La Jeune Garde s'élança sur Kaya. L'ennemi fut enfoncé et ramené dans sa première position du matin, après une lutte acharnée qui dura jusqu'à la nuit. Le général Wittgenstein profita de l'obscurité et battit en retraite.

Sur les tués ou blessés de l'armée française, la plus grande partie appartenait au corps, qui avait eu la principale part à cette victoire. Le de ligne, composé, comme tous les régiments nouvellement formés ou réorganisés, de soldats inexpérimentés, sans grande instruction militaire, non habitués aux fatigues, avait cependant montré la solidité et la valeur de vieilles troupes. C'est avec justice que Napoléon dit, le soir de la bataille, de ces soldats improvisés : « Depuis dix-sept ans que je commande les armées françaises, je n'ai jamais vu plus de bravoure et plus de dévouement. »